jeudi 5 février 2026

ROME 2026, BASILIQUE SAINT PIERRE



 Vendredi, nous avons retenu les billets pour la basilique saint Pierre. Habituellement l'itinéraire imposé passe aussi par la chapelle Sixtine et les Stanze di Raffaello mais en quittant la basilique , nous irons dans le Trastevere avant de terminer par la visite de la villa Farnesina. A Termini, nous prenons la ligne A du métro jusqu'à Ottaviano San Pietro puis nous marchons 500 métres jusqu'aux files d'attente pour entrer dans la basilique après s'etre plié aux consignes de sécurité. la place saint Pierre est immense, destinée à accueillir des foules innombrables. Elle est ceinte de 2 volées de portiques reliées à la basilique avec 284 colonnes réparties sur 4 rangs qui supportent le toit de ces portiques surmonté de 140 statues en mouvement. C'est Le Bernin qui a conçu la place.

La Piazza San Pietro représente le lieu de rassemblement de milliers de catholiques et cela depuis des siècles. Elle a été construite à la demande du pape Alexandre VII de 1656 à 1667 par Le Bernin. La volonté du pape était qu’un maximum de personnes puisse le voir et l’entendre depuis les balcons. La forme choisie met également en avant la Basilique Saint Pierre qui se retrouve au centre de ces colonnades.  Ces dernières représentent d’ailleurs deux bras ouverts près à accueillir les fidèles comme lors du Jubilé ou lors de messes tout au long de l’année. Elle a une forme elliptique et mesure 320 mètres de long et 240 mètres de large. 

Sur l'immense façade, dessinée par Maderno, on distingue la loggia des bénédictions d'où le pape s'adresse à la foule à Noël et pour Pâques. Chaque semaine, au moment de l'Angelus du dimanche soir, il bénit les fidèles depuis l'une des fenêtres de ses appartements sur le coté droit. La façade  s'étend sur une longueur de 144 m sur 45 m de hauteur. Elle a été réalisée en travertin, avec des colonnes corinthiennes géantes géantes et un fronton  central qui émerge d'un attique surmonté de statues du Christ, de Jean Baptiste et de 11 apôtres. Derrière la façade de Saint-Pierre s'étend un long portique ou narthex  et dont Maderno fut le plus satisfait. La longue voûte décorée de stucset de dorures reçoit la lumière de petites fenêtres situées entre les pendentifs, tandis que le sol de marbre reflète la lumière de la place. Elle est fermée à chaque extrémité par des espaces théâtraux encadrés de colonnes ioniques montrant les statues équestres de Constantin par Le Bernin (1670) au nord et de Charlemagne au sud. Nous pénétrons dans la basilique par le portail central. La Basilique Saint-Pierre est l'une des plus grandes églises du monde. Elle mesure environ 187 mètres de long et 136 mètres de haut jusqu'au sommet de la Coupole.


La nef de la Basilique Saint-Pierre, longue de 186 mètres et haute d’environ 45 mètres, contribue à la majesté du lieu. Sa hauteur, soigneusement proportionnée à celle de la coupole, crée une progression visuelle harmonieuse. Les architectes ont utilisé des techniques de perspective forcée pour accentuer la sensation de grandeur et de profondeur, amplifiant l’impression d’espace et de verticalité. Les chapelles et les autres espaces verticaux contribuent à cet effet de perspective, guidant le regard vers le sommet de la coupole.La basilique fait 212 mètres de long et peut accueillir 60000 fidèles. La basilique a la forme d’une croix grecque s’inscrivant dans un carré surmonté d’une coupole demi-sphérique.

Chaque fois que nous venons à Rome, nous passons un long moment devant la Pieta de Michel Ange, "non pas fait de marbre par une main mortelle, mais divinement descendu du Paradis" 

"qu'une pierre sans aucune forme, se soit donc transformée en cette perfection que la nature forme difficilement dans la chair."Vassari


