mercredi 28 janvier 2026

ROME 2026, QUARTIER DU PANTHÈON, ÈGLISE SAINT IGNACE DE LOYOLA


 Nous quittons la pizzeria et prenons un bus qui devrait nous mener au pallazzo Doria Pamphilij. Je décide, au pif, de descendre à Argentina. Le Largo di Torre Argentina est le lieu où  Jules César a été assassiné, mais pour de nombreux visiteurs et habitants de Rome, c'est surtout l'endroit qui abrite le plus grand sanctuaire et refuge pour chats errants de Rome avec tous les problèmes sanitaires que ça implique et que ça provoque.

Largo di Torre Argentina est une zone archéologique de Rome. Elle est connue pour être le site de la zone sacrée de Torre Argentina, qui est un complexe de temples et de structures romaines en ruine. Sur mon téléphone, j'ai confondu la villa Doria Pamphilij avec le palais et nous marchons un bon moment avant que je me rende compte de ma méprise. Pour revenir vers le palais, nous traversons le quartier du Panthéon où se presse une foule importante de visiteurs. 

Le Panthéon est l’un des bâtiments le plus représentatif du centre de Rome. La construction du Panthéon Romain a commencé en 27 avant J.C. sous la direction de Marcus Agrippa et est l’un des rares monuments de l’ancienne Rome encore intact. Le temple et la coupole ronde caractéristique actuels ont été construits au deuxième siècle sous l’empereur Hadrien, après que la bâtiment ait été endommagé par un grand incendie en 80 A.D.par un énorme incendie et que la foudre déclencha un nouvel incendie en 110. On peut voir sur la façade le texte en bronze "M.AGRIPPA.L.F.COS.TERTIUM.FECIT" , ce qui signifie « Marcus Agrippa, fils de Lucius, consul pour la troisième fois, a construit ce bâtiment ». Ce qui est remarquable, c'est que ce texte a été apposé sous l’empereur Hadrien. Cette année, la visite n'est pas au programme et nous nous contentons de tourner autour de la fontaine que surmonte un obélisque. La Fontaine du Panthéon  est un monument en partie XVIe et surtout baroque du début du XVIIIe. Elle repose sur un escalier en travertin et est surmontée d’un obélisque apporté d’Égypte. L’architecture de la fontaine présente des dauphins sculptés et un bassin en marbre gris d’Afrique. L’obélisque, appelé obélisque de Macuto, fut découvert au XIVe siècle dans l’église de Santa Marie sopra Minerva, après avoir été précédemment installé dans l’église de San Macuto. Ce monument de 6,34 mètres de haut avait à l’origine été placé avec trois autres monolithes au Temple d'Isis, un temple édifié par l’empereur Domitien en l’honneur des divinités égyptiennes. L’obélisque provient  du Temple du Soleil d’Héliopolis, construit sous Ramsès II. Les Hiéroglyphes disent que Ramsés II est un descendant de Ra , le Dieu Soleil. 

Contrairement au indications du Routard, nous trouvons closes les portes du palais Doria Pamphilij et il ne nous reste qu'à découvrir d'autres merveilles dans ce quartier qui n'en manque pas. Nous sommes passés devant l'église de St Ignace de Loyala. Ignace de Loyola est le fondateur des Jésuites. Le jeune Ignace était destiné à la carrière des armes, c'est un mondain, séducteur et très ambitieux.Une grave blessure à une jambe qui le rend estropié pour le reste de sa vie lui fait perdre toutes ses ambitions de pouvoir et de gloire. Dans ce grave moment de crise, il trouve une nouvelle direction spirituelle qui le conduit ensuite à la sainteté et à la fondation de la Compagnie de Jésus. L’église Saint-Ignace-de-Loyola à Campo Marzio à Rome est initialement née comme l’église du Collège Romain adjacent, le centre de formation culturelle et spirituelle des Jésuites à Rome (voir également le paragraphe suivant) fondé en 1551 par Saint Ignace lui-même, aujourd’hui siège du Ministère des Biens Culturels. L’église actuelle a été construite à partir de 1626 sur la demande du pape Grégoire XV, et financée par le cardinal Ludovico Ludovisi (neveu du dit pape), autre cardinal célèbre collectionneur d’œuvres d’art. Le cardinal-neveu est une particularité de l'église de Rome à la Renaissance. Le cardinal-neveu (, autrefois appelé prince de fortune), est un cardinal élevé à son rang par un pape qui est son propre oncle ou, plus généralement, de sa famille. Le terme a donné naissance au mot "népotisme". La pratique apparaît au Moyen-Age et devient une institution pendant la Renaissance, puisque des cardinaux-neveux sont nommés de 1566 à 1692. Elle est abrogée par la bulle " Romanum decet pontificem" d'Innocent XII.

Quand on pénètre dans la nef, on est ébloui par la voûte couverte de fresques d’Andrea Pozzo.  une longue file d’attente  de touristes  attend tous pour se prendre en selfie avec le miroir oblique qui reflète le chef-d’œuvre de la voûte.

Andrea Pozzo est né à Trente en 1642, donc environ un siècle après la mort de Saint Ignace. Il étudia à Trente à l’école des Jésuites puis se transféra à Milan où il devint membre laïque de la Compagnie de Jésus : il prononça ses vœux à 23 ans, en 1665.

À Milan, il travailla pendant 2 ans à l’achèvement de l’église de San Fedele, considérée comme un modèle de référence de l’architecture sacrée de l’art de la Contre-Réforme. Il se rendit ensuite à Gênes, où il découvrit les œuvres de Rubens (dans l’un des tableaux de Rubens à Gênes, il y a une autre fausse coupole), et par la suite, il se rendit à Mondovì dans la province de Cuneo, où il réalisa sa première fausse coupole, ou plutôt faux tambour puisqu’il manquait la calotte. Ce fut une première expérience qui le conduisit à réfléchir sur la manière de calculer et résoudre le problème perspectif de la réalisation d’une fausse coupole complète.

La voûte est  dédiée au triomphe du saint Ignace de Loyola  mais au centre de la scène se trouve Jésus-Christ : les nuages concentriques et le cône de lumière convergent vers le centre de la scène, où Jésus-Christ Sauveur porte la croix, symbole de son sacrifice. . Du cœur du Christ part un rayon de lumière qui va frapper Saint Ignace de Loyola, l’homme que Jésus a choisi pour diffuser au monde son message d’amour et de salut.  Du cœur d’Ignace, le rayon de lumière  se reflète vers les figures allégoriques des 4 continents alors connus, les lieux où s’est dirigée l’œuvre missionnaire évangélique de la Compagnie de Jésus. Les 4 continents sont symbolisés par des femmes symbole de fécondité.

Ci-contre, on voit l'Asie. La femme représentant l’Asie est vêtue de tissus précieux, symbolisant les soies pour lesquelles l’Asie est réputée depuis toujours, et est assise sur un chameau (symbole des caravanes qui transportaient ces soies en Europe). Sous elle, deux hommes entourent le bouclier avec le nom du continent.

 

 

Le message transmis sur la voûte est clair : "c'est une invitation à l’étude et à la formation comme outils nécessaires pour servir  Dieu dans l’œuvre missionnaire sur tous les continents : pour apporter la lumière de l’évangile dans toutes ces réalités si complexes et différentes, comme l’est la nature humaine, il est nécessaire d’être préparé par l’étude et soutenu par le feu de la foi."

La grande prouesse technique d'Andrea Pozzo est la "fausse coupole" réalisée par Andrea Pozzo en 1685 à la demande des Jésuites (qui semblaient avoir épuisé les fonds pour en construire une vraie). 

"L’illusion de la construction de l’espace est un concept important, qui se rattache à l’enseignement jésuite de savoir distinguer entre le point de vue de l’opinion personnelle et "la vérité" (du moins celle perçue) qui donne à l’homme la certitude, qui lui confirme sa vraie position dans l’espace. L’homme dans son chemin de vie doit toujours savoir distinguer entre illusion et réalité, en reconnaissant (et en refusant) l’illusion du malin.

