"Les couturiers incarnent un des derniers refuges du merveilleux. Ils sont en quelque sorte des maîtres à rêver…" Christian Dior.
Nous nous rendons cet aprés-midi à la galerie Dior où la Galerie Dior et la Fondation Azzedine Alaïa présentent une double exposition inédite qui met en avant Azzedine Alaïa, collectionneur et admirateur de Christian Dior. Dior et Alaïa : " le rapprochement de ces grands noms de la couture parisienne a de quoi surprendre. Ces deux maisons appartiennent aujourd’hui à des groupes concurrents (respectivement LVMH et Richemont), et leurs fondateurs ne se sont a priori pas connus. Un lien existe pourtant : Azzedine Alaïa était un grand collectionneur de mode, et il avait acquis près de 600 pièces Dior, datant pour la plupart des dix premières années de la maison de couture (1947-1957)."La galerie se trouve au 11 Rue François 1er, à deux pas de l'avenue Montaigne dans le 8ème arrondissement de Paris.

Un coup d'œil au célèbre escalier en colimaçon, derrière lequel des versions miniatures de robes, chaussures, sacs et chapeaux Dior flottent dans un arc-en-ciel de couleurs vibrantes, et vous voilà transporté dans le rêve de Dior. Nous montons au 3ème étage et nous découvrons l'enfance normande de Christian Dior."L’environnement familial lui offre une enfance confortable, rythmée par la vie bourgeoise et les vacances à la villa Les Rhumbs à Granville, qui lui inspirent tôt un goût du détail et de l’élégance. La Belle Époque, les jardins normands et cette villa face à la mer nourrissent un imaginaire visuel important pour l’artiste en devenir. "La maison d’enfance était crépie d’un rose très doux, mélangé avec du gravier gris, et ces deux couleurs sont demeurées en couture mes teintes de prédilection." On y voit aussi sa soeur Catherine, resistante pendant la guerre. Elle-ci est née en 1917, douze ans après son frère. Pourtant, la complicité qui les lie est solide. Muse enfermée dans un camp de travail nazi durant la guerre, vendeuse de fleurs aux Halles de Paris et première «Miss Dior», Catherine Dior a mené une vie discrète et a toujours été proche du créateur.On découvre les croquis. Les croquis des grands couturiers me fascinent, Dior, Christian Lacroix...Ici les croquis précisément datés de Monsieur Dior avec lse détails exacts sur les tisseurs, les brodeurs, et même le nom du mannequin qui va porter la tenue pour la première fois.

Puis la collection d'Azzedine Alaïa. Azzedine Alaïa est né le 26 février 1940 à Tunis, capitale de la Tunisie. Il suit des études de sculpture à Tunis, mais c’est la couture qui l’intéresse. Pour approfondir sa passion, il arrive à Paris en 1959 et approfondit ses connaissances auprès du couturier Guy Laroche (1921-1989). Il a 19 ans et commence par créer des robes dont l’originalité attire l’attention de personnalités comme la chanteuse et comédienne Arletty ou la baronne Marie-Hélène de Rothschild. Azzedine Alaïa s’installe dans le 7e arrondissement de Paris et commence une carrière de couturier. Azzedine Alaïa connaît un immense succès au cours des années 1980. Il crée sa marque en 1981 et se démarque avec des robes moulantes qui séduisent les stars de l’époque. Proche de la chanteuse américaine Tina Turner et du mannequin Naomi Campbell, il devient le couturier des stars. En 1985, il remporte à deux reprises un Oscar de la mode. Connu mondialement pour ses créations, il gagne le marché américain en ouvrant deux boutiques à New York et à Beverly Hills en 1988.
Une pièce en drap de laine de 1948.
"Depuis de nombreuses années, j'achète et je reçois les robes, les
manteaux, les vestes qui témoignent de la grande histoire de la mode.
C'est devenu chez moi une attitude corporative de les préserver, une
marque de solidarité à l'égard de celles et ceux qui, avant moi, ont eu
le plaisir et l'exigence du ciseau. C'est un hommage de ma part à tous
les métiers et à toutes les idées que ces vêtements manifestent."
Azzedine Alaïa. "De l’histoire personnelle de la famille Dior aux débuts du créateur chez
Lucien Lelong dans les années 40, l’exposition se déploie de salles en
salles et témoigne de la passion de Christian Dior pour les fleurs, les
tailles fines et les détails. On découvre les manifestes de défilés
distribués au public à l’époque, des images d’archives ainsi que 140
pièces dont 101 appartenant à Azzedine Alaïa. C’est la première fois que
la maison expose autant de looks de monsieur Dior et on peut aussi y
admirer ceux de Marc Bohan, Yves Saint Laurent ou encore John Galliano,
tous passés aux commandes de la création de la maison Dior."

C’est Jean Cocteau qui a évoqué la signification du nom de Christian Dior lorsqu’il a fait référence au couturier français comme « ce génie agile unique à notre époque avec le nom magique combinant Dieu et or .
C’était en effet un dieu qui a révolutionné la mode en 1947 avec son « New Look », qui a rendu les femmes d’après-guerre belles à nouveau belles et a placé la France fermement à sa place de capitale de la haute couture et du luxe. Son nom est devenu l'étalon-or de robes impeccablement conçues et exécutées, faisant de la mode une entreprise rentable en offrant ses vêtements et accessoires au monde entier grâce à des boutiques et des licences.
"Parmi les nombreuses inventions de celui qui fut galeriste puis illustrateur avant de devenir le couturier que l’on connaît, le New Look demeure probablement l’une des plus brillantes : elle fait entrer Christian Dior dans l’histoire de la mode avec un succès fulgurant dès son premier défilé en février 1947. Cette nouvelle esthétique – baptisée « new look » par la fameuse rédactrice en chef du Harper’s Bazaar Carmel Snow lors du défilé inaugural de la maison désigne une silhouette ultra-féminine aux épaules doucement arrondies, la poitrine haute et la taille étranglée, libérant sous la ceinture un évasement généreux. Il s’agit de faire oublier le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale et l’austérité qu’elle fit régner sur le monde du vêtement en proposant des tenues plus longues avec davantage de tissu (on parle d’une vingtaine de mètres pour la confection d’une seule robe). Pour obtenir cet effet de volume, les tissus sont doublés, tandis que corsages et bustiers sculptent avantageusement la silhouette."
"Dans les années 1950, Buffet développe une fascination particulière pour les portraits des artistes qui partagent ses valeurs et son esthétique. C’est dans ce contexte qu’il réalise les portraits de Christian Dior et Yves Saint Laurent. Deux œuvres devenus emblématiques de cette période du travail de Bernard Buffet. Ces œuvres sont profondément marquées par ses lignes graphiques acérées et ses tonalités austères.
En 1954, Bernard Buffet immortalise Christian Dior. Le portrait a été commandé par le couturier lui-même, grand admirateur de son œuvre. Buffet reste fidèle à son style épuré et austère. Et il choisit un fond vert sombre qui imprègne la composition d’une gravité solennelle. Une manière habile de mettre en valeur la silhouette.
Ce portrait est réalisé quelques années avant le décès tragique du couturier en 1957. Et il est devenu une pièce emblématique. À travers ses lignes nettes et son atmosphère sobre, Buffet parvient à capturer l’essence même de Christian Dior : un homme d’une élégance discrète, à la fois puissant, raffiné et mystérieux, dont l’influence sur la mode demeure intemporelle."
"La couture est avant tout un mariage entre la forme et le tissus" disait Christian Dior.































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