Une sculpture d’une beauté et d’une perfection surhumaines, sculptée en 1498 par un très jeune Michel-Ange – il avait à peine vingt-trois ans – commandée par le cardinal français Jean de Bilhères Lagraulas pour sa tombe dans la Chapelle du Roi de France à Saint Pierre, une chapelle qui n’existe plus aujourd’hui et qui était située sur le côté sud de l’ancienne basilique.
La Vierge a une écharpe , sur laquelle figure une inscription. Il s’agit de la signature de Michel-Ange. Il  y a inscrit "MICHAEL ANGELUS BONAROTUS FLORENTINUS FACIEBAT" "Michel-Ange Buonarroti le Florentin l’a fait ". Le visage de la Vierge est certainement l’élément qui a fait le plus débat. Cet air doux et juvénile a choqué beaucoup d’historiens de l’art et de visiteurs. Si l’on regarde bien, la Vierge a un visage presque enfantin, ce qui crée un contraste avec le visage du Christ, son fils. Michel-Ange semble avoir donné plus d'importance à la beauté de la Vierge qu'à sa douleur. Michel-Ange a perdu sa mère à 6 ans, et aurait sculpté la Vierge à l'age où sa propre mère est morte. Depuis cette année, la sculpture bénéficie d'un nouvel éclairage conçu pour respecter les souhaits de Michel-Ange, qui avait déjà accordé une attention particulière aux jeux de lumière à la fin du XVe siècle pour rehausser la beauté de la sculpture en marbre. En effet, Michel-Ange avait minutieusement étudié l’utilisation de la lumière, lissant les surfaces pour faire briller sa création avec un minimum de bougies.

Nous sommes venus plusieurs fois visiter Saint Pierre, aussi, aujourd'hui, chacun picore à sa guise et va d'oeuvre d'Art en oeuvre d'Art. Il n'y a que trois femmes qui reposent à l’intérieur de la basilique Saint-Pierre : Christina, reine de Suède, Matilda de Canossa (ou de Toscane) et Maria Clementina Sobieska. Le tombeau de Christine de Suède. C'est une reine attachante et quelque peu usrprenante .Un véritable phénomène que cette jeune reine protestante qui, montée sur le trône de Suède à l’âge de 18 ans, abdiqua dix années plus tard, se convertit au catholicisme et vint s’installer à Rome, sous la protection du Pape. Une reine dont la présence fut vite considérée comme encombrante. Les fausses rumeurs , les calomnies ont prétendu qu'elle était lesbienne, d'autres bruit ont courru sur sa bisexualité galopante, en fait, certains disent qu'elle n'avait pas de sexualité. Va savoir.. Élevée comme un prince, elle est brillante et férue d’érudition. Elle s’impose dans les affaires du royaume à partir de 1644, favorise le développement des arts, des lettres et des sciences, et attire à sa cour des intellectuels et artistes européens, dont le philosophe Descartes. Refusant le mariage et d'avoir un héritier, épuisée par l’exercice du pouvoir et profondément attirée par le catholicisme, Christine abdique en 1654 en faveur de son cousin Charles X Gustave, se cconvertit et mène une vie itinérante en Europe avant de s’établir définitivement à Rome. D’esprit curieux et cultivé, elle est l’une des figures les plus originales et controversées de son siècle. Son héritage est conflictuel, entre remise en question des normes de son époque et débats historiographiques quant à sa vie. 

La lumière joue un rôle crucial dans l’expérience de la hauteur de la Basilique Saint-Pierre. Les fenêtres, notamment celles de la lanterne, inondent l’intérieur de lumière naturelle, accentuant la verticalité et la grandeur du lieu. Le jeu d’ombre et de lumière contribue à la création d’une atmosphère solennelle et majestueuse, renforçant l’expérience spirituelle et émotionnelle du visiteur. 
Le pape Urbain VIII, qui avait une grande vénération pour Mathilde, marquise de Toscane (1046-1115), fit transférer ses restes de Mantoue à Rome afin de les ensevelir dans un imposant mausolée. Fin 1633, il commanda son tombeau au Bernin, le plus grand sculpteur de l'ère baroque romaine. Canossa ! Le symbole de l'humiliation, l'image d'un roi d'Allemagne qui se traîne dans la neige pour implorer le pardon du pape. Le château de Canossa, où le pape a trouvé refuge en cette année 1077, appartient à Mathilde, la Jeanne d'Arc italienne, la comtesse au courage viril. Sur ce tombeau, une épitaphe commandée par Urbain VIII en 1635 : "La comtesse Mathilde, femme d'un courage viril, défenseur du Siège apostolique [...] qui, oubliant son sexe, s'égala aux Amazones antiques, menant à la guerre des troupes d'hommes bardés de fer."  Au-dessus du tombeau, l'effigie d'une femme, sculptée par le Bernin. Dans sa main gauche, une clef et, sous le bras, une tiare ; à la main droite, un sceptre et, sur la tête, une couronne comtale.
 
