vendredi 9 juin 2023

VIETNAM, L' ANNAM, HOI AN, LA VIEILLE VILLE

 


 


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 Le vol Saigon-Danag est sans histoire, Arrivée vers 22h, le chauffeur nous attend, il ne parle ni anglais, ni français mais il est souriant et sympathique, 40 minutes pour arriver à l'hotel Cozy Savvy Boutique Hotel à Hoi An. Il n’est pas situé dans la vieille ville mais il est à peine distant de 800 mètres du fameux pont japonnais qui marque l'entrée  dans l'ancienne ville portuaire. Il est situé à Cam Pho un quartier avec de nombreux hôtels et des  galeries d'art qui se trouvent le long de la rue Ba Trieu, qui exposent des œuvres d'artistes locaux, régionaux, nationaux et internationaux.  C'est un hotel très agréable avec de bons équipements, des chambres spatieuses, une piscine sur le toit. Quand on arrive, vers 23h, le réceptionniste est noyé dans un verre d'eau: nous sommes 7, 2 autres touristes arrivent derrière nous, notre journée a été longue et très occupée et nous devons lui dire de nous installer avant de s'occuper des formalités, passeports et tout ce que l'administration tatillonne et communistes impose à l'économie libérale. Petit déjeuner très agréable à 8h30, beaucoup de possibilités pour les gros mangeurs matinaux que nous sommes avec Philippe, le pho, bien sur, les ananas très sucrés, les œufs, un personnel charmant et pas débordé. Notre guide se présente, il s'appelle Tu, un brin obséquieux, très poli, 70 ans bien sonné, il était étudiant à Hué pendant la guerre ce qui était un bon motif pour ne pas être enrôlé dans l'armée ou s'engager dans la guerilla pro-communiste. Il nous avouera que c'était bien car beaucoup de garçons étaient au front ce qui laissait beaucoup de possibilités aux garçons qui restaient à l'université pour draguer.

Le chauffeur nous laisse à quelques pas de la vieille ville: les filles veulent aller chez une couturière. On visite un atelier très important où les cars de touristes se succèdent mais les filles ont une adresse qui semble moins passe-partout où nous irons demain soir après le cours de cuisine. Déception, le pont japonais est en travaux, ceinturés et masqués par les échafaudages. On peut malgré tout le traverser mais les images montrent qu'il est superbe quand la vue est dégagée. 

 

Le pont couvert japonais à Hoi An est un bel exemple de l’architecture japonaise de l’époque. Reliant la rue Tran Phu à la rue Nguyen Thi Minh Khai, le pont couvert japonais a été construit dans les années 1590 par la communauté japonaise de Hoi An, afin de créer un lien avec les quartiers chinois de l’autre côté du fleuve. On doit payer un droit d'entrée pour traverser le pont et accéder au temple à l’intérieur. Ce pass ( 120.000 vnd )  donne accès à cinq attractions.

Les français avait aplani la chaussée pour que leurs voitures puissent traverser le pont sans problème. En 1986, on a remis le pont dans son état initial de pont bossu pour respecter cet héritage du passé. Le pont date du quand Hoi An était un important port de commerce. On y échangeait des épices, de la soie, il s'y confrontaient des styles et d’idées. Des marchands venaient du monde entier pour commercer ici, principalement des Chinois, des Néerlandais, des Portugais et des Japonais. Quand beaucoup de ces marchands ambulants ont commencé à s’installer à Hoi An, ils ont construit des maisons, des salles de réunion, des sanctuaires et des pagodes pour rassembler leurs communautés. La plupart des monuments sont encore en place.

 Le pont fut construit en 3 ans ( 1593 – 1595 ). Il mesure 18m de long et 3m de large.Le pont représente le corps d’un monstre s’appelant Cu en Vietnamien dont les parties sont éparpillés avec la tête en Inde, la queue au Japon et bien sûr le corps à Hoi An et c’est pour garder l’esprit de ce qui ressemble à un dragon que la pagode fut construite. On  dit que le pont japonais bloque le dos de Cu, empêchant les tremblements de terre et autres calamités. Sur le pont, se dresse un pagodon dédié à 2 personnages de légende Dai De et Tran Vu.

A chaque extrémité, un couple de singes et des chiens car la construction a commencé l'année du Singe pour finir l'année du chien.
Le pont japonais comprend deux parties: le pont couvert et la pagode qui sont tous en bois. La porte de la pagode est sculptée avec trois mots Lai Van Kieu qui auraient été gravés par le roi Nguyen Phuc Chu lors d’une visite à Hoi An en 1719.Bien que ce site soit une pagode, aucune statue de Bouddha ne s'y trouve. Au centre de la pagode on peut voir une statue en bois d’un génie du nord Tran Vo Bac De. Les Vietnamiens croient que ce génie peut apporter le bonheur, la chance et les moments agréables de la vie. Bien qu’elle fut construite par les Japonais, elle possède des traits architecturaux des Vietnamiens, mais c4est aussi un bel exemple de l’architecture japonaise de l’époque. La pagode été rénovée plusieurs fois.



