Il y a quelques jours nous avons regardé "des racines et des ailes" consacrée à la Seine depuis la source dans l'Aube jusqu'à l'embouchure à Rouen. L'émission consacre une partie aux ponts de Paris et nous décidons de faire un voyage qui peut paraître ringard ou désuet, une mini-croisière en bateau-mouche. Nous commençons au pont de l'Alma. Le Pont de l’Alma est bien plus qu’un simple passage sur la Seine. Construit en 1856 pour commémorer la bataille de l’Alma, ce pont emblématique incarne l’histoire, la mémoire et l’architecture parisienne. Le Pont de l’Alma a été construit sous le règne de Napoléon III pour célébrer la victoire franco-britannique lors de la bataille de l’Alma, en 1854, pendant la guerre de Crimée. Conçu par l’ingénieur Paul-Martin Gallocher de Lagalisserie, il reflétait à l’origine le style monumental du Second Empire. Parmi les éléments les plus célèbres du Pont de l’Alma se trouve la statue du Zouave. Cet hommage aux soldats de la guerre de Crimée est devenu une référence pour mesurer les crues de la Seine. Lorsque l’eau atteint les pieds ou les jambes du Zouave, cela indique une montée significative du niveau de la rivière. L’histoire du pont de l’Alma et de son Zouave commence le 20 septembre 1854, tournant de la guerre de Crimée où les français alliés aux anglais célèbrent leur victoire déterminante sur les russes, battus sur les rives de l’Alma. Napoléon III, à l’occasion de la première Exposition universelle, ordonne la construction d’un pont joignant l’avenue Montaigne, rive droite, au Champ-de-Mars, rive gauche et lui donne le nom d’Alma en l’honneur de ses soldats méritants. Il est curieux que Poutine décide d'ériger la cathédrale orthodoxe juste ne face d'un pont qui commémore une mémorable pâtée des cosaques face aux troupes anglo-françaises.

Sadi Carnot. Sa construction, confiée aux ingénieurs Jean Résal, Amédée Alby et Joseph Grison, ainsi qu’aux architectes Cassien-Bernard et Gaston Cousin, visait à prolonger l’axe des Invalides vers les Palais construits pour l’Exposition.
Le pont, d’une seule arche de 107 mètres en acier moulé, repose sur des culées massives pour résister à sa poussée horizontale. Sa décoration exubérante inclut des groupes équestres en bronze doré (les Renommées) et des sculptures allégoriques célébrant la France à différentes époques. Deux ponts se suivent et ne se ressemblent pas, les 2 ont un rapport étroit avec la Russie, la guerre pour l'Alma, la paix et l'amitié pour Alexandre III;




Sur l'autre rive, on aperçoit l'Obélisque de la Concorde .Nous franchissons le pont de la Concorde, construit à la fin du XVIIIe siècle qui relie la place de la Concorde au quai d'Orsay. Dès le début du XVIIIe siècle, Louis XV souhaite relier
le quartier de Saint-Germain des prés de la Rive gauche à une place de
la Rive droite qui porte alors son nom , l' actuelle place de la Concorde. Le pont n'est construit qu'à partir de 1787 et inauguré en 1791. La démolition de la prison de la Bastille, prise
d’assaut par les insurgés le 14 juillet 1789, va permettre aux maçons de
récupérer un grand nombre de pierres de taille, et de les utiliser pour
la construction du pont de la Concorde. Au-delà de l’aspect pratique,
cet acte est également symbolique car il permet que "le peuple pût continuellement fouler aux pieds l’antique forteresse".

Le pavillon de Flore est à l'extrémité sud-ouest du palais du Louvre, en bordure de la Seine. Il tire son nom du groupe Le Triomphe de Flore sculpté par Carpeaux (1827-1875) qui fait face au pont Royal. Ce pavillon a été reconstruit, sous Napoléon III, entre 1861 et 1866 par l'architecte Lefuel (1810-1880) abandonnant l’architecture de Jacques II Androuet Du Cerceau . La décoration des façades côté Seine a été réalisé par Jean-Baptiste Carpeaux pour la décoration de la façade côté Seine . Celle côté Tuileries et le jardin du Carroussel le décor est de Pierre-Jules Cavelier. Le pont Royal est le troisième plus ancien pont de la ville, après le pont Neuf et le pont Marie.

