Quand, il y a 3 ans, Philippe nous avait programmé un séjours pour jouir de la magie de Noel en Val de Loire, il avait choisi de visiter Chinon plutot que Loches. Cette année, j'ai gardé les 3 chateaux Renaissance incontournable, Chenonceau, Villandry et Azay le Rideau, le chateau d'Amboisse dont l'importance historique à la Renaissance a continué jusqu'au second Empire, Langeais et donc, aujourd'hui Loches. Loches est une petite ville, un peu endormie, celle de la Belle au Bois Dormant plus que d'Alice au Pays des Merveilles. Si les châteaux Renaissance se sont épanouis dans la vallée de la Loire, plus rares sont les cités médiévales. Par le caractère remarquable de son logis et de son donjon, Loches abrite l'une des plus belles cités fortifiées de France, qui domine la ville et la bucolique vallée de l’Indre. nous nous garons en fin de matinée en centre ville, sur la grand place à l'entrée d'une des portes de la ville.
L'hôtel de ville de Loches est construit contre la face intérieure du rempart médiéval de la ville, plaqué sur la porte Picois qu'il masque en partie. En 1519, François Ier autorise les Lochois à élever cet hôtel de ville. De style Renaissance, il contient l’un des premiers escaliers droits rampe sur rampe édifié à cette période. Deux lucarnes présentent respectivement la Salamandre couronnée de François Ier et le blason de Loches dont les trois fleurs de lys rappellent le statut de ville royale. Au moment de la construction de l'Hôtel de Ville, la porte Picois est agrémentée d’une niche destinée à accueillir une statue de la Vierge, protectrice de la cité. Des impacts de projectiles sont visibles sur le sommet de la tour de la porte du Picois, trace des Guerres de Religion.

Nous empruntons une petite rue qui monte raide jusqu'à la Porte Royale. La Porte Royale est l'ancienne porte d'accès à la citadelle fortifiée.
Construite au XIIIe siècle, elle fut renforcée au XVe siècle par la
construction d'un pont-levis et d'une terrasse à canon. Elle constitue
encore aujourd'hui l'unique accès à la partie haute de la ville. Après la porte, on fait un ultime effort qui nous mène à une belle église romane, la Collégiale Saint Ours. La collégiale Saint-Ours, construite au XIe siècle sous Foulques Nerra,
est un trésor d’architecture romane. Classée Monument Historique en
1840, elle est particulièrement célèbre pour son portail polychrome et
ses dubes, deux coupoles pyramidales uniques en France. Foulques III, dit Foulques Nerra ou le Noir, est le fils de Geoffroy Ier
dit Grisegonelle, comte d’Anjou, et d’Adélaïde de Vermandois. Comte
d’Anjou, chef de guerre, il est un prince batailleur et bâtisseur. A la fin du Xe siècle, il cherche à
étendre son territoire. Il combat ses voisins, de l’Aquitaine à la
Bretagne, imposant par la force son autorité.Eudes II, comte de Blois, son principal
ennemi, possède Chinon, Tours et Amboise. Pour l’encercler, Foulques
Nerra construit les donjons en pierre de Montrésor, Sainte-Maure,
Montbazon, Langeais, Montrichard et la tour-maîtresse de Loches, entre
1013 et 1035. Il conquiert Angers et Saumur et donne ainsi son plein
essor à la maison d’Anjou. Redoutable guerrier, Foulques Nerra se
montre également très pieux. Il se rend quatre fois en pèlerinage à
Jérusalem. Il effectue de nombreuses donations en rémission de ses
fautes. Il fonde prieurés, églises et abbayes en Touraine et en Anjou,
dont l’abbaye de la Sainte-Trinité de Beaulieu-lès-Loches, face à la
Cité royale, où il est inhumé.
Elle possède un portail polychrome entièrement sculpté, mais très mutilé de personnages et d'animaux issus du bestiaire médiéval. La partie supérieure est sensée représenter la Vierge en majesté, saint Joseph, les rois mages, etc.
La Collégiale Saint-Ours est d'un très beau style roman avec de nombreux chapiteaux ornés de motifs floraux, d'animaux fantastiques et de personnages.





