Dernière soirée à Kyoto. Nous avons écourté la journée à cause du vent glacial. Douche chaude, farniente sous les futons. 17h, on ne résiste pas à l'happy hour, prosecco mais je persuade le groupe qu'on ne peut finir le séjours sans aller traîner la nuit à Pontocho et Gion. Nos valises sont prêtes qui partirons grâce au takkyûbin (expédition / livraison rapide à la maison"). Il fut inventé par la société Yamato en 1973. Ce service de livraison en porte à porte pour tout type de plis et colis est très populaire au Japon et s'avère très pratique pour le transit de bagages des voyageurs. En effet, on ne voit jamais un japonais, prendre le train avec une lourde valise. Il voyage avec un bagage léger et la valise l'attend à l’hôtel ou à la maison. Le réceptionniste de l’hôtel, prend nos bagages, nous aide à remplir les imprimés et les valises nous attendrons dans 3 jours à l’hôtel à Osaka. Difficile de convaincre le groupe de ressortir mais vers 19h30 nous attendons le bus qui va nous poser au début de Pontocho. Pontocho est une célèbre allée piétonne typique de 500 mètres de long située entre les avenues Shijo-dori et Sanjo-dori, parallèle à la rivière Kamo-gawa face à Gion. Bordée de nombreux restaurants et bars, elle est réputée pour sa vie nocturne animée et ses bonnes adresses pour dîner. C'est aussi un quartier de Geisha historique de la ville. Nous y sommes venus le premier jour, après avoir déjeuné au marché de Nishiki.
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Sympa aussi le hanami la nuit... Il y a beaucoup de monde dans Pontocho, une foule jeune, fêtarde. les premiers restaurants où nous tentons notre chance sont complets, il faut s'inscrire sur une liste d'attente. Je suis tenté par un resto de sushis alors que le reste du groupe préférerait manger autre chose. On tente séparément notre chance, pour les sushis l'attente est très longue, je me range à l'avis du reste de la troupe.Pontocho est une sorte de boyau étroit, des lanternes, beaucoup de monde qui va de resto en resto, beaucoup de bars aussi.
On finit par s'installer dans un petit resto, le cuisinier s'active dans un mini-espace, le serveur et la patronne organisent efficacement le service , on mange un plat traditionnel que je ne peux décrire mais c'est bon, l'ambiance est souriante, beaucoup de bruit mais endroit sympathique.

En sortant, on pousse jusqu'à Gion Corner. On remarque ce batiment à la brillante architecture baroque , achevée en 1926 et conçue par le célèbre architecte « William Merrell Vories » .En 1945 c'est devenu un célèbre restaurant chinois « Tōka Saikan ». Il possède le plus ancien ascenseur existant au Japon et le même charme élégant qu'au jour de sa construction, avec une salle privée d'époque. Autre très bel édifice, le Minami Za : Le plus ancien théâtre de Kabuki du Japon propose ici depuis 400 ans des spectacles de cet art dramatique japonais. Ils ont lieu tout au long de l’année, mais c’est du 1er au 25 décembre que se tient le festival Kaomise, auquel participent de grands acteurs de kabuki. L’adresse est la plus fréquentée de la ville pour ce genre de spectacles. Le théâtre actuel hérite de la conception du bâtiment original construit en 1929. Le pignon (toit) de l'extérieur montre une apparence majestueuse qui est unique à la période japonaise Momoyama (fin du XVIe siècle - début du XVIIe siècle). À l'intérieur, le style architectural japonais (plafond pliant) s'harmonise de manière exquise avec le style Art déco incorporé dans l'éclairage, y compris les lisses, ce qui donne lieu à une structure artistique très appréciée à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
Le Kabuki est une forme de théâtre traditionnel japonais qui a vu le jour à l’époque Edo, au début du dix-septième siècle, où il était particulièrement prisé des citadins. Joué à l’origine par des hommes et des femmes, il a été par la suite interprété par des troupes exclusivement masculines, tradition qui a perduré jusqu’à nos jours. Les acteurs spécialisés dans les rôles féminins sont appelés onnagata. Il existe deux autres grands types de rôles : l’aragoto (style violent) et le wagoto (style doux).
Les pièces de Kabuki illustrent des événements historiques et le conflit moral lié aux relations affectives. Les acteurs s’expriment d’une voix monotone et sont accompagnés d’instruments traditionnels. La scène est équipée de divers dispositifs tels que des plateaux tournants et des trappes par lesquelles les acteurs peuvent apparaître et disparaître. Une autre spécificité du Kabuki est la passerelle (hanamichi) qui s’avance au milieu du public.
Le théâtre Kabuki se distingue par sa musique particulière, ses costumes, ses machineries et ses accessoires, ainsi que par son répertoire, un style de langue et de jeu, tel le mie, où l’acteur se fige dans une pose caractéristique pour camper son personnage. Le kesh¯o, le maquillage propre au Kabuki, est un élément de style aisément reconnaissable, même par ceux qui sont peu familiarisés avec cette forme d’art.
Gion la nuit nous surprend. On remarque des jeunes femmes qui descendent de taxis. Nous ne croisons pas de geishas mais des jeunes femmes, très maquillées, au coin d'une rue, un love hotel... le quartier deviendrait-il chaud?
Les touristes sont parfois lourdauds et la ville de Kyoto a pris des mesures : Les ruelles du quartier de Gion pourront être empruntées uniquement par les résidents et clients des geishas. À l’inverse, la rue principale n’est pas concernée par cette interdiction. Elle restera ouverte aux locaux et aux touristes.
Les autorités ont pris cette décision en réponse aux comportements déplacés de certains touristes. Les geishas seraient dérangées par des voyageurs « incontrôlables ». Le conseil local de Gion aurait même remarqué « une recrudescence » de ce type de faits et a demandé à Kyoto de prendre des mesures fermes contre ce harcèlement.
Nous reprenons le bus pour rentrer à l'Intergate. Demain, train pour Hiroshima.

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