jeudi 19 mars 2026

LES PONTS DE PARIS DEPUIS LA SEINE


 Il y a quelques jours nous avons regardé "des racines et des ailes" consacrée à la Seine depuis la source dans l'Aube jusqu'à l'embouchure à Rouen. L'émission consacre une partie aux ponts de Paris et nous décidons de faire un voyage qui peut paraître ringard ou désuet, une mini-croisière en bateau-mouche. Nous commençons au pont de l'Alma. 

Le Pont de l’Alma est bien plus qu’un simple passage sur la Seine. Construit en 1856 pour commémorer la bataille de l’Alma, ce pont emblématique incarne l’histoire, la mémoire et l’architecture parisienne. Le Pont de l’Alma a été construit sous le règne de Napoléon III pour célébrer la victoire franco-britannique lors de la bataille de l’Alma, en 1854, pendant la guerre de Crimée. Conçu par l’ingénieur Paul-Martin Gallocher de Lagalisserie, il reflétait à l’origine le style monumental du Second Empire. Parmi les éléments les plus célèbres du Pont de l’Alma se trouve la statue du Zouave. Cet hommage aux soldats de la guerre de Crimée est devenu une référence pour mesurer les crues de la Seine. Lorsque l’eau atteint les pieds ou les jambes du Zouave, cela indique une montée significative du niveau de la rivière. L’histoire du pont de l’Alma et de son Zouave commence le 20 septembre 1854, tournant de la guerre de Crimée où les français alliés aux anglais célèbrent leur victoire déterminante sur les russes, battus sur les rives de l’Alma. Napoléon III, à l’occasion de la première Exposition universelle, ordonne la construction d’un pont joignant l’avenue Montaigne, rive droite, au Champ-de-Mars, rive gauche et lui donne le nom d’Alma en l’honneur de ses soldats méritants. Il est curieux que Poutine décide d'ériger la cathédrale orthodoxe juste ne face d'un pont qui commémore une mémorable pâtée des cosaques face aux troupes anglo-françaises.

À chaque fois que la Seine sort de son lit, ce pauvre zouave a les pieds trempés. À Paris, c’est même à cela qu’on reconnaît une crue. Depuis son poste d’observation, en amont de la pile du pont de l’Alma, le combattant veille. Pourtant, les scientifiques lui préfèrent le pont d’Austerlitz, dans le 13e arrondissement de la capitale, dont l’échelle hydrométrique fait référence. S’ils se sont détournés du zouave, c’est parce qu’il a été déplacé en 1970 lors de la reconstruction du pont de l’Alma, devenu trop étroit pour la circulation. Depuis 1997, le pont de l' Alma et son zouave sony concurrencés par lady Di. Le 31 août 1997 survient un tragique événement, la mort de la princesse de Galles. Le drame se déroulé à 00 h 30, sous le pont de l’Alma à Paris. En voiture, Diana Spencer, et son compagnon Dodi Al-Fayed, tentent d’échapper aux paparazzis. Le chauffeur perd le contrôle de la Mercedes. C’est l’accident, à 150 km/h. 
Le bateau-mouche commence à remonter le cours du fleuve et le premier pont qui se présente est le pont Alexandre III. Le pont Alexandre III  réunit, en un seul lieu, l’élégance architecturale, la richesse symbolique et une situation exceptionnelle sur la Seine. Le pont Alexandre-III est un ouvrage métallique emblématique franchissant la Seine entre les 7e et 8e arrondissements de Paris. Inauguré le 14 avril 1900 lors de l’Exposition universelle, il symbolise l’alliance franco-russe scellée en 1891 entre le tsar Alexandre III et le président

Sadi Carnot. Sa construction, confiée aux ingénieurs Jean Résal, Amédée Alby et Joseph Grison, ainsi qu’aux architectes Cassien-Bernard et Gaston Cousin, visait à prolonger l’axe des Invalides vers les Palais construits pour l’Exposition. 
Le pont, d’une seule arche de 107 mètres en acier moulé, repose sur des culées massives pour résister à sa poussée horizontale. Sa décoration exubérante inclut des groupes équestres en bronze doré (les Renommées) et des sculptures allégoriques célébrant la France à différentes époques. Deux ponts se suivent et ne se ressemblent pas, les 2 ont un rapport étroit avec la Russie, la guerre pour l'Alma, la paix et l'amitié pour Alexandre III;