Tombeau du pape Grégoire XIII par Camillo Rusconi.

La tombe du pape Grégoire XIII  est l'un des chefs-d'œuvre de Rusconi. Comme la plupart de ces monuments au début du XVIIIe siècle, il est dans la veine de la tombe  de Léon XI par Algardi avec cependant l'influence du Bernin. La religion admire la figure du pape donnant la bénédiction alors que la Force soulève la draperie e pour révéler le sarcophage qui commémore l'institution du calendrier grégorien. Malgré le contexte religieux ostensible du monument, la figure de proue du tombeau restée le pape en tant que réformateur éclairé plutôt que chef spirituel.

Le Dominiquin : La Communion de St Jerome 

 Selon la légende, proche de la mort, à 96 ans, Jérôme aurait rassemblé ses dernières forces pour recevoir la communion dans les bras de ses disciples.

Le Dominiquin traduit ici les positions orthodoxes de l'Eglise catholique  qui défend la valeur du sacrement de l'Eucharistie contre les accusations lancées par les protestants. Ainsi, l'hostie est au centre de la composition et de l'attention des personnages. 


Deux autres sépultures papales, le tombeau de Gregoire XVI avec ce pavement superbe. Monument au pape Grégoire XVI ​ Le monument au pape Grégoire XVI a été financé par les cardinaux qu'il a créés et est l'œuvre du sculpteur Luigi Amici (1817-97). ​Grégoire XVI, le dernier moine à être élu pape, fut l'une des figures les plus réactionnaires à occuper le poste. Il était farouchement critique à l'égard de tous les développements modernes, y compris les chemins de fer, dont il est réputé avoir dit: "chemin de fer, chemin d'enfer".
Les statues représentent la sagesse, la tête couronnée par une flamme, et Prudence avec ses attributs d'un miroir et d'un serpent. Le soulagement illustre la propagation de la foi.
Le tombeau sur la droite est celui de Benoit XIV). Ce monument au pape Benoît XIV est l'œuvre du sculpteur romain Pietro Bracci (1700-1773). Le pape est représenté se levant de son trône pour bénir l'assemblée. À ses pieds se trouvent les statues de la Sagesse et du Désintéressement. Ce dernier refuse un ange qui lui tend une corne d'abondance remplie de joyaux et de pièces de monnaie. Prospero Lambertini n'avait jamais envisagé de devenir pape et ne fut élu qu'après six mois de scrutin, le plus long conclave des temps modernes. Il fut élu au 255e tour de scrutin, n'ayant reçu aucune voix lors des 254 précédents ! Benoît XIV mourut le 3 mai 1758. Ses dernières paroles furent : « Notre Seigneur est mort sous Pilate, je mourrai sous Ponce ». Ce dernier était le nom du médecin du pape. 
Je tombe en arrêt devant une châsse qui renferme la momie d'un saint particulièrement vénéré en ces temps troublés de guerre en Ukraine. Le martyre de saint Josaphat et les miracles attribués à son intercession ont conduit à sa béatification par le pape Urbain VIII en 1643, vingt ans seulement après sa mort. En 1867, le pape Pie IX le canonisa, faisant de Josaphat le premier saint de l'Église gréco-catholique. Après la Première Guerre mondiale, la dépouille de Josaphat fut transférée à la basilique Saint-Pierre de Rome. Aujourd'hui, les pèlerins ukrainiens, qui le vénèrent comme leur saint patron, se rendent fréquemment sur sa tombe. Son culte a également pris de l'ampleur en Pologne, notamment à Biała Podlaska, où d'importantes célébrations ont marqué le 400e anniversaire de son martyre en 2023.
Le baldaquin du Bernin. 

Le Baldacchino de la Basilique Saint-Pierre a été construit par le grand architecte de la Renaissance Gian Lorenzo Bernini. Nombreux sont ceux qui saluent le baldaquin de bronze et le considèrent comme un témoignage de la virtuosité du Bernin. Il s'agit de sa première œuvre dans la basilique. L'artiste a incorporé sa signature, le style baroque de l'architecture, qui permet l'exubérance et des mouvements réalistes révélant la grandeur de ses sujets. Le baldaquin au-dessus du maître-autel n'était pas une idée du Bernin, mais son exécution habile a laissé son nom dans l'histoire. 