Si l’on se déplace à d’autres positions dans l’église et que l’on regarde à nouveau la coupole, on comprend que c’est une illusion. Mais en même temps, c’est une réalité : même si ce n’est qu’une toile perspective, elle existe réellement. Il faut savoir comprendre les deux aspects. C’est aussi le message du jésuite Andrea Pozzo, basé sur le concept de discernement élaboré par Saint Ignace de Loyola

À droite du transept se trouve un splendide autel en marbre conçu par Andrea Pozzo et dédié à saint Louis de Gonzague : le bas-relief en marbre de la pala d’autel (réalisé par Pierre Le Gros) représente l’ascension au ciel de saint Louis. En observant de plus près la scène, on voit que le protagoniste a le visage d’un jeune garçon : Louis de Gonzague mourut très jeune à seulement 23 ans, tué par la peste à Rome en juin 1591.

 Le presbytère est la partie de l’église réservée au clergé officiant (les presbytes, terme aujourd’hui couramment abrégé en prêtres) et se trouve au fond de la nef centrale, fermé par l’abside. Comme dans presque toutes les églises, l’œil de celui qui entre est immédiatement attiré par le presbytère, car c’est ici que se trouve l’autel central et c’est donc ici que l’attention doit être dirigée : l’autel est le lieu où l’on célèbre l’Eucharistie, le sacrement central de la foi catholique, et cette centralité théologique se reflète dans la disposition physique de l’espace. Les fresques de l’abside ont également été réalisées par Andrea Pozzo, et représentent les moments fondamentaux de la vocation de Saint Ignace. 

L’inscription "Ego Vobis Romae Propitius Ero", qui signifie "Je vous serai favorable dans votre voyage à Rome" , est ce que Dieu dit lorsqu’il apparaît à Ignace de Loyola à La Storta (un endroit à quelques kilomètres de Rome) pour le rassurer sur sa décision de se rendre à Rome pour se soumettre à la volonté du Pape.

 

Autre oeuvre d'art sublime,par Pierre Legros. Tombe de Grégoire XV et du cardinal Ludovico Ludovisi. Chapelle Ludovisi, église Sant'Ignazio di Loyola, Rome, Italie. (1717).
Nous prenons un thé sur une terrasse de la place face au Panthéon avant d'aller admirer l' Éléphant de Marbre du Bernin. 

La Place de la Minerve tient son nom de l’ancien Temple de la Minerve qui se dressait dans cette zone à l’époque de l’empire romain. 
Située à deux pas du Panthéon, elle se remarque avant tout par le monument dressé au centre depuis 1667, un éléphant sculpté par le Bernin qui porte sur son dos un obélisque égyptien. Il est en face de la basilique sainte Marie de la Minerve 
qui se distingue par son majestueux intérieur gothique.


Nous allons prendre un bus qui nous ramène à Termini avant un repos bien mérité au Royal Court.
Nous passons devant le Parlement italien, dans le palais Montecitorio, piazza del Parlamento. 

L'histoire du Palazzo di Montecitorio, l'un des lieux les plus symboliques de la politique italienne, commence en 1653, lorsque Innocent X charge Le Bernin de construire une résidence pour la famille Ludovisi. Les travaux furent interrompus en raison de la mort du pontife et reprirent plus de trente ans plus tard sous le pontificat d'Innocent XII, qui décida de faire du palais le siège de la Curie pontificale.

Le nouvel architecte Carlo Fontana modifia le projet du Bernin, tout en conservant la façade convexe caractéristique et ajouta le pignon du clocher. La cloche principale (qu'aujourd'hui retentit seulement à l'occasion de l'élection du Président de la République) signalait le début des audiences ; du balcon inférieur, comme le raconte Stendhal, les numéros du loto qui venaient d'être tirés étaient annoncés : un événement qui faisait affluer tous les Romains sur la place chaque samedi.

Nous dinons dans le quartier de la gare à l'hosteria da Vicenzo. L'élégant maître d’hôtel parle un excellent français, le patron aussi. C'est un endroit très classique, nappes blanches, serveurs en veston, la pasta est excellente, les vins aussi, belle carte où le poisson est roi, la poire cuite du dessert est superbe. On y reviendra demain, ce qui montre combien cet endroit nous a plu, 6 via Castelfidardo.






 

 



 


 


 

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