Pour se rendre au musée Montmartre, on descend du métro à Lamarck-Caulaincourt puis on grimpe le long des pentes de la Butte, des escaliers, des rues pavées, une vigne. La vigne de Montmartre porte le symbole d’une ancestrale tradition viticole qui débute à l’époque gallo-romaine et connaît son apogée à la fin du XVIIe siècle. Elle est née en 1933 à l'initiative d’une poignée d’habitants qui tenaient à sauver le terrain de l’urbanisation et auxquels la mairie apporta son soutien. La vigne de Montmartre est cultivée selon les principes bio, c'est-à-dire traitée uniquement avec des pesticides autorisés en viticulture biologique, le cuivre et le soufre. Ce qui lui vaut d'être inscrite parmi les sites Oasis Nature, un label délivré par l'association d'Hubert Reeves pour la préservation de la biodiversité. Le Clos Montmartre est vinifié dans les caves de la mairie du 18ème. Au niveau du goût, ce sont des arômes très complexes. C’est un kaléidoscope d’arômes. Les tanins sont très tendres, ronds. C’est très frais. Un vin très agréable, qui ne ressemble à aucun autre. Le Clos Montmartre comporte plus de 1760 pieds de vignes de 27 cépages différents, mêlant notamment du gamay et du pinot.Ceci étant dit, il semblerait que ce doux brevage dont la qualité première est la rareté, se vend au prix prohibitif compris entre 30 et 4 euros la bouteille. Le musée de Montmartre a été créé dans l'un des plus anciens bâtiments de la Butte, construit au XVIIème siècle : la Maison du Bel Air. Cette Maison de Bel Air fut également le lieu de création et de travail de nombreux artistes comme Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, André Utter (peintre, époux de Suzanne Valadon), Emile Bernard, les fauves Othon Friesz et Raoul Dufy, Demetrios Galanis, Francisque Poulbot. , etc. Auguste Renoir y loue un atelier en 1876 et peint durant son séjour des toiles majeures comme Le Bal au Moulin de la Galette, La Balançoire et Le Jardin de la rue Cortot à Montmartre. Le jardin qui entoure la maison musée est charmant, c'est le jardin Renoir qui a inspiré de la palette du peintre impressionniste. Suzanne Valadon et son compagnon André Utter ont également immortalisé ces jardins. Une statue étrange trone à l'entrée du jardin. Été 1876. Renoir se lance dans un tableau ambitieux : peindre le bal très animé du moulin de la Galette, à Montmartre. Pour être juste à côté de son sujet, l’artiste loue un petit atelier au 12 rue Cortot… Bien des années plus tard, son fils Jean se souvient : "quand un motif le passionnait, il aimait vivre le nez dessus. […] La maison de la rue Cortot était délabrée, ce qui ne gênait nullement Renoir, mais par contre elle offrait l’avantage d’un grand jardin qui s’étendait derrière, dominant une vue magnifique […] Dans cette oasis, il peignit de nombreux tableaux, car il ne travaillait jamais à un seul objet. "
Sur la pelouse devant le musée, une étrange statue, l'œuvre "Chopin", sculpture en bronze de l'artiste polonais Boleslas Biegas (1877-1954). C'est un hommage à Frédéric Chopin, le musicien est porté par des muses. La statue est étrange, inquiétante meme et évoque les " Nocturnes".
Nous avons été attiré par l'affiche de Tamara De Lempicka qui présente cette exposition de la collection de Marek Roefler sur l"Ecole de Paris". "L’"École de Paris" désigne le formidable élan artistique né à Paris au début du XXe siècle, lorsque des artistes venus du monde entier – notamment d’Europe de l’Est, mais aussi d’Espagne, d’Italie, du Japon, du Mexique, de Grande-Bretagne ou des États-Unis – s’installent à Montmartre puis à Montparnasse, faisant de la capitale leur terre d’inspiration et d’accomplissement de leur art. Ce terme émerge au cœur de la « querelle des étrangers » lors du Salon des Indépendants, vers 1923-1924. D’abord employé pour critiquer l’influence croissante des artistes venus de l’étranger, il est popularisé par le critique d’art André Warnod qui, au contraire, célèbre leur présence. Ce brassage culturel fait émerger une scène artistique foisonnante où postimpressionnismes, cubisme, fauvisme, expressionnisme se côtoient et se mêlent, donnant naissance à de nouvelles créativités. Montmartre et Montparnasse deviennent alors les berceaux de l’avant-garde et Paris, un véritable carrefour culturel."
La collection Marek Roefler se trouve dans la villa La Fleur. C'est dans une splendide villa art déco, à seulement quelques kilomètres de Varsovie, que se niche un petit coin de Paris. Une vaste collection de peinture, issue de la célèbre Ecole de Paris, s'offre au public dans le cadre d'un musée privé, presque en toute intimité. Mais si à l'évocation de cette période, ce sont les noms de Chagall ou Modigliani qui viennent à l'esprit, c'est oublier que de nombreux peintres d'Europe centrale et de l'Est contribuèrent tout autant au prestige et au rayonnement de la capitale française à travers le monde. Parmi eux, des Polonais, comme Henri Epstein, Chaïm Soutine, Mela Muter, Moïse Kisling, et tant d'autres auxquels la Villa La Fleur refait une place dans l'histoire.