Le Pont Alexandre III est un exemple magistral de l’Art Nouveau, un style caractérisé par des lignes fluides, des ornements abondants et une inspiration naturaliste. Les sculptures, notamment les quatre nymphes symbolisant la France, la Russie, les Arts et les Sciences, sont des œuvres d’art . Réalisées en bronze doré et or, elles témoignent d’un niveau de détail et d’un luxe exceptionnels. Les lampadaires, finement ciselés, contribuent à l’harmonie du design. L’utilisation de la pierre et du bronze, des matériaux nobles, souligne le prestige de l’ouvrage. L’influence de l’Art Nouveau est palpable, rappelant le style de Gustave Eiffel et de Victor Horta. Construit en seulement trois ans (1896-1899), le pont Alexandre III représente une performance d’ingénierie remarquable. Ses dimensions impressionnantes – 160 mètres de long et 40 mètres de large – en font un ouvrage d’exception. La structure métallique, habilement dissimulée sous les ornements, assure la robustesse tout en préservant l’élégance. L’utilisation d’une structure en arc, alors une innovation, permettait de franchir la Seine tout en optimisant la stabilité. Des calculs architecturaux précis ont été nécessaires pour soutenir le poids des sculptures et de la structure elle-même. Comparé aux ponts en pierre du XIXe siècle, le Pont Alexandre III incarne une avancée significative dans le domaine de l’ingénierie des ponts métalliques, alliant esthétique et fonctionnalité.Les quatre extrémités du Pont Alexandre III sont flanquées de monumentaux pylônes de 17 mètres de haut, ornementés à leur sommet de pégases de bronze doré. Ils représentent la Renommée des Arts, des Sciences, du Commerce et de l’Industrie.
Sur la rive droite, le Grand Palais construit également pour l'expo universelle de 1900.  La France entend « éblouir les nations » en présentant plusieurs centaines de bâtiments de tous styles. Le Grand Palais, qui succède au palais de l'Industrie construit en 1855, et le Petit Palais qui lui fait face sont destinés à être pérennisés. Exhiber les richesses de son empire colonial, affirmer « l'amitié franco-russe » (d'où la construction du pont Alexandre III), revendiquer l'excellence dans le domaine technologique (la France comme « berceau » du cinématographe ou du radium), sont quelques-uns des objectifs politiques associés à l'événement. C'est Paris « Ville Lumière » qui s'expose et le « style 1900 », académique et colossal, ne se confond aucunement avec l'Art nouveau, presque absent de l'exposition.
 
Georges Récipon (1860-1920): Les nymphes de la Seine avec les armes de Paris, 1900, cuivre martelé, motif central sur le parapet aval. 
Sur la rive gauche se succèdent les symboles de la République Française, le quai d'Orsay d'abord siège du Ministère des Affaires Etrangères. A cet emplacement s’élevaient auparavant les écuries de la reine Marie Leczynska, épouse du roi Louis XV. Sous la Monarchie de Juillet, François Guizot, ministre des Affaires étrangères, est à l’initiative de la construction d’un bâtiment officiel pour les affaires diplomatiques. Bâti de 1845 à 1856 par l’architecte Jacques Lacornée, l’édifice s’apparente visiblement aux architecture Renaissance et classique. Il se présente comme un vaste hôtel particulier entre cour et jardin.
Puis le palais Bourbon siège de l'Assemblée Nationale.
l'Assemblée nationale compte 577 députés représentant le peuple français. Elle légifère, adoptant une centaine de lois par an, et contrôle l'action du gouvernement. Le Palais Bourbon, achevé en 1728, a été construit pour la duchesse de Bourbon par les architectes Giardini, Aubert et Gabriel. Sa structure évoque alors celle du Grand Trianon de Versailles. Il sera modernisé par le prince de Condé entre 1765 et 1789. Déclaré "bien de la Nation" en 1791, le Palais Bourbon aura divers usages, et accueillera le représentation nationale dès 1795 avec le Conseil des Cinq cents. La colonnade de la façade date de l'époque napoléonienne. La transformation du bâtiment se poursuit tout au long du XIXe siècle, avec notamment l'intervention du peintre Delacroix.
Sur l'autre rive, on aperçoit l'Obélisque de la Concorde .
Nous franchissons le pont de la Concorde,  construit  à la fin du XVIIIe siècle qui relie la place de la Concorde au quai d'Orsay. Dès le début du XVIIIe siècle, Louis XV souhaite relier le quartier de Saint-Germain des prés de la Rive gauche à une place de la Rive droite qui porte alors son nom , l' actuelle place de la Concorde. Le pont n'est construit qu'à partir de 1787 et inauguré en 1791. La démolition de la prison de la Bastille, prise d’assaut par les insurgés le 14 juillet 1789, va permettre aux maçons de récupérer un grand nombre de pierres de taille, et de les utiliser pour la construction du pont de la Concorde. Au-delà de l’aspect pratique, cet acte est également symbolique car il permet que "le peuple pût continuellement fouler aux pieds l’antique forteresse".

