Notre croisière en bateau-mouche nous a fait apercevoir la cathédrale de Poutine. Le dictateur a chargé son homme de confiance, Vladimir Kojine, de superviser pour son compte le projet de construction d’une cathédrale russe orthodoxe dans la capitale française.
"Un espace de 4245 m2 au bord de la Seine, pour ainsi dire au pied de la tour Eiffel, sur le prestigieux quai Branly, au débouché du pont de l’Alma. C’est là que doit être édifié, en 2016 au plus tard selon les exigences du Kremlin, le nouveau temple de la religion russe en France (qui compte environ 200 000 fidèles). La pose de la première pierre était prévue le 23 avril, mais elle a été repoussée pour cause de glaciation diplomatique. Une autre date a été retenue, le 6 juin, à l’occasion de la participation du président Poutine aux commémorations du débarquement de Normandie. Cette cérémonie ne devrait pas avoir lieu, sans que ni l’Hôtel de ville ni l’Élysée n’aient été informés de quoi que ce soit. Le bâtiment se présentera comme un feuilleté géant à la blancheur de sucre glace surmonté de cinq dômes filetés d’or. Un gâteau de noces célébrant l’union de la Sainte Russie et de la République, dessiné par Jean-Michel Wilmotte, architecte de renom et d’entregent.Le projet a été officiellement présenté le 17 janvier 2014." Vanity Fair
"Le pouvoir russe, c’est l’autel et la politique ; le vrai coéquipier du président de la Fédération, ce n’est pas Medvedev mais le patriarche Cyrille". Ce patriarche Cyrille est un personnage très contreversé. Ancien membre du KGB et proche de Poutine, il a été élu le pour succéder au patriarche Alexis II, et intronisé le . Il fait l'objet de plusieurs controverses. En effet, il est attesté aujourd'hui que dès les années 1970, il a été classé par la police fédérale suisse comme appartenant au KGB soviétique, avec pour nom de code Mikhaïlov ). "Aucun moine ne pouvait devenir évêque sans appartenir au KGB […]. Il exerce même ses activités d'agent dès le début des années 70, lorsqu'il est nommé représentant du patriarcat à Genève. Il découvre là-bas le ski et les voitures de luxe. Jusqu'à son premier faux pas. Alors qu'il roule à pleine vitesse sur une route de montagne, sa BMW percute le bas-côté. A son bord, un colonel du KGB et son fils, victime d'une fracture de la clavicule. On précipite le retour de Kirill à Leningrad". Cyrille de Moscou est l'un des piliers du régime de Vladimir Poutine lors de l' invasion de l'Ukraine en déclarant notamment dans son homélie du 6 mars 2022 que "la Russie ne conduit pas en Ukraine un combat physique mais métaphysique contre les forces du mal "."sa théorie du monde russe s’inspire très vaguement de certains philosophes et historiens slavophiles des XIXe et XXe siècles, revisités à la sauce post-moderniste par des personnalités comme le nationaliste Alexandre Douguine ou Alexandre Chtchipkov, adjoint du porte-parole du Patriarcat de Moscou" Antoine Nivière. Après la chute de l'URSS, en effet, Goundaiev tire son épingle du jeu dans une Russie marquée par les troubles politiques, la criminalité et les intrigues. "Cyrille est entré dans le système de l'oligarchie et a mis à profit son influence", (Jean-François Colosimo). Sous sa direction, le patriarcat va notamment bénéficier d'une exemption de taxes sur les importations du tabac et des spiritueux. Le commerce du tabac permet à l'Eglise de tirer 750 millions de dollars de revenus sur la seule année 1996. "Les milieux conservateurs orthodoxes russes, qui le considéraient toujours comme un libéral, lui ont accolé le surnom de 'métropolite du tabac'" Antoine Nivière. La presse russe évoque également des velléités commerciales dans le pétrole ou les fruits de mer, toujours démenties par le patriarcat de Moscou. Vacances en mer Noire, chalet en Suisse pour pratiquer le ski... Le patriarche a des goûts de luxe. "Il s'est fait construire une datcha à côté de celle de Vladimir Poutine, non loin du monastère de Valaam, sur une île du lac Ladoga, au nord de Saint-Pétersbourg. Donc sa "sainteté" n'est pas trop nette". Au niveau du sexe, il n'en est pas trop fait état mais dans ce domaine l'entourage du "tsar" est assez peu bavard. " L'appropriation des idées philosophiques et des valeurs spirituelles et morales de la civilisation russe est l'aspect le plus important de l'éducation des futures générations de citoyens russes." Le couple Poutine-Cyrille est donc à la manœuvre pour la construction de la cathédrale. Pour Colosimo, le patriarche russe, "sa sainteté", "est d’abord un oligarque, doté d’une fortune considérable. C’est un véritable ministre des cultes de Poutine".