En fait, la vieille ville se résume à 3 rues parallèles à la rivière. La ville présente un ensemble bien préservé de 1 107 bâtiments à ossature de bois, avec des murs en briques ou en bois. Les maisons ont des toits de tuile et les composants de bois sont gravés de motifs traditionnels. Elles sont alignées en rang serré le long d’étroites rues piétonnes. Nous entrons dans la maison Phung Hung datant de de 1780 et appartenant à la 8è génération d'une famille de marins. "L'ancienne maison de Phung Hung est une maison commerciale typique des zones urbaines du Vietnam au 18ème siècle, avec son mélange unique de styles architecturaux vietnamiens, japonais et chinois. La bâtisse repose sur un ensemble de 80 piliers en bois de fer reposant sur une base de marbre. Chaque colonne repose sur une base en forme de lotus afin de minimiser l'affaissement et l'humidité de la maison et d'empêcher les termites de l'endommager. Une structure incroyable qui est sans doute le secret de sa si longue longévité."

"On apprécie particulièrement le mobilier en bois précieux : commodes, vaisselier, armoires, tables, chaises, salons … et alors on tente d’imaginer le luxe et le raffinement que cela devait être lors de sa construction.

L'ancienne maison de Phung Hung est une magnifique combinaison des trois styles d'architecture: le Vietnam, le Japon et la Chine. Vous noterez que son balcon et son système de porte s’inspire de l'architecture chinoise. Le toit est quant à lui est inspiré de l'architecture japonaise alors que le reste avec des nervures en bois, des poutres, des espars et un toit à double sens traditionnel à l'avant et à l'arrière a été inspiré par le style vietnamien. Les différents étages sont conçus dans deux styles différents: le style japonais du toit à quatre côtés peut être perçu au rez-de-chaussée et le design chinois des toits de forme ronde qui reflètent une carapace de tortue est présent à l'étage supérieur."




"À la saison des pluies, Hoi An étant exposée aux inondations, la porte à volets qui communique avec la mansarde pour transporter les marchandises à l'étage présente une conception intelligente pleine de bon sens. Afin de donner à la maison l'espace de vie le plus confortable qui soit, toutes les portes utilisées sont de type supérieur, mais celui du bas est facilement amovible. On remarquera l’ingénieuse ventilation avec l’agencement des tuiles en forme de yin et de yang qui permet à l'air de bien circuler notamment l’été lors des grosses chaleurs. Autrefois, le rez-de-chaussée était consacré au commerce, c’était le magasin. Aujourd’hui, il s’agit du salon de la famille, élégamment meublé d’armoires en bois ancien contenant de nombreux objets et biens précieux de la famille transmis de génération en génération. Le deuxième étage est maintenant réservé au culte des ancêtres de la famille et de la Sainte Mère Thien Hau. Dans la vieille maison, vous trouverez également divers objets d'artisanat de bon goût qui reflètent la culture et la tradition du Vietnam. Sur la table, devant l'autel des ancêtres, vous remarquerez un bol avec sept dés en marbre. Le propriétaire, très superstitieux, utilisait les dés pour décider du moment du départ avant ses lointains voyages. Vous pouvez également admirer de nombreux dessins sculptés par des menuisiers du  village de Kim Bong dans la région."

 


 Hoi An est la ville des lanternes.  Certains locaux émettent l’hypothèse que les lanternes etaient un produit de coopération entre la culture de la Chine et celle du Vietnam.Aujourd’hui, les lanternes-lampion sont un produit d’artisanat traditionnel des habitants à Hoi An. Elles possèdent une signification particulière pour les locaux. Ils croient que les lanternes suspendues devant chez eux apportent la bonne santé, la chance, le bonheur et la richesse de leur famille. Traditionnellement, les ingrédients principaux pour fabriquer les lanternes de Hoi An sont le bambou et la soie. Cependant, aujourd’hui, on peut voir des lanternes fabriqués à partir de fibres de nylon, de carton, de papier,… Les lanternes à Hoi An sont présentes sous de multiples formes : en forme de diamants, de lotus, de triangles, d’ailEs,… Elles apparaissent dans tous les coins de Hoi An. Outre les versions traditionnelles, les lanternes pliables sont un choix pratique pour les visiteurs parce qu’il est facile de l’emporter.  Il y a plus de 30 ateliers des lanternes à Hoi An.


Nous flânons au hasard des rues. Nous découvrons cette vieille plaque en français, presque effacée. Un vestige de la colonisation de l'Annam


Nous visitons la maison Tan Ky. "La maison ancienne de Tan Ky a été construite il y a près de deux siècles par un commerçant chinois et sept générations ont depuis habité cette demeure de charactère. C’est l’une des maisons la plus ancienne et la mieux conservées de Hoi An, et aussi la première à être classée vestige historique et culturel national en 1985. La famille Le avait jadis construit la maison de façon à ce que la façade avant de celle-ci s’ouvre sur la rue commerçante. La façade arrière s’ouvrait sur la rivière Thu Bon afin de faciliter les entrées et les sorties de marchandise. La plupart des maisons des commerçants de Hoi An fonctionnaient ainsi. Un incendie ravagea en 1894 la toiture en grande partie mais la famille très attachée à cette demeure entreprit les travaux nécessaires malgré quelques difficultés financières. En ce temps-là, le commerce n’était plus aussi florissant à Hoi An. L’ensablement de la rivière avait sonné le glas des activités marchandes de Hoi An. Les commerçants lui préférant les eaux profondes du port de Danang."

