dimanche 28 septembre 2025

ALPES DU SUD, MOUSTIERS SAINTE MARIE, LA CHAPELLE NOTRE DAME DE BEAUVOIR

 Nous sommes arrivés à Moustier en fin de matinée. Nous avons posé nos valises à la Ferme Rose où nous allons séjourner 3 nuits. La première dans la chambre de la piscine, une charmante maisonnette qui permet de disposer pour nous seul de la piscine de 19h à 10h le lendemain puis 2 nuits dans la chambre Pêche, plus petite mais charmante aussi car c'est la seule disponible à ces dates. La réception, les couloirs, les salons sont pleins des collections de Kako Vagh, le propriétaire  , un invraisemblable Capharnaüm d'objets insolites, des moulins à café, des siphons, des trains électriques, les lampes coquillages de Vallauris, des projecteurs de cinéma, une scène d'un petit théâtre avec une rangée de fauteuils, de charmants petits tableaux de Maurice Vagh-Weinmann, le grand-père et  artiste provençal renomméC'est hétéroclite et romantique à souhait, on déjeune dans le jardin ou à l’intérieur au milieu des objets. Les grenouilles et les iris en sculptures de verre sont partout, de vieux vélos sur la pelouse, la 2 chevaux du maître des lieux et une réceptionniste jeune mais d'un autre temps, courtoise et délicatement surannée, charme discret



Nous montons au village et nous posons la voiture sur les grands parkings payant qui le surplombent sous la falaise au départ du chemin qui monte à la chapelle de Notre Dame de Beauvoir (il ne s'agit pas de Simone, la Grande Sartreuse). Moustiers a posé ses maisons et ses ruelles animées dans l'échancrure d'un rocher. 
Le village est blotti contre les falaises, avec un petit torrent qui traverse le village. C'est un décor de crèche provençale géante. L'église 
Notre-Dame de l'Assomption, classée Monument Historique et son imposant clocher en tuf de l’église est au centre du village. les restaurants et leurs terrasses, les boutiques de faïences et leurs étals jouent à touche-touche. Les ruelles proposent   de nombreuses fontaines. La réceptionniste nous a indiqué des restaurants recommandables, pas de pièges à touristes, qui sont ouverts le lundi et on s'installe sur une terrasse du restaurant les Comte (sans S) sur le coté, à l'écart de la foule bruyante des touristes retraités de septembre, qui propose une belle salade du jour.

En se rapprochant de l'église sur l'autre rive de la rivière, on franchit un petit pont et quelques mètres plus haut coule une petite cascade d'eau limpide. L’œil est d'abord attiré par le clocher roman lombard . Entièrement en tuf calcaire, il est constitué de cinq niveaux ornés notamment de baies géminées et de bandes lombardes. Au XVIIe siècle, il s'est vu renforcé de contreforts après avoir été fragilisé par le mouvement des cloches.  La nef, datant de la même époque, se compose de cinq travées voûtées en berceau brisé, soutenues par des pilastres dont l’élargissement progressif vers le sommet est typique du style roman. 

 

 

 

 

 

 

En 1336, une partie de l’édifice est reconstruite  par le prieur Pierre de Pratis. Il envisageait la reconstruction de l'église en style gothique , mais seul le chœur fut reconstruit. Pour orienter le chœur vers l’Est, selon la tradition liturgique, le nouvel alignement a dévié légèrement de l’axe initial. À l’intérieur du sanctuaire, l’autel est un sarcophage en marbre blanc du Ve siècle, sculpté d’une scène biblique représentant le passage de la mer Rouge, ajoutant à la richesse symbolique et historique de ce lieu de culte. Nous entreprenons la montée à la Chapelle de Notre dame de Beauvoir. Le chemin constitué d' escaliers empierrés (262 marches). Le pavage est très irrégulier, pa pierre est coupante et hérissée d'angles aigus. La montée est raide  pour passer de 650m à 830m d' altitude. La montée est bordée de superbes "haltes chemin de croix" en faience de Moustiers. La vue sur Moustiers, ses toits de tuiles provençale, son église, le clocher.