Sur la rive gauche, quai Anatole France , cet étonnant immeuble.  Cet immeuble est bâti en 1905 dans le style Art nouveau par l’architecte d’origine hollandaise Richard Bouwens van der Boijen (1863-1939). La façade est entièrement recouverte de motifs floraux de forme ronde dans des tons d’ocre : l’ensemble est en en céramique réalisée par la célèbre fabrique Gentil et Bourdet. La travée située à l’extrême gauche est animée par un bow-window qui se prolonge au niveau du toit par une tourelle surmontée d’un clocheton. Au niveau des allèges du bow-windows, certains motifs géométriques annoncent déjà l’Art déco, qui supplantera l’éphémère style Art nouveau. Au 5e étage, une grande loggia couronne l’édifice. Des colonnes entièrement recouvertes de brique vernissée soutiennent la balustrade du dernier étage placé en retrait: une grande baie cintrée hors d’échelle occupe toute la façade à ce niveau. Les curieux auvents en tuiles de couleur présents au rez-de-chaussée et au 1er étage sont plutôt une référence à l’architecture traditionnelle néerlandaise.
La passerelle Léopold-Sédar-Senghor réalisée par l'architecte Marc Mimram entre 1997 et 1999 est formé d'une arche unique de 106 mètres de portée. La passerelle relie le  sur la rive gauche au jardin des Tuileries sur la rive droite, elle est accessible par le piéton depuis les quais haut et bas. 
Le musée, l'un des plus visités au monde avec plus de trois millions et demi de visiteurs dans l'année, est en effet une institution singulière installée dans l'ancienne gare d'Orsay, construite pour l'Exposition universelle de Paris en 1900 : le projet avait été confié en 1898 à Victor Laloux, qui devait concevoir une grande gare plus centrale que la gare d'Austerlitz. Pour le site, on choisit un terrain sur lequel se trouvent l'ancienne caserne de cavalerie et le Palais d'Orsay, construit entre 1810 et 1838 : il avait d'abord été le siège de la Cour des comptes puis du Conseil d'Etat. Mais les deux bâtiments ont été incendiés en 1871 lors de la Commune de Paris, et en 1898 il n'en restait que deux ruines.
 Il ne fallut que deux ans pour inaugurer la gare, qui ouvrit le 14 juillet 1900, avec une immense voûte métallique, de style moderniste, de 32 mètres de haut, 40 mètres de large et 138 mètres de long. Pendant près de quarante ans, c'est-à-dire jusqu'en 1939, la gare d'Orsay remplit sa fonction de gare ferroviaire, même avec l'aide de l'hôtel de luxe qui la jouxte, également conçu par Laloux.



Le pavillon de Flore est à l'extrémité sud-ouest du palais du Louvre, en bordure de la Seine. Il tire son nom du groupe Le Triomphe de Flore sculpté par   Carpeaux  (1827-1875) qui fait face au  pont Royal. Ce pavillon a été reconstruit, sous Napoléon III,  entre 1861 et 1866 par l'architecte Lefuel (1810-1880) abandonnant l’architecture de Jacques II Androuet Du Cerceau . La décoration des façades côté Seine a été réalisé par Jean-Baptiste Carpeaux pour la décoration de la façade côté Seine . Celle côté Tuileries et le jardin du Carroussel le décor est de Pierre-Jules Cavelier. Le pont Royal est le troisième plus ancien pont de la ville, après le pont Neuf et le pont Marie.