"C’est l’architecte Jean-Michel Wilmotte qui est chargé de construire la
cathédrale de la Sainte-Trinité en 2016. Ce lieu de prière consacré au
culte orthodoxe se caractérise par son architecture chrétienne mariant
les styles russe et byzantin. La volonté de Wilmotte est
de mélanger le symbolisme religieux avec l’urbanisme moderne si
caractéristique de la ville de Paris. Pour ce faire, la pierre noble de
Massangis a été employée, provenant des carrières de l’Yonne, venant
habiller les façades et les parties intérieures de la cathédrale. On
peut retrouver ce matériau sur d’autres monuments de Paris comme le pont
d’Iéna, le musée d’art moderne ou encore le Trocadéro. Les espaces
extérieurs, eux, ont été bâtis à l’aide de pierre de rocherons doré, en
provenance de la Côte-d’Or. En contemplant les murs, on peut déceler une utilisation horizontale des matériaux : lames et strates aux
longueurs variées permettent de jouer avec la lumière naturelle et
créer des nuances élégantes." En regardant le sommet, on admire cinq bulbes lisses en
fibre de verre, fabriqués à Vannes, qui symbolisent le Christ et les
quatre évangélistes. L’utilisation de ces matériaux composites, une
première pour un monument de ce genre, ancre immuablement la cathédrale
de la Sainte-Trinité dans l’ère contemporaine. Mais le clou du spectacle
reste cette couleur dorée qui permet au bâtiment de se distinguer dans
le paysage parisien. En tout, 90 000 feuilles d’or et du palladium mat
ont été utilisés ! La croix la plus haute culmine à 36 mètres de
hauteur, un nouvel élément caractéristique de la grandeur et du faste
dont a hérité la cathédrale. Donc le triumvirat, Pourine, Cyrille, Medvedev a fait construire une cathédrale pour le prestige de la grande Russie oligarchique.
Nous entrons dans la cathédrale. Depuis la reconstruction, nous y sommes allés une première fois : https://www.lemounard.com/2025/02/notre-dame-de-paris-la-renaissance.html
La partie réservée au culte est assez limitée avec cependant une hauteur sous plafond importante et un majestueux lustre orné d’or. Les icônes sont magnifiques et très bien conservées. A l’intérieur, le blanc domine aussi bien dans la nef centrale que sur la coupole qui la domine. L’iconostase, où domine le bleu, dévoile de superbes peintures. En effet, l’Annonciation de la porte centrale est mise en valeur par la blancheur dominante de l’atmosphère.Sur les côtés, la Mère et Dieu et le Christ dominent l’ensemble par leur présence picturale et divine à la fois. Toute la blancheur de la nef centrale met en valeur la spiritualité de ces peintures. Car les icônes sont réalisées par des peintres qui prient.
L'intérieur de l'église, près de l'iconostase, possède une petite mais
très fine collection d'icônes anciennes, d'images de saints et en
particulier de la Vierge Marie et de l'enfant.
Finalement, je trouve les 5 bulbes dorés très spectaculaires mais suis beaucoup plus attaché à Notre Dame que nous revisiterons demain matin. L'intérieur m'a semblé manquer d’âme, clinquant, bling bling, poutinien, oligarchique.

Dans son avis , qui demeure consultatif, la CNPA "prend acte de la volonté de poursuivre le projet de remplacement de six vitraux conçus par Viollet-le-Duc". Elle préconise par ailleurs que les vitraux de l'architecte, qui doivent être remplacés par des vitraux contemporains dans six chapelles, soient restaurés dès qu'ils seront déposés et exposés dans un lieu dédié, comme l'avait indiqué le ministère à l'AFP. Souhaités par le président de la République Emmanuel Macron et l'archevêque de Paris Mgr Laurent Ulrich, qui veulent laisser une trace contemporaine dans la cathédrale entièrement restaurée, ces nouveaux vitraux doivent remplacer fin 2026 six des sept baies du bas-côté sud (côté Seine) de Viollet le Duc. Les vitraux concernés par ce projet de remplacement sont des œuvres datant du XIXe siècle, réalisées sous la direction de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, qui avait restauré la cathédrale après les destructions de la Révolution française. Ces verrières, classées aux Monuments historiques, avaient échappé à l'incendie de 2019 et ont depuis été soigneusement nettoyées et restaurées.