La première toile est une oeuvre d' Henri Hayden (1883-1970)Les joueurs d'échecs. La scène se passe au Café La Rotonde, le tableau illustre l’internationalisme et la tolérance qui imprégnaient la vie des cafés à Montparnasse. La partie d’échecs est au cœur de la composition. Bataille d’intellect et de stratégies, elle peut être perçue comme une métaphore des angoisses ressenties par beaucoup face à l’arrivée de tant d’artistes étrangers à Paris. Hayden, un Juif polonais fraîchement installé, apparaît au sommet du tableau, observant la partie, une pipe à la main. Il s’imprègne du cosmopolitisme parisien, caractéristique de La Rotonde elle-même, tout en s’inspirant consciemment de l’œuvre tardive de Cézanne, dont la rétrospective de 1907 exerça une influence considérable sur une nouvelle génération d’artistes. L’écrivain et journaliste britannique Douglas Goldring consacre un chapitre au café : "La Rotonde se trouve au Carrefour Vavin, à l'intersection du boulevard Raspail et du boulevard Montparnasse. À l'apogée de sa gloire, on le surnommait le « nombril du monde », et l'on prétendait que, depuis sa terrasse, si l'on patientait suffisamment, on était presque certain d'y croiser la quasi-totalité des artistes et écrivains contemporains d'importance. Presque tous les soirs, on pouvait apercevoir la bande de Picasso – Derain, Vlaminck, Salmon, Mac Orlan, Max Jacob, Kisling, Apollinaire, Zadkine, Vaillant et parfois Braque – attablée à une table d'appoint, en compagnie de Montparnassiens du quartier comme Zborowski, Foujita, Taya, le sculpteur, une jeune femme coiffée d'un tricorne et d'une perruque blanche, et portant d'énormes boucles d'oreilles . La clientèle était résolument cosmopolite. » À ses débuts, Libion régnait sur ce qui était en réalité une famille de pauvres, ou presque – un ensemble hétéroclite de peintres, poètes, écrivains et scientifiques, avec quelques révolutionnaires russes. Lénine, Trotsky et Lounatcharski figuraient parmi ces derniers. Ceux qui se souviennent les avoir vus les décrivent comme une bande maussade et taciturne, absorbée le plus souvent par d'interminables parties d'échecs. Le dôme de style Delaunay que l'on aperçoit par la fenêtre de gauche est celui de l'hôpital du Val-de-Grâce, situé à une rue de La Rotonde. À droite, un paysage fait contrepoids à la composition et évoque La Fabrique à Horta de l'Èbre de Picasso ou peut-être la toile de Hayden elle-même, La Fabrique (1911). Cette appropriation par Hayden d'œuvres d'avant-gardistes majeurs est intéressante si l'on considère les paysages du mur du fond comme symbolisant différents courants au sein de l'École de Paris. Si, à droite, nous contemplons un paysage de Picasso à Horta (1909) et, à gauche, une représentation du Val-de-Grâce dans le style de Delaunay, nous sommes alors témoins de l'œuvre d'un artiste français à gauche et d'un artiste étranger à droite. Hayden apparaît au centre, incarnant à la fois la tradition française, celle de l'École française, et son adhésion au cosmopolitisme international prôné et manifesté par l'École de Paris. La présence d'Aïcha, à la peau sombre, peut être interprétée comme un autre symbole de cet esprit international. Assise aux côtés du poète Artaval (Georg Oppenheim) et de Renée Kisling – épouse de Moïse –, elle semble affranchie de l'iconographie de l'altérité associée au primitivisme. Goldring lui consacre un chapitre entier dans ses mémoires de Montparnasse, publiés en 1941, et André Salmon, qui évoque Aïcha dans son roman La Nègresse du Sacré-Cœur, écrit : « Aïcha est trop roubaixienne pour ne pas être parfaitement civilisée. Elle s'assoit, elle danse, elle est agréable. Bien avant que Joséphine Baker ne lance la mode des ceintures bananes, Aïcha portait, lors de fêtes endiablées à Montparnasse, sa minuscule jupe en raphia. (A. Salmon) . Dans Les joueurs d’échecs, nous sommes invités, en tant que spectateurs, à rejoindre la bande internationale de Hayden dans sa partie d’échecs favorite, à entrevoir un aspect du cosmopolitisme de la vie de café à La Rotonde et à le confronter à la force esthétique et politique de cette période unique à Montparnasse, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Plus loin dans l'exposition, on découvre une très beau dessin de Kissling, portrait d'Aicha en 1929.Un portrait de Kiki de Montparnasse par Soutine, peut-etre ? Fille d'une mère célibataire qui tente de gagner sa vie à Paris, Alice grandit avec sa grand-mère et ses cinq frères et sœurs dans un environnement marqué par la discipline et les privations, ce qui alimente son désir de liberté et son rejet de toutes les conventions. À l'âge de quatorze ans, elle pose pour la première fois comme mannequin et quitte la maison, inaugurant une carrière qui la conduira à être célébrée comme le symbole d'une génération : ce n'est pas seulement sa beauté qui l'a rendue magnétique, mais une attitude effrontée et authentique qui lui a ouvert les portes de Montparnasse, le cœur battant du Paris bohème. Elle fréquente les cafés et les ateliers où artistes et intellectuels redéfinissent le concept d'art et de vie : Kisling, Fujita, Soutine, Modigliani, Cocteau, Utrillo, mais surtout Man Ray, avec qui Kiki entretient une relation qui durera six ans. Le photographe l'a non seulement immortalisée dans ses œuvres, dont le célèbre Violon d'Ingres, aujourd'hui conservé au Getty Museum de Los Angeles, mais il a également contribué à façonner l'image publique de celle qui allait devenir le visage et le corps du mouvement surréaliste. C'est dans cet environnement que Kiki s'épanouit et gagne le rôle de muse inspiratrice, s'affranchissant de sa condition de pauvreté sans jamais se départir de la franchise populaire qui faisait partie intégrante de son attrait. Les années 1920 sont pour elle un âge d'or : elle travaille avec les plus grands artistes de l'époque - Moïse Kisling la peint dans un célèbre portrait intitulé Nu assis, tandis que Fernand Léger l'immortalise dans le court métrage Ballet mécanique, et se produit dans les cabarets, où sa voix rauque et son cancan sans culotte laissent le public bouche bée.
Sacha Zaliouk, portrait de Fougita. Alexandre Davidovich, dit Sacha, Zaliouk voit le jour le 31 décembre 1887, à Radomychl (Ukraine, alors en Russie). De 1904 à 1910, il étudie la peinture à Saint-Petersbourg et à l’École des Arts d’Odessa , puis à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris.
Né à Anvers en 1884, Charles Kvapil est un peintre et dessinateur de
figures, de nus, de natures mortes et de paysages d’origine belge.
Charles Kvapil entre à seize ans à l’Académie Royale des Beaux-Arts
d’Anvers. En 1911, il expose à Munich, ses œuvres montrent alors une
forte influence du cubisme. Il arrive très tôt à Paris, il s’installe
dans le Hameau des artistes à Montmartre près des ateliers de Maurice
Utrillo et de Suzanne Valadon.
Au tout début des années 1920 Charles
Kvapil revisite le cubisme, notamment à travers des portraits de femme.
Voici le célèbre auto-portrait de Moise Kissling. La vie du peintre né à Cracovie s’est trouvée intimement liée à la France dès 1910, et ce jusqu’à sa mort, au point qu’il fut appelé le prince de Montparnasse. Son atelier du 3, rue Joseph-Bara en particulier devint un lieu important de la vie culturelle parisienne de l’entre-deux-guerres, attirant aussi bien Pablo Picasso qu’Amadeo Modigliani, André Derain ou Juan Gris.
Une peinture de Juan Roy Y Soler.
Juan Roig y Soler (Barcelone, 1852-1909) est un peintre espagnol, membre de l’école du luminisme de Sitges.
Cet artiste est formé à la Escuela de Bellas Artes de la Lonja, où il est l’élève de Modesto Urgell. Il se rend à Paris et à Rome pour parfaire ses études. Il est étroitement lié à la ville de Sitges, où il vit à partir de 1881. Il y fonde, avec Arcadio Mas, l’école informelle des Luministes catalans.
