"C'était étrange
Est-ce qu'il allait neiger des anges
Les gens guettaient dans un mélange
D'inquiétude et d'amusement
Et brusquement
Il y eut un éclair aveuglant
Et dans un souffle incandescent
Les murs se mirent à trembler
Que s'est-il passé?
J'y comprends rien
Y'avait une ville
Et y'a plus rien" Claude Nougaro
Après 6 journées complètes, le moment est venu de quitter Kyoto. C'est une ville extraordinaire, multiples et il faudrait y passer une ou deux journées suplémentaires pour en faire le tour. Elle me laisse une impression fabuleuse, un peu comme Bagan en Birmanie, où nous sommes allés 4 fois ou Ispahan en Iran, où nous risquons de ne jamais retourner. Nous nous sommes levés tot pour avoir le temps de trouver notre train.
Nous prenons le métro jusqu'à la gare puis c'est le dédale de couloirs pour aller jusqu'à notre plate-forme. Nous avons 20 minutes de battement. Notre train est un train direct Hikari 533 qui part de Kyoto à 8h01 et arrive à Hiroshima à 9h56. Le shikansen a une gueule de crocodile. Notre hotel est le Mitsui Garden Hotel Hiroshima. En sortant de la gare, on prend un bus Eki Machi Loop Bus et notre hotel se trouve sur une avenue très large, Heiwa Odori avec 2 contre-allées, il est Situé à 10 minutes à pied du parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima.La ville est très moderne, larges avenues, très arborées, buildings ultra-modernes.
Nous arrivons à la hauteur du Musée du mémorial de la Paix de Hiroshima. Le musée du Mémorial de la paix de Hiroshima expose principalement des objets qui ont subsisté après le bombardement atomique, afin de faire connaître la dure réalité de l'époque et les dangers des armes nucléaires. Nous nous limiterons à la visite des différents monuments sans visiter le musée. Les pays en guerre se livrent à une course à l'arme atomique depuis plusieurs années. Le projet Manhattan, auquel participent plusieurs scientifiques de renom, permet aux Américains de faire sauter une première bombe atomique à titre expérimental le 16 juillet 1945, dans le désert du Nouveau-Mexique. Après le rejet par le Japon d'une offre de reddition sans conditions, les Américains procèdent au largage d'une bombe de 20 kilotonnes sur Hiroshima, une ville de 250 000 habitants. Larguée par le B-29 Enola Gay le 6 août, l'arme tue plus de 80 000 personnes instantanément et ravage une grande partie de la ville. Une autre bombe atomique, dont les effets sont dévastateurs, s'abat sur Nagasaki le 9 août. Son explosion survient peu de temps après l'annnonce de l'entrée en guerre de l'URSS contre le Japon, le 8 août. Ces événements incitent le Conseil impérial et l'empereur à capituler le 14 août, mettant ainsi fin à la Deuxième Guerre mondiale.
En face du Genbaku Dôme, entre les deux bras (Hon et Motoyasu) du fleuve Ōta, le Parc du Mémorial de la Paix (appelé aussi Parc de la Paix) s'étend sur 12 hectares. Il fut conçu entre 1950 et 2002 par l'architecte et urbaniste Kenzo Tange (1913-2005) afin de commémorer les victimes du bombardement de Hiroshima.
Le cénotaphe de la paix ( heiwa kōen ireihi ) fut inauguré en mars 1952. Il devait initialement avoir la forme d'une cloche de bronze
traditionnelle (un dōtaku) dessiné par un artiste américano-japonais....
mais la nationalité de ce dernier fit qu'on lui refusa le
projet. Finalement le cénotaphe fut conçu par Kenzo Tabe, et ce dernier conserva l'idée originale du projet.Il s'inspira de la forme des haniwa à savoir un U renversé. La première arche du cénotaphe fut construite en béton mais, avec le
temps il s'est détérioré. Le "haniwa" actuel, refait en 1985, est en
granite. Dans le même alignement, il y a successivement le cénotaphe, la flamme et le Genkaku Dome.