La rose sud, rosace sud de Notre-Dame, dite aussi « rose du midi » est offerte par le roi saint Louis. Elle est édifiée en 1260 en écho à la rose nord, édifiée vers 1250. Sa conception est l’œuvre de Jean de Chelles, puis de Pierre de Montreuil. Elle mesure presque treize mètre de diamètre. Avec la claire-voie sur laquelle elle repose, la hauteur totale de vitrage atteint près de dix-neuf mètres. Elle comporte quatre-vingt-quatre panneaux répartis sur quatre cercles.Leur nombre s’articule sur les chiffres symboliques quatre, douze et vingt-quatre.
Les douze apôtres sont répartis dans les deux cercles. Ils se mélangent à des saints martyrs souvent honorés en France parmi lesquels Laurent, Denis (premier évêque de Paris), Pothin (évêque de Lyon), Marguerite, Blandine, Georges, Ambroise, Eustache. Le troisième et le quatrième cercle décrivent des scènes du nouveau et de l’ancien testament, fuite en Égypte, guérison d’un paralytique, jugement de Salomon et annonciation. En son centre, le Christ de l’Apocalypse : l’épée sortant de la bouche du Sauveur est le symbole que sa parole sépare l’erreur de la vérité. Des étoiles brillent sur les plaies de ses mains, tandis que les lampes du temple sont allumées autour de lui. La Rose du Midi symbolise le Christ triomphant siégeant au Ciel, entouré d’une cour céleste et de ceux qui témoignent de sa venue sur la terre.

Ce mur sculpté au XIVe siècle illustre des scènes de la vie du Christ. Il forme une séparation entre le chœur et le déambulatoire. A l’origine, il offrait aux chanoines un écran de silence durant l’office. J'aime particulièrement l'Adoration des Mages représentée dans des costumes médiévaux et où la Vierge est une reine.
La partie nord représente des scènes de l’enfance du Christ : La Visitation, l’Annonce aux Bergers, la Nativité, l’Adoration des Mages, le Massacre des Innocents et la Fuite en Égypte, la Présentation au Temple, Jésus au milieu des docteurs, le Baptême du Christ par saint Jean dans les eaux du Jourdain, les Noces de Cana, l’Entrée à Jérusalem, la Cène et le Lavement des pieds, le Christ au Jardin des Oliviers.
La paroi sud représente les Apparitions du Christ. Inspirées de l’évangile de Nicodème, elles sont rarement aussi complètes dans la statuaire du Moyen Age. La première scène représente l’Apparition du Christ à Marie-Madeleine dans le jardin proche du Sépulcre. Cette apparition du Christ en jardinier subsiste jusqu’à la fin du Moyen Age. Les autres ensembles sculptés narrent les apparitions du Christ aux Saintes Femmes et à saint Pierre, aux disciples d’Emmaüs, à saint Thomas, et à divers apôtres réunis.

Cénotaphe de Jean-Baptiste cardinal de Belloy. Le cardinal de Belloy fut inhumé dans le caveau des archevêques sous le chœur , et Napoléon fit ériger en son honneur un monument sculpté par Louis Pierre Deseine dans la chapelle Saint-Marcel. Belloy (Jean-Baptiste, comte de ), évêque et législateur, né à Morangles (Oise), le 19 octobre 1709,, mort à Paris le 10 juin 1808 ; devint évêque de Marseille en 1755, quitta ce siège en 1791, n'émigra pas, se retira à Chambly, et, au moment du Concordat, se rallia à Bonaparte, qui le nomma archevêque de Paris en l'an X. Il fut fait cardinal un an après. Le 27 fructidor an X, il fut nommé membre du Sénat conservateur, de la Légion d'honneur (9 vendémiaire an XII), grand-croix le 13 pluviose an XIII, créé comte de l'Empire le 26 avril 1808 et mourut deux mois après, âgé de 99 ans.