Un dessin de Amadeo Modigliani : Simon Mondzain assis à une table. 1917. Détail croustillant, la dédicace : "A ce cochon de Mondzain". Bien que les œuvres soient assez modestes (sculpture, deux lithographies et une dessin au crayon), mais dans le style caractéristique du créateur, de plus, ce sont des portraits de pôles importants à l’École de Paris: le marchand Léopold Zborowski et le peintre Szymon Mondzain.
Autoportrait d'Henri Hayden. Henri Hayden (1883-1970) est t
devenu une figure intégrante de l'avant-garde parisienne du début du XXe
siècle. Né à Varsovie, il a d'abord étudié l'ingénierie avant de
s'inscrire à l'École des beaux-arts de Varsovie, où il a suivi une
formation en peinture. En 1907, il s’installe à Paris, rejoignant la
communauté artistique dynamique de Montparnasse, un changement décisif
qui le place au centre du modernisme européen. Le travail précoce de Hayden reflétait sa formation académique,
mais il a rapidement absorbé les leçons de post-impressionnisme et de
fauvisme. Dans les années 1910, son art s'aligne sur le cubisme, et il
expose aux côtés de figures telles que Juan Gris, Pablo Picasso et
Fernand Léger. Son adoption du cubisme se distingue par une sensibilité
lyrique à la couleur et à la forme, qui confère à ses compositions un
caractère plus accessible par rapport au style analytique plus strict de
ses contemporains.
Autre dessin d'Amedeo Modigliani "André Salmon à la pipe". André Salmon passa une grande partie de son adolescence à Saint-Pétersbourg en Russie. À son retour à Paris, il fréquenta les soirées de La Plume (revue littéraire) et rencontra plusieurs figures influentes de l’époque, dont Pablo Picasso et Guillaume Apollinaire, avec qui il entretiendra une correspondance importante. Ce fut Salmon qui baptisa le célèbre tableau de Picasso Les Demoiselles d’Avignon en 1907. En 1908, il s’installa au Bateau-Lavoir, puis à Montparnasse. Très tôt, il se distingua comme l’un des critiques d’art les plus influents de la vie parisienne, soutenant des artistes comme Moïse Kisling dès 1919. De 1913 à 1914, il tint la chronique des Salons avec Apollinaire dans la revue Montjoie.
Louis Marcousis Portrait de Guillaume Apollinaire 1912.
Louis Marcoussis, né Ludwik Kazimierz Władysław Markus à Varsovie en Pologne alors dans l' Empire russe, le 14 novembre 1878 et mort à Cusset, dans l' Allier, à côté de Vichy, le 22 octobre. En 1910, il rencontre Guillaume Apollinaire, qui lui conseille d’adopter le pseudonyme de Marcoussis, emprunté à un village des environs de Montlhéry (rugby). Il le présente à Georges Braque et à Pablo Picasso. Marcoussis adhère au cubisme et expose avec le groupe de la Section d’Or. Il intègre le répertoire des formes cubistes: guitares, pipes, bouteilles et verres sur un guéridon, cartes à jouer, paquets de tabac. Il fréquente le café de L’Ami Émile, place Ravignan à Montmartre, et se lie avec Max Jacob, Juan Gris, Albert Gleizes et Francis Picabia. Le 13 juillet 1913, il épouse Alice Halicka. Le jeune ménage s’installe au 61, rue Caulaincourt et y demeurera jusqu’en 1939. Lors de la Première Guerre mondiale, Marcoussis s’engage dans l’armée française.Une autre toile de Hayden qui représente le carrefour Vavin où se trouve la Rotonde.
Ici, une scène d'un des café du boulevard Montparnasse, le Dome, la Coupole ou la Rotonde par David Garfinkiel. David Garfinkiel est le fils de Mendel Garfinkel et de Gitla Rakocz. Il
est le benjamin d’une fratrie de neuf enfants dans une famille juive
aux talents artistiques multiformes : un père sculpteur, un frère et une
sœur peintres, un autre frère photographe. Attiré par la peinture dès
son plus jeune âge, Garfinkiel suit l’enseignement des Beaux-Arts à
Cracovie et à Varsovie; A Paris, il fréquente l'Acadèmie de la Grande Chaumière et l'Académie Julian. Il expose dans les salons parisiens : Salon d’Automne, Salon des Indépendants.
Pendant l’Occupation, il se réfugie d’abord en Corrèze à Brive-la-Gaillarde puis à Lyon. Après la Libération, la famille Garfinkiel revient à Paris. Le bilan de
la guerre est dramatique : les huit frères et sœurs du peintre ont péri
en Pologne, ainsi que quatorze de ses quinze neveux et nièces. Son
atelier parisien a été pillé et la majeure partie de son œuvre
d’avant-guerre a disparu.
David Garfinkiel reprend son activité, peint et dessine sans relâche et
enchaîne les expositions individuelles et collectives. Il retrouve
chaque année les cimaises du Salon des Indépendants, ainsi que celles du Salon d’Automne, du Salon de l’Art Libre. Capitale des arts, le Paris des années 1905-1939 attire les artistes du
monde entier. De cette période de foisonnement, un terme est resté,
celui d'Ecole de Paris, qui recouvre une grande diversité d'expression
artistique. Dans ce brassage dont Montparnasse est le creuset, un groupe
se distingue : celui des artistes juifs venus de Russie, de Pologne et
d'Europe centrale. Si leurs styles sont variés, un destin commun les
rassemble : ils fuient l'antisémitisme de leur pays d'origine. Certains
ont connu la célébrité dès les années 1920, tels Soutine, Lipchitz ou
Chagall. D'autres n'ont pas eu le temps ou la chance d'y accéder. Près
de la moitié a péri dans les camps de concentration nazis.Ici, une oeuvre de Pascin que je trouve un peu mièvre. Jules PASCIN (1885-1930)
« Les nus allongés » 1927
Juif né en Bulgarie de parents rejetés d’ailleurs, il était légalement américain mais il n’avait de patrie que la peinture.
Il prendra le nom de Pacsin, anagramme de PINCAS son vrai nom , il fait partie des peintres de l’école de Paris. Il arrive à Paris en décembre 1905.
Influencé d’abord par le fauvisme, puis par le cubisme dont il se détourne très vite, il s’affirme comme le dessinateur insatiable des nuits parisiennes.
Il rencontre bien vite la gloire et l’argent : les marchands se disputent ses tableaux, il est toujours très bien escorté dans les cabarets.
Il ne voyaget qu’en paquebot de luxe et ne soupe qu’au champagne. Et pourtant, cela ne lui donne pas le goût de vivre. Il réside dans le bas Montmartre, 36 —boulevard de Clichy. la fête au Monica, Tabarin... c’était uniquement pour faire poser et peindre les fêtardes qu’il ramenait dans son atelier.
