lundi 16 février 2026

JURA, L' ABBATIALE DE BAUME LES MESSIEURS



 Nous quittons le fond de la reculée, la cascade et nous revenons vers le village de Baume les messieurs.  L’abbaye de Baume-les-Messieurs est une abbaye bénédictine dont la toute première mention écrite date de 869. En 909, l’abbé Bernon, accompagné de douze moines, quitta ce lieu pour fonder la célèbre abbaye de Cluny. L' abbaye de Baume les Messieurs est donc la mère de Cluny. Cette abbaye est composé d'un impressionnant ensemble architectural, dont certains éléments sont typiques du premier art roman jurassien.

Le monastère comprend la longue église abbatiale au nord et les bâtiments abbatiaux regroupés autour de trois cours. Le portail de l’église abrite également une sculpture remarquable représentant Dieu, incarné comme le Père ou le Fils. Cette œuvre, commanditée par l’abbé Henri de Salin (1440-1450), se trouvait à l’origine encadrée par deux sculptures représentant Saint Paul et Saint Pierre, saints patrons de l’ordre clunisien.


Dans la fontaine de la première cour, le premier mimosa de l'année. L'église est la plus grande église romane du Jura.
La construction de l'église abbatiale de 45 mètres de long et 14 mètres de haut a commencé dans le 11ème. siècle. Tout d'abord, vers l'an 1000, le chœur roman avec cinq chapelles et un transept avec un clocher ont été créés. La nef principale a suivi plus tard, à l'origine équipé de canon ou de voûtes côtelées, au 13ème Siècle alors modernisé avec des voûtes thobitiques. Dans le 15. Les constructeurs du siècle étendaient certaines parties du chœur et de la façade occidentale, le complétant par une tour hexagonale. À l’intérieur, la nef surprend par l’austérité de ses supports sans chapiteaux et par ses grandes arcades en plein cintre. D’imposantes dalles funéraires tapissent le corps de l’église, les plus belles étant d’ailleurs surélevées et exposées (bas-côté sud).

 

 

 

 

Dans le chœur un retable flamand du XVIe siècle. Cette œuvre remarquable est attribuée aux ateliers d’Anvers. Elle aurait été offerte en 1525 par la ville de Gand à Guillaume de Poupet, abbé de l’abbaye à cette époque. Le retable présente une riche iconographie religieuse. Il retrace la Vie et la Passion du Christ à travers une combinaison de panneaux peints et de scènes sculptées en ronde-bosse. Ce style est typique des œuvres maniéristes produites à Anvers dans les années 1530 à 1540. Ce retable se distingue par ses dimensions impressionnantes : 5,4 mètres de large sur 4 mètres de haut. Il compte parmi les plus grands retables de ce type conservés en France. De plus, il est remarquable par son état de conservation exceptionnel, rare pour une œuvre de cette époque. Par contre, il n'est pas possible d’accéder au chœur pour en apprécier les détails.

La Chapelle des Tombeaux,est un joyau historique et artistique témoignant de la richesse du patrimoine bourguignon. Ce lieu, chargé de spiritualité, abrite des éléments remarquables de la statuaire médiévale et de la sculpture bourguignonne du XVe siècle, en grande partie réalisés grâce au mécénat de l’abbé Aimé de Chalon (1389-1432). Les sculptures qui ornent la


Chapelle des Tombeaux proviennent de différentes parties de l’église et sont le reflet du savoir-faire exceptionnel des artistes bourguignons de l’époque.

Ce gisant est celui de Mahaut de Chalon. Mahaut de Chalon, fille de Jean de Chalon l'Antique et d'Isabelle de Courtenay, est née en 1244. Elle devint supérieure du prieuré du Sauvement (Jura), relevant de l'ordre de Fontevrault, fondé pour elle par son père. On ignore la date de sa mort. Le prieuré fut dévasté durant la guerre de Dix ans opposant Comtois et Français (1636-1644). L'église était à l'abandon ainsi que le mobilier qu'elle abritait. Par conséquent, en 1767, un très lointain parent de la religieuse, décida de transférer la sépulture dans l'abbaye de Baume. Il la fit placer sur quatre colonnettes de marbre rouge de Sampans. Pendant la période révolutionnaire, la sépulture fut mutilée et les colonnes ont été dispersées dans l'église où elles sont encore conservées aujourd'hui.

Le gisant de Renaud de Bourgogne (1260–1321), comte de Belfort et de Montbéliard, visible dans la chapelle des tombeaux de l’église abbatiale.
Renaud de Bourgogne est le grand-père d’Aimé de Chalon, grand abbé de Baume de 1389 à 1431, dont la sépulture se trouve juste à côté.

 Parmi ces œuvres, certaines sont attribuées au célèbre sculpteur Claus de Werve, un des grands maîtres de la sculpture du XVe siècle. Saint Michel psychopompe : Cette sculpture, probablement issue du tombeau de l’abbé Aimé de Chalon, représente Saint Michel, le guide des âmes. Ce chef-d’œuvre, attribué à Claus de Werve, témoigne de l’influence artistique de l’école bourguignonne dans les terres clunisiennes. Statue de Saint Jean : Provenant de l’autel majeur de l’église, cette statue reflète l’importance liturgique de cet apôtre dans la symbolique chrétienne. 

La Vierge Marie et Marie-Madeleine : Ces sculptures, qui ornaient autrefois le jubé de l’église, incarnent la finesse des représentations religieuses de l’époque.
 


  Ci-dessus, Ste Catherine d'Alexandrie : La sainte couronnée est debout, la jambe gauche légèrement avancée. Elle tient la palme des martyrs et un glaive dont la pointe est appuyée sur les épaules de l'empereur Maximien qui gît à ses pieds, le buste relevé du côté gauche de la base de la statue tandis que du côté droit, est posée la roue qui servit à supplicier la sainte. Les tenues vestimentaires et les coiffures sont sophistiquées et riches (abondance de"crevés", de galons, de bijoux, d'ornements et d'accessoires divers).
Il y a aussi ce Christ gisant réalisée au XVe siècle, classé aux Monuments Historiques depuis 1919, et un groupe sculpté de la mise au tombeau situé dans un enfeu du transept Nord.




Des dalles funéraires sont réutilisées comme pavement de l'allée centrale de la nef. 
Au mur, d'autres dalles avec de très beaux graphismes.  Les fonts baptismaux sont très sobres.

 


L’église conserve de l’époque romane sa grande nef de neuf travées et le transept, remontant en grande partie à la fin du 11e siècle et la première partie du 12e siècle, avec des éléments plus anciens dans les parties orientales.
Le clocher est gothique et récemment rénové

Bernard Clavel repose au cimetière de Baume-les-Messieurs.
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Baume les Messieurs est un très beau village de France. Les bâtiments de l'abbaye  appartiennent désormais en partie à la commune, au département et à des propriétaires privés qui y habitent





 

 

 

 

 

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