On arrive au pont des Arts. Composé de fonte et
orné de 7 arches, il est la réplique minutieuse d'un ancien pont ayant
succombé aux assauts de bateaux et de bombardements. Il est le premier pont métallique de la capitale. Construit entre 1801 et 1804, il
est initialement pensé comme base d’un jardin suspendu, projet qui ne
verra malheureusement jamais le jour. Le pont des Arts a subi plusieurs modifications et reconstructions au
cours de son existence, notamment à cause d’accidents fluviaux et de
guerres. Du fait de sa fragilité, il est interdit d’accès en 1977. Une
sage décision puisqu’il finit par s’effondrer en 1979, après qu’une
barge l’a percuté. Il est finalement reconstruit, à l’identique, et inauguré par Jacques Chirac en 1984.Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Prudent, prends garde à ton chapeau"
Entre
2008 et 2014 les cadenas viennent s’amonceler sur les grilles du pont
des Arts. Des amoureux et amoureuses du monde entier se rendent sur la
passerelle pour accrocher cet objet symbole de leur amour éternel.
Souvent, ils peignent ou gravent leurs initiales sur le cadenas, le
referment sur les grilles puis jettent les clefs dans la Seine, se
jurant de s’aimer pour la vie. Une tradition qui viendrait des pays de
l’Est ; on peut en effet voir à Moscou, par exemple, des arbres entiers
dédiés aux cadenas des amoureux sur le pont Luzhkov, le long de la
rivière Moskova. Malheureusement, comme beaucoup de belles choses,
l’histoire des
cadenas du pont des Arts a une fin. Près de 500 kg de
cadenas peuplent chaque panneau grillagé de la passerelle et leur poids
devient vite difficile à supporter pour le pont fragile. Jusqu’à ce que
l’inévitable n’arrive et qu’une partie du grillage s’effondre en 2014.
La Mairie de Paris n’a alors pas d’autre choix que de retirer les
cadenas et de remplacer les grillages par des panneaux vitrés. En 2020,
les cadenas deviennent une œuvre à part entière. C’est à
l’artiste franco-mexicaine Carmen Mariscal qu’est confiée la
responsabilité de les réinventer. Du 12 mars au 28 avril 2020, ils
prennent la forme d’une mystérieuse œuvre d’art située place du Palais
Royal à Paris. Une maison éphémère de 3 mètres de haut recouverte de
cadenas et intitulée "Chez Nous".
Baptiste Androuet du Cerceau, l’architecte principal du Pont Neuf, a
introduit plusieurs innovations structurelles qui ont révolutionné la
conception des ponts. Contrairement aux ponts médiévaux étroits et
encombrés de maisons, le Pont Neuf a été conçu comme un espace ouvert et
large, facilitant la circulation des personnes et des marchandises.L’une des caractéristiques les plus remarquables du pont est l’utilisation de trottoirs surélevés
, une première à Paris. Cette innovation a permis de séparer les
piétons du trafic des chevaux et des carrosses, améliorant
considérablement la sécurité et le confort des usagers. De plus, les arches segmentaires du pont, plus larges et plus basses que les arches traditionnelles, ont permis une meilleure navigation sur la Seine. Sous l’Ancien Régime, le Pont Neuf a été le théâtre
de nombreuses exécutions publiques. Ces spectacles macabres, destinés à
affirmer l’autorité royale et à dissuader les crimes, attiraient des
foules considérables.L’une des exécutions les plus célèbres fut celle de Ravaillac,
l’assassin d’Henri IV, en 1610. Son supplice, particulièrement cruel, se
déroula en partie sur le pont, renforçant l’association entre ce lieu
et le pouvoir royal. Ces événements ont profondément marqué l’imaginaire
collectif, faisant du Pont Neuf un lieu chargé d’histoire et de
symbolisme.
L’Institut de France est un lieu unique où dialoguent les savoirs portés par ses cinq académies : l’Académie française, l’Académie des inscriptions et belles-lettres, l’Académie des sciences, l’Académie des beaux-arts et l’Académie des sciences morales et politiques.A la pointe de l'ile de la Cité, il y a ce magnifique saule pleureur, emblématique du Paris romantique. Il se trouve au bout d'un jardin extraordinaire, le jardin du Vert Galant. Pour atteindre ce jardin merveilleux en plein cœur de Paris, rendez-vous sur le Pont-Neuf, entre le Quai de l’Horloge et le Quai des Orfèvres. Vous y trouverez un petit passage secret et étroit. En descendant le long d’anciens murs de pierre, vous arriverez à l’entrée du square du Vert-Galant.
A la jonction des deux parties du Pont Neuf, plus vieux pont de Paris
inauguré en 1607, la majestueuse statue équestre en bronze de Henri IV
pointe vers la place Dauphine. L'originale commandée par Marie de
Médicis en 1614 fut détruite sous la Révolution en 1792. Celle-ci
réalisée par le sculpteur François-Frédéric Lemot sur ordre de Louis
XVIII date de 1818.
Le Pont Neuf est en fait le plus ancien pont encore
debout à Paris. Érigé à la fin du XVIe siècle, il incarne l’histoire et
l’évolution de la capitale française. Baptiste Androuet du Cerceau, l’architecte principal du Pont Neuf, a
introduit plusieurs innovations structurelles qui ont révolutionné la
conception des ponts. Contrairement aux ponts médiévaux étroits et
encombrés de maisons, le Pont Neuf a été conçu comme un espace ouvert et
large, facilitant la circulation des personnes et des marchandises. L’une des caractéristiques les plus remarquables du pont est l’utilisation de trottoirs surélevés
, une première à Paris. Cette innovation a permis de séparer les
piétons du trafic des chevaux et des carrosses, améliorant
considérablement la sécurité et le confort des usagers. De plus, les arches segmentaires du pont, plus larges et plus basses que les arches traditionnelles, ont permis une meilleure navigation sur la Seine. Sous l’Ancien Régime, le Pont Neuf a été le théâtre
de nombreuses exécutions publiques. Ces spectacles macabres, destinés à
affirmer l’autorité royale et à dissuader les crimes, attiraient des
foules considérables. L’une des exécutions les plus célèbres fut celle de Ravaillac,
l’assassin d’Henri IV, en 1610. Son supplice, particulièrement cruel, se
déroula en partie sur le pont, renforçant l’association entre ce lieu
et le pouvoir royal.
Tout au long du pont neuf, sous les piliers, 380 petits mascarons adaptations dans l’architecture des masques des théâtres italiens. Ils représentent des divinités mythologiques grecs: les satyres.Associés au dieu Dionysos , ils étaient présents dans les drames satyriques ! Mi-hommes, mi-bouc, ils buvaient beaucoup, jouaient de la musique, toujours à la recherche de femmes. Ces divinités grecques pouvaient être représentée en érection sur les vases. Des représentations du Vert Galant ?


