Nous quittons Sadec vers midi ,notre vol Saigon-Danang est retardé de 3 heures, ce qui nous laisse le temps de visiter le musée de la médecine traditionnelle vietnamienne à Saïgon. Nous avons pris un bon petit déjeuner, Wu nous fait faire un arrêt sur un vaste complexe sur la route, de très beaux jardins avec des bassins, des petits ponts de bois et une nourriture aseptisée, sans intérêt dans un pays où la gastronomie est riche, variée, mais en général artisanale avec des cuisine pas toujours rutilante. Pas d’intérêt nous mangerons ce soir dans un lieu plus authentique.
La fin du parcours est très embouteillée et nous progressons lentement dans Saïgon. Le musée Fito ou musée de la médecine traditionnelle vietnamienne est situé 41, rue Hoang Du Khuong, quartier 12, 10eme arrondissement dans une maison traditionnelle très ancienne. C'est un musée privé fondé en 2004 par un pharmacien Le Khac Tam, chercheur et collectionneur, pour promouvoir et préserver les traditions médicales du Vietnam. Le musée FITO se compose de 18 salles au charme distinctif, réparties sur 6 étages. Les salles sont construites dans le style de l’architecture traditionnelle des maisons anciennes, avec des toits en tuiles, des colonnes en bois et des sols en briques cuites. Cette visite nous permet de découvrir l’architecture ancienne du Vietnam.
La médecine traditionnelle vietnamienne remonte à des milliers d’années mais garde encore de nombreux adeptes aujourd'hui. Le climat tropical humide assure la croissance de nombreuses espèces botaniques. Ce musée est un lieu incontournable pour qui s’intéresse à la médecine traditionnelle sino-vietnamienne.
Pour moi qui suis un adepte inconditionnel de l'allopathie et d'une médecine basée sur des investigations scientifiques, j'apprécie la visite de cette maison ancienne où le temps semble s’être arrêté à l'époque de Hai Thuong Lan Ong Lê Huu Trac (du 18e siècle), le premier maître de la médecine traditionnelle nationale.
Le lieu est dédié aux deux fondateurs du métier, Tuê Tinh et Hai Thuong Lan Ong. Tuệ Tĩnh ( 1330– 1389), également connu sous le nom de Lê Đức Toản , était un moine, médecin et écrivain bouddhiste vietnamien. Fondateur de la médecine traditionnelle du VietnamTuệ Tĩnh passa ses dernières années en Chine, y ayant été envoyé par son gouvernement en tant que "présent tributaire vivant" de l' empereur Ming.
Le Huu Trac (1724 - 1791 ) alias Hai Thuong Lan Ong est le plus connu et le plus célèbre des médecins vietnamiens. A 16 ans, il s'engage dans l’armée. En 1746, il quitte l'armée Son fils meurt de la variole en 1758 à l'age de cinq ans. Pendant 15 ans, il se consacre à l'étude de la médecine en s'intéressant surtout à la guérison de la variole.à apprendre la médecine, en se concentrant sur la guérison de la variole. Il est appelé à la cour de Trinh Sam en 1782 pour soigner le prince héritier. Jenner qui a découvert la vaccine et qui est le père de l'immunologie est presque contemporain.
Ce musée est riche en collections des outils spécifiques des herboristes, des pharmaciens et des médecins sino-vietnamienne depuis l'age de pierre jusqu'à nos jours. On croise tous les instruments, certains typiquement asiatiques comme le dao cau qui est un hachoir et le thuyen tan qui est un broyeur qