mercredi 6 septembre 2023

NORD DU VIETNAM, BAC HA, RANDONNÈE DANS LES VILLAGES DE BAN PHO

 

Après le marché de Can Cau, nous rentrons sur Bac Ha pour déjeuner. Les paysages sont superbes, des collines boisées qui se succèdent, une alternance de bois, d'arbres fruitiers, de culture, des rizières, des terrasses.

Par simple esprit de contradiction, je refuse le restaurant que nous propose Huy, notre guide, que j'ai décider de contredire pour un Huy ou pour un non. Nous choisissons plutôt un restaurant que conseille le routard, le Hoang Yen 2 au 9 Na Quang dans le centre du village. L'ambiance y est étonnante meme si la cuisine est banale mais acceptable. Au rez de chaussée, une table de 20 personnes, des viets,pas des H'Mongs, ça hurle, ça rigole et ça picole. Une sorte de jarre pleine d'alcool de riz, des coupelles que l'on rempli et que l'on boit cul-sec. Philippe et moi sommes invités à trinquer: Philippe 2 fois, moi une seule car je flaire l'embuscade. C'est du raide mais ça se boit sous les vivats et les tapes dans le dos. Nous déjeunons à l'étage. Il y a là 2 tables importantes, nous déclinons les invitations à trinquer. Ce qui frappe, c'est comme les gens mangent salement. Le sol est jonchés de nourritures, de papiers gras. Il y aura du boulot pour remettre de l'ordre en salle. Nous retrouvons Chauffeur et guide pour marcher dans la campagne autour de Bac Ha. Avant de sortir du village, je demande au guide de nous montrer le palais Hoang A Tuong.


Le palais de Hoàng A Tuong, appelé aussi "palais des rois H’mông", a été mis en chantier en 1914 et achevé en 1921. Ce sont Hoàng Yên Chao et son fils Hoàng A Tuong, de l’ethnie Tày, qui étaient les propriétaires de cet imposant ouvrage. Hoàng A Tuong était le chef du territoire de Bac Hà jusqu’à la libération de la province de Lào Cai en 1950. Le propriétaire, accusé de collaboration avec les français par les communistes, s'est exilé en France en 1953. Le palais qui s’étend sur une superficie de quelque 4.000 m², possède une architecture unique en son genre, d’inspiration euro-asiatique. Le style occidental apparaît dans les fines décorations telles que branches de laurier gravées sur la porte d’entrée et couloirs pavés. On y trouve également les caractéristiques typiques d’une forteresse.Le palais est en effet encerclé par des fortifications et chaque façade présente des portes et créneaux. La demeure n’était pas seulement la résidence familiale de Hoàng Yên Chao et Hoàng A Tuong, mais également un lieu de travail.

Le chauffeur nous dépose à la sortie de Bac Ha, nous marchons vers 2 petits villages, Ban Pho 1et 2 peuplés par des Hmongs fleurs et des Tay. Forts d’une population de 1,6 millions d’individus, les Tày constituent la tribu la plus nombreuse au Vietnam, juste après les Viet (Kinh). Ils habitent essentiellement dans les provinces montagneuses du nord Vietnam comme Lang Son, Tuyen Quang, Ha Giang, Bac Kan, Yen Bai, Thai Nguyen, Lao Cao et partiellement dans le centre comme Dak Lac. Divisés en cinq groupes, Tho, Ngan, Phen, Thu Lao et Pa Di, ils partagent avec les Thaï les caractères linguistiques du système Tay – Thaï. La tenue des femmes tay est en coton coloré par l'indigo et c'est la plus sobre des tenues des 5' ethnies qu'on rencontre au Vietnam. Les femmes portent des bijoux en argent, ont une tenue indigo  plus longue   avec une ceinture en soie, parfois en couleur vibrante.
Nous traversons un petit hameau, une vieille dame nous regarde, et les cochons se vautrent dans la fange. Les intérieurs sont très modestes.
Sinon l'habitat est dispersé. Le routard conseille d'éviter le dimanche où les groupe qui visite le marché de Bac Ha sont nombreux sur le chemin. Aujourd'hui, nous ne croisons qu'un groupe qui nous dépasse quand Catherine qui nous précède se trompe de route mais qu'on repasse plus loin car c'est un troisième age plus avancé que le notre. Les rizières sont en eau, les terrasses bien dessinées.

C'est bucolique et calme, après 2 heures, on débouche dans les faubourgs de Bac Ha.

Quand on arrive en ville, on croise un paysan qui traîne
un buffle nonchalant.

La technique de lavage des cheveux est particulière et le petit cochon laque sur sa broche.

 

 

 



 







Nous retrouvons notre chauffeur qui nous pose au marché qui se tient tous les jours dans le centre. On croise un gradé débraillé, chemise ouverte, que nous avions remarqué au restaurant et qui traverse, d'un pas martial mais incertain, la place du village avec 4 g d'alcool de riz dans le sang






Nous sortons du village, à 1km, on prend des petites routes jusqu'à une maison sur pilotis, traditionnelle de l'habitat Tay où nous passerons la nuit. L'échelle est un peu raide qui mène aux chambres avec nos valises et nos sacs. Mauvaise surprise pour Marie qui a une single. On lui propose un chambre dans un réduit très réduit, pas la place pour une valise, elle est mécontente et elle a raison mais pas de solution de rechange car c'est complet. Le site est très beau mais le régime très démocratique enseigne la bonne parole aux minorités rétives: sur la colline, un haut-parleur diffuse l'évangile du parti avec entre les slogans, une musique militaire. Imaginez la France avec Ho Chi Melanchon qui viendrait au pouvoir et qui voudrait nous laver le cerveau plus rouge que blanc.
Excellent repas, la maison est pleine, à notre table des nîmois qui ont aussi un problème de visa. On parle corrida avec des aficionados à toutes les tables, on évoque Nimeno II. Les portions sont généreuses et on goûte à toutes les spécialités du Nord. Nuit tranquille mis à part les chiens qui jappent.
Petit déjeuner avant le départ pour le marché. Le dernier né salut notre départ. Les femmes de la maison transportent nos valises sur leur petite moto jusqu'au pont où le mini-bus nous attend.









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