Le pont du Carrousel, d'une longueur de 168 mètres pour une largeur de 33 mètres, a été reconstruit de 1939 à 1943 en dos d'âne, sous la direction des ingénieurs Gaspard et Morane. Il est composé de cinq arches en béton armé recouvert d'un parement en en pierre de taille, trois travées au dessous de la Seine et deux situées sur les quais bas. Le pont du Carrousel relie le quai Voltaire sur la rive gauche au guichets du Louvre. En longeant le Louvre à partir du fleuve, on se rend compte de l'immensité du musée et on comprend mieux qu'il y ait quelques trous dans la raquette de la sécurité.
On arrive au pont des Arts. Composé de fonte et orné de 7 arches, il est la réplique minutieuse d'un ancien pont ayant succombé aux assauts de bateaux et de bombardements.  Il est le premier pont métallique de la capitale. Construit entre 1801 et 1804, il est initialement pensé comme base d’un jardin suspendu, projet qui ne verra malheureusement jamais le jour. Le pont des Arts a subi plusieurs modifications et reconstructions au cours de son existence, notamment à cause d’accidents fluviaux et de guerres. Du fait de sa fragilité, il est interdit d’accès en 1977. Une sage décision puisqu’il finit par s’effondrer en 1979, après qu’une barge l’a percuté. Il est finalement reconstruit, à l’identique, et inauguré par Jacques Chirac en 1984.
Si, par hasard, Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau"

Entre 2008 et 2014 les cadenas viennent s’amonceler sur les grilles du pont des Arts. Des amoureux et amoureuses du monde entier se rendent sur la passerelle pour accrocher cet objet symbole de leur amour éternel. Souvent, ils peignent ou gravent leurs initiales sur le cadenas, le referment sur les grilles puis jettent les clefs dans la Seine, se jurant de s’aimer pour la vie. Une tradition qui viendrait des pays de l’Est ; on peut en effet voir à Moscou, par exemple, des arbres entiers dédiés aux cadenas des amoureux sur le pont Luzhkov, le long de la rivière Moskova. Malheureusement, comme beaucoup de belles choses, l’histoire des cadenas du pont des Arts a une fin. Près de 500 kg de cadenas peuplent chaque panneau grillagé de la passerelle et leur poids devient vite difficile à supporter pour le pont fragile. Jusqu’à ce que l’inévitable n’arrive et qu’une partie du grillage s’effondre en 2014. La Mairie de Paris n’a alors pas d’autre choix que de retirer les cadenas et de remplacer les grillages par des panneaux vitrés. En 2020, les cadenas deviennent une œuvre à part entière. C’est à l’artiste franco-mexicaine Carmen Mariscal qu’est confiée la responsabilité de les réinventer. Du 12 mars au 28 avril 2020, ils prennent la forme d’une mystérieuse œuvre d’art située place du Palais Royal à Paris. Une maison éphémère de 3 mètres de haut recouverte de cadenas et intitulée "Chez Nous". 

Baptiste Androuet du Cerceau, l’architecte principal du Pont Neuf, a introduit plusieurs innovations structurelles qui ont révolutionné la conception des ponts. Contrairement aux ponts médiévaux étroits et encombrés de maisons, le Pont Neuf a été conçu comme un espace ouvert et large, facilitant la circulation des personnes et des marchandises.L’une des caractéristiques les plus remarquables du pont est l’utilisation de trottoirs surélevés , une première à Paris. Cette innovation a permis de séparer les piétons du trafic des chevaux et des carrosses, améliorant considérablement la sécurité et le confort des usagers. De plus, les arches segmentaires du pont, plus larges et plus basses que les arches traditionnelles, ont permis une meilleure navigation sur la Seine. Sous l’Ancien Régime, le Pont Neuf a  été le théâtre de nombreuses exécutions publiques. Ces spectacles macabres, destinés à affirmer l’autorité royale et à dissuader les crimes, attiraient des foules considérables.L’une des exécutions les plus célèbres fut celle de Ravaillac, l’assassin d’Henri IV, en 1610. Son supplice, particulièrement cruel, se déroula en partie sur le pont, renforçant l’association entre ce lieu et le pouvoir royal. Ces événements ont profondément marqué l’imaginaire collectif, faisant du Pont Neuf un lieu chargé d’histoire et de symbolisme.

L'institut de France, quai Conti   face au pont des Arts a été installé dans l'ancien bâtiment du collège des Quatre-Nations en 1805 à l'initiative de  Napoléon 1er. L'aménagement initial par Le Vau(1612-1670), premier Architecte de Louis XIV, signé en 1659, prévoyait un édifice en demi-lune avec deux corps de bâtiments encadrant une chapelle. Le bâtiment  réalisé est composé d'une chapelle, à coupole, encadrée par deux ailes en quart de cercle terminées par deux pavillons ornés. 