Cet anarchiste déguisé en dandy, est toujours vêtu de sombre avec un chapeau melon rabattu sur son nez, il at l’air de conduire son propre deuil, il n’a de vivant que les doigts et les yeux. S’il ne dessine pas ou n’observe pas, il cesse d’exister.
Rongé par l’alcool, doutant de son art resté figuratif, partagé dans ses affections, il en viendra à perdre son équilibre et, le 2 juin 1930, le jour même du vernissage de son exposition à la galerie Georges Petit qui devait lui amener de nouveaux succès, il se suicide à 45 ans dans son atelier du boulevard de Clichy en s’ouvrant les veines des deux bras, puis il écrit avec son sang « Adieu Lucy » sur les murs de l’atelier et, comme la mort ne vient pas, il se pend avec une ficelle.

Kiki de Montparnasse nue et Habillée de Mendjiski dont le peintre fut le premier amant. "En 1929, elle décide de raconter son histoire dans une autobiographie
intitulée Souvenirs : non pas un simple récit de ses années, mais le portrait palpitant d'une vie pleinement vécue, racontée avec ironie et une honnêteté désarmante.
La préface d'Ernest Hemingway, son ami et admirateur, en célèbre le
caractère unique. Bien que le livre ait été considéré comme trop
audacieux pour son époque et qu'il ait été censuré aux États-Unis jusque
dans les années 1990, on trouve dans ses pages des anecdotes sur
l'amour, l'art et le Paris électrique que Kiki incarnait elle-même : “Elle a dominé l'ère Montparnasse plus que la reine Victoria n'a dominé l'ère victorienne”, a écrit Hemingway, ce qui n'est pas surprenant. “Si
vous êtes fatigué des livres écrits par les femmes écrivains
d'aujourd'hui, voici un livre écrit par une femme qui n'a jamais été une
dame. Pendant une dizaine d'années, comme c'est souvent le cas, Kiki a
été là pour être une reine, ce qui est bien sûr très différent d'être
une dame”."Une étoile de l'exposition, Tamara de Lempicka. La première oeuvre peut surprendre ceux qui fréquentent les expositions de Tamara. "
Ces espaces intérieurs sont retournés dans toute leur fidélité par Tamara elle-même dans le tableau "Angle d’atelier" » (1924 ) où les souvenirs des modèles lotho cubistes se
jouent sur les tons bleus du maigre coin de la pièce, composé uniquement
du coffre en bois minimal et de trois étagères, tout aussi en bois,
occupés par quelques objets utiles, pour la plupart, au rendu des
natures mortes: huit livres, diversement disposés, un bougeoir
(également bleu) et une bouteille de vin Et le choix d'une
simplification chromatique est représenté par le contrat clair entre les
nuances de bleu et celles grisâtres du mur à côté, avec la large
ouverture vers les toits du carré en dessous, et l'ocre du parquet,
reproduit avec diligence."Un sublime Kissling. Kiki de Montparnasse, Nu Couché.
« Les nus allongés » 1927
Juif né en Bulgarie de parents rejetés d’ailleurs, il était légalement américain mais il n’avait de patrie que la peinture.
Il prendra le nom de Pacsin, anagramme de PINCAS son vrai nom , il fait partie des peintres de l’école de Paris. Il arrive à Paris en décembre 1905.
Influencé d’abord par le fauvisme, puis par le cubisme dont il se détourne très vite, il s’affirme comme le dessinateur insatiable des nuits parisiennes.
Il rencontre bien vite la gloire et l’argent : les marchands se disputent ses tableaux, il est toujours très bien escorté dans les cabarets.
Il ne voyaget qu’en paquebot de luxe et ne soupe qu’au champagne. Et pourtant, cela ne lui donne pas le goût de vivre. Il réside dans le bas Montmartre, 36 —boulevard de Clichy. la fête au Monica, Tabarin... c’était uniquement pour faire poser et peindre les fêtardes qu’il ramenait dans son atelier.
Cet anarchiste déguisé en dandy, est toujours vêtu de sombre avec un chapeau melon rabattu sur son nez, il at l’air de conduire son propre deuil, il n’a de vivant que les doigts et les yeux. S’il ne dessine pas ou n’observe pas, il cesse d’exister.
Rongé par l’alcool, doutant de son art resté figuratif, partagé dans ses affections, il en viendra à perdre son équilibre et, le 2 juin 1930, le jour même du vernissage de son exposition à la galerie Georges Petit qui devait lui amener de nouveaux succès, il se suicide à 45 ans dans son atelier du boulevard de Clichy en s’ouvrant les veines des deux bras, puis il écrit avec son sang « Adieu Lucy » sur les murs de l’atelier et, comme la mort ne vient pas, il se pend avec une ficelle.
Ces espaces intérieurs sont retournés dans toute leur fidélité par Tamara elle-même dans le tableau "Angle d’atelier" » (1924 ) où les souvenirs des modèles lotho cubistes se jouent sur les tons bleus du maigre coin de la pièce, composé uniquement du coffre en bois minimal et de trois étagères, tout aussi en bois, occupés par quelques objets utiles, pour la plupart, au rendu des natures mortes: huit livres, diversement disposés, un bougeoir (également bleu) et une bouteille de vin Et le choix d'une simplification chromatique est représenté par le contrat clair entre les nuances de bleu et celles grisâtres du mur à côté, avec la large ouverture vers les toits du carré en dessous, et l'ocre du parquet, reproduit avec diligence."
Ossip Zadkine - Van Gogh marchant à travers la sculpture de champs a été conçu en 1956 et coulé en une édition de 10.
L'engagement artistique d'Ossip Zadkine avec Vincent van Gogh est profond et multiforme, reflétant une profonde admiration pour la vie et l'œuvre du peintre néerlandais. Entre 1955 et 1964, Zadkine a créé plusieurs sculptures et bustes qui interprètent l'essence de Van Gogh, mêlant souvent l'abstraction à l'intensité émotionnelle.
Les œuvres de Zadkine
sur Van Gogh se caractérisent par leurs formes expressives et leur
résonance émotionnelle. Il ne visait pas des ressemblances réalistes,
mais se concentrait plutôt sur la capture de l'essence de l'esprit de
Van Gogh et de sa relation avec son frère. Ces sculptures sont exposées
dans divers endroits, notamment Zundert et Auvers-sur-Oise.
2 autres oeuvres sur le meme thème au musée Zadkine à Paris: https://www.lemounard.com/2024/12/paris-modigliani-zadkine-une-amitie.html.
Et au musée de sculptures en plein air à Hakone (Japon) : https://www.lemounard.com/2024/08/japon-le-musee-de-sculpture-en-plein_16.html
Des couleurs Van Goghiennes justement sur cette toile de Hayden . Un Mendjinsky très cézanien.
