Pour accéder à l'étage, nous empruntons ce superbe escalier, couverte d'une voûte rampante avec des nervures qui se coupent en angle droit. Cet escalier est un des premiers escaliers droits construits en France sur le modèle italien avec sa merveilleuse voûte à nervures, décorée de fruits, de fleurs et de figures humaines. "L'escalier de Chenonceau est un escalier rampe sur rampe, premier du genre en France. Jusqu'alors on construisait des escaliers en colimaçon dans une pièce à part dans les château forts par exemple. Ils présentaient trois avantages : le gain de place, une progression ralentie de l'ennemi et une moindre déperdition de chaleur. A Chenonceau, l'escalier devient d'apparat. Pour autant, il reste dans un espace dédié, clos à chaque niveau par des portes."
On débouche sur le vestibule de Katherine Briçonnet pavé de petits carreaux en terre cuite marqués de la fleur de lys traversée par une dague. Les murs sont recouverts par 6 tapisseries d'Audenarde du XVII ème avec des scènes de chasse mais sont cachées par les décorations florales de Noël qui sont, ici, somptueuses.
Je ne suis pas exactement le plan de la visite et je découvre d'abord la chambre de Gabrielle d'Estrées, favorite et grand amour de Henri IV a qui elle donna un fils, légitimé, César de Vendome. Belle décoration florale riche en orchidées blanches, plafond à solives, mobilier Renaissance, avec un lit à baldaquins, une tapisserie des Flandres qui illustre la"Vie de Château", l'Amour".
La chambre suivante est celle de César de Vendome, fils de Henri IV et de Gabrielle, oncle de Louis XIV qui lui offrit son portrait par Rigaud. César devient propriétaire de Chenonceau en 1624. On a dit à une époque que le Masque de Fer était le second fils de César, François qui aurait tenté d'assassiner Mazarin. Le mariage de Louis de Mercoeur avec la nièce de Mazarin aurait été négocié pour enterrer la hache de guerre. Le mariage est célébré à Chenonceau en présence de Louis XIV, de Mazarin et de Anne d'Autriche, mère du jeune roi. Les jeunes époux reçoivent Chenonceau comme cadeau de mariage et César, le portrait de Louis XIV. 
D'abord la chambre des cinq reines ainsi appelée en souvenir des 2 filles de Catherine et de ses 3 belles-filles : le reine Margot épouse de Henri IV, Élisabeth de France, épouse de Philippe II d'Espagne, Marie Stuart, épouse de François II, Élisabeth d'Autriche , épouse de Charles IX et Louise de Lorraine , épouse d'Henri III. Le plafond à caissons est composé de lambris qui proviennent de l'antichambre des appartements de Louise de Lorraine. Près de la cheminée Renaissance, une harpe qui attend une harpiste plantureuse qui nous distille quelques airs émollients et soporifiques. Près de la cheminée, une tapisserie raconte la vie de Samson.

J'ai remarqué cette crédence gothique surmontée par un buste de femme.


Le cabinet des Estampes, attenant à la chambre de la Reine est somptueusement décoré pour Noël avec une dominance de dorures. Vient ensuite la galerie Médicis. En 1576, Catherine demande à Philibert de l'Orme d'imaginer une galerie qui coifferait le pont de Diane de Poitiers. C'est Jean Bullant qui dirige la construction. Elle est éclairée par 18 fenêtres, présente une collection de peintures, tapisseries, meubles et objets d'art. La galerie est longue de 60 mètres, large de 6 avec un sol carrelé de tuffeau et d'ardoise et un plafond à solives. En 1577, Catherine organise des fêtes d'inauguration en l'honneur de son fils Henri III. La galerie est décorée pour Noël mais on y voit surtout, l'histoire du Château, les rois, les reines, les maîtresses, les propriétaires successifs.

Nous sommes au deuxième étage qui s'ouvre sur le vestibule Bourbon-Vendome qui est resté tel que madame Pelouze l'a fait restaurer au XIX ème siècle. Belle tapisserie d'Audenarde et le tableau du château de Chenonceau de Pierre Justin Ouvré.
Cet étage est celui de Louise de Lorraine, épouse, puis veuve de Henri III. Après l'assassinat du roi par le moine Clément, la reine se retire à Chenonceau où elle prie. À cette époque, la grande majorité des unions sont des mariages forcés, arrangés. Ce n’est pas le cas de ce mariage royal ; Henri III n’a pas choisi sa femme pour des raisons politiques mais personnelles, il garde en mémoire l’image d’une jeune femme calme, tendre et humble qui lui rappelle brièvement sa défunte Marie de Clèves. De plus, Louise voue un amour profond à son mari dès le début de la relation, et une grande intimité s’installe rapidement au sein du couple, ce qui surprend d’ailleurs Catherine de Médicis et la cour. Mais à leur plus grand regret, malgré de multiples tentatives et de nombreux examens, cures, pèlerinages et prières, ils ne réussiront jamais à avoir d’enfants. Par respect et par amour pour sa femme, le roi se montre même très discret lors de ses rendez-vous privés avec ses maîtresses ; il ne désigne d’ailleurs aucune maîtresse officielle après son mariage. Il laisse à Louise une place importante dans sa vie personnelle ainsi qu’à la Cour et dans certaines décisions politiques. Elle est souvent décrite comme une bonne reine à l’écoute de son peuple.
En 1589, le roi Henri III est assassiné par le moine Jacques Clément à Saint-Cloud. Pour ce fanatique faisant partie de la Ligue catholique, Henri III doit mourir car il est l’ennemi du catholicisme. Il souhaite aussi empêcher la succession par un roi protestant, mais avant de mourir, Henri III désigne Henri de Navarre comme successeur. Ce dernier monte sur le trône sous le nom d’Henri IV. À la mort de son époux, Louise se réfugie à Chenonceau qu’elle reçoit alors en héritage. Elle y vit pendant 11 ans, espérant pouvoir faire son deuil en se plongeant dans le recueillement et les prières. Malheureusement, elle ne se remettra jamais de la perte brutale de son bien-aimé et ne pardonne pas cet acte. Elle adopte donc une tenue blanche, ce qui lui vaut le surnom de « Reine blanche » ou encore « Dame blanche de Chenonceau ». En effet, contrairement à aujourd’hui, la couleur du deuil royal était le blanc, couleur que la Reine Louise ne quitte plus jusqu’à sa propre mort.
À Chenonceau, dans « le château des dames », sa chambre reste célèbre pour être recouverte de motifs funéraires, de symboles de deuil, ainsi que de tissus sombres. On y trouve par exemple des croix religieuses, des pelles, des plumes, des larmes d'argent, des cordelières de veuve, des couronne d'épines mais aussi les initiales grecques des deux amants entrelacées comme pour nier cette violente séparation. "La chambre noire de la Reine blanche".


On remarque aussi le Christ gothique à la couronne d'épines.
Nous revenons dans le vestibule puis reprenant l'escalier.


Les monumentales Caryatides de Jean Goujon. Ces Caryatides, Pallas et Cybèle, et les Atlantes, Hercule et Apollon, qui ornaient la façade du château, ont été réunis à l’arrière du labyrinthe.
Il est temps de gagner l’Hôtel des Châteaux à Azay le Rideau. Il est très bien situé au milieu des châteaux que nous allons visiter, Azay, Villandry, Loches et Langeais, un bon confort et accueil parfait à prix doux. Un restaurant à recommander chaleureusement, la Ripaille à Azay, tout un programme, belles viandes maturées plus ou moins, de diverses provenance, ris de veau, riz au lait, et une belle carte des vins avec un service particulièrement agréable.























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