L’Institut de France est un lieu unique où dialoguent les savoirs portés par ses cinq académies : l’Académie française, l’Académie des inscriptions et belles-lettres, l’Académie des sciences, l’Académie des beaux-arts et l’Académie des sciences morales et politiques.
A la pointe de l'ile de la Cité, il y a ce magnifique saule pleureur, emblématique du Paris romantique. Il se trouve au bout d'un jardin extraordinaire, le jardin du Vert Galant. 
Pour atteindre ce jardin merveilleux en plein cœur de Paris, rendez-vous sur le Pont-Neuf, entre le Quai de l’Horloge et le Quai des Orfèvres. Vous y trouverez un petit passage secret et étroit. En descendant le long d’anciens murs de pierre, vous arriverez à l’entrée du square du Vert-Galant.


A la jonction des deux parties du Pont Neuf, plus vieux pont de Paris inauguré en 1607, la majestueuse statue équestre en bronze de Henri IV pointe vers la place Dauphine. L'originale commandée par Marie de Médicis en 1614 fut détruite sous la Révolution en 1792. Celle-ci réalisée par le sculpteur François-Frédéric Lemot sur ordre de Louis XVIII date de 1818.

 


Le Pont Neuf est en fait le plus ancien pont encore debout à Paris. Érigé à la fin du XVIe siècle, il incarne l’histoire et l’évolution de la capitale française. 
Baptiste Androuet du Cerceau, l’architecte principal du Pont Neuf, a introduit plusieurs innovations structurelles qui ont révolutionné la conception des ponts. Contrairement aux ponts médiévaux étroits et encombrés de maisons, le Pont Neuf a été conçu comme un espace ouvert et large, facilitant la circulation des personnes et des marchandises. L’une des caractéristiques les plus remarquables du pont est l’utilisation de trottoirs surélevés , une première à Paris. Cette innovation a permis de séparer les piétons du trafic des chevaux et des carrosses, améliorant considérablement la sécurité et le confort des usagers. De plus, les arches segmentaires  du pont, plus larges et plus basses que les arches traditionnelles, ont permis une meilleure navigation sur la Seine. Sous l’Ancien Régime, le Pont Neuf a  été le théâtre de nombreuses exécutions publiques. Ces spectacles macabres, destinés à affirmer l’autorité royale et à dissuader les crimes, attiraient des foules considérables. L’une des exécutions les plus célèbres fut celle de Ravaillac, l’assassin d’Henri IV, en 1610. Son supplice, particulièrement cruel, se déroula en partie sur le pont, renforçant l’association entre ce lieu et le pouvoir royal.

Tout au long du pont neuf, sous les piliers, 380 petits mascarons adaptations dans l’architecture des masques des théâtres italiens. Ils représentent des divinités mythologiques grecs: les satyres.Associés au dieu Dionysos , ils étaient présents dans les drames satyriques ! Mi-hommes, mi-bouc, ils buvaient beaucoup, jouaient de la musique, toujours à la recherche de femmes. Ces divinités grecques pouvaient être représentée en érection sur les vases. Des représentations du Vert Galant ?

 
Quai des Orfèvres, on passe devant le palais de Justice. Son architecture  est un mélange harmonieux de styles gothique et classique. Ses façades majestueuses et ses intérieurs somptueux témoignent de l’évolution architecturale au fil des siècles. L’une des pièces maîtresses de cet édifice est la Sainte-Chapelle, un joyau gothique édifié sous Louis IX, qui attire chaque année des milliers de visiteurs pour ses vitraux éblouissants.
Le pont Saint Michel à Paris enjambe la Seine entre la place Saint Michel, sur la rive gauche, d’un côté, et l’île de la Cité de l’autre. Facilement accessible en métro, RER ou encore en bus, sa situation géographique en fait un point stratégique dans la capitale. Plusieurs fois reconstruit au cours des siècles à cause des crues de la Seine, le pont Saint Michel tel qu’on le connaît aujourd’hui est l’œuvre de Paul Martin Gallocher de Lagalisserie et Paul Vaudrey et date de 1857. Il doit son nom à sa proximité avec l’ancienne chapelle Saint Michel du Palais qui existait autrefois dans le Palais royal, en place de l’actuel Palais de Justice sur l’île de la Cité.
Et voici Notre Dame.