Le Bernin a construit le Baldaquin en neuf ans. Sa construction a commencé en 1624 et s'est achevée vers 1633. Il a été choisi par le pape Urbain VIII, qui souhaitait créer un baldaquin au-dessus du petit autel. Le Bernin a opté pour un design inhabituel combinant les éléments baroques. Il a utilisé le bronze pour créer une illusion de tissu tout en créant des colonnes légères en spirale. Il a également incorporé des éléments picturaux et des détails, la plupart liés à la famille du pape, tout en restant fidèle au style de son art.

Derrière le baldaquin, dans l'abside, se trouve l'autel de la Chaire qui consiste en une grande structure de bronze qui renferme la Chaire de Saint Pierre. 

C'est une d'une belle sculpture de la Renaissance italienne, qui a été a été créée pour abriter une chaise en bois qui, selon la tradition, aurait appartenu à St Pierre, le premier pape et l'un des apôtres de Jésus. Au fil des siècles, elle symbolise l'autorité spirituelle transmise de saint Pierre à ses successeurs, les papes. Enveloppée de bronze par l'artiste Gian Lorenzo Bernini, la Chaire symbolise la continuité et le leadership de l'Église. La voute  en quart de sphère est nommé « cul-de-four». Elle est décorée d’une splendide mosaïque de la fin du 13ème siècle, représentant le couronnement de Marie par le Christ. Elle fut réalisée par le mosaïste Jacopo Torriti, qui s’inspira peut-être d’une mosaïque plus ancienne aujourd’hui disparue.  La Vierge occupe le centre de la composition, couronnée par le Christ. Elle est entourée de volutes végétales où se meuvent des paons, des pélicans et autres animaux symboliques. Le paon, par exemple, est ici un symbole de lumière. Sa queue s’ouvre en roue, évoquant le soleil. Le pélican, quant à lui, était réputé s’ouvrir le cœur pour donner à manger à ses enfants. Il est donc un symbole du Christ lui même. Ces deux oiseaux sont des images fréquentes dans l’art chrétien. En dessous du Christ et de la Vierge, se tiennent deux chœurs d’anges. Ces deux chœurs sont reliés, à la base de la voûte, par une inscription en lettres noires évoquant l’Assomption de la Vierge. Derrière les deux chœurs d’anges, à droite et à gauche de la voûte, se tiennent deux groupes de personnages. Il s’agit, à gauche de saint Pierre, saint Paul et saint François d’Assise qui porte la robe de bure de l’ordre franciscain. Devant eux, plus petit et agenouillé, le pape Nicolas IV, commanditaire de l’oeuvre. A droite, saint Jean-Baptiste, saint Jacques, saint Antoine de Padoue vêtu de la même manière que saint François. Devant eux, vêtu de bleu et agenouillé, le cardinal Jacopo Colonna. Sur le mur même de l’abside, entre les fenêtres, se trouvent d’autres scènes de la vie de la Vierge. Au centre, la Dormition de la Vierge, manière traditionnelle de désigner son passage dans l’autre monde. A gauche, une image de l’Annonciation et de la Nativité, et à droite une image de l’Adoration des Mages. On remarque une influence plus forte de la tradition byzantine, des icônes notamment. 

Près du baldaquin, se trouve une sculpture du Bernin qui est un des pièce maitresse du sculpteur, c'est la statue de saint Longin.  Saint Longin est représenté comme un soldat romain tenant une lance, qui est un symbole de son rôle dans la Crucifixion de Jésus-Christ. La statue capture le moment où Saint Longin a percé le côté de Jésus avec sa lance, selon la tradition chrétienne. Cet acte est symbolique de la conversion de Saint Longin au christianisme après avoir été témoin de la mort de Jésus sur la croix. La statue comprend généralement d'autres éléments symboliques, tels qu'une couronne d'épines ou une croix, soulignant davantage le martyre de Saint Longin et son engagement envers la foi chrétienne. Saint Longin est souvent représenté avec une expression sereine, signifiant sa foi retrouvée et sa paix intérieure malgré l'acte violent qu'il a commis. Dans l'ensemble, la représentation de Saint Longin dans l'art sert de puissant symbole de rédemption et du pouvoir transformateur de la foi.  cette statue sert de symbole éminent de dévotion et de martyre pour les croyants chrétiens. Saint Longin, un soldat romain qui perça le côté de Jésus avec une lance lors de sa crucifixion, est représenté dans la statue comme une figure de grande foi et de rédemption. La place de la Statue de Saint Longin dans une position aussi importante au sein de la Basilique Saint-Pierre renforce l'importance de son rôle dans l'histoire chrétienne. En tant que soldat ayant été témoin de la crucifixion de Jésus et s'étant ensuite converti au christianisme, Saint Longin représente le pouvoir transformateur de la foi et la volonté de sacrifier pour ses croyances. Pour les visiteurs de la Basilique Saint-Pierre, la Statue de Saint Longin sert de rappel des sacrifices faits par les premiers Chrétiens et de l'héritage durable de dévotion à la foi chrétienne. Sa position près de l'entrée de la basilique signifie également l'importance de Saint Longin en tant que symbole de protection et de guidance pour ceux qui pénètrent dans cet espace sacré. 