Sous les tentes au pied du clocher, un voyage organisé a retenu l'ensemble de la terrasse du restaurant et sur le podium, une jeune chanteuse s’époumone à annone des chansons qu'elle massacre et qu'elle a le don de rendre soporifique, de la sophrologie musicale.
Le torrent est à sec, franchit par un charmant petit pont bossu.La chapelle apparaît au détour de la pente.
La chapelle Notre-Dame de Beauvoir s’élève à flanc de falaise depuis le XIIe siècle. Elle a évolué jusqu’au XVIe siècle, mêlant harmonieusement les styles roman et gothique. Classée Monument Historique depuis 1921, elle incarne une part essentielle du patrimoine spirituel de Moustiers-Sainte-Marie. Autrefois, les pèlerins s’y rendaient pour un rituel chrétien exceptionnel : les suscitations, censées permettre aux enfants mort-nés de revenir brièvement à la vie pour recevoir le baptême et accéder au paradis. 
La petite chapelle fut bâtie à la fin du XIIe siècle sur les vestiges d’un temple marial édifié au Vè siècle. Mariage réussi des époques romane et gothique, elle comprenait deux travées voûtées en berceau brisé, correspondant à une partie de la nef actuelle, les deux autres travées et le chœur gothiques furent ajoutés en 1536, date gravée sur l’arc triomphal. On est frappé par le nombre d'ex voto posé sous forme de plaques ou de petits papiers qui s'entassent dans le trou laissé par la chute d'une pierre des murs. Ex-voto” est une abréviation de la formule latine "ex-voto suscepto" qui veut dire “à la suite d’un vœu”. L’ex-voto (mot invariable) est un objet, une inscription sur un support ou une image peinte. Les ex-voto sont offerts à la Vierge ou à un saint en remerciement d’une grâce obtenue, souvent après avoir échappé à une maladie ou à un grave danger. Lors de cet événement angoissant ou traumatisant, le demandeur implore la Vierge ou le saint d’un sanctuaire particulier. Une fois tiré d’affaire, il s’y rend en pèlerinage pour prier, remercier et déposer son témoignage. Cette pratique remonte à la plus haute Antiquité. Égyptiens, Grecs, Celtes et Romains faisaient déjà ce type d’offrandes à leurs divinités. On ne sait à quel moment les chrétiens adoptèrent cette tradition. Peut-être a-t-elle existé dès le début de la nouvelle religion.
Mystérieuse et emblématique, l’étoile suspendue entre deux falaises au-dessus de Moustiers-Sainte-Marie intrigue depuis des siècles. Cette étoile dorée accrochée à une chaîne de 135 mètres de long est au cœur de nombreuses légendes, mêlant foi, histoire, superstition et romantisme. Transmise de génération en génération, chaque version raconte un pan du passé ou un rêve collectif qui a contribué à forger l’identité du village. La légende du Chevalier de Blacas raconte l’histoire d’un seigneur nommé Blacas d’Aulps, parti en Croisade au 12ème siècle. Durant son périple, les Sarrasins le capturèrent et le retinrent prisonnier. Le Calife tenta alors de le convertir à l’islam, usant des charmes de son harem pour le convaincre. Fidèle à sa foi, le chevalier Blacas resta inflexible. Touché par son intégrité, le Calife choisit finalement de le libérer. Une fois rentré chez lui, le chevalier fit suspendre une étoile au-dessus de Moustiers pour remercier la Vierge Marie de l’avoir protégé. Les habitants de Moustiers accrochèrent cette étoile, symbole des armoiries de la famille Blacas (une étoile à 16 rais), comme un ex-voto au-dessus de la Chapelle Notre-Dame de Beauvoir. En 1885, Frédéric Mistral, fondateur du Félibrige, officialisa cette légende pour préserver et valoriser les traditions provençales.

La descente est très périlleuse et Catherine s'accroche fermement à la rampe, les pavés sont souvent disjoints, quelques pierres glissantes roulent et le retour se fait avec une extreme lenteur prudente. Sur notre lancée, nous prenons la voiture pour faire la route des crêtes avec vue imprenable sur les gorges du Verdon.



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