Nous avons découvert par hasard, Silk in Lyon, le festival de la soie. Tous les 2 ans désormais, vente de tissus et accessoires, parcours des savoir-faire, animations sont au programme durant 4 jours au Palais de la Bourse (Lyon 2e).
L'histoire de la soierie lyonnaise commence en 1536 lorsque François
Ier accorde à Lyon le monopole de l’importation et du commerce de la
soie en France. À cette époque, la ville devient un carrefour du
commerce européen. Et ce, grâce à sa position stratégique sur les routes
commerciales. A la Renaissance, le savoir-faire des artisans italiens, en particulier à Florence et Venise, inspirent les soyeux lyonnais. Les premiers
ateliers de tissage voient le jour, posant les bases d’une tradition qui
marque durablement l’identité de la ville. Dès le XVIe siècle, Lyon devient un centre de production pour les
étoffes destinées aux cours royales européennes, rivalisant avec les
meilleures soieries italiennes.
Le lieu est somptueux, le Palais de la Bourse. J'ai passé 20 ans à Lyon, Catherine, 21, et jamais nous n'avions monté les marches de ce monument emblématique de la ville. La naissance de cet édifice remonte au régne de Napoléon III, une époque où Lyon joue un rôle central dans le commerce et l'industrie Face au développement économique croissant, la nécessité d’un lieu de rencontre pour les négociants lyonnais devient évidente. En 1853, on décide que Lyon doit posséder un palais digne de son essor économique. Le choix de l’architecte se porte sur René Dardel, qui imagine un bâtiment imposant avec une architecture néo-classique. La construction démarre en1855, et dure 7 ans. Le Palais s'élève sur le carrefour essentiel de Lyon,sur la rue Impériale qui va devenir rue de Lyon , puis rue de la République (rue de la Ré) près des anciennes halles, du vieux lycée Ampère ( as tu vu ce vieux lycée Ampère?). Cette rue date de la meme époque, au moment des travaux du baron Haussman à Paris avec le percement de 2 artères, la rue Impériale et la rue de L'Impératrice, actuelle rue Edouard Herriot, les 2 principales rues commerçantes de la ville. Le Sénateur Claude VAÏSSE, Conseiller d’Etat chargé de l’administration du département du Rhône et de la ville de Lyon de 1853 à 1864, rédige un programme de transformation urbaine issu de la politique menée par NAPOLÉON III. Les objectifs principaux : assurer la prospérité de Lyon et démolir non seulement pour assainir, mais aussi pour permettre à la cavalerie de combattre plus efficacement les insurrections populaires. Le réseau de rues tortueuses est donc voué à être remplacé par de larges et belles voies de circulation. Pour la mise en œuvre de son programme, le Préfet VAÏSSE travaille en étroite collaboration avec l’Architecte en chef de la ville, responsable de la voirie : René DARDEL, puis à partir de 1854 avec Tony DESJARDINS et Gustave BONNET. La façade ouest fut témoin d’un événement national : le Président de la République Sadi CARNOT, le 24 Juin 1894, fut poignardé mortellement par l’anarchiste CASÉRIO. Une plaque posée à l’endroit même de l’assassinat au 21 rue de la République témoigne de cet événement et une dalle rouge insérée dans le sol marque l’emplacement de l’attentat.
Quand on pénètre dans la salle de la Corbeille, on découvre deux façades richement décorées, avec de nombreux entablements, balcons et colonnes. Les peintures intérieures, quant à elles, sont l’œuvre d’artistes lyonnais, dont Antoine-Claude Ponthus-Cinier ou Jean-Baptiste Beuchot.
C'est un joyau du patrimoine architectural lyonnais (490 m2 - Longueur 32 m - largeur 15 m – hors galeries – hauteur 25 m). Au plafond trône l’allégorie de la ville de Lyon, coiffée de la couronne fortifiée, grand caducée en main, entouré des sept vertus. Au centre de la composition, le génie des Arts brandit torche et couronne de laurier.
En bas, le lion (emblème de la ville) est situé au confluent du Rhône (symbolisé par le célèbre vieillard, et de la Saône sa compagne), derrière lequel se détache une « scène mercantile » dont les protagonistes représentent les parties du monde avec lesquelles la ville commerce le plus. On aperçoit les représentants de la richesse économique de la région : un paysan symbolise l’Agriculture et un soldat rappelle la florissante manufacture d’armes de Saint-Etienne.

Au pourtour de la salle de la Corbeille, dans les tympans ou panneaux triangulaires, entre les archivoltes (face verticale moulurée d’un arc) du rez-de-chaussée, sont sculptées, en bas-relief, les armoiries des principales villes commerciales du monde.
Sur le côté sud : les armes de Saint-Pétersbourg, de Londres, Paris et Vienne, sur le côté nord : celles de Turin, Madrid, New York et Naples, sur le côté oriental : Rouen, Mulhouse, Alger, Genève, Bordeaux, Leipzig, Nantes et Strasbourg et sur le côté occidental : Lille, le Havre, Francfort, Marseille, Hambourg, Milan, Reims et Saint¬Etienne. Chacune de ces armoiries est encadrée de feuillage approprié au pays qu’elle rappelle : des pampres de houblon ou de vigne, des tiges de roseaux, des palmes de dattier du Sahara entremêlées de drapeaux arabes, des branches de chêne ou de pommier chargées de fruits, de rameaux d’olivier ou de mûrier.