Le Bernin parvient à capturer le moment où Longin vit son éveil spirituel. Son regard porté vers le ciel et sa bouche entrouverte rappellent physiquement cet éveil. Son armure ainsi que son équipement militaire sont posés au sol derrière lui, comme symbole d'une carrière de soldat  romain qui se termine. Longin, les bras tendus, reçoit la lumière divine. Cette lumière qui passe à travers les fenêtres de la basilique.

Dans la basilique, je remarque ce dais qui protège une statue de bronze, la statue de St Pierre, premier évêque de Rome et donc, premier pape. Ce monument est dédié à St Pie IX qui est le pape dont le pontificat a été le plus long de l'histoire. La statue de saint Pierre en bronze représente saint Pierre  assis dans sa cathèdre, bénissant de la main droite, et, de l'autre, tenant les clés du Royaume de Dieu. La tradition veut que ce soit un acte pieux de toucher le pied droit de la statue de celui qui fut le premier des apôtres et le premier pape : celui-ci est aujourd'hui visiblement endommagé par l'usure des actions des pèlerins. Elle a très probablement été réalisée par Arnolfo di Cambio au XIIIe siècle, bien qu'elle ait longtemps été considérée comme datant du Ve siècle.


Le dôme de la Basilique Saint-Pierre, à Rome, culmine à 136,57 mètres, un symbole monumental de la foi catholique, de la puissance papale et d’une ambition architecturale sans précédent. Sa construction, un défi colossal au XVIe et XVIIe siècles, représente une prouesse technique et artistique inégalée, comparable à celle du Panthéon ou de la Hagia Sophia, mais d’une ampleur et d’une complexité supérieures.

Lancée en 1506, la construction du dôme fut un marathon de plusieurs décennies, impliquant des architectes de génie – Bramante, Raphaël, Antonio da Sangallo le Jeune – avant que Michel-Ange ne prenne le relai en 1547, apportant des solutions innovantes pour mener à bien ce projet titanesque. Le diamètre impressionnant de la base, de plus de 41 mètres, posait des problèmes techniques majeurs, exacerbés par le poids estimé à 6000 tonnes. L’utilisation de matériaux nobles tels que le travertin, la brique romaine et le plomb, tous choisis pour leur résistance, ajoutait à la complexité de l’entreprise.

Le poids du dôme nécessitait des solutions innovantes pour assurer sa stabilité. L’étaiement, bien qu’utilisé depuis l’Antiquité, fut ici une prouesse d’ingénierie, réinventée à une échelle sans précédent. Michel-Ange, par sa compréhension profonde de la statique, introduisit des innovations cruciales : une double coque, permettant une meilleure ventilation et une résistance accrue aux pressions, et une lanterne au sommet, à la fois ornementale et fonctionnelle. La structure complexe fut calculée avec une précision remarquable pour l’époque, minimisant les risques d’effondrement. L’utilisation de cintres gigantesques, de bois spécialement sélectionnés et assemblés, fut indispensable pour soutenir la structure durant la construction. Ce système d’étaiement temporaire, incroyablement sophistiqué, témoigne d’une maîtrise exceptionnelle de la construction médiévale et de la transition vers l’ère moderne. 

La décoration intérieure du dôme est un ensemble harmonieux de fresques, de sculptures et de mosaïques, racontant des épisodes bibliques, célébrant les saints et les papes. La richesse iconographique de ces œuvres est exceptionnelle, reflétant la puissance symbolique de l’art religieux. Les mosaïques, avec leurs éclats dorés et leurs couleurs vibrantes, créent un spectacle visuel saisissant, magnifié par la lumière naturelle filtrant à travers la lanterne.

