lundi 1 décembre 2025

PARIS, GALERIE DIOR, DIOR DANS LA COLLECTION DE AZZEDINE ALAIA

 "Les couturiers incarnent un des derniers refuges du merveilleux. Ils sont en quelque sorte des maîtres à rêver…" Christian Dior. 

Nous nous rendons cet aprés-midi à la galerie Dior où la Galerie Dior et la Fondation Azzedine Alaïa présentent une double exposition inédite qui met en avant Azzedine Alaïa, collectionneur et admirateur de Christian Dior. Dior et Alaïa : " le rapprochement de ces grands noms de la couture parisienne a de quoi surprendre. Ces deux maisons appartiennent aujourd’hui à des groupes concurrents (respectivement LVMH et Richemont), et leurs fondateurs ne se sont a priori pas connus. Un lien existe pourtant : Azzedine Alaïa était un grand collectionneur de mode, et il avait acquis près de 600 pièces Dior, datant pour la plupart des dix premières années de la maison de couture (1947-1957)."La  galerie se trouve au 11 Rue François 1er, à deux pas de l'avenue Montaigne dans le 8ème arrondissement de Paris.




Un coup d'œil au célèbre escalier en colimaçon, derrière lequel des versions miniatures de robes, chaussures, sacs et chapeaux Dior flottent dans un arc-en-ciel de couleurs vibrantes, et vous voilà transporté dans le rêve de Dior.
 Nous montons au 3ème étage et nous découvrons l'enfance normande de Christian Dior."L’environnement familial lui offre une enfance confortable, rythmée par la vie bourgeoise et les vacances à la villa Les Rhumbs à Granville, qui lui inspirent tôt un goût du détail et de l’élégance. La Belle Époque, les jardins normands et cette villa face à la mer nourrissent un imaginaire visuel important pour l’artiste en devenir. "La maison d’enfance était crépie d’un rose très doux, mélangé avec du gravier gris, et ces deux couleurs sont demeurées en couture mes teintes de prédilection." On y voit aussi sa soeur Catherine, resistante pendant la guerre. Elle-ci est née en 1917, douze ans après son frère. Pourtant, la complicité qui les lie est solide. Muse enfermée dans un camp de travail nazi durant la guerre, vendeuse de fleurs aux Halles de Paris et première «Miss Dior», Catherine Dior a mené une vie discrète  et a toujours été proche du créateur.

On découvre les croquis. Les croquis des grands couturiers me fascinent, Dior, Christian Lacroix...Ici les croquis précisément datés de Monsieur Dior  avec lse détails exacts sur les tisseurs, les brodeurs, et même le nom du mannequin qui va porter la tenue pour la première fois.

Puis la collection d'Azzedine Alaïa. Azzedine Alaïa est né le 26 février 1940 à Tunis, capitale de la Tunisie. Il suit des études de sculpture à Tunis, mais c’est la couture qui l’intéresse. Pour approfondir sa passion, il arrive à Paris en 1959 et approfondit ses connaissances auprès du couturier Guy Laroche (1921-1989). Il a 19 ans et commence par créer des robes dont l’originalité attire l’attention de personnalités comme la chanteuse et comédienne Arletty ou la baronne Marie-Hélène de Rothschild. Azzedine Alaïa s’installe dans le 7e arrondissement de Paris et commence une carrière de couturier. Azzedine Alaïa connaît un immense succès au cours des années 1980. Il crée sa marque en 1981 et se démarque avec des robes moulantes qui séduisent les stars de l’époque. Proche de la chanteuse américaine Tina Turner et du mannequin Naomi Campbell, il devient le couturier des stars. En 1985, il remporte à deux reprises un Oscar de la mode. Connu mondialement pour ses créations, il gagne le marché américain en ouvrant deux boutiques à New York et à Beverly Hills en 1988.

Une pièce en drap de laine de 1948.
"Depuis de nombreuses années, j'achète et je reçois les robes, les manteaux, les vestes qui témoignent de la grande histoire de la mode. C'est devenu chez moi une attitude corporative de les préserver, une marque de solidarité à l'égard de celles et ceux qui, avant moi, ont eu le plaisir et l'exigence du ciseau. C'est un hommage de ma part à tous les métiers et à toutes les idées que ces vêtements manifestent." Azzedine Alaïa
"De l’histoire personnelle de la famille Dior aux débuts du créateur chez Lucien Lelong dans les années 40, l’exposition se déploie de salles en salles et témoigne de la passion de Christian Dior pour les fleurs, les tailles fines et les détails. On découvre les manifestes de défilés distribués au public à l’époque, des images d’archives ainsi que 140 pièces dont 101 appartenant à Azzedine Alaïa. C’est la première fois que la maison expose autant de looks de monsieur Dior et on peut aussi y admirer ceux de Marc Bohan, Yves Saint Laurent ou encore John Galliano, tous passés aux commandes de la création de la maison Dior."

