La nuit au minshuku à été douce. Pas un bruit, tatamis et futons, c'est un peu dur mais avec la fatigue de la marche, on a vite trouvé le sommeil. Au petit déjeuner, les dames qui s'occupent de nous , sont toujours très souriantes, elles aiment à parler avec les hotes étrangers. C'est un petit déjeuner traditionnel japonais avec tout ce qu'il faut pour que le marcheur ne soit pas victime de fringale. C'est pas trop fait pour ceux qui aiment croissants, baguette et confiture.
Comme pour le dîner, le petit déjeuner traditionnel suit les règles du kaiseki. Les mets se présentent sous la forme de petites portions individuelles présentées dans une belle vaisselle. Le petit déjeuner suit le principe du Ichiju-sansai, une soupe et trois plats. Ici, on a un bol de riz, un plat de poisson, des légumes saumurés et marinés, une soupe miso et un thé vert japonais.

Le départ est assez raide, on monte jusqu'à le sortie du village, les maisons, en bois, sont coquettes, les jardins très fleuris, puis, quand on arrive à la dernière maison de Magome, on quitte la rue principale et on descend par un escalier jusqu'à le route goudronnée qui monte au col de Magome, qu'on quitte assez vite pour reprendre le Nakasendo médiéval. Le pavage est beaucoup plus irréguliers, on doit faire attention où on pose les pieds. On discute avec une jeune scandinave qui fait le chemin seule. Elle marche plus vite que nous et nous distance vite, on la retrouvera plus loin.
De temps en temps, on croise de petits sanctuaires, des cerisiers sauvages en fleurs, c'est bucolique et charmant. On traverse des paysages de campagne japonaise, des forêts
montagneuses de conifères surtout. C'est un chemin loin de l'agitation des villes, c'est un C l'atmosphère mystique
et historique qui s'apparente aux chemins de Compostelle. Très souvent au
bord de la route, on croise les clochettes qui éloignent les
éventuels ours. Souvent, les marcheurs japonais arpentent ce chemin avec leur propres clochettes qu'ils agitent continuellement. Cette pratique est plus folklorique que necessaire car les ours se cantonnent aux pentes du mont Ida.
On parvient au point culminant, le col de Magome à 800 m.
En chemin, il y a une halte trés agréable à la maison de thé traditionnelle Tateba-jaya qui offre chaleureusement une tasse de matcha aux voyageurs autour d'un feu de bois.

On retrouve la jeune danoise avec qui nous avons marché un moment ce matin, on boit le thé matcha et on mange quelques biscuits. Le monsieur qui entretient la maison de thé est très gentil, très accueillant, on laisse quelques yens qui participeront à la marche de la maison. la route est toujours aussi belle et l'effort est beaucoup moins exigeant.
On arrive aux cascades Odaki et Medaki, Odaki est la cascade male qui rencontre Medaki , la cascade femelle. Ces
cascades apparaissent dans le roman d'Eiji Yoshikawa, « Musashi
Miyamoto », dans lequel Musashi et son amant, Otsu s'aiment. Odaki est à gauche et Medaki à droite.
C'est
aussi l'origine de la légende de Kurashina-sama ; Il était une fois un
coq doré qui volait dans ces cascades et criait pour lire l'heure à
partir de là.

Les eaux limpides, émeraude, me rappellent ma Fonteaulière. Nous n'avions pas vu de sakura depuis quelques heures, les revoilà quand apparaissent les premières maisons de Tsumago. On a croisé un sanctuaire qui rappelle un épisode sanglant de cette étape du Nakasendo. Il existe une légende dans cette région selon laquelle Shichirozaemon Tomonori Kurashina, un homme d'État clé du seigneur du château de Matsumoto, Sadayoshi Ogasawara, et ses partisans – au nombre de plus de 30 – ont été tués par un clan local alors qu'ils étaient en route pour livrer des cadeaux à Hideyoshi Toyotomi en 1586. Ce sanctuaire a été construit pour réconforter l'esprit de Kurashina.
Niché dans la vallée Kiso, le village de Tsumago fait partie des 69 villages étapes de la célèbre route de Nakasendō. Lors du shogunat du clan Tokugawa, 5 voies commerciales furent construites pour atteindre Tokyo, la nouvelle capitale. Toutes ces routes avaient comme point commun le kilomètre 0 situé sur le pont Nihombashi à Tokyo. De ces 5 voies, les Go-kaidō, deux allaient de Tokyo à Kyoto : le Tōkaidō et le Nakasendō.
Au centre du village, on emprunte un rue qui est resté en l'état , elle n'est pas droite et fait un angle à 90° . Ce point de détail n’est pas sans rappeler un aspect défensif que l’on peut retrouver dans l’architecture les châteaux japonais et le système des masugata. Cette coupure à 90° permet de rendre aveugle l’attaquant et de permettre aux défenseurs de contrer les attaques.
Il se fait tard, hélas, et nous ne pourrons pas profiter longtemps de Tsumago. Nous devons prendre le bus dans 10 minutes, sur la dérivation goudronnée qui contourne le village. Le bus nous pose à la gare de Nagiso. Nous achetons quelques gateaux délicieux et montons dans le train local à 12h33 qui nous pose à Nakatsugawa à 12h 54. Le train Shimano 10 de 13h 06, nous pose à Nagoya à 14h01 où nous montons dans Kodami 728 qui arrive à Odawara à 16h09. Pour aller à notre ryokan, Hakone Pax Yoshino, nous prenons le bus (assez marché pour aujourd'hui). Nous retenons le diner pour 19h.







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