Avant de reprendre le train, nous allons visiter l’Hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde. En 2021, après le temps long de sa
rénovation, l’Hôtel de la Marine a réouvert ses portes au public. Ce monument
exceptionnel est l’un des sites touristiques
majeurs de la capitale. L’hôtel du Garde-Meuble et son jumeau, prévu initialement pour être l’hôtel de la Monnaie sont deux palais bâtis par l’architecte Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) entre 1757 et 1774. Ils occupent le côté Nord de la place Louis XV (désormais place de la Concorde). Les deux bâtiments sont chacun composés de deux pavillons aux extrémités, reliés au centre par un grand péristyle inspiré de la colonnade du Louvre formant une loggia monumentale.
Sous l’Ancien Régime, le Garde-Meuble de la Couronne est chargé de la gestion du mobilier et des objets d’arts destinés à décorer les demeures de la famille royale. C’est l’ancêtre du Mobilier National installé dans le quartier des Gobelins. En 1772, l’institution emménage dans l’hôtel du Garde-Meuble, place Louis XV. A partir de 1777, les salles sont ouvertes au public le premier mardi de chaque mois entre Pâques et la Toussaint. Les joyaux de la couronne y sont notamment exposés. Le bâtiment abrite également les somptueux appartements de l’Intendant du Garde-Meuble : au 1er intendant, Pierre-Elizabeth de Fontanieu, succède Marc-Antoine Thierry de Ville d’Avray à partir de 1784. Ce dernier occupe le poste de 1784 à 1792, année où il est assassiné par les révolutionnaires à la prison de l’Abbaye. Le 16 septembre 1792 au soir, des gardes patrouillant sur la place de la Révolution se rendent compte que des individus se trouvent à l’intérieur du Garde-meuble de la Couronne. Dans ce bâtiment est entreposé le plus grand trésor français : près de 9000 diamants et d’innombrables pierres précieuses amassés par les rois de France depuis François 1er. Les bijoux ont presque tous disparu, remplacés par des cadavres de bouteilles, des restes de nourriture et des prostituées. Parmi ces milliers de bijoux, se trouvent le “Bleu de France”, le plus gros diamant bleu connu ou encore le “Sancy”, considéré comme l’un des plus purs diamants blancs d’Europe. Mais la pièce la plus remarquable de la collection est le “Régent”, le plus gros et le plus pur diamant du monde. Qui a organisé ce gigantesque cambriolage ?
Il y a une hypothèse Danton. Ce dernier aurait manipulé le voleur afin qu’il s’empare des bijoux, puis se serait servi des joyaux pour soudoyer le duc de Brunswick pour qu’il laisse la victoire à la France lors de la bataille de Valmy. Pour d’autres, le vol des bijoux de la Couronne aurait été commandité par les Anglais. D’autres encore soupçonnent le gouvernement. Enfin, l’effraction peut simplement avoir été l’œuvre de malfrats profitant du chaos généré par la Révolution. Les trois quarts des diamants ont été retrouvés, dans des circonstances souvent inattendues et au quatre coins de France, dans les deux ans qui ont suivi l’affaire. Vendue par l’État en 1887,
la collection est aujourd’hui dispersée. Seule une infime partie de ce trésor appartient encore à la France et est désormais entreposée dans la galerie d’Apollon du musée du Louvre. L’Hôtel de la Marine se découvre pour son intérêt patrimonial.
Entièrement restauré en préservant l’atmosphère du XVIIIe siècle, sa
visite permet de voyager dans le temps et de découvrir les appartements
de l’intendant du Garde Meuble de la Couronne. Le salon d'Honneur a été restauré au milieu du XIXe siècle. C'était alors une galerie transformée en un salon de réception destiné à éblouir tous les visiteurs. La décoration de ces pièces est sublime avec ses panneaux blancs qui mettent en valeur les décors en bois sculptés et dorés.Les cheminées de part et d'autre de l'ensemble sont surmontées de glaces où se reflètent les lustres et les dorures du plafond.