Un superbe dessin de Fujita, toujours Kiki de Montparnasse.Ayant étudié la peinture européenne, notamment les avants gardes français, il se rend à Paris en 1913. L’année suivante il fait un court passage à Londres, où il exerce divers métiers. De retour à Paris en 1915, il s’installe à la Cité Falguière. Il devient rapidement une des figures de Montparnasse et réalise alors des portraits de modèles sont parfois célèbres : Kiki de Montparnasse, Gertrude Stein, Olga Picasso. Il rencontre également Pablo Picasso, mais Foujita préfère sa collection d’œuvres du Douanier Rousseau au travail du peintre cubiste. Il noue aussi des relations amicales avec Soutine, son voisin.
Les premières aquarelles de Foujita témoignent de l’influence de Marie Laurencin et de son ami Modigliani. Dessinateur d’une rare souplesse, ami de la grâce, il travaille avec les techniques artisanales de son pays, couvrant peu ses toiles, usant du tampon autant que du pinceau. La facture de Foujita est très caractéristique, notamment par une utilisation très volontaire du blanc (un blanc réalisé grâce à un mélange de peinture à l’huile à base de colles animales et de gesso qui donne l’éclat mat de l’ivoire), d'une ligne fine et d'une forme de perspective aplatie. Outre ses portraits et ses natures mortes, ce sont surtout ses nus féminins qui l’ont rendu célèbre.
Une toile que j'ai particulièrement aimée, "Femme aux cheveux Roux" de Wladyslaw Slewinski. "Le Polonais Wladyslaw
Slewinski, né en 1856, a quitté brusquement son pays, en 1888, fuyant
tout autant sa riche famille propriétaire terrienne que les services
fiscaux, les créanciers et des soucis personnels. À Paris, alors âgé de
32 ans, il se lance dans la peinture sans véritable vocation, avec une
formation sommaire à l’Académie Julian puis à l’Académie Colarossi
prenant la suite de quelques cours en Pologne. Début 1889, il fait la
connaissance de Paul Gauguin «Chez madame Charlotte», le restaurant
situé en face de l’Académie, où tous deux ont leurs habitudes. Gauguin
l’apprécie beaucoup et l’encourage. Il peindra son portrait vers 1891
(Tokyo, musée national d’art occidental).
Après avoir visité l’Exposition impressionniste et synthétiste au
Café des Arts de l’Exposition universelle en 1889, Slewinski se rend à
Pont-Aven puis au Pouldu où il s’installe, devenant l’une des figures
centrales du groupe des peintres rassemblés autour de Gauguin. Il adopte
d’emblée, sans passer par la case impressionniste, le style
synthétiste, fait d’aplats simplifiés et de lignes décoratives. Ses
thèmes privilégiés sont des natures mortes et des paysages des côtes
bretonnes, vides de toute présence humaine, d’où émane une impression de
silence et de sérénité.
Cette production est une exception . Cette femme
qui a posé pour Slewinski n’est autre qu’Eugénie Schevtzoff, . Elle est la fille d’un haut fonctionnaire de
l’administration tsariste et sa famille est propriétaire de mines en
Russie. Elle apprend la peinture à Saint-Pétersbourg, puis, avec sa sœur
Marie qui apprend la musique, elle se rend à Paris pour poursuivre son
apprentissage, fréquentant les artistes russes qui se retrouvent dans ce
qui est appelé «l’atelier». Elle y fait la connaissance de la peintre
russe Elizaveta Kruglikova qui vient d’arriver à Paris et devient sa
colocataire. En 1895, cette dernière qui a rencontré Slewinski dans le
milieu de l’Académie Colarossi part pour Le Pouldu avec lui. Eugénie
Schevtzoff, qui a peut-être déjà croisé Slewinski à «L’atelier» et sa
sœur Marie leur emboitent le pas, s’installant à Pont-Aven puis se
rendant au Pouldu. Eugénia et Elizaveta ont probablement été rivales cet
été-là. Les deux sœurs reviendront au Pouldu les étés suivants
retrouver Slewinski. Eugénie l’épousera finalement en 1899, malgré
l’opposition des deux familles n’admettant pas cette «mésalliance
politique».
Dans Femme aux cheveux roux, vers 1896, le peintre
met l’accent sur la belle chevelure rousse de celle qui est devenue sa
fiancée. Il joue du profil qui se détache sur un fond neutre pour bien
délimiter les plans par un léger cerne, y compris le contour du visage
dans l’esprit du synthétisme pontavénien. Mais la limitation de la gamme
colorée et la simplification de la composition n’excluent pas une
sensibilité dans l’expression, comme on peut le voir dans les nuances
des cheveux ou le modelé du visage. Avec audace, il cache les yeux,
accentuant le mystère de cette évocation dominée par la flamboyante
chevelure. Ce chef-d’œuvre du symbolisme, comme les deux autres
représentations d’Eugénie, a été associé au mouvement «Jeune Pologne»,
même si le peintre vivait alors en France. Après le mariage, Eugénie a
abandonné la peinture, affirmant que deux artistes dans la maison,
c'était trop, et croyant aussi que son mari était plus talentueux
qu’elle. Elle a conservé ce portrait toute sa vie."
André Cariou
Un autre tableau cézanien, Henri Hayden (1883-1970) Paysage à l'estuaire signé et daté 'Hayden 1912. Hayden est très éclectique qui signe en 1912 cette nature morte, cubiste.

Louis Marcousis, est né à Varsovie en 1878. Arrivé en 1903 à Paris il trouve auprès des cubistes dès 1910 les éléments de son style qu'il va développer dans un intimisme très personnel: un cubisme clair, graphique, et lisible axé sur les rapports de la forme et de la couleur. " Soleil couchant".
Léopold Survage (1878-1968) Paysage aux poires.
Léopold, enfant, apprit le métier d’ébéniste, songeant à devenir architecte.
La connaissance d’oeuvres de Gauguin et de Cézanne, vues dans les collections Chtchoukine et Morosov, décida autrement de son orientation. A l’Ecole des Beaux-Arts de Moscou, il rencontre Larionov, Robert Falk, Soudéikine, Archipenko, Pevsner et ensemble ils constituèrent le groupe de La Rose bleue.
Tous rêvant de Paris, pour sa part Léopold y débarque en 1908, y
suivant pendant deux mois les cours de Matisse. Il ne s’en éloignera
plus guère que pour de brefs séjours en Italie et en Catalogne. En 1919,
il fonde la Section d’Or avec Gleizes et Archipenko. En 1921, s’étant
marié avec la pianiste Germaine Mayer, il se lia avec les musiciens du
groupe des Six, ainsi qu’avec Eric Satie. La même année, il publia Essai
sur la synthèse plastique de l’espace et son rôle dans la peinture dans
la revue Action.