L'ensemble, arche et flamme, est entouré d'eau afin que les âmes des victimes trouvent refuge selon la croyance shinto.L'eau c'est aussi ce que les victimes demandaient. "A boire, à boire"...Et puis il y eut la Pluie Noire, chargée de poussières hautement radioactives qui ont contaminé les hommes et la terre.Nous sommes devant une statue commémorant le 15e anniversaire de la fin de la guerre et une prière pour la paix.
Dans un champ de ruines, Tatsuo Yamamoto, soldat de l’armée japonaise,
tente de retrouver son oncle. Devant la boutique détruite, le soldat trouve un débris encore enflammé et s'en sert "pour allumer un hibachi, petit brasero souvent utilisé à l’époque pour se réchauffer les mains"
Pour honorer la mémoire de son oncle, Tatsuo Yamamoto ramène cette
torche dans son village, qu’il alimentera pendant 23 ans, nuit et jour. La Flamme pour la Paix est différente :
Cet objet en forme de paume tourné vers le ciel symbolise la paix
durable dans le monde entier et la disparition d’armes nucléaires. La
flamme a été allumée le 1er août 1964 et restera allumée jusqu’à ce
qu’il n’y ait plus d’armes nucléaires au monde. La flamme vient d’un
temple situé au sommet du Mt Misen de l’île Miyajima où nous grimperons demain.Cette flamme est
considérée comme sacrée car elle a été allumée par un grand moine
Kukai, il y a plus de 1200 ans et elle ne s’est jamais éteinte depuis.
Le
monument de la paix des enfants, au sein du Parc du mémorial de la paix
à Hiroshima, rend hommage à une fillette morte des suites du
bombardement atomique : Sadako Sasaki. Et à travers elle, à tous les
enfants disparus dans la tragédie.
Le monument de la paix des enfants de Hiroshima a été érigé en 1958. C'est une structure de forme oblongue, de 9 mètres de haut, qui comporte une stèle sur laquelle sont gravés ces mots : "Ceci est notre cri, ceci est notre prière, pour bâtir un monde de paix". À l'intérieur se trouve une cloche et des origami en forme de grues, symboles de la paix, qui tintent au gré du vent. Le monument est dominé par une statue de bronze, celle de Sadako Sasaki. Cette fillette japonaise atteinte de leucémie à la suite de l’explosion de la bombe avait entrepris de réaliser, sous l'impulsion de sa meilleure amie Chizuko, mille grues en origami afin de réaliser son vœu de guérison. Malheureusement, elle est morte avant d’avoir pu achever sa tâche en ayant réalisé seulement 644 grues. Les élèves de sa classe ont terminé ce qu'elle avait commencé et son histoire a fait de la grue en papier un symbole de la paix.
Depuis, tous les ans, des enfants du monde entier plient des grues et les envoient à Hiroshima. Les origamis sont disposés autour de la statue.
Face à nous, sur l'autre rive, le Dôme de Genbaku, fut le seul bâtiment à rester debout près du lieu où
explosa la première bombe atomique, le 6 août 1945. Il a été préservé
tel qu'il était juste après le bombardement grâce à de nombreux efforts,
dont ceux des habitants d'Hiroshima, en espérant une paix durable et
l'élimination finale de toutes les armes nucléaires de la planète. C'est
un symbole dur et puissant de la force la plus destructrice que l'homme
ait jamais créée, qui incarne en même temps l'espoir de la paix. Au-delà de sa valeur esthétique ou architecturale, la signification la
plus forte de la structure du Mémorial de la paix d’Hiroshima réside
dans le symbole qu’il représente. Cette structure silencieuse est le
squelette des vestiges du Hall de la promotion des industries de la
Préfecture d’Hiroshima (construit en 1914).
Le tertre funéraire de la Bombe-A est situé près de ce qui fut, à
l'origine, le temple Jisen-ji. Après l'explosion, des milliers de corps
non identifiés, certains étant charriés par les rivières aux alentours,
furent entassés ici, puis brûlés. En , une petite chapelle put être installée grâce à des dons. Le , la ville de Hiroshima offrit à ces victimes de la bombe une sépulture
plus décente que celle faite dix ans plus tôt dans l'urgence. Il fut
alors décidé de rassembler les ossements dispersés aux quatre coins de
la ville.
Le Cénotaphe des Victimes Coréennes de la Bombe Atomique est une colonne dressée sur la carapace d'une tortue de pierre. C'est le monument dédié à la mémoire des victimes coréennes du bombardement atomique et du prince Lee-Woo, neveu du dernier héritier de la dynastie, officier dans l'armée nippone qui périt à Hiroshima. " Ils n'eurent ni funérailles ni tombeaux, et pour des années leurs âmes furent errantes ", peut-on lire dans l'épitaphe.
Selon les estimations coréennes, il y avait 50 000 Coréens à Hiroshima au moment du bombardement : 30 000 ont péri sur le coup, 15 000 survivants sont rentrés en Corée et 5 000 sont restés au Japon. A Nagasaki, sur les 20 000 Coréens de la ville, 9 000 sont morts instantanément et 8 000 sont rentrés en Corée tandis que 2 000 sont restés. A la fin du 19ème siècle, après la guerre sino-japonaise, puis la guerre russo-japonaise, le Japon colonise progressivement la Corée. 22 août 1910 : le nouveau résident Japonais exige la signature d’un traité d’annexion. La Corée devient une colonie japonaise. Cette annexion se fait sans aucune réaction de la communauté internationale. Avec l’événement de la colonisation, le résident est remplacé par un gouverneur-général militaire avec tous les pouvoirs. Un régime autoritaire s’installe : contrôle de la presse et interdiction des regroupements politiques. La police est assurée par l’armée japonaise. Il y a une volonté d’acculturation des Coréens à la culture japonaise et surtout il n’y a que très peu de coopération entre les Japonais et les Coréens. Les Japonais ne se mélangent pas aux Coréens sur la péninsule et les Coréens vivant sur l’archipel sont victimes de discriminations. Dans les années 30, le Japon se rapproche de l’Allemagne nazie d’Hitler et met en place une politique d’acculturation et d’assimilation forcée.
Pendant la colonisation, le Japon va énormément exploiter les ressources et la production coréenne. Le Japon va moderniser les outils et les infrastructures afin d’augmenter le rendement et la production. La Corée devient l’approvisionneur en riz de l’archipel. Plus tard, le Japon va exploiter les ressources minières et industrielles de la péninsule. De nombreuses entreprises japonaises délocalisent alors leurs activités en Corée. Pendant la guerre, c’est l’industrie militaire et l’industrie d’armement qui sont priorisées. Les bienfaits de cette modernisation seront essentiellement visibles pour les Japonais et l’archipel. En réalité, les Coréens ont faim et sont largement sous-payés, même exploités.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, un STO est mis en place en Corée pour compenser la mobilisation des hommes japonais. Des millions de Coréens sont recrutés et partent pour l’archipel. En 1944, le Japon, qui refusait d’enrôler des Coréens dans son armée, n’a plus le choix. Tous les Coréens sont à leur tour mobilisés. Certains iront rejoindre les rangs de l’armée japonaise, d’autres seront envoyés dans les usines d’armement. Beaucoup prendront le maquis. Des milliers de Coréens seront victimes de la guerre, dont 70 000 à cause des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, car ils travaillaient dans les usines de la région.
Les cloches de la Paix ( heiwa no kanu) ont été créées par Katori Masahiko. La Cloche de la Paix située dans le parc fut inaugurée le tandis que celle située dans le musée de la Paix, de plus petite taille, date de 1967
La cloche de la Paix placée en extérieur présente un planisphère sur sa surface. Le son de la cloche aété enregistré enregistré lors de la commémoration du bombardement. La cloche de la Paix située dans le musée n'est placée en extérieur que pendant la cérémonie commémorative du . La cloche de la Paix située dans le parc est entourée de lotus Ōga.
D 'immenses massifs de tulipes rouges embrasent les pelouses.
Le bord de la rivière est un très beau site pour le hanami, les sakuras en fleurs sont superbes.
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