Le Salon Diplomatique était avant la révolution,la salle des bijoux où l’on conservait les joyaux de la Couronne sous l’ancien Régime. Elle se transforme en salon diplomatique jusqu’en 2015, date à laquelle la Marine a définitivement
quitté les lieux. Fondue dans le décor, une porte permettait à un espion de se cacher tout en écoutant ce qui se disait dans ce salon. 
Dans ce décor Second Empire, on remarque le bureau de style Louis XV de Victor Schœlcher sur
lequel il signa le décret d’abolition de l’esclavage en 1848, en tant
que sous-secrétaire d’État à la Marine, et ce, entre les murs de l’Hôtel
de la Marine.
La loggia offre une des plus belles vues de Paris. Sur cette place se sont déroulés des événements majeurs de l’histoire de France : le vol des joyaux de la Couronne, l’exécution de Louis XVI et de Marie-Antoinette, l'installation de l'Obélisque.

La loggia s'orne de douze colonnes corinthiennes. Au plafond, les caissons abritent les symboles des grandes activités humaines sculptées en bas-reliefs : l’Agriculture, le Commerce, la Musique, les Arts et l'Égalité. Au sol, le damier de pierres noires et blanches
évoque le péristyle du Trianon de Versailles.
En quittant la loggia, nous suivons une somptueuse galerie avec ses ors et ses lustres.
Nous découvrons ensuite la Collection Al Thani qui comporte un ensemble exceptionnel d’œuvres d’art couvrant une longue période de l’Antiquité à nos jours et une riche diversité de cultures et de civilisations. La famille princière Al Thani est la famille souveraine qui règne sur le Qatar depuis le milieu du XIXe siècle. La maison « Al Thani » descend des Bani Tamim, une des plus grandes tribus de la péninsule arabique. Les galeries d'exposition de la Collection à l’Hôtel de la Marine sont nées d’un accord entre le Centre des monuments nationaux et la Al Thani Collection Foundation. L’Hôtel de la Marine accueillera les œuvres de la Collection au cours des 20 prochaines années, parallèlement à un programme d’expositions temporaires thématiques.
"La première salle de l’exposition Hamed Al Thani rassemble des trésors de toutes les époques et de toutes les cultures. Des centaines de guirlandes dorées suspendues au plafond par des fils d’or, reflétées sur le sol, enveloppent les œuvres dans un écrin spectaculaire. Ce sont des fleurs lumineuses ou des poussières d’étoiles d’où surgissent des chefs d’œuvres isolés des œuvres sœurs de leur temps. Solitaires, séparés de la civilisation dont ils faisaient partie, ils appartiennent au musée de l’humanité."Cette plaque en émail peint polychrome, provenant de l’ancienne collection Porgès, est issue d’un vaste ensemble à l’intérêt muséal, exécuté à la Renaissance dans les ateliers de Limoges. Maître de l’Énéide, Limoges, vers 1525-1530, Les Bocages fortunés, plaque en émail peint polychrome sur cuivre et sur paillons d’argent avec rehauts d’or. Cadre en veau doré, à l’intérieur en velours rouge cramoisi (travail français de la première moitié du XVIIe siècle), la plaque : 22,5 x 19,8 cm. Cette pièce a été acquise à Drouot en 2021 pour plus d'un million d'euros.
la Collection Al Thani à l’Hôtel de la Marine expose une nouvelle
sélection de chefs-d’œuvre sur le thème de la couleur à travers les
civilisations du monde.
L’exposition rassemble une sélection de
près de 80 œuvres présentées pour la plupart pour la première fois à
l’Hôtel de la Marine. Elle comprend des artefacts issus des cinq
continents (Afrique, Amérique, Asie, Europe, Océanie) couvrant une
période chronologique allant du Néolithique à nos jours. Le parcours est
organisé selon six sections correspondant à six couleurs fondamentales
dans les arts du monde : noir, blanc, rouge, jaune, bleu et vert. Au
sein des vitrines, les œuvres seront regroupées selon un critère
essentiellement monochromatique.
Portrait miniature représentant un homme inconnu qui serre la main d'un nuage par Nicholas Hilliard (1547-1619) un orfèvre et enlumineur anglais. Nicholas Hilliard porta, durant la période élisabéthaine, l'art de la miniature à son plus haut degré d'épanouissement. Ses petites effigies lyriques jouèrent en outre un rôle important dans la conception du portrait telle qu'elle fut élaborée outre-Manche, de la fin du xvie au début du xviie siècle.