L’Heure future se dressant, regarde l’Heure présente qui debout, triomphante, l’attire déjà vers elle alors qu’elle laisse tomber de l’autre main, la regardant encore, l’Heure passée. Cette dernière, encore accrochée au présent, semble glisser, emportée par son poids. La disposition des bras forme un cercle adapté au cadran de l’horloge et le jeu des regards et des attitudes accompagne le mouvement des aiguilles.
Au dernier niveau alternent des cariatides et des atlantes de Guillaume Bonnet sculptées dans du bois de tilleul. Dans la salle de la Corbeille, on peut suivre un parcours didactique, et participatif pour certains ateliers, qui offre un aperçu complet et concret de la filière soie à travers 6 étapes clés : la sériciculture (élevage des vers à soie), le dévidage et moulinage, le tissage, la création du dessin, l’impression sur cadre et l’ennoblissement. L’éleveur maîtrise l’éclosion des chenilles, plus communément appelées vers à soie, qui sont conservées au froid pour arrêter leur développement. Pleines d’appétit, ces dernières vont se nourrir de feuilles de mûrier, d’où viendra leur nom « bombyx du mûrier ». En quatre semaines, elles atteignent 8 à 10 cm et entreprennent de filer leur cocon en produisant une soie semi-liquide qui se solidifie avec l’air et forme un filament continu qui peut mesurer jusqu’à 1,5 km. A noter qu'il existe un musée du ver à soie à Lagorce en Ardèche où Gérard Vidil, mon ami, cultive le diamant noir.Côté technique, c’est un procédé d’impression sérigraphique qui nécessite de longues tables chauffantes, pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de mètres. Le tissu, dont la laize (largeur totale du tissu) peut aller jusqu’à 160 centimètres, y est placé et des cadres plats sont posés successivement. Un cadre est égal à une couleur et la superposition de ces couleurs permet d’obtenir le motif final, imprimable en répétition.
Dernière étape, l'ennoblissement. Il regroupe toutes les opérations qui interviennent après le tissage et qui permettent de donner à la soie son aspect définitif et à nul autre pareil.
Après être passée par l’étape de décreusage, qui consiste à enlever la séricine présente sur le fil, l’étoffe de soie obtenue est souple, brillante et réceptive aux produits colorants. Elle peut alors être soumise à des teintures, impressions, dessins sur soie ou apprêts qui lui donneront son toucher final et inégalable.
Au rez de chaussée, outre le parcours de la soie, on peut acquèrir des tissus et des accessoires et surprise, on découvre une crétrice ardéchoise de Meyras, Sarah Revil qui propose des tressage Haute Couture et de la Passementerie d'atelier. L'accueil chez Bianchini-Ferier est particuliérement remarquable. Fabricant de tissu d’habillement haut de gamme, la Maison Armalyne Bianchini Férier est une entreprise de création textile lyonnaise. Soie, lin et cachemire entre autres sont travaillés dans leurs ateliers pour la haute-couture française et l’art de la création depuis 1888.


La salle Tony Garnier Ancienne salle d’audience du Tribunal de Commerce, elle mesure 116.45 m2 (150 m2 avec l’estrade), largeur de 10.18 m, longueur de 11.44 m.
Le Tribunal, après la Révolution, alors qu’il était logé à l’Hôtel de ville, insistait sur l’importance de la décoration de la Salle d’Audience. « Elle [devait] par son sobre, imposer le respect… ». Son décor très riche et solennel est dans les tons de marron, de rouge et d’or. Autour de la salle, on découvre 10 médaillons représentant des portraits de Lyonnais illustres, de prévôts des marchands et d’échevins qui ornent les pilastres du pourtour de la salle.
À la voussure des plafonds sont installés, dans les lunettes et pendentifs, les Vertus peintes par BEUCHOT, SCOHY et FRAGNAY. Dans l’hémicycle, CHENU et BEUCHOT ont représenté des enfants : au centre, la Loi et la Justice, deux génies tenant les armes des villes de Beaujeu et de Tarare, à l’ouest, deux autres génies présentant celles de Belleville et de Villefranche.

Son fils, Jacques Mattelon reprend l’atelier qui est protégé depuis 1996 par les Monuments Historiques. Il présente un grand intérêt au point de vue de l’histoire des techniques (atelier à bras au 2ème étage et atelier mécanique au rez-de-chaussée) et de l’activité des fabriques de soierie au 19ème siècle. Notre visite se termine. Cette exposition est remarquable qui met l' Ardèche en vedette et permet de découvrir un des plus importants des monuments lyonnais. Le lieu rappelle aussi l'importance du régne de Napoléon III qui a donné aux villes françaises l'aspect moderne et aéré qu'elle ont gardé depuis.
















Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire