Retour à La Morra après la dégustation à Fontafredda, les tanins veloutés des derniers barolo « le roi des vins et
le vin des rois ». tapissent encore notre palais. Sur son promontoire, la ville domine les beaux vignobles, les alignements de noisetiers et quelques villages médiévaux. La
Morra, présente un plan en éventail. En vous
promenant dans ses rues et ruelles, vous découvrirez un peu partout des
maisons et des palais anciens qui ont parfaitement conservé leur charme
d'antan, ainsi que plusieurs églises qui ont été conçues dans le style
baroque piémontais.Catherine et moi partons pour une petite promenade digestive avant d'aller prendre un aperitivo dans une courette charmante que nous avons repéré à notre première balade dans le village. Nous montons la ruelle pentue qui mène à la piazza del Castello. On remarque le buste en marbre de Giuseppe Gabetti, compositeur du XIXe siècle du royal Mars, le premier hymne de l'Italie, sculpté par Giuseppe Realini. Nous passons devant la cave à vin Municipal, fondée en 1973
par des vignerons de La Morra. A quelques pas se trouve la L'église paroissiale de
San Martino (Michel-Ange Garove, 1699: à l'intérieur, précieux est le
retable principal représentant la Vierge et l'Enfant avec saint Martin
et saint Crispin (Giovanni Carlo Aliberti, 1715).
Juste en face l'église de la Confrérie de San Rocco désaffectée où se tient une exposition de peinture avec quelques beaux portraits de femmes..
Nous partons pour Alba le lendemain matin par le chemin des écoliers. Nous allons admirer la chapelle del Barolo.
À 2 km au sud de la Morra se trouve une église assez inhabituelle : la Capella del Barolo, un symbole d’art futuriste. Sa façade ludique et colorée se découpe merveilleusement contre les vignobles. Elle se trouve au lieu- dit Fontanazza, On prend une petite rue à gauche en descendant la rue qui contourne la vieille ville, l'asphalte s’interrompt pour laisser place à un chemin caillouteux en pente et en lacets et la chapelle apparaît. Elle fut construite en 1914. Ce n'était plus qu'un tas de ruines quand la famille Ceretto, riches producteurs de Barolo et propriétaire du restaurant d'Enrico Crippa à Alba, Piazza Duomo, l'achète en 1970. Les Ceretto confient la restauration à Sol Lewitt et David Tremlett.
Sol Lewitt est le concepteur du "Wall Drawing". Sa démarche conceptuelle étant plus importante que l'œuvre créée, il mettra en place un système de certificats d'authenticité accompagnés d'un diagramme permettant à des assistants, collègues artistes, collectionneurs ou employés de musées d'exécuter eux-mêmes les œuvres murales. Il s'explique en disant: « Une fois que l'idée de l'œuvre est définie dans l'esprit de l'artiste et la forme finale décidée, les choses doivent suivre leur cours. Il peut y avoir des conséquences que l'artiste ne peut imaginer. Ce sont des idées qui sont à considérer comme des travaux d'art qui peuvent en entraîner d'autres… » Les Wall drawings réalisés par des exécutants préservent leur autonomie par la fidélité d’exécution de l'œuvre liée aux directives mises en place par l'artiste. « est une installation permanente même détruite. Quand quelque chose est fait (dans l'esprit) il ne peut être défait » écrit l'artiste dans « Sentences ». On aurait aimé admirer aussi le travail de David Tremlett mais contrairement à ce qu'affirment les guides, la chapelle est fermée. La vue sur les collines couvertes de plans de nebbiolo est superbe avec les villages perchés au sommet et les tours et les .clochers. Les Ceretto sont incontournables dans les Langhe:
"C'est l'amour qui nous guide dans chacun de nos choix : dans les vignes que nous cultivons, dans les caves où mûrissent les vins, à la campagne où nous vivons, sur les calèches où nous nous promenons avec nos enfants aux beaux jours d'hiver.Nous sommes producteurs de vin depuis 1937. Au cours des vingt dernières années, nous avons entrepris un voyage pour rendre notre agriculture plus durable pour l'environnement, ce qui nous a conduit à obtenir la certification biologique en 2015. Avec Enrico Crippa, chef, nous sommes le fondateur membres du restaurant Piazza Duomo, le seul restaurant trois étoiles Michelin du Piémont.Nous sommes mécènes, nougatiers, conteurs, cavistes.Nous sommes animés d'une curiosité éclectique sans bornes, mais il y a toujours une méthode dans notre folie : tout est au nom des Langhe."
Alba n'est pas loin, c'est un peu difficile de rentrer en ville avec un centre piétonnier fermé aux voitures, on tourne plusieurs fois autour de la cathédrale avant de se résoudre à poser notre véhicule et à nous rendre à l’hôtel de Piazza Duimo à pied. Le repas est une somptuosité dont je parle par ailleurs mais avant la table, petit tour dans cette petite ville entièrement dédié à la table. https://www.lemounard.com/2023/07/alba-piemont-piazza-duomo-la-sublime.html
Petite promenade dans le centre historique en commençant par la cathédrale. Dédié à saint Laurent, le Duomo d'Alba est une reconstruction de 1486 d'un précédent édifice roman. La nouvelle structure en style gothique lombard conserve cependant les trois portails romans et le clocher du XIe siècle. La façade a été reprise au XIXe siècle.
En début d 'après midi, les rues sont presque désertes mais je suis subjugué par la beautés et la diversités des commerces de bouches, charcuteries piémontaises avec un lard gras presque translucide couvert de lamelles de truffes d'été, fromages de pays bardés de truffes aussi, immenses bocaux pleins de cèpes bouchons au vinaigre, les plus beaux flacons de barrolo, de barbaresco, de dulceto ou de barbera, les pâtisseries, les nougats du Pièmont...
L’église de Maddalena dans le style baroque piémontais. Elle abritait autrefois les restes de la bienheureuse Marguerite de Savoie. Sur les murs d'un palais pas trop bien rénové, on distingue cette frise de bas reliefs sculptée
Autre belle église, San Domenico. L'église gothique est construite au tournant des XIIIe et XIVe siècles. Dans l'église à trois nefs, il y a des fresques et un magnifique tombeau de la Renaissance.
Le samedi, en retournant à La Morra, nous visitons Cherasco dont la réputation gastronomique est l'escargot. Napoléon qui n'était encore que Bonaparte signa ici un traité de paix avec la maison de Savoie. L’armistice de Cherasco est signé le 2_ avril 1796. Le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III se retire de la Première Coalition (dans laquelle restent seulement l’Angleterre et l’Autriche). Les places fortes d’Alexandrie, de Coni et de Tortone
sont livrées aux Français. Des approvisionnements de vivres,
d’habillement, d’armes et de munitions sont accordés et aussi la libre
circulation des troupes dans tout le Piémont.Napoléon Bonaparte, en deux semaines, en mettant le royaume de Sardaign eà genoux, a réussi là où ses prédécesseurs avaient échoué en quatre ans d’efforts.Ce traité fut signé dans le palazzo Salmatoris que nous visitons.
Le Palazzo Salmatoris, au cœur de Cherasco, est un bâtiment historique datant des années 1600 et embelli, agrandi et remodelé plusieurs fois au cours des siècles, ses chambres ont été élues à plusieurs reprises comme résidences par la cour de Savoie. Ici la paix de 1631 fut signée, le Saint Suaire enlevé de Turin en 1706 y fut entreposé un temps
Nous concluons nos visites par la cantina communale di La Morra, où nous achetons quelques bArolo conseillés par le sommelier d'Enrico Crippa. Bon carpaccio de veau aux truffes d'été et excellents tajarin à la truffe au restaurant le Vigne Bio face à l'église paroissiale de La Morra;
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