samedi 14 février 2026

JURA, LA CASCADE DES TUFS, BAUME LES MESSIEURS



Nous avons rejoint Philippe, Évelyne et leur fils pour assister à la percée du Vin Jaune à Lons le Saunier. Le Vin Jaune, c'est "l'Or du Jura". Le vin jaune est un vin sec emblématique de la région du Jura, en France. Il est issu d'un cépage unique, le Savagnin. Contrairement aux autres vins blancs, il est élevé sous voile pendant six ans et trois mois, sans ajouter de vin pour compenser l’évaporation. Le voile est en fait une fine couche de levures qui se forme naturellement à la surface du vin, lui conférant ses arômes et sa complexité. C’est ce procédé qui lui donne cette robe dorée intense et ces saveurs si caractéristiques. En fait, c'est un vin d'oxydation et les saveurs qu'il dégage ne sont pas de celles auquel mon palais est habitué. Chaque année, le premier week-end de février marque une étape importante. C’est le moment où le Vin Jaune, après plus de six ans et trois mois d’élevage, est enfin mis en bouteille.


 L’ouverture solennelle du premier fût est devenue la cérémonie centrale de la Percée. Elle symbolise à la fois la patience des vignerons et la richesse du terroir. La Percée du Vin Jaune, c’est avant tout une ambiance festive et conviviale. Pendant deux jours, Lons le Saunier se remplit de visiteurs qui dégustent les vins proposés par les vignerons. On paye un droit d'entrée qui nous permet d'obtenir un verre qui nous accompagne au long des dégustation. Dans chaque caveau, on donne un bon qui permet de déguster, vin jaune, macvin, vin rouges ou blancs du Jura. L'entrée donne droit à une douzaine de bons mais pour beaucoup, ça ne suffit pas qui achètent au comptoir, une bouteille. Vers 16h, nous battons en retraite car la température monte avec l'alcoolémie et nous craignons un peu la "viande saoule". Nous sommes logés dans une chambre d’hôtes dans un village médiéval et pittoresque, Château Chalon. A la même adresse, au rez de chaussée, il y a un restaurant; "La Fraternelle" tenu par le couple propriétaire du gîte. La cuisine est typique du terroir jurassien, vin jaune et crème, morilles et girolles, comté et saucisse de Morteau sont à l'honneur. La Fraternelle est une belle adresse où je pense revenir quand les morilles commenceront à sortir. L’hôtelier, à qui j'en ai parlé, m'a dit qu'il m'accompagnerait dans les bois de résineux où prospère la morille jurassienne. Elle est différente de celle que j'ai l'habitude de traquer en Auvergne. En effet, il y a deux grandes sortes de morilles : les morilles blondes (Auvergne) et les morilles brunes (dans le Jura). Ici, donc, c'est la morille conique. Elle est présente dans les moyennes montagnes du Jura et de l'Isère, les Pyrénées-Orientales. Mais aussi dans les départements de l'Est et du Nord. Elle colonise les buissons riches en humus des zones montagneuses, les broussailles des bois de conifères, les sapins argentés, les anciennes places à feu et les coupes forestières des bois clairs de conifères. La plus précoce des morilles apparaît dès la fonte des neiges. Le chapeau présente une forme conique et pointue, brun-olive, avec des alvéoles séparées par des côtes allongées. L'intérieur est creux, recouvert d'une pellicule floconneuse. Le chapeau et le pied sont séparés par une petite dépression. La chair est peu consistante, grisâtre dans le chapeau, plus claire dans le pied. Parfois ridé, ce dernier est sillonné, légèrement granuleux avec de petites écailles blanchâtres. Dons, fin mars, début Avril, je débarque dans le Jura et les petites brunes n'ont qu'à bien se tenir.

Dimanche, Philippe a concocté un programme qui nous mène d'abord à Baume les Messieurs en suivant le cours d'une belle rivière à truite, le Dard jusqu'à l'extraordinaire cascade des Tufs.  La cascade est alimentée par le Dard qui jaillit au fond de la reculée.


Nous avons remonté une longue vallée, sorte d’entaille infinie et naturelle avec, de part et d’autre, d’immenses parois rocheuses.Au fond de cette vallée secrète, une cascade apporte fraîcheur et quiétude. Il s’agit de la rivière du Dard qui jaillit après un passage tumultueux au cœur d'une grotte qui, lorsque le débit modéré de la rivière souterraine le permet, se visite.



Face à la cascade des tufs, il y a le restaurent " Les Grottes" qui présente une architecture"Belle Epoque" curieuse avec en particulier une tour de l'horloge effilée comme une aiguille de Notre Dame.


 

Le calcaire est percé de multiples grottes et entre les cavités, un petit escalier nous conduit à un chemin qui accède au sommet de la cascade.
Un petit pont franchit le ruisseau et, de là, on peut observer les tufs. Le Dard tombe en cascade pétrifiante. Il y dépose, par précipitation, une partie du calcaire que les eaux ont dissous en amont dans leur voyage souterrain. Cette calcite forme des vasques et des concrétions de tuf, phénomène favorisé par la présence et l’activité biologique des mousses. Ces dernières, en captant le dioxyde de carbone, provoquent la transformation du bicarbonate de calcium, soluble en carbonate insoluble, la calcite, qui se dépose rapidement et construit des concrétions emprisonnant des éléments végétaux.
La vue sur les falaises calcaire de la reculée est saisissante et on voit en dessous la vallée de Baume les messieurs dont nous visiterons l'abbaye clunisienne plus tard.





  Une rivière souterraine sort au pied de la falaise : le Dard qui alimente ensuite la Seille. Dans ce plateau karstique, l'eau a réussi à creuser des réseaux souterrains qui, par un phénomène de capture, ont pu absorber totalement les eaux de surface et les drainer souterrainement. Dans la grotte de Baume-les-Messieurs, l’humidité constante et les températures modérées créent un habitat idéal pour de nombreuses espèces. Parmi les plus notables, on retrouve divers types de chauves-souris, qui utilisent ces espaces sombres pour se reproduire et se nourrir. Ces petites créatures nocturnes jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème, contribuant à la pollinisation et à la régulation des populations d’insectes. En plus des chauves-souris, la grotte abrite une multitude d’espèces d’insectes , d’arachnides et de crustacés cavernicoles, dont certaines sont endémiques à cette région. Ces espèces, souvent invisibles à l’oeil nu, sont des indicateurs précieux de la santé de l’écosystème. Les chercheurs et biologistes se penchent régulièrement sur ces petites créatures pour mieux comprendre leur rôle dans l’environnement et leur adaptation à la vie souterraine.

Le chemin fait une boucle qui nous ramène au restaurant et au parking. On remarque des murs de pierres sèches qui nous rappellent ceux qu'on voyait sur les hauteurs du salar d'Uyuni en Bolivie.


Dernières images de la cascade avant de reprendre la voiture.




 





 

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