La statue Charlemagne et ses leudes  est intimement liée aux expositions universelles. Car après avoir été proposée en 1853 par les sculpteurs français Charles et Louis Rochet, elle sera présentée une première fois lors de l’exposition universelle de 1867 sous la forme d’une statue en plâtre. Fondue en bronze par la Fonderie Thiébaut Frères, elle est présentée une seconde fois lors de l’exposition de 1878. L’histoire de cette statue est intimement liée aux expositions universelles. Car après avoir été proposée en 1853 par les sculpteurs français Charles et Louis Rochet, elle sera présentée une première fois lors de l’exposition universelle de 1867 sous la forme d’une statue en plâtre. Fondue en bronze par la Fonderie Thiébaut Frères, elle est présentée une seconde fois lors de l’exposition de 1878
Le bateau-mouche a fait demi-tour et amorce sa remontée vers son port d'attache. Nous longeons l’île Saint Louis et le pont Saint Louis se présente devant nous. 
Le pont Saint Louis permet en effet de rejoindre à pied les îles de la Cité et Saint Louis.
Nous arrivons au pont de la Tournelle, d'une longueur actuelle de 120 mètres pour une largueur de 23 mètres, a été réalisé entre 1924 et 1928 sous la direction des ingénieurs Lang & Deval et des architectes Pierre et Louis Deval. Il se comporte trois arcs en béton armé, l'arc central surbaissé ou segmentaire de 74 m et deux latéraux en plein cintre revêtus de pierres. Le pont relie le quai de la Tournelle sur la rive gauche au quai d'Orléans et le quai de Béthune sur l’île Saint Louis.

Perchée à 14 mètres de hauteur, sur un pylône, cette statue est difficile à percevoir de près pour les passants. Elle représente toutefois un personnage emblématique de Paris : sainte Geneviève, la sainte patronne de la ville. Celle-ci est représentée le corps droit, le regard lointain, protégeant d’une main un enfant qui symbolise la capitale. Celle-ci est tournée vers le sud, en figure protectrice face aux éventuels envahisseurs – bien qu’à l’origine, le sculpteur Paul Landowki souhaitait qu’elle se tourne vers la cathédrale Notre-Dame de Paris… dans le sens inverse !
A la pointe de l’île Saint Louis, l’hôtel Lambert.
Depuis sa construction  en 1640, cet édifice fascine, changeant plusieurs fois de propriétaire, pour passer entre les mains des puissances du moment. Chaque occupant a fait tinter le cristal et partagé le privilège de dominer la Seine. En quatre siècles et demi s’y sont succédé quelques Français et, plus nombreux encore, une ribambelle d’amoureux de la France, installés sous les dorures comme dans une machine à remonter le temps vers l’Ancien Régime. Pour s’inscrire dans cette lignée, son propriétaire depuis février, le patron de Free, Xavier Niel a dépensé des millions. Propriété de la famille royale du Qatar depuis 2007, cet hôtel particulier construit au milieu du 17e siècle par l’architecte Louis Le Vau qui conçut le château de Vaux-le-Vicomte et participa à l’agrandissement de celui de Versailles, a été acquis par Xavier Niel. c'est dans l’hôtel de Lauzun avec ce sublime balcon, que Beaudelaire écrivit les Fleurs du Mal. Le lieu l’inspire : du quai d’Anjou il voit la Seine, et de son appartement, il peut voir le soleil couchant. Dans la torpeur du haschich, il apercevait au petit matin "L’aurore grelottante en robe rose et verte"» qui "s’avançait lentement sur la Seine déserte"...



Le pont actuel Louis Philippe, d'une longueur de 100 mètres pour une largeur de 16 mètres ressemble au pont de Bercy. Il a été réalisé par les ingénieurs Romany et Savarin entre 1860 et 1862. Il est soutenu par 3 arches en anse de 30 mètres de portée qui reposent sur des piles fondées en béton. Le pont Louis Philippe relie la rive droite le quai de l’Hôtel de Ville à l’île Saint Louis.