Takiyasha la sorcière et le fantôme du squelette ou Mitsukuni Combattant le Spectre Squelettique Invoqué par la Princesse Takiyasha. Cette célèbre estampe japonaise est une impression sur bois d'Utagawa Kunivoshi (1798-1861), particulièrement réputé pour ses représentations de scènes historiques et myhtiques. Cette impression combine ces deux sujets dans la représentation de la princesse Takiyasha du Xe siècle convoquant un spectre squelettique pour effrayer Ōya no Mitsukuni. Sur l'image, la princesse récite un sort écrit sur un rouleau
horizontal, appelant un squelette géant. Il se dresse sur un vide noir,
se fraie son chemin à travers les stores du palais
impérial de Kyōto en lambeaux avec ses doigts osseux pour menacer
Mitsukuni qui l'observe sans crainte. À droite de l'estampe, ce dernier
combat un homme de main de la princesse sorcière Takiyasha.Quelques oeuvres remarquables mettent en valeurs l'Art de la Renaissance.

Takiyasha la sorcière et le fantôme du squelette ou Mitsukuni Combattant le Spectre Squelettique Invoqué par la Princesse Takiyasha. Cette célèbre estampe japonaise est une impression sur bois d'Utagawa Kunivoshi (1798-1861), particulièrement réputé pour ses représentations de scènes historiques et myhtiques. Cette impression combine ces deux sujets dans la représentation de la princesse Takiyasha du Xe siècle convoquant un spectre squelettique pour effrayer Ōya no Mitsukuni. Sur l'image, la princesse récite un sort écrit sur un rouleau horizontal, appelant un squelette géant. Il se dresse sur un vide noir, se fraie son chemin à travers les stores du palais impérial de Kyōto en lambeaux avec ses doigts osseux pour menacer Mitsukuni qui l'observe sans crainte. À droite de l'estampe, ce dernier combat un homme de main de la princesse sorcière Takiyasha.Quelques oeuvres remarquables mettent en valeurs l'Art de la Renaissance.

"Cette exposition met en lumière les interconnexions du monde à la
Renaissance et tout particulièrement entre l’Asie et l’Europe, époque où
explorations et découvertes favorisent les échanges de matériaux et
d’idées. Dans ce contexte, des objets d’art exceptionnels commandés aux
artistes les plus talentueux par des mécènes issus des familles royales
ou de la haute aristocratie, ou des pièces parmi les plus exotiques,
simples curiosités le plus souvent retravaillées sont alors intégrées
dans les premières collections européennes. Ainsi sont montrées de
ravissantes verseuses, porcelaines bleu-blanc originaires de Jingdezhen
en Chine, datant de la dynastie Ming (début du XVIIe siècle)."
Paire de coupes : cygnes Allemagne, vers 1602 Nautiles, argent doré,
améthyste, rubis, émeraude 27,2 x 16 x 10,1 cm (mâle) et 27,2 x 15 x 9,1
cm (femelle). Les coquilles de nautile sont arrivées en Europe à la Renaissance et ont
séduit les collectionneurs par leur couleur brillante et leur spirale
logarithmique divisée en cloisons. Incroyable spécimen du monde naturel,
les coquilles de nautile étaient également un marqueur du commerce
mondial et de son expansion. Ces coquillages étaient souvent placés sur
des socles en or et figuraient dans les Wunderkammers, ou
cabinets de curiosités, construits dans les résidences royales. Ces
pièces étaient construites pour exposer les merveilles du monde naturel,
qu'il s'agisse de tablettes anciennes, de reliques religieuses,
d'animaux taxidermisés ou de natures mortes. Nef Brême, 1600-1615, tutufa bubo, argent doré, émail 43 x 20 cm,
Le Tutufa Bobo est un autre coquillage utilisé en orfévrerie à la Renaissance.
Portrait de Charles IX, Roi de France François Clouet vers 1561.Miniature : huile sur ardoise, or émaillé.H. 7.6 cm
Très belle exposition. La collection Al Thani est présente à l’hôtel de la Marine pour 20 ans. Les pièces de la collection qu'on expose à Paris change fréquemment avec de nouveaux sujets. En sortant, nous prenons un thé au Café Lapérouse. L'endroit est superbe, le personnel détestable et fainéant.















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