Les sculptures, intégrées à l’architecture, enrichissent encore la décoration, ajoutant une dimension tridimensionnelle à l’espace. L’harmonie entre les différents éléments décoratifs, le jeu subtil entre les couleurs et la lumière, contribuent à la beauté et à la grandeur de l’espace intérieur.


Dans le transept, une œuvre extraordinaire du Bernin, Cette œuvre, qui fut commandée par le pape Alexandre VII lui-même, s'avère être la dernière grande commande réalisée par le Bernin avant sa mort en 1680. 

Le monument comporte six figures significatives : le Pape, représenté agenouillé en prière, et quatre statues féminines symbolisant diverses vertus. Il y a également une représentation saisissante de la Mort en bronze doré, qui rappelle le passage du temps et le concept de "memento mori". Bernini n'a pas travaillé seul sur ce chef-d'œuvre ; il a collaboré avec ses assistants, supervisant chaque détail du projet. Les travaux sur la tombe ont commencé en 1671 et ont été achevés en 1678, onze ans après la mort du Pape Alexandre VII. À l'origine, la tombe devait être placée dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure, mais les plans ont changé et elle a trouvé sa place dans la Basilique Saint-Pierre. Un des éléments de design ingénieux de Bernini inclut la figure de la Mort et un linceul de marbre drapé sur une porte. Des dessins et des modèles préliminaires de la tombe existent encore aujourd'hui, offrant un aperçu du processus créatif de Bernini. Il est intéressant de noter que le Pape Innocent XI avait des objections à la nudité dans le monument, ce qui a conduit à quelques ajustements avant son dévoilement final en 1678.

L'autel de Saint Léon le grand, pape au Ve, docteur de l'Eglise, dans la lignée duquel s'inscrit le nouveau Pape Léon XIV. Le plus beau bas-relief en marbre jamais sculptés par le rival du Bernin - Algardi "La rencontre de Léon Ier le Grand et d'Attila", un bas-relief en marbre de 7,3 mètres de haut (24 pieds) réalisé par le célèbre sculpteur italien Alessandro Algardi en 1653. Léon Ier le Grand fut pape de 440 à 461.
La rencontre avec Attila eut lieu en 452 à Mantoue : le pape persuada le conquérant de faire demi-tour et d'épargner Rome
Monument du pape Pie VIII. 

Pietro Tenerani était une sculpture du XIXe siècle au sens le plus classique du terme. En 1843, il est parmi les souscripteurs du manifeste italien du purisme. Ainsi, la tombe de Pie VIII est solennelle et d’une élégance sévère mais certainement dépourvue du charme des tombes baroques. Le pape Pie VIII est à genoux, dans la prière. Derrière lui, le Christ sur le trône, les bras ouverts comme dans une étreinte,  il domine et l’accueille. Les statues des apôtres Pierre et Paul sont sur les côtés du pape. Saint Pierre s’adresse à Jésus. Saint Paul regarde devant lui inscrutable: le travail le moins réussi du groupe. Ci-dessous, ci-dessous les apôtres, deux bas-reliefs avec les allégories de la Prudence et de la Justice.

La porte que vous voyez en dessous du monument funéraire mène au Musée de la Sacristie et au Trésor. Sur le linteau, les noms du souverain pontife et du cardinal Albani. Dans le couloir menant au Trésor se trouve la liste de tous les pontifes enterrés dans la basilique Saint-Pierre.


Monument au pape Pie VII (1823-31) de Bertel Thorvaldsen 
Le monument au pape Pie VII est l'œuvre de Bertel Thorvaldsen (1770-1844), un sculpteur danois de réputation internationale, qui a passé la majeure partie de sa vie professionnelle à Rome. Comme le précédent, le tombeau est austère bien loin des splendeurs baroques de Algardi ou du Bernin. De part et d'autre de Pie VII se trouvent deux petites figures ailées représentant le Temps (avec un sablier) et l'Histoire (avec un livre). Les deux figures féminines plus grandes personnifient la Force (enveloppée dans une peau de lion) et la Sagesse et sous la sagesse, une chouette.
Monument au pape Innocent XI (1697-1701) de Pierre-Etienne Monnot

​ Le monument au pape Innocent XI est du sculpteur français Pierre-Etienne Monnot (1657-1733). Le pape est flanqué de statues allégoriques de la religion et de la force. Le bas-relief représente le soulèvement du siège de Vienne en 1683. Les deux lions de bronze assis, à la base du monument, font allusion aux armoiries de la famille Odescalchi, à laquelle appartenait le pape. Innocent XI est considéré comme l'un des papes les plus remarquables du XVIIe siècle, un homme d'une grande intégrité morale. Il refusa, par exemple, de se livrer à une pratique papale courante : le népotisme. Innocent XI a été béatifié par le pape Pie XII (r. 1939-1958) le 7 octobre 1956.