 

C’est Jean Cocteau qui a évoqué la signification du nom de Christian Dior lorsqu’il a fait référence au couturier français comme « ce génie agile unique à notre époque avec le nom magique combinant Dieu et or .

C’était en effet un dieu qui a révolutionné la mode en 1947 avec son « New Look », qui a rendu les femmes d’après-guerre belles à nouveau belles et a placé la France fermement à sa place de capitale de la haute couture et du luxe. Son nom est devenu l'étalon-or de robes impeccablement conçues et exécutées, faisant de la mode une entreprise rentable en offrant ses vêtements et accessoires au monde entier grâce à des boutiques et des licences. 

"Parmi les nombreuses inventions de celui qui fut galeriste puis illustrateur avant de devenir le couturier que l’on connaît, le New Look demeure probablement l’une des plus brillantes : elle fait entrer Christian Dior dans l’histoire de la mode avec un succès fulgurant dès son premier défilé en février 1947. Cette nouvelle esthétique – baptisée « new look » par la fameuse rédactrice en chef du Harper’s Bazaar Carmel Snow lors du défilé inaugural de la maison désigne une silhouette ultra-féminine aux épaules doucement arrondies, la poitrine haute et la taille étranglée, libérant sous la ceinture un évasement généreux. Il s’agit de faire oublier le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale et l’austérité qu’elle fit régner sur le monde du vêtement en proposant des tenues plus longues avec davantage de tissu (on parle d’une vingtaine de mètres pour la confection d’une seule robe). Pour obtenir cet effet de volume, les tissus sont doublés, tandis que corsages et bustiers sculptent avantageusement la silhouette." 

"Dans les années 1950, Buffet développe une fascination particulière pour les portraits des artistes qui partagent ses valeurs et son esthétique. C’est dans ce contexte qu’il réalise les portraits de Christian Dior et Yves Saint Laurent. Deux œuvres devenus emblématiques de cette période du travail de Bernard Buffet. Ces œuvres sont profondément marquées par ses lignes graphiques acérées et ses tonalités austères. 

En 1954, Bernard Buffet immortalise Christian Dior. Le portrait a été commandé par le couturier lui-même, grand admirateur de son œuvre. Buffet reste fidèle à son style épuré et austère. Et il choisit un fond vert sombre qui imprègne la composition d’une gravité solennelle. Une manière habile de mettre en valeur la silhouette.

Ce portrait est réalisé quelques années avant le décès tragique du couturier en 1957. Et il est devenu une pièce emblématique. À travers ses lignes nettes et son atmosphère sobre, Buffet parvient à capturer l’essence même de Christian Dior : un homme d’une élégance discrète, à la fois puissant, raffiné et mystérieux, dont l’influence sur la mode demeure intemporelle."


La pièce suivante est très intéressante. J'ai photographié 2 panneaux, les planches de collection, tailleurs et robes de dîner: en bas la silhouette dessinée par le couturier, l'échantillon de tissus choisi au dessus et des indications.
On pénètre ensuite dans l'atelier avec les « toiles » de travail des certaines robes et une"petite main" qui explique son travail.
 
Les toiles blanches sont la précieuse expression en volume d'un croquis et donnent vie aux modèles Haute Couture. Vient ensuite le choix du tissus, choisi parmi les centaines de rouleaux qui envahissent le studio. 

"La couture est avant tout un mariage entre la forme et le tissus" disait Christian Dior. 

"Une robe contient trois memoires », disait Azzedine Alala. Celle du couturier qui la crée, de l'atelier qui la réalise, et de la femme qui la porte. Une philosophie de la préservation qu'il a incarnée mieux que quiconque. Pendant près de quarante ans, dans une discrétion quasi monacale, il a constitué la plus vaste archive de mode privée jamais réunie : près de 20 000 pièces, parmi lesquelles environ 600 modèles signés Christian Dior." 

On est maintenant dans une très grande salle, à la lumière et aux images changeantes.On y découvre des robes de soirée qui oscillent entre sobriété et sophistication et des créations sur mesure réalisées pour des clientes particulières, à l’instar de la robe Cygne noir, issue de la ligne Fuseau, en soie et ornée de plumes, déclinée en ivoire à la demande exclusive de la cliente.