Nous arrivons au pont de la Tournelle, d'une
longueur actuelle de 120 mètres pour une largueur de 23 mètres, a été réalisé
entre 1924 et 1928 sous la direction des ingénieurs Lang & Deval et des
architectes Pierre et Louis Deval. Il se comporte trois arcs en béton armé,
l'arc central surbaissé ou segmentaire de 74 m et deux latéraux en plein cintre
revêtus de pierres. Le pont relie le quai de la Tournelle sur la rive gauche au quai d'Orléans et le
quai de Béthune sur l’île Saint Louis.


Le pont actuel Louis Philippe, d'une longueur de 100 mètres pour une largeur de 16 mètres ressemble au pont de Bercy. Il a été réalisé par les ingénieurs Romany et Savarin entre 1860 et 1862. Il est soutenu par 3 arches en anse de 30 mètres de portée qui reposent sur des piles fondées en béton. Le pont Louis Philippe relie la rive droite le quai de l’Hôtel de Ville à l’île Saint Louis.

L’hôtel de ville est gravement touché lors de la Commune de Paris en 1871. En mai, le bâtiment est incendié et presque entièrement détruit. Les flammes emportent non seulement l’édifice, mais aussi des archives précieuses retraçant des siècles d’histoire municipale. Cet incendie constitue une rupture majeure. Paris perd l’un de ses monuments les plus emblématiques, mais la décision de reconstruire est immédiate, tant l’Hôtel de Ville est considéré comme indispensable à l’identité de la capitale. La reconstruction débute à la fin du XIXᵉ siècle. Les architectes choisissent de respecter l’apparence Renaissance de l’ancien bâtiment, tout en utilisant des techniques modernes. L’Hôtel de Ville tel qu’on le connaît aujourd’hui est inauguré en 1882. Sa façade, richement ornée de statues représentant des figures majeures de l’histoire parisienne, rend hommage aux grands hommes et femmes qui ont marqué la ville. Demain, Grégoire ou Dati ???