L’hôtel de ville est gravement touché lors de la Commune de Paris en 1871. En mai, le bâtiment est incendié et presque entièrement détruit. Les flammes emportent non seulement l’édifice, mais aussi des archives précieuses retraçant des siècles d’histoire municipale. Cet incendie constitue une rupture majeure. Paris perd l’un de ses monuments les plus emblématiques, mais la décision de reconstruire est immédiate, tant l’Hôtel de Ville est considéré comme indispensable à l’identité de la capitale. La reconstruction débute à la fin du XIXᵉ siècle. Les architectes choisissent de respecter l’apparence Renaissance de l’ancien bâtiment, tout en utilisant des techniques modernes. L’Hôtel de Ville tel qu’on le connaît aujourd’hui est inauguré en 1882. Sa façade, richement ornée de statues représentant des figures majeures de l’histoire parisienne, rend hommage aux grands hommes et femmes qui ont marqué la ville. Demain, Grégoire ou Dati ???


Au cœur de l’Île de la Cité, la Conciergerie est l’un des monuments les plus marquants de Paris. Ancien palais royal du Moyen Âge, elle est surtout connue pour avoir servi de prison pendant la Révolution française.
C’est ici que Marie-Antoinette, reine de France, a passé ses derniers jours en 1793. 

Le pont au Change relie le quai de la  Mégisserie, le quai de Grèves et la Place du Chatelet au quai de la Corse et quai de l'Horloge sur l'ile de la Cité. Les tympans portent la lettre N de Napoléon dans des couronnes de lauriers sculptées par Cabat. Le premier pont date du IXe siècle, il doit son nom aux chargeurs (joailliers et orfèvres) qui s'étaient installés en 1141 à la demande de Louis VII. Les maisons qu'il portait détruites par un incendie en 1621 ont été reconstruit avec leurs deniers de 1639 à 1647. Ce pont en maçonnerie avait 7 arches (dont 6 en Seine) et était à l'époque le plus large de la capitale; Il fut débarrassé de ses maisons en 1786.


Situé sur l’Île de la Cité, au cœur du pouvoir judiciaire historique de Paris, le Tribunal de Commerce est un chef-d'œuvre méconnu du Second Empire. Entre sa coupole imposante et son faste intérieur, cet édifice cache une audace architecturale singulière : un dôme délibérément décentré pour répondre aux exigences urbaines du baron Haussmann.
 La Conciergerie : L'édifice fut jadis la résidence des rois de France puis une prison tristement célèbre à la Révolution. Parmi les locataires éphémères, on peut citer notamment Robespierre, Danton, Olympe de Gouges ou encore la reine Marie-Antoinette.
Sur l'autre rive, La Samaritaine.  


L' histoire de La Samaritaine située dans le Ier arrondissement parisien remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle : en 1870, un ancien vendeur de tissus, Ernest Cognacq, décide de monter un commerce rue du Pont-Neuf, où il sera bientôt rejoint par son épouse, Marie-Louise Jay, auparavant première vendeuse du rayon des confections au magasin Le Bon Marché. Outre une localisation idéale, entre le Louvre et Notre Dame, le succès de leur affaire tient à des concepts novateurs. Parmi eux, le fait que les produits ont un prix unique et affiché, ainsi que la possibilité d'essayer les vetements. L'architecte Frantz Jourdain souhaite inscrire le lieu dans son temps, et va notamment user de charpente métallique en acier, qu'il va marier avec une vaste verrière, afin de faire entrer la lumière. Influencé par l'Art Nouveau, il habille la façade d'enseignes en mosaïques et l'orne de frises représentants des motifs floraux, dans des tons jaune et vert. En 1926, l'architecte fait appel à son ami et collègue Henri Sauvage, qui va insuffler l'esprit Art Déco dans ce joyau du commerce parisien avec la construction de derniers étages.  Bernard Arnault devient propriétaire de la Samaritaine. Le chantier colossal pour rénover le grand magasin débute au milieu des années 2010. Après son ouverture,  La Samaritaine 2.0 réunit désormais sous sa verrière un grand magasin, un hôtel cinq étoiles de 72 chambres, des bureaux, des logements sociaux, ainsi qu'une crèche.  



Revoilà le Pont Neuf, le saule du Vert Galant, la passerelle, le pavillon de Flore, le Grand Palais, les Pégasses d'Alexandre III, la Tour Eiffel, le Zouave...

