Nous passons le week end à Chindrieux au bord du lac du Bourget chez de charmants amis et le samedi après midi, nous allons visiter l'abbaye de Hautecombe. Nous allons au bord du lac régulièrement depuis ma plus tendre enfance mais jamais je n'ai visité ce site chargé d'histoire. Le prieuré d’Hautecombe a été fondé en 1101, non pas en lieu et place de
l’actuelle abbaye d’Hautecombe mais en face, à Cessens, dans le massif
de la Chambotte … En altitude.
Mais, le lieu n’est pas idéal
puisque trop près de la frontière entre le comté de Savoie et celui de
Genève qui étaient en guerre quasi-permanente. Les moines étaient donc
loin de trouver en ce lieu la quiétude tant recherchée. Alors, 38 ans
plus tard, ils décident de construire une nouvelle abbaye tout en
conservant le nom « Hautecombe » qui n’a plus vraiment de sens quand on
est au bord du lac à seulement 231 mètres d’altitude. En 1139, l’abbé cistercien Amédée de Clermont,
épaulé par les comtes de Savoie, entreprit la création de l’église
abbatiale et des bâtiments qui forment aujourd’hui l’Abbaye
d’Hautecombe. Fondée par les moines cisterciens, l’abbaye aura une forte influence
au Moyen-Âge, mais elle finira par tomber en ruine. Devenue bien
national à la révolution française, elle sera pillée, puis abandonnée. C’est le roi de Piémont Sardaigne Charles-Félix qui
fera restaurer l’abbaye par un architecte piémontais, Ernest Melano afin
d’en faire une nécropole en hommage à ses ancêtres. En 1826,
les moines cisterciens reviennent sur les lieux. La Première Guerre
mondiale amène le remplacement des cisterciens par des moines bénédictins de 1922 à 1992. Durant la Seconde Guerre mondiale, Hautecombe héberge temporairement des religieux polonais. À la fin des années 1980, les bénédictins décident de quitter
l’abbaye d’Hautecombe, devenue trop touristique. Ils partent pour
l’abbaye Notre-Dame de Ganagobie et demandent à la communauté du Chemin Neuf de venir les remplacer. Celle-ci s’y établit en 1992. Cette communauté s’inspire à la fois de la spiritualité de saint Ignace de Loyola et de l’expérience du renouveau charismatique. En 1174, une comtesse de Savoie a été la première à reposer en paix
dans l’église de l’abbaye. Cette coutume a été observée par la plupart
des membres de la Maison de Savoie au XIIIe siècle, mais elle s’est
raréfiée avec le temps, pour être finalement interrompue au XVIe siècle. Après
la Révolution française, les dépouilles des membres de la famille de
Savoie ont trouvé refuge dans la chapelle des Princes d’Hautecombe.
C’est ainsi que l’abbaye est devenue non seulement un sanctuaire
spirituel, mais aussi un lieu de repos éternel pour la Maison de Savoie.
La visite de l'abbaye se fait avec un audio-guide qui commente la superbe architecture gothique de l’abbaye et son histoire, liée aux Princes de Savoie. On est accueilli par cette sublime sculpture qui représente Marie Christine de Bourbon-Sicile (1779-1849), fille de Ferdinand Ier des Deux Siciles et de Marie Caroline d'Autriche-Lorraine, reine de Sardaigne, femme de Charles-Félix de Savoie. Statue en marbre sur son sépulchre de Giovanni Albertoni ( 1806 1887 ) qui la représente protectrice des Arts et des pauvres, illustrant la phrase tirée de la Bible : « Que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite ». Sculptée dans un seul bloc de marbre de Carrare, cette œuvre se distingue par la finesse du détail, la variété des effets, et la singularité de son exécution.
Nous pénétrons maintenant dans la nef. Au XIXe siècle, le roi Charles-Félix a privilégié l’idée de
faire vivre l’ancienne église plutôt que celle d’en édifier une
nouvelle. Il confie la mission à l’architecte piémontais Ernesto Melano
de redonner à l’abbatiale l’aspect qu’elle présentait au début du XVIe siècle. L’Abbaye
est donc relevée dans le style néo-gothique flamboyant ou troubadour
peu habituel. Ce style troubadour est un mouvement artistique dont il ne
reste à ce jour que très peu d’édifices. Ce style s’oppose à celui
de l’église primitive cistercienne par l’exubérance des décors sculptés
et par la richesse de l’ornementation tant sculpturale que picturale.
Les murs et les voûtes sont entièrement recouvert de stucs. Ces moulures
représentent différents motifs empruntés au style troubadour : réseau de
dentelles, festons, flammes, rosaces… Ce décor est souvent comparé aux
ornements des lits de parade destinés à l’exposition des défunts de la
famille princière.


En 1821, il devient Roi de Sardaigne, Prince de Piémont, Duc de Savoie et hérite des titulatures aux trônes royaux de Chypre et de Jérusalem, , après la courte régence de son cousin et héritier, le prince Charles Albert de Savoie Carignan. Les
Savoyards, les Niçois et les Génois n'ayant pris aucune part à cette
révolution, il fera dans ces trois provinces de nombreux et longs
séjours, ce qui lui permet de fuir Turin et les Piémontais, pour
lesquels il ne semble avoir aucune sympathie. Il supprime la constitution octroyée par Charles Albert, réprime une rébellion fomentée par diverses sociétés secrètes inspirées en sous main par le gouvernement français qui a de nouveau des vues sur la Savoie, régularise l'administration, modifie certaines franchises du Comté de Nice et du port de cette ville puis donne un nouveau code militaire aux armées royales de ses États.Les 120 pleureuses, d’une expressivité
saisissante et toutes différentes, ornent les piliers de la nef ainsi
que les cénotaphes, symbolisant le deuil et la prière.
Autre superbe cénotaphe, celui de Thomas 1er de Savoie. Autant le règne précédent avait été funeste, autant celui-ci fut heureux pour la dynastie de Savoie.
Aimé sans doute du pape et du clergé, à cause de ses pieuses libéralités, Thomas Ier jouissait aussi de la faveur impériale. À Henri VI, qui avait si promptement révoqué la mise au ban de l’Empire des possessions de la Maison de Savoie, avait succédé Philippe, son oncle, qui fut couronné par l’évêque de Maurienne, en l’absence de l’archevêque de Mayence. Ce nouvel empereur, ayant reçu à Bâle les hommages du comte de Savoie, lui remit, devant une assemblée nombreuse de princes et de sujets de l’empire, trois étendards, en signe d’investiture de tous les pays, terres et seigneuries qu’il tenait de ses prédécesseurs ; et, « pour prouver l’affection qu’il porte au comte de Savoie, son très cher parent, et lui montrer qu’il est constamment plein de sollicitude pour son honneur et son intérêt, » il lui cède, en augmentation de fief, les villes de Quiers et de Testone en Piémont, et le château de Moudon dans le pays de Vaud (1207). Telle fut l’origine de la puissance de la Maison de Savoie dans la Suisse romande, qui entraîna une lutte prolongée contre le duc de Zœringen.
On remarque un beau bénitier aux armoiries de HUMBERT de SAVOIE, Comte de ROMONT.
" De gueules à la croix d'argent chargée de cinq croissants d'azur, une cotice en barre brochant sur le tout ".
Humbert de Savoie dit le « Bâtard de Savoie » (Humbertus Bastardus de Sabaudia) ou encore le « Grand Bâtard de Savoie », né vers 1377 et mort dans son château de Chenaux (Estavayer) le 13 octobre 1443, est un seigneur, fils adultérin du comte Amédée VII de Savoie et ainsi demi-frère du futur comte, puis duc Amédée VIII de Savoie.
En 1439, Amédée VIII, dans son testament, récompense son demi-frère en érigeant la seigneurie et le mandement de Romont en comté obtenant les droits et dépendances associés. Humbert devient dès lors comte de Romont, « in patria Vuaudi ».
En tant que membre de la famille princière, exclu de l'héritage comtal, il hérite d'un apanage, « des terres sises entre Lausanne et les « partes Alamagnie », en particulier d’Estavayer, de ses châteaux et de son couvent de dominicaines ».
Peu avant sa mort, en 1443, il est bailli du Chablais.
Une chapelle est particulièrement remarquable qui évoque le Panthéon de Rome.
Autre beau monument funéraire, la tombe de Clémence de Zähringen autrefois appelée Anne. C'est une aristocrate du XIIe siècle , passée par ses mariages à la maison d'Este, puis aux Humbertiens. Elle est surnommée Germaine à cause de ses origines germaniques



L’abbaye abrite également une collection précieuse de tableaux et de fresques qui témoignent de sa riche histoire artistique. Le Retable de l’atelier du Piémontais Defendente Ferrari, datant d’environ 1520, est composé de quatre panneaux représentant des passages bibliques, dont l’Annonciation de l’Ange à la Vierge Marie.
La Crucifixion, peinte
sur bois au XIVe– XVe siècle, est située dans la chapelle saint Michel
et provient de l’ancien tabernacle de l’abbaye d’Hautecombe. La
Lactation de saint Bernard, attribuée à l’atelier de Defendente Ferrari,
est une œuvre du XVIe siècle remarquable par son thème inhabituel et la
finesse de sa composition et de son exécution.
Les fresques, situées principalement dans le chœur et le transept, racontent des scènes de la vie de Jésus, ainsi que la vie de saint Bernard de Clairvaux et des moines cisterciens qui ont fondé l’abbaye. Réalisées par les Frères Vacca et François Gonin, ces fresques offrent un témoignage saisissant de la foi et de l’art à travers les âges.
L’Autrichien Hothgassner est le créateur des vitraux.
Catherine est particulièrement
sensible à un vitrail plus récent dans la chapelle des princes. La chapelle des Princes abrite les tombeaux de la Maison de Savoie. Le dernier roi d’Italie, Humbert II de Savoie, y a été inhumé en 1983, rejoint par son épouse la reine Marie-Josée en 2001. Très régulièrement, les membres savoyards et italiens de l’Institut national pour la garde d’honneur des tombes royales (it) montent la garde, en uniforme, devant la tombe du roi d’Italie et duc de Savoie Humbert II et de son épouse la reine Marie-José. Un hommage est aussi rendu, à cette occasion, au roi Charles-Félix, mort en 1831 et qui y est enterré, ainsi que sa femme Marie-Christine, morte en 1849. Aujourd’hui, seuls huit Savoyards parmi 5000 membres italiens, perpétuent cette tradition de la garde d’honneur, fondée par Victor-Emmanuel II.
Pierre II de Savoie, "le Petit Charlemagne" », (120361268) est un prince souverain du comté de Savoie de la seconde moitié du XIIIe siècle.
Sixième fils du comte Thomas 1er, il commence une carrière d'ecclésiastique (1226-1233), avant de devenir un seigneur laïc en Bugey, Vaud, Faucigny, ainsi qu'en Angleterre (1234-1263). Son engagement auprès du roi Henri III d'Angleterre,
qui est son neveu par alliance, lui a, en effet, permis d'acquérir une
expérience diplomatique et militaire, ainsi que d'importants moyens
financiers, qui lui sont ensuite utiles dans les territoires soumis à
son autorité personnelle. Cette expérience lui est d'autant plus utile
lorsqu'en 1263, alors qu'il est âgé de soixante ans, il doit succéder à
son neveu, en devenant comte de Savoie et de Maurienne .
Grand voyageur, grand diplomate et guerrier, il est aussi un grand
administrateur, légiste et bâtisseur. Malgré son court règne, avec lui,
le comté de Savoie se consolide et la gouvernance devient plus efficace
en raison de quelques réformes — administratives, législatives et fiscales — inspirées de ses vies passées.
Ces différentes raisons font que Pierre de Savoie est vite comparé, par ses contemporains, à l'empereur, devenant ainsi « le Petit Charlemagne » dans la Chronique de Savoye (1419). Ce surnom doit autant à son charme qu'à ses nombreuses prouesses. Cependant, les victoires de Pierre de Savoie sont davantage le fait de la richesse obtenue
LA PIETA de Caciatori s’inspire de la Piéta de Michel-Ange mais évoque des attitudes du Christ et de la Vierge très différentes.
La Lactation de saint Bernard, attribuée à l’atelier de Defendente Ferrari, est une œuvre du XVIe siècle remarquable par son thème inhabituel et la finesse de sa composition et de son exécution. Au XIIe siècle, ce bourguignon, conseiller des rois et des papes, réforma la vie religieuse catholique et notamment les cisterciens. On raconte qu'un beau jour, alors que le bon moine faisait ses dévotions devant une statue de la Vierge , il prononça ces mots audacieux: Monstra te esse matrem (Montrez-vous une mère). En guise de réponse, la sculpture se serait alors animée et la Vierge aurait propulsé du lait dans la bouche du saint assoiffé d'amour maternel… Une façon d'affirmer en actes sa maternité spirituelle. Une biographie du XVIIe siècle explique que ce geste généreux provoque chez lui "une douceur et un ravissement d'esprit extraordinaires".
Cénotaphe de Béatrice de Savoie. Issue de la prestigieuse maison de Savoie, Béatrice de Savoie naît au XIIIe siècle dans un contexte de forte expansion territoriale et politique de sa dynastie. Ses parents, Thomas Ier de Savoie et Marguerite de Genève, appartiennent à deux lignées nobles influentes
en Europe. Cette appartenance lui confère dès la naissance une
légitimité centrale dans les alliances matrimoniales stratégiques du
temps. Comment une femme du XIIIe siècle a-t-elle réussi à placer ses quatre filles sur les trônes de France, d’Angleterre, de Sicile et de Germanie ? Ce n’est pas une légende, c’est l’œuvre discrète mais redoutable de Béatrice, noble savoyarde au rôle aussi stratégique que méconnu.
Entre diplomatie, alliances et héritage politique, son influence a traversé les frontières et les époques. Elle a tissé sa toile à l’abri des regards pour imposer son nom dans l’histoire des grandes dynasties européennes.
Yolande-Louise de Savoie, née le à Turin et morte à l'âge de douze ans le , est une princesse de la maison de Savoie, faite duchesse par mariage avec son cousin, Philibert II de Savoie.
Durant la guerre, en 1940, Humbert commande le groupe ouest de l'armée italienne lors de la bataille de Francequi se solde par un échec pour le royaume italien. Bien qu'élevé au rang de maréchal d'Italie, Humbert demeure en retrait du conflit qui voit la chute de Mussolini en 1943 et la capitulation de l'Italie. En 1944, les partis antifascistes demandent l'abdication du roi Victor-Emmanuel qui refuse, mais nomme son fils Humbert lieutenant général du royaume, exerçant les prérogatives royales sans la dignité souveraine.
Le , le roi abdique en faveur de son fils qui ne règne que durant 35 jours. Humbert décide en effet de quitter l'Italie quelques jours après la proclamation de la République votée par référendum le pour s'établir définitivement au Portugal. Époux depuis 1930 de la princesse Marie Josée de Belgique, le couple, parents de quatre enfants, vit séparément à partir de 1947.Le fils du dernier roi d’Italie et père d’Emmanuel Philibert, est
mort en 2024. Une personnalité controversée marquée par
plusieurs affaires judiciaires, et notamment l’affaire du meurtre de
Dirk Hamer en 1978, qui changea sa vie. Accusé d’homicide involontaire mais protestant de son innocence, Victor
Emmanuel fut jugé et acquitté pour ces faits en novembre 1991 par le
parquet parisien. Il est néanmoins condamné à 6 mois avec sursis pour
détention illégale d'arme à feu,
Le prince, qui résidait pendant l’été sur l’île corse, avait reconnu
avoir tiré pour effrayer des touristes qui lui avaient emprunté un canot
pneumatique. Un projectile avait mortellement atteint Dirk Hamer. Le
prince avait d’abord admis un tir accidentel, avant de se rétracter.
Le 21 juin 2006, pendant sa détention à la prison de Potenza, un micro a
intercepté une conversation dans laquelle il avouait avoir tiré une
balle dans la jambe, se vantant d'être sorti vainqueur de l'affaire. Le
contenu de la conversation a été dévoilé peu après par la presse.
Cette sombre affaire est au cœur de la série documentaire " Dans l’ombre du trône " (Il Principe en italien), diffusée sur Netflix à partir de juillet 2023
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