Nous pénétrons d'abord dans la Salle Jeanne d'Arc du Logis «gothique»
La porte, au centre de la salle, donnait sur un escalier par où est entrée Jeanne d'Arc en mai 1429 quand elle vint trouver le dauphin Charles pour le convaincre d'aller se faire sacrer à Reims. La charpente du plafond n'existait pas. La salle faisait 14 mètres de haut.
Vers 1425, des voix lui demandent de boutter les anglais hors de France et de faire couronner le dauphin Charles. Délégitimé par le traité de Troyes, celui-ci hésite à asseoir définitivement son autorité. Jeanne quitte Vaucouleurs en février 1429. Elle parvient à traverser les lignes ennemies et rejoint Chinon en onze jours. Elle y rencontre le dauphin Charles à deux reprises. Elle lui affirme que sa mission est de libérer Orléans, assiégée par les anglais et de le conduire à Reims pour le faire sacrer. Après la libération d’Orléans, le 8 mai 1429, elle retrouve Charles VII au Logis royal de Loches, le 22 mai 1429. Elle le convainc de prendre la route afin de recevoir enfin une "digne couronne". Le sacre a lieu le 17 juillet 1429. Charles VII est désormais un roi de France légitime. Jeanne continue à batailler au sein de l’armée jusqu’à sa capture à Compiègne, en mai 1430. Sur la cheminée de la grande salle se dessine la silhouette d'un grand cerf. Ce cerf ailé est le symbole de Charles VI, puis de Charles VII.
Autre femme célèbre dans ce logis Agnés Sorel.Fouquet a ici représenté la Vierge sous les traits d’Agnès Sorel. La Vierge, à la carnation d’une extrême pâleur, entourée d’anges rouges et bleus (des chérubins et des séraphins), se détache de façon frontale d’un fond bleu abstrait. Les diverses composantes du tableau sont visiblement régies par un canevas géométrique précis, dont les lignes de force sont apparentes dans la forme triangulaire du groupe central, bien soulignée à gauche par la ligne oblique du manteau. La frontalité de la composition est soulignée par l’écran rigoureusement parallèle au plan de l’image que constitue le trône, mais aussi par la disposition de trois des chérubins, l’un d’eux, au-dessus de l’Enfant, regardant droit vers le spectateur, tandis qu’un autre, au premier plan à gauche, est représenté strictement de profil. Seule dans cette composition, qui pourrait se suffire à elle-même, l’attitude de l’Enfant, imperceptiblement tourné vers la gauche et l’index de la main gauche pointé dans la même direction, suggère l’existence d’un pendant. Le puissant contrepoint rouge et bleu des anges, luisant comme des statues de bois peint, fait ressortir la blancheur du groupe central tout en contribuant au caractère visionnaire de la représentation."

La troisième grande dame de Loches est Anne de Bretagne, 2 fois reine de France après ses mariages successifs avec Charles VIII et Louis XII. Elle séjourne à plusieurs reprises à Loches de 1492 à 1511. La construction d’une extension du logis royal est lancée sous le règne de Charles VIII. Vers 1500, Anne fait modifier les plans initiaux en y ajoutant un splendide oratoire gothique flamboyant. Dans le logis royal, on peut admirer une copie des "Grandes Heures de Anne de Bretagne, qui ont été peintes par le Tourangeau Jean Bourdichon, est un manuscrit doté d’un ensemble d’images religieuses et d' enluminures de grande qualité et de riches bordures végétales.

fauteuil date de la fin du XVIIIe siècle. Les tapisseries qui ornent ce fauteuil ont été brodées par des prisonniers de 1793 (époque de la Terreur). Ils étaient alors enfermés
dans le cabinet de travail du logis royal, le temps de leurs procès,
tenus au tribunal révolutionnaire dans la grande salle de ce même logis
royal. Sur les cartouches figurent des noms de prisonniers tous enfermés quelques jours ou quelques semaines dans ce cabinet de travail. Sur les murs, des graffitis laissés par les mêmes prisonniers. Nous continuons vers le donjon.



















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