Un reliquaire est bien plus qu’un simple objet : il incarne une rencontre unique entre l’art, la foi et la mémoire spirituelle. Destiné à préserver et mettre en valeur des reliques précieuses, il participe également au recueillement des fidèles et à la transmission des traditions religieuses. Le 13 décembre 2024, un moment historique a marqué la réouverture de Notre-Dame de Paris. La Couronne d’épines, insigne relique de la Passion du Christ, a fait son retour solennel à Notre-Dame de Paris. Cette relique, qui a traversé les siècles et porté les prières de générations de croyants, sera désormais présentée dans un châsse-reliquaire imaginé par l’artiste et architecte Sylvain Dubuisson. En fait, celle-ci est "constituée d’un cercle de joncs réunis en faisceaux et retenus par des fils d’or. Elle ne comporte plus aucune épine tant celles-ci ont été dispersées dans le monde au cours de l’histoire".
La Chapelle Saint-Georges de Notre-Dame de Paris, une chapelle royale, entre foi, mémoire et histoire
Au sein de Notre-Dame de Paris, la chapelle
Saint-Georges se distingue à la fois par son raffinement artistique et
par sa profonde charge symbolique. Située du côté sud de la nef, cette
chapelle latérale évoque à la fois le culte des saints, la mémoire
monarchique et la continuité spirituelle qui traverse l’histoire de
France.
Saint Georges, figure du courage chrétien
La chapelle est dédiée à saint Georges, martyr du IVe siècle, vénéré
aussi bien en Orient qu’en Occident. Soldat romain converti au
christianisme, il est devenu une figure de courage et de fidélité à Dieu
face à la persécution. Il est souvent représenté en train de terrasser
un dragon, symbole du mal. Elle est dédiée aux chrétiens d'Orient qui, en Liban et en Syrie, ont bien besoin de quelques prières.
Une exécution sommaire, prison de la Grande Roquette. Des dominicains abattus avenue d’Italie. Une fusillade acharnée à Belleville, rue Haxo. Paris a-t-elle oublié ses quelque vingt-trois prêtres et religieux tués lors de la Commune ? De ces événements de mai 1871, il reste peu de vestiges, peu de lignes dans les livres d’histoire. Difficile de se frayer une place au sein du délicat récit de cette insurrection. L’année 2021 vient pourtant tirer de l’ombre ces belles figures ecclésiastiques : un jubilé célèbre les 150 ans de leur " martyre".
Les célébrations se centrent autour de la paroisse Notre-Dame-des-Otages, rue Haxo (20e arrondissement), lieu même de l’assassinat de trente-cinq gardes nationaux, quatre civils et dix religieux. Parmi eux figurent le Père Planchat, religieux de Saint-Vincent-de-Paul , les Pères jésuites Olivaint, de Bengy et Caubert, les Pères picpuciens Radigue, Tuffier, Tardieu, Rouchouse, le Père Sabatier, du diocèse de Paris, et le séminariste Paul Seigneret. "Ces prêtres ont mis de l’amour là où il y avait de la haine, ils ont prié pour leurs bourreaux, leur mort est un acte rédempteur," commente le Père Stéphane Mayor, curé de Notre-Dame-des-Otages. Il est bon qu’il y ait un lieu où l’on fasse mémoire de ce don de soi par amour. Il ne s’agit pas de faire un procès aux Communards. Tous ces otages constituent une monnaie d’échange mais ils ne représentent absolument rien aux yeux du pouvoir versaillais, aussi anticlérical que les Communards, la preuve en étant qu’il ne lui faudra pas très longtemps pour reprendre une bonne partie du programme anti-chrétien de la Commune. Laisser les fédérés assassiner leurs prisonniers ecclésiastiques, ce sera faire d’une pierre deux coups : se débarrasser de quelques curés, et discréditer définitivement dans l’opinion les idées généreuses que défendait la Gauche, permettant une répression impitoyable. Le secrétaire de Thiers, Saint-Hilaire, résumant l’opinion de son patron, répond à ceux qui s’inquiètent du refus de Versailles d’échanger soixante-quatorze otages, dont l’archevêque, contre le leader révolutionnaire Blanqui : "Les otages ? Tant pis pour eux !" Politiquement, leur mort sera une bonne affaire.
Mélenchon a de qui tenir.














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