« Lempicka se faisait
l'écho du modèle à la Garbo, la femme glamour qui cache derrière ses
longs cils et ses airs séducteurs une puissance et une détermination
hors du commun. » G. Mori,
Tout
au long des années 1920 et jusqu'au début des années 1930, Tamara de
Lempicka se trouve non seulement au zénith de sa carrière de peintre,
mais brille aussi dans les nuits mondaines par son élégance flamboyante
et son sens de l'hospitalité. Sa destinée professionnelle et sa
popularité sociale sont alors inextricablement liées, l'une étant
indispensable à la réussite de l'autre, et les deux constituant les
conditions sine qua non de son mode de vie indépendant – un luxe
encore trop rare pour la gent féminine de l'époque. Autant de qualités
qui alimentent sa réputation et l'érigent en femme artiste la plus
accomplie de son temps. Et pour cause : Lempicka compte alors parmi les
portraitistes les plus convoités de la haute société américaine et
européenne. Elle accepte et décline les commandes à sa guise. Sa
clientèle s'avère peut-être même encore plus vaste et plus
internationale que celle de Kees van Dongen ; travaillant dans un tout
autre registre, ce dernier demeure sans doute son plus grand concurrent
en Europe, mais dispose d'un réseau de mécènes bien moindre
outre-Atlantique.
Dans le présent tableau très abouti peint vers
1924, le visage du modèle est baigné d'une lumière incandescente.
Pour des Lempicka très sensuels et troubles, rappel d'une fabuleuse exposition à Turin : https://www.lemounard.com/2015/10/turin-lempicka-le-mole-le-saint-suaire.html
Si les
portraits de Lempicka s'imprègnent volontiers d'innombrables sources,
ici, le regard de séductrice à la fois innocent et envoûtant évoque
l'attitude nonchalante qu'affichent les actrices d'alors, tant à l'écran
que dans la presse. Comme le souligne Gioia Mori, « Sa principale
source d'inspiration était très certainement la peinture sacrée... Mais
plus tard, elle trouva sans doute une nouvelle manne de modèles auprès
du monde du cinéma » (G. Mori, ). Dans Figure de femme,
la pose du sujet conjugue subtilement un air candide avec un charme
opiniâtre et assumé. Comme dans la plupart de ses portraits de femme,
au-delà de l'idéal de beauté, Lempicka laisse transparaître ici une
force, une indépendance et une ténacité latentes.
Autre Lempicka, "Bouquet de chardons au livre ouvert, vers 1927.
En entrant dans le jardin, nous avons découvert la sculpture de Biegas, hommage à Chopin. Biegas était également peintre. Dans un article paru le 19 mai 1919, le critique Claude Chauvière, l’intitulant «Rond-Rond», définit Boleslas Biegas comme l’apôtre du cercle. Cette nouvelle vision a lieu au lendemain de la Première Guerre mondiale chez un artiste qui ne s’intéressait pas auparavant aux mouvements du corps humain. La danse occupe ensuite une place privilégiée dans le sphérisme, mouvement qui connaît alors un fort retentissement et auquel il adhérera, peignant plus d’une centaine de tableaux en relevant entre 1919 et 1925.Un Marcousis cubiste. Louis MARCOUSSIS (1878-1941) La grappe de raisins, 1926 Fixé sous verre. Cette oeuvre faisait partie de la collection "L'oeil Clair".Avec les Marcousis, des oeuvres de son épouse, ALICE HALICKA. Louis Marcoussis ne voulait pas que 2 peintres cubistes vivent sous le meme toit et il poussa son épouse à détruire sa production. Cela a poussé Halicka à rechercher son propre chemin artistique. "J'avais inventé des petits tableaux qui tenaient de la crèche et de la boite à jouets, un mélange de peinture, bas-relief, chiffons, boutons, papiers collés, fils de fer, plumes, le tout à la fois sentimental, poétique et délirant. La spirituelle princesse les intitulait "Romances capitonnées" et le Tout-Paris, élégant et cynique, achetait mes romances qui furent copiées un peu partout dans le monde. Je m'en aperçus en 1935 pendant mon séjour en Amérique où j'avais débarqué avec Helena Rubinstein pour faire des gouaches sur le thème "Place de la Concorde", sa publicité. A New York, j'exposais des dessins et je reçus une commande inattendue, le portrait d'un chien en "Romance capitonnée" pour une cliente qui exigeait que l'animal ait l'air intelligent et demandait si le fond peint à la main était compris dans le prix."
On découvre une autre facette du talent de Lempicka. Elle peint à la façon de Raphael, Botticelli, Bronzino ou Lippi. Jeune Homme au livre. Peint alors qu'elle vit aux Etats Unis. Ce tableau est comme un hommage aux peintres de la Renaissance qu'elle n'a jamais cessé d'admirer.
Sapho dans l'ile de Lesbos. Roman
Kramsztyk grandit dans une famille bourgeoise de Varsovie. Il étudie la
peinture entre 1903 et 1904 à l’Académie des beaux-arts. Il
entre ensuite aux Beaux-Arts de Munich où son père, pédiatre, l’envoie
poursuivre ses études. Il expose pour la première fois au Salon
d’automne à Paris en 1911 puis, dès l’année suivante, à Berlin et
Barcelone. En 1913, il expose à Cracovie et rencontre un grand succès.
Les dix années suivantes sont ponctuées de fréquents voyages en Pologne.
Il s’y rend avec sa femme, la soeur du peintre Louis Marcoussis. Il est
à Paris depuis quatre ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate.
Il quitte alors la France pour rejoindre la Pologne.
En 1918, il est à Berlin et retrouve Herstein, son premier maître. De retour en Pologne, Kramsztyk adhère en 1924 au groupe d’avant-garde Rythme. Il est le seul portraitiste du groupe. Il traverse une période de doute, remet en question sa peinture et quitte Rythme en 1932. Il change radicalement de style pour revenir à une peinture plus traditionnelle. Installé rue Denfert- Rochereau, il partage sa vie entre Paris et la Pologne, où il est devenu célèbre. Il exécute des commandes pour des industriels et des hommes politiques. Lié d’amitié avec Weissberg depuis qu’ils exposèrent pour la première fois au Salon d’automne, en 1925, il fait son portrait « à l’accordéon», et Weissberg en retour fait le sien.
À la mort de sa mère, en juillet 1939, il se rend à Varsovie, règle la succession et prévoit d’assister au mariage d’une nièce. Pris au piège, comme tant d’autres peintres et sculpteurs juifs, « il est enfermé dans le ghetto que les Allemands faisaient construire par les Juifs». Il exécute de nombreux portraits et se donne pour mission de peindre les atrocités dont il fut témoin à Varsovie et dans la vie juive du ghetto. Un carnet de dessins dramatiques dans leur réalisme a été retrouvé et est conservé en Israël. Il existe plusieurs versions de la mort de Kramsztyk, qui s’accordent sur l’essentiel : il fut « blessé mortellement par balles dans la maison où il logeait, parmi ses tableaux » (témoignage de Wladyslaw Szpilman) le 6 ou 10 août 1942, lors des opérations de liquidation du ghetto, « par un milicien ukrainien de la SS – sa mort est relatée dans l’ouvrage de Szpilman, Le Pianiste, qui inspira à Polanski le film de même nom. ».
Eugène ZAK (1884-1926), Portrait de femme de trois-quarts.
Dessin au fusain sur papier, signée au milieu vers la droite.
En 1903, il voyage en Italie, travaille à Rome et à Florence, puis s’inscrit à l’École royale des beaux-arts de Munich. Il ne fait qu’un court séjour en Allemagne, rentre à Paris en 1904 et participe à la fondation du groupe Rythme, qui réunit les artistes de l’avant-garde polonaise. Il expose pour la première fois au Salon d’automne et connaît un véritable succès. En 1913, il épouse Yadwiga Kohn qui lui donne un fils, Yannek. En 1914, Eugène Zak voyage dans le Midi de la France, à Vence et Nice. En 1916, il part pour la Pologne, séjourne à Varsovie. En 1921, il poursuit son voyage en Allemagne et reçoit une commande pour la décoration de l’hôtel de l’architecte hollandais Frans Arnold Breuhaus.
En 1922, il est de retour à Paris. Le 15 janvier 1926, Eugène Zak meurt subitement d’une crise cardiaque. Une rétrospective de son oeuvre est présentée en 1926 au Salon des indépendants. Après la mort du peintre, sa femme, madame Jadwiga Zak, tiendra jusqu’à la guerre la galerie Zak, située rue de l’Abbaye à Paris. Madame Zak et son fils Jacques furent déportés et exécutés à Auschwitz. Wladimir Raykis, qui avait débuté comme courtier dans la galerie en 1926, en assure la direction jusqu’à sa mort en 1966, qui entraîne la disparition de ce lieu prestigieux où furent exposés nombre d’artistes juifs de talent.
Je ne sais plus de qui est ce dessin où on voit Soutine et un autre peintre.
« Femme nue lisant » de Robert Delaunay, peinte en 1915, est une œuvre d'art fascinante qui brise les frontières de la peinture traditionnelle. Delaunay, connu pour avoir cofondé l'orphisme, un mouvement qui met l'accent sur la couleur, utilise des couleurs vives et des formes dynamiques dans cette œuvre pour représenter la figure d'une femme nue en train de lire. La composition se caractérise par une fusion harmonieuse de couleurs et de lumière, qui plonge la scène dans une atmosphère presque onirique. L’approche de Delaunay consistant à réinterpréter la réalité à travers la décomposition prismatique des couleurs fait de cette œuvre un exemple exceptionnel de sa vision artistique.
Robert Delaunay et son épouse
Sonia Delaunay ont été des figures clés dans le développement de
l'orphisme, un mouvement artistique caractérisé par l'utilisation de
couleurs fortes et de formes géométriques. Leur influence s’est étendue
bien au-delà de la peinture et a également influencé des domaines tels
que le design textile et la scénographie. « Femme nue lisant » reflète
l’intérêt constant de Robert Delaunay pour le lien entre la couleur et
la forme, un élément central qui traverse toute son œuvre
Une oeuvre de Marcoussis puis 2 tableau cote à coté de Marcoussis et de son épouse sur le meme thème, l'océan. Alice Halicka (paysage 1927) Epouse de Marcoussis, elle se réfugie
avec lui à Cusset. Il y meurt et elle parvient à se cacher jusqu'à la
Libération.
Les Fortifications, Issy-les-Moulineaux, 1915.
Je regrette de ne point voir ici d'oeuvres de Pinchus Krémègne.Un Henri Hayden très cubiste.
À la fin des années 1920 et jusqu'au milieu des années 1930, Soutine
exécute des séries centrées sur un motif et dont la composition varie
peu (maisons de campagne, route des Grands-Prés près de Chartres ci-contre). Les toiles de Bourgogne et de Touraine ,
souvent caractérisées par une palette froide, s'organisent de nouveau
de façon plus complexe. Elles sont traversées par le même tumulte que
celles de Céret ou de Cagnes, l'énergie s'étant transférée de la matière
picturale aux objets représentés eux-mêmes, notamment les arbres.
Tamara Lemicka, de facto, était cosmopolite, mais elle a constamment
souligné sa polinité. Le tableau « Polka » (« La Polonaise ») a été posé
par sa fille, Maria Krystyna, affectueusement appelée « Kizette ». Tamara de Lempicka a réalisé plusieurs portraits de sa fille qui témoignent de son style néo-réaliste. Kizette semble toujours adolescente, alors qu’elle était beaucoup plus jeune dans la réalité. L’artiste saisit le trouble que renvoie ce passage de la femme enfant à la femme adulte, cet érotisme sourd, à la fois inconscient et troublant… et un peu déroutant de la part d’une mère ce qui n'est pas le cas dans ce tableau
. Les deux femmes auront des rapports difficiles, mais c’est néanmoins sa fille qui prendra soin d’elle au soir de sa vie et dispersa ses cendres au Mexique.
Zadkine. Le compositeur. 1928. Le personnage est assis, la main droite soutenant la tête, évoque la méditation et rappelle à la fois la Mélancolie de Dürer et le Penseur de Rodin.
Une petite pièce est consacrée aux peintres juifs pendant la guerre. Curieux que les antisémites des insoumis ne s'en prennent à ses oeuvres après l'épisode de la Philharmonie.
D'abord Léopold Gotlieb figure majeure de l' Ecole de Paris. Ce tableau provient de la collection Cohn, un juif émigré aux Etats Unis avant la seconde guerre. La collection comprenait plusieurs œuvres du moderniste juif
polonais Leopold Gottlieb. Women at the Market, datant de 1927, illustre le style mature de Gottlieb, avec une palette de couleurs limitée de
blancs, de bruns et de verts adoptés par lui dans la seconde moitié de la
décennie. Ce tableau
démontre l'intérêt de Gottlieb pour les scènes de travail et de manger,
qui, en conjonction avec des récits bibliques, explorent la condition
humaine à son plus intime.
Nathan Grunsweigh (1880-?) Famille pendant le Shabbat. L'histoire de cet auto-portrait dont je n'ai pas retenu le nom du peintre est poignante, c'est un peintre du ghetto de Varsovie en 1942, il va y perdre la vie. Comment ce tableau a t-il pu traverser ces épreuves ?
Stanislaw ELESZKIEVICZ (1900 - 1963) LA THEIERE OU LE PORTEUR D'EAU. Stanislas ELESZKIEVICS est un artiste né en Pologne en 1900 et mort en 1963 à Paris.
"Les Enfants de Jacques Tas" par Moise Kisling.
Henry Hayden UNE FEMME AVEC UN ENFANT, D'ACCORD. 1922
Maria-Mela Muter | Macierzyństwo (Maternité) Mela Muter est née dans une famille juive, polonaise, aisée et cultivée, ce qui lui permit de recevoir une éducation soignée, rare pour une femme à l’époque. Elle s’installe à Paris en 1901, alors capitale artistique du monde, et s’intègre rapidement aux cercles intellectuels et artistiques. Elle fréquente des personnalités comme Rainer Maria Rilke, Stefan Zweig, ou encore Diego Rivera. Son parcours est marqué par l’exil, la guerre, la perte de son fils unique, et les épreuves liées à son identité de femme et d’artiste étrangère dans une époque troublée. Mela Muter a été influencée par les grands courants de son temps : Van Gogh pour l’intensité émotionnelle, Gauguin pour les couleurs, Cézannepour la structure, mais aussi les expressionnistes allemands. Elle entretient aussi un lien particulier avec l’art juif et les thématiques de l’exil et de la mémoire. L’héritage de la peinture polonaise est également perceptible dans certaines compositions, plus sombres et méditatives.
Ce tableau me fait penser à un Picasso de la période bleue il est en fait peint par Epstein. Haïm Epstein, qui prendra plus tard le prénom de Henri, est né à Lodz en
Pologne, alors sous tutelle russe. suit une formation à l’Ecole de
dessin de Jakub Kacenbogen, puis intègre les Beaux-Arts de Munich où il
rencontre le mouvement sécessionniste et le jugenstil. Après un premier
séjour à Paris, en 1910, Epstein vient s’y installer définitivement et
intègre « La Ruche », mythique ateliers de Montparnasse, côtoyant de nombreux artistes en devenir : Modigliani, Chagall, Kisling,
Krémègne ou Soutine. Il fréquente alors l’académie de la Grande
Chaumière dirigé par un élève de Rodin qui y dispense un enseignement
libre et anti-académique. Le terme Ecole de Paris désigne l’ensemble des jeunes artistes étrangers qui sont venus
s’installer à Paris à partir de 1904, attirés par le bouillonnement
créatif de la capitale française, et Henri Epstein en fait parti. Fidèle
à l’esprit de la Ruche jusqu’en 1938, Epstein participe à la création
de la première revue d'art juif (« Makmadim »). Pendant l'entre deux
guerres, l'artiste participe à de nombreuses expositions collectives
(Salon des Indépendants, Salon d'Automne, Salon des Tuileries, etc.). Sa
réputation artistique prend de l'ampleur. Il entreprend plusieurs
voyages afin de réchauffer sa palette : en Auvergne, en Corse et plus
généralement en pays méditerranéens. Epstein illustre quelques livres
(notamment « Vagabondages » Coquiot). Henri Epstein s'installe à
Epernon dans une ferme ; elle deviendra son lieu de création sous
l’occupation. Il y réalisera de nombreuses aquarelles (paysages, scènes
de marché, etc). L'été, avec son mécéne (le docteur Gilles), Epstein
séjournera en Bretagne qu'il aimait peindre (Belle-Île-en-Mer,
Concarneau). En mars 1944, il sera dénoncé et arrêté par la Gestapo,
transféré de la prison de Chartres vers Drancy, il prendra le train vers
Auschwitz qu'il ne connaîtra jamais.
Voilà une "Maternité" de Tamara de Lempicka, personnellement je n'aime pas du tout, on croirait Tofolli.
Par contre, j'adore cette Vierge à L'Enfant de Chana Orloff. A Montparnasse, elle fréquente l’atelier pour jeunes artistes créé par Marie Vassilieff. Elle se rend aussi à la Ruche, à la cité Falguière, où elle rencontre les artistes bohèmes et se lie avec Zadkine, Soutine, Kisling et Modigliani auquel elle présente une amie, sa condisciple de l’Ecole des Arts décoratifs, Jeanne Hébuterne.
Joseph Pressmane (1904 Beresteczko- 1967 Paris), Intérieur rue de Paris à Meudon, vers 1936-37
Au deuxième étage, on jette également un œil, à côté de l'atelier de Maurice Utrillo et de Suzanne Valadon. Il y a là une superbe toile de Suzanne Valadon qui a peint Maurice Utrillo (1883-1955). Nous avions vu une superbe exposition de "Suzanne Valadon et ses contemporaines" à l'abbaye de Brou à Bourg en Bresse. https://www.lemounard.com/2021/06/suzanne-valadon-et-ses-contemporaines.html

Au
coeur de l’art, regard d’une mère : en 1921, Suzanne Valadon (1865-1938)
prend ses pinceaux pour brosser le portrait de son fils Maurice Utrillo
(1883- 1955). Il a 38 ans et commence à connaître la célébrité en tant
que peintre de l’École de Paris. Ce portrait s’impose immédiatement avec
puissance, le regard est impérieux, l’allure assurée, Utrillo tient
fermement son pinceau et sa palette. On devine en arrière-plan un
intérieur bourgeois, le manteau d’une cheminée de marbre noir,
l’encadrement d’une toile. La composition est sobre et classique, dans
une harmonie de tons fauves, brun, kaki, rehaussés par les coloris plus
vifs du teint de l’artiste, qui respire la santé et l’énergie. Le regard
dévore la figure, insistant et ombré comme un oeil andalou ou catalan,
et la fermeté du visage est discrètement déséquilibrée par le sillon qui
marque la joue droite, en asymétrie. L’homme est comme pris sur le vif,
dans l’action de peindre, d’absorber l’image de son modèle avec
l’intensité de son regard pour la faire rejaillir sur la toile. Au tournant du XXème siècle, les ateliers du 12-14 rue Cortot furent
d’importants lieux de création où vécurent de nombreux artistes. Après y
avoir habité jusqu’en 1905 avec son premier mari, le banquier Paul
Moussis, Suzanne Valadon retourne à l’atelier de la rue Cortot en 1912
et s’y installe avec son fils Maurice Utrillo et son compagnon, André
Utter. Malgré les disputes avec André Utter et les frasques de son fils,
Suzanne Valadon y passe les années les plus productives de sa vie.
Rapidement surnommés le « trio infernal », ces peintres ont marqué les
esprits du monde de l’art. De ces tensions et passions naquit ainsi une
énergie créatrice qui permit aux œuvres des trois artistes de
s’intensifier, s’épanouir et se renouveler durant cette période de vie
commune.
Église Saint-Pierre de Montmartre" 1914 Huile sur carton parqueté : 76 x 105 / Signé en bas à droite en vert foncé
Maurice Utrillo derrière son chevalet par Suzanne Valadon.



















































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