Ici figurent des modèles des 6 couturiers qui ont succédé à Christian Dior après son décès. En 1956, Saint Laurent prend sa suite. Inventif et hypersensible, Yves Saint Laurent crée une nouvelle silhouette qui connaît un grand succès pour sa première collection : la silhouette Trapèze. Ainsi, il assouplit les bases créées par son prédécesseur. Sa garde-robe devient moins cintrée, plus souple, plus fluide et, donc, plus confortable. Boussac le congédie et Marc Bohan arrive. Renouant avec le charme des débuts Dior, il habille de nombreuses actrices et têtes couronnées. Marc Bohan fonde le département Baby Dior en 1967. Il prend la décision de s’ouvrir à une clientèle masculine en créant la ligne Christian Dior Monsieur en 1970. Elle deviendra Dior Homme en 2001 sous la houlette de Hedi Slimane. Durant son passage chez Dior, Marc Bohan recevra en 1983 et 1988 le Dé d’Or, la plus haute distinction de l’industrie de la mode. En 1989, Marc Bohan quitte la Maison Dior pour céder sa place à Gianfranco Ferré.Italien raffiné jusqu’au bout des ongles, Gianfranco Ferré succède à Marc Bohan en 1989. En créant sa première collection Dior , le couturier décroche le Dé d’Or. Volumes et drapés, fastes et extravagances, ses créations rappellent l’âge d’or de la Maison. Iconoclaste et fantasque, John Galliano succède à Gianfranco Ferré en 1996. John Galliano réussit à révolutionner l’univers de la haute couture à l’instar de Christian Dior. L’enfant terrible de la mode possède un style novateur et déjanté, alliant créativité et technicité. Avec ses modèles pleins d’originalité et toujours surprenants, ses défilés saisissent et séduisent le public. Dandy « so british », Galliano signe son apothéose en s’affichant avec des poses théâtrales à la fin de ses défilés. Virtuose de la communication, Galliano stimule la marque Dior. A l’origine d’un scandale entachant la réputation de la Maison Dior, Galliano est congédié en 2011 par Bernard Arnault.
 Le moins connu des créateurs Dior, l’anglais Billy Gaytten assure l’interim à la tête de la création artistique de la Maison après le départ de John Galliano dont il a été le collaborateur pendant 23 ans. Bill Gaytten a su relever le défi en puisant dans les archives Dior pour créer sa collection. Sensuelle, simple en journée et opulente en soirée, la femme Dior  possède une garde-robe aussi délicate que luxueuse.
D’origine belge, Raf Simons dirige les collections Femme en 2012 et quitte la Maison Dior en 2015. Il place ses créations sous le signe du naturel, juste équilibre de sophistication et d’avant-garde. Minimaliste, Raf Simons surprend par son austérité, mais il s’efforce de respecter la philosophie Dior : moderne tout en restant glamour et sobre. Antithèse de l’exubérance de John Galliano, le créateur belge apporte un nouveau souffle et relance les ventes. 
Transfuge de Valentino, grand couturier italien célèbre pour ses robes rouges, Maria Grazia Chiuri remplace Raf Simons depuis juillet 2016. Pour la première fois depuis 1947, date de la création de la Firme Dior, c’est une femme qui la dirige. Féministe dans le sens contemporain, Maria Grazia Chiuri souhaite respecter la tradition tout en osant l’insolence, à l’image de Christian Dior qui a bousculé les codes de la haute Couture au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. 
On termine par les accessoires à couper le souffle. 
"Telle une galerie de curiosités de la Renaissance, cette fresque présente une anthologie d'essentiels intemporels, colorés et surprenants, d'hier à aujourd'hui, conçus pour sublimer la silhouette et offrir aux clientes du monde entier un total look Dior. « Ils sont si importants pour la femme élégante », écrivait Christian Dior à propos des accessoires dans son Petit Dictionnaire de la Mode. Le couturier et ses successeurs ont collaboré avec divers artisans et créateurs pour concevoir des pièces virtuoses empreintes de raffinement et de modernité. Des chaussures, créées avec Roger Vivier, aux bijoux, dessinés par Roger Scemama, Gripoix ou Roger Jean-Pierre, en passant par les chapeaux dessinés par Stephen Jones – depuis 1996 – et les sacs, parfums et produits de maquillage, l'univers Dior s'exprime avec grâce, célébrant l'art du détail et la richesse du savoir-faire. Un hommage à la vision pionnière de Monsieur Dior, née en 1947."



Avant de descendre l'escalier en colimaçon, la dernière salle est consacré à Christian Dior et le cinéma. 
" No Dior, no Dietrich ", lançait la grande Marlene à ses producteurs. Nombre de stars furent drapées dans les créations de Monsieur Dior sur les tournages de superproductions. Amies du couturier, toutes ont magnifié son travail. Le lien entre Dior et le 7e art est, dans ce livre, raconté en images. On y trouve Sophia Loren, Marilyn, Grace Kelly, Ava Gardner, Elizabeth Taylor, BB, Monica Bellucci ou Penélope Cruz vêtues de Dior. La fascination du couturier pour les stars se prolonge dans les pubs mettant en scène Charlize Theron, Natalie Portman et Marion Cotillard.

Superbe exposition dans le temple de l'élégance française, difficile de retourner dans la rue, dans la vraie vie ...








 

 




 



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