Au cœur de l’Île de la Cité, la Conciergerie est l’un des monuments les plus marquants de Paris. Ancien palais royal du Moyen Âge, elle est surtout connue pour avoir servi de prison pendant la Révolution française.
C’est ici que Marie-Antoinette, reine de France, a passé ses derniers jours en 1793.
Le pont au Change relie le quai de la Mégisserie, le quai de Grèves et la Place du Chatelet au quai de la Corse et quai de l'Horloge sur l'ile de la Cité. Les tympans portent la lettre N de Napoléon dans des couronnes de lauriers sculptées par Cabat. Le premier pont date du IXe siècle, il doit son nom aux chargeurs (joailliers et orfèvres) qui s'étaient installés en 1141 à la demande de Louis VII. Les maisons qu'il portait détruites par un incendie en 1621 ont été reconstruit avec leurs deniers de 1639 à 1647. Ce pont en maçonnerie avait 7 arches (dont 6 en Seine) et était à l'époque le plus large de la capitale; Il fut débarrassé de ses maisons en 1786.
L' histoire de La Samaritaine située dans le Ier arrondissement parisien
remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle : en 1870, un ancien
vendeur de tissus, Ernest Cognacq, décide de monter un commerce rue du
Pont-Neuf, où il sera bientôt rejoint par son épouse, Marie-Louise Jay,
auparavant première vendeuse du rayon des confections au magasin Le Bon
Marché. Outre une localisation idéale, entre le Louvre et Notre Dame,
le succès de leur affaire tient à des concepts novateurs. Parmi eux, le
fait que les produits ont un prix unique et affiché, ainsi que la possibilité d'essayer les vetements. L'architecte Frantz Jourdain souhaite inscrire le lieu dans son temps, et va
notamment user de charpente métallique en acier, qu'il va marier avec
une vaste verrière, afin de faire entrer la lumière. Influencé par l'Art
Nouveau, il habille la façade d'enseignes en mosaïques et l'orne de
frises représentants des motifs floraux, dans des tons jaune et vert. En 1926, l'architecte fait appel à son ami et collègue
Henri Sauvage, qui va insuffler l'esprit Art Déco dans ce joyau du
commerce parisien avec la construction de derniers étages. Bernard Arnault devient propriétaire de la Samaritaine. Le chantier colossal pour rénover le grand magasin débute au milieu des
années 2010. Après son ouverture, La Samaritaine 2.0
réunit désormais sous sa verrière un grand magasin, un hôtel cinq
étoiles de 72 chambres, des bureaux, des logements sociaux, ainsi qu'une
crèche.








Surnommé “Inception Bridge”, il apparaît dans la célèbre scène du film Inception (2010), où Ariadne (Elliot Page) plie la réalité à travers des miroirs sous ses arches métalliques. Mais ce n’est pas tout : Last Tango in Paris, Zazie dans le métro, Le Professionnel, Taxi 2, ou encore Munich ont aussi immortalisé ce décor unique.
Avant d’être ce qu’il est aujourd’hui, le pont de Bir-Hakeim était une passerelle métallique piétonnière, la passerelle de Passy, construite à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878. C’est en 1902 que le pont est reconstruit, des suites d’un concours, par l’entreprise de construction métallique Daydé & Pillé sous la direction de Louis Biette, et décoré par Jean Camille Formigé, architecte de la ville de Paris. Le pont est inauguré en 1949 avec l’avenue du Général Leclerc. C’est à ce moment-là que le pont de Bir-Hakeim est nommé ainsi, en souvenir de la bataille de Bir-Hakeim menée par les Forces françaises libres en Libye en 1942.
Reliant d’un côté le quai Grenelle sur la rive gauche, du côté du Champ de Mars et de la tour Eiffel, et de l’autre l’avenue du Président Kennedy sur la rive droite, du côté du parc de Passy et du musée du Vin, le pont de Bir-Hakeim est long de 257 mètres. Il se compose de deux étages, un pour les voitures, les piétons et les cyclistes (de 6 mètres de large séparé par un promenoir de 8,70 mètres et de 2 mètres de trottoirs) et un viaduc au-dessus pour le métro (ligne 6 Nation-Charles-de-Gaulles-Etoile). Au milieu, des escaliers permettent de rejoindre la pointe nord de l’île aux Cygnes
qui abrite la statue de la Liberté. Sur la structure métallique du pont, on distingue deux groupes de statues en fonte et quatre allégories représentant la science et le travail (créés par Jules Coutan), l’électricité et le commerce (créés par Jean Antoine Injalbert). Le viaduc est supporté par des colonnes métalliques caractéristiques du pont de Bir-Hakeim.






Les bulbes de la cathédrale"Poutine" apparaissent avant que le zouave nous rappelle que la Crimée a été le site d' héroïques batailles du Second Empire. La cathédrale de la Sainte-Trinité est l’église principale du diocèse de Chersonèse et aussi de l’Exarchat patriarcal en Europe occidentale de l’Eglise Orthodoxe Russe (Patriarcat de Moscou). Le Patriarcat de Moscou est eminement nationaliste et poutinien. L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe a indéniablement une composante religieuse. Dans son allocution du 21 février 2022, Vladimir Poutine a mentionné parmi ses griefs contre l’État ukrainien le soutien que celui-ci aurait apporté au « schisme » qui divise désormais l’orthodoxie ukrainienne, et il a évoqué les discriminations que subirait aujourd’hui l’Église orthodoxe ukrainienne dépendant du patriarcat de Moscou.































































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