Monument au pape Pie X (1916-23) de Pier Enrico Astori

​ Le monument au pape Pie X a été conçu par l'architecte Florestano Di Fausto et sculpté par le sculpteur Pietro Astorri en 1923. C'est en particulier le pape de l'anti-modernisme. 
Le pape Pie X a été canonisé le 29 mai 1954. Son corps se trouve sous l'autel dans la chapelle de la Présentation.
Après le pape de l'anti-modernisme, le pape moderne de Vatican II, Jean XIII. 
Monument au pape Jean XXIII (1964-67) par Emilio Greco

​Le monument est l'œuvre du sculpteur sicilien Emilio Greco (1913-95). On est là aussi très loin du Bernin et d'Algardi. 
​Jean XXIII, l'un des papes les plus populaires, était connu affectueusement sous le nom de "Papa Buono". L'une des scènes représentées est la visite du pape dans une prison locale, où il a dit aux prisonniers qu'étant donné qu'ils ne pouvaient pas venir le voir, il était venu les voir.

Le pape Jean XXIII a été canonisé le 27 avril 2014. Son corps se trouve sous l'autel de saint Jérôme.
 

Pietro Paolo Cristofari, d'après un tableau de Francesco Romanelli (1638-42)11
La présentation de la Vierge Marie 1726-28
mosaïque
Chapelle de la présentation, St. Basilique Pierre, Rome

La mosaïque se tient derrière l'autel de la chapelle et sert de contrepartie la plus appropriée au verset que les prêtres avaient l'habitude de réciter avant de commencer la messe: Introibo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat juventutem meam, "J'irai à l'autel de Dieu, à Dieu qui est la joie de ma jeunesse" (Psaume 42:4). Pour affirmer cette joie, tous les gestes divergent de l'iconographie traditionnelle pour souligner la joie de la présentation de Marie. Le geste de bienvenue à deux bras du grand prêtre contraste fortement avec la réserve qu'il montre dans d'autres images de présentation. Les bras croisés de l'enfant, dans d'autres images mariales un signe de son humilité, expriment ici sa joyeuse anticipation. Les parents sont généralement placés à distance pour souligner la détermination solitaire de Marie, mais ici, Ste Anne pose sa main droite sur l'épaule ou le bras de Marie, et St. Joachim se tient juste derrière elles. 

Dernière oeuvre avant de quitter la basilique, le Monument à Maria Clementina Sobieska  a été conçu par Filippo Barigoni (1690-1753) avec des sculptures de Pietro Bracci (1700-73).

​Maria Clementina Sobieska (1702-35) était la troisième et dernière femme à être honorée d'un monument dans la basilique Saint-Pierre. Elle est mariée à Jacques Francis Edward Stuart, prince de Galles, fils de Jacques II d'Angleterre, qui est déposé dans la Glorieuse Révolution de 1688. Maria était la petite-fille de Jan III Sobieski de Pologne, le roi qui avait chassé les Turcs des portes de Vienne en 1683.


Son portrait est tenu par une personnification de la Charité, qui élève un cœur enflammé de l'autre main. A la base du monument se trouvent deux putti, l'un portant un sceptre doré, l'autre une couronne d'or. A leurs pieds se trouve une couronne portant la date de la mort prématurée de Maria.

L'inscription se lit comme suit:  (Maria Clementina, reine de Grande-Bretagne, France et Irlande). La revendication des monarques anglais sur le trône de France remonte au règne du roi Édouard III (r. 1327-77); ils y ont finalement  renoncé  en 1801.

Il faut beaucoup s'éloigner pour pouvoir découvrir le dôme de Michel-Ange. 
Mon choix d'oeuvres est certainement discutable mais je suis passé là où mon œil ou ma curiosité étaient attirés. En route vers le Trastevere.

 


 







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