 "Mariant avec subtilité et élégance des éléments vietnamiens, japonais et chinois, à une époque où les trois communautés vivaient et commerçaient ensemble à Hoi An, la maison ancienne de Tan Ky représente avec force certains traits complexes de la philosophie orientale. Particulièrement, si on observe sa structure triple plateau qui symbolise le ciel, la terre et les humains. Quant aux cinq blocs ronds et plusieurs sculptures décoratives sur le bord du toit et des meubles, ils symbolisent les 5 éléments en philosophie orientale que sont : métal, bois, eau, feu et terre. Vous remarquerez que plusieurs belles colonnes, 32 au total en bois de fer. Si la structure est façonnée par le style Japonais avec le toit à 4 pans et le toit du salon en forme de carapace de crabe, soutenu par trois poutres. Des poèmes chinois en nacre incrustée ornent les colonnes qui soutiennent la structure. Sous le plafond en crabe, on voit également des sculptures élégantes de sabres croisés enveloppés dans du ruban de soie. Les sabres symbolisent la force alors que la soie représente la flexibilité. Les caractères chinois de ces panneaux de 150 ans sont entièrement formés d'oiseaux gracieusement représentés dans diverses positions de vol."

Retour dans les 3 rues, beaucoup de fleurs, de parfums.
Nous visitons une autre maison qui relate la vie de Hoi An au temps de la prospérité avec une accumulations d'outils, d'instruments de musique, de materiel de peche, des nasses et des filets, des paravents...chinois.



Retour dans la rue puis visite du temple Phuc Kien. À l’origine, le temple de Phuc Kien était une pagode au toit de chaume appelée Kim Son, construite par les Vietnamiens vivant à Hoi An en 1692 et était destinée à l’adoration de Bouddha. La pagode fut balayée par une puissante tempête et en sa place le temple Phuc Kien fut construit en 1697 par des familles originaires du Fujian en Chine qui vinrent s’établir à Hoi An pour profiter de la prospérité de ce port marchand qui jadis était sur les routes commerciales maritimes entre la Chine, l’Asie du Sud-Est, l’Inde, le Moyen Orient mais


également l’Europe. Certaines de ces familles, de la dynastie Ming, fuyaint elles les Mandchous qui les persécutaient. Originalement, sa fonction était de servir de salle de réunion traditionnelle pour ces familles appelée « maison communale de la congrégation du Fujian». D’ailleurs, Phuc Kien fait partie des cinq maisons communales appartenant à la communauté chinoise de Hoi An. Une communauté qui aime se rassembler souvent selon sa province d’origine. Dans le but de s’unir pour commercer, d’assistance mutuelle lorsqu’ils ont des problèmes, les communautés chinoises ont établi leurs propres salles de réunion.
. En se baladant dans le temple, On sent le parfum entêtant des innombrables spirales d'encens brûlant accrochées au plafond. On peut en  acheter une  et  faire un vœu que l'on écrit sur une petite affichette qui est attachée à la spirale.



 









 

     Le temple de Phuc Kien est dédié à la déesse de la mer, Thien Hau, afin de s’attirer les bons génies de la mer puisque les commerçants chinois du Fujian vivaient essentiellement du commerce maritime. On distingue deux personnages protecteurs : Thien Ly Nhan, au visage vert, dont la vue porte à mille lieux, et Thuan Phong Nhi, au visage rouge, dont l’ouïe porte à mille lieux.

"Dans une arrière-cour, on peut admirer trois beaux autels. L’un est consacré aux trois seigneurs de la Fertilité, avec 12 sages-femmes célestes, une pour chaque mois de l'année, veillant sur le bon développement de chaque fœtus et de chaque enfant et lui enseignent la façon de bien se comporter. L’autre est consacré au génie de la fortune et le dernier autel est l’autel des ancêtres des fukienois."

" La fontaine en mosaïque à l'intérieur de la première salle porte une sculpture en poisson, symbole de la réussite. Outre le poisson, il existe d'autres animaux tels que le dragon, la licorne, le phénix ou la tortue etc. Tous ces animaux signifient différentes caractéristiques de la culture chinoise. Le dragon est le symbole du pouvoir et la tortue symbolise la longévité, quand la licorne est un symbole de la connaissance et le phénix représente la noblesse."

Nous quittons le temple, la visite est très intéressante mais le monument n'est pas, pour mon esthétique, réellement beau. Les couleurs sont agressives, tout est outrance.

 

Dans la rue, une vendeuse de fruits essaye surtout de monnayer les photos que prennent les touristes.
  Nous retrouvons notre chauffeur qui nous conduit à My Son. Nous déjeunerons en route. My Son est l'ancienne capitale du royaume du Champaqui qui régnait sur la région du IVème au XIIIème siècle avant que les viets ne s'y installent.




 


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