 

 Nous arrivons au Pont d’Iéna,  reliant majestueusement la tour Eiffel au Trocadéro. Son nom célèbre la victoire éclatante des armées napoléoniennes sur la Prusse en 1806. À cette époque glorieuse, Napoléon Ier décide de construire ce pont monumental comme un hommage à la bataille décisive de Iéna. Conçu par plusieurs architectes de renom tels que Gaspard, C. Lamandé, J. Mallet, et J. Morane, le pont d’Iéna devient rapidement un symbole de la grandeur impériale.
Depuis les JO, le pont de Iéna est réservé aux piétons et aux cyclistes.
C'est en1848 qu’il est décidé de décorer le pont de quatre cavaliers représentant les âges de l’équitation. Posées sur d’imposants socles et hauts de plus de trois mètres, ces statues en pierre sont le fruit du travail de quatre sculpteurs et ont chacun des attributs différents : Jean-Jacques Feuchère pour le cavalier arabe portant une lance et François-Théodore Devaulx pour le cavalier grec et son casque orné d’un panache sur la rive droite ; Auguste Préault pour le cavalier gaulois doté d’une longue chevelure et d’une moustache et Louis-Joseph Daumas pour le cavalier romain pourvu d’un blason SPQR (Senatus populusque Romanus, emblème de la République romaine) sur la rive gauche. Ces sculptures sont inaugurées le 15 août 1853.
Le Front de Seine apparait en arrière du pont Bir Hakeim, en aval de la tour Eiffel avec une concentration d'immeubles de grande hauteur. le pont Bir Hakeim est une star de cinéma. 

Surnommé “Inception Bridge”, il apparaît dans la célèbre scène du film Inception (2010), où Ariadne (Elliot Page) plie la réalité à travers des miroirs sous ses arches métalliques. Mais ce n’est pas tout : Last Tango in Paris, Zazie dans le métro, Le Professionnel, Taxi 2, ou encore Munich ont aussi immortalisé ce décor unique. 

Avant d’être ce qu’il est aujourd’hui, le pont de Bir-Hakeim était une passerelle métallique piétonnière, la passerelle de Passy, construite à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878. C’est en 1902 que le pont est reconstruit, des suites d’un concours, par l’entreprise de construction métallique Daydé & Pillé sous la direction de Louis Biette, et décoré par Jean Camille Formigé, architecte de la ville de Paris. Le pont est inauguré en 1949 avec l’avenue du Général Leclerc. C’est à ce moment-là que le pont de Bir-Hakeim est nommé ainsi, en souvenir de la bataille de Bir-Hakeim menée par les Forces françaises libres en Libye en 1942.

Reliant d’un côté le quai Grenelle sur la rive gauche, du côté du Champ de Mars et de la tour Eiffel, et de l’autre l’avenue du Président Kennedy sur la rive droite, du côté du parc de Passy et du musée du Vin, le pont de Bir-Hakeim est long de 257 mètres. Il se compose de deux étages, un pour les voitures, les piétons et les cyclistes (de 6 mètres de large séparé par un promenoir de 8,70 mètres et de 2 mètres de trottoirs) et un viaduc au-dessus pour le métro (ligne 6 Nation-Charles-de-Gaulles-Etoile). Au milieu, des escaliers permettent de rejoindre la pointe nord de l’île aux Cygnes 

qui abrite la statue de la Liberté. Sur la structure métallique du pont, on distingue deux groupes de statues en fonte et quatre allégories représentant la science et le travail (créés par Jules Coutan), l’électricité et le commerce (créés par Jean Antoine Injalbert). Le viaduc est supporté par des colonnes métalliques caractéristiques du pont de Bir-Hakeim.




Le bateau-mouche fait demi-tour pour retourner au pont de l'Alma. On retrouve les cavaliers du pont de Iéna.


Les bulbes de la cathédrale"Poutine" apparaissent avant que le zouave nous rappelle que la Crimée a été le site d' héroïques batailles du Second Empire. La cathédrale de la Sainte-Trinité est l’église principale du diocèse de Chersonèse et aussi de l’Exarchat patriarcal en Europe occidentale de l’Eglise Orthodoxe Russe (Patriarcat de Moscou). Le Patriarcat de Moscou est eminement nationaliste et poutinien. L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe a indéniablement une composante religieuse. Dans son allocution du 21 février 2022, Vladimir Poutine a mentionné parmi ses griefs contre l’État ukrainien le soutien que celui-ci aurait apporté au « schisme » qui divise désormais l’orthodoxie ukrainienne, et il a évoqué les discriminations que subirait aujourd’hui l’Église orthodoxe ukrainienne dépendant du patriarcat de Moscou.

Une croisière beaucoup moins ringarde qu'il n'y parait de prime abord.
 




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