Nous avons laissé nos bagages à la réception du Quinta Funchal Palace Gardens qui nous a semblé fort sympathique a prime abord. de grands espaces, des jardins parfaitement entretenus, une vue sur la ville et les montagnes, vaste terrasse, piscine couverte et découverte. Nous descendons en ville en voiture et nous trouvons un parking souterrain qui est situé dans une petite rue face au marché. Le bâtiment lui-même mérite la visite. Occupant une superficie de 9600 m2, le marché, construit à la fin des années 30 du XXe siècle, a été inauguré en novembre 1940, étant l'œuvre de l'architecte Edmundo Tavares (1892-1983). Petite déception à l'arrivée dans le vaste marché : les poissonniers cessent de travailler à 13h à l'exception d'un seul encore ouvert. En vedette les sabres, Aphanopus carbo. Poisson aussi mystérieux que délicieux, le sabre noir fait partie intégrante de l’identité gastronomique de Madère. Longiligne, aux grands yeux et à la peau noire brillante, il vit dans les profondeurs de l’Atlantique, bien loin de la lumière du jour. Pourtant, il se retrouve chaque soir sur les tables des restaurants de Funchal et des villages côtiers, enrobé de banane frite ou accompagné de maïs frit ou en version marinée au vin et à l’ail..



Le sabre noir, appelé localement "espada preta", est un poisson qui vit entre 600 et 1 700 mètres de profondeur. Là où la lumière du soleil ne pénètre plus, la pression est immense et les températures restent très basses. Ces conditions extrêmes façonnent un animal parfaitement adapté à son milieu : Un corps allongé, en forme de ruban, qui réduit la résistance à l’eau. Une peau noire, quasi métallique, qui le rend discret dans l’obscurité. De grands yeux, capables de capter la moindre lueur dans les profondeurs. Une bouche armée de dents pointues, idéales pour saisir des proies rapides.
Souvent décrit comme « effrayant » à première vue, le sabre noir est pourtant un poisson fragile, très spécialisé, qui ne se rencontre quasiment pas près de la surface. C’est justement cette particularité qui rend la pêche à Madère si étonnante : les marins vont chercher ce poisson là où très peu de pêcheries dans le monde osent descendre leurs lignes.
Une attraction du marché, les superbes ajuleros. Le marché est orné de panneaux de faïence réalisés par la manufacture de céramique Constância / Faïencerie Battistini de Maria de Portugal. Ces panneaux représentent des scènes de vente de produits locaux, comme le sabre noir et les fleurs, avec des personnages vêtus de costumes traditionnels madériens.
Le bâtiment s'étend sur deux étages, chacun comportant une mezzanine.




Autre vedette, le thon. Madère est une île privilégiée entourée d’un océan riche en poissons. Il existe environ 550 espèces de poissons vivant dans les eaux de Madère parmi lesquelles diverses espèces de thon. Madère est
un endroit très privilégié par les routes migratoires d'un grand nombre
de poissons, comme le marlin bleu ou le thon obèse, entre juin et
septembre. De plus, la pêche sportive à Madère bénéficie du fait qu'elle
abrite de nombreuses espèces, comme l’albacore, le thon rouge, le
requin-marteau, le barracuda, la bonite ou l'espadon. Les énormes morceaux de thon rouge sont spectaculaires. J'admire la dextérité des poissonniers vider les poissons, lever les filets, découper les tetes. C'est une main d’œuvre très masculine qui interpelle le chaland la machette à la main. On vend le sabre, on le pèse la queue enroulée dans son bec d'oiseau de proie.Il faut se résoudre à partir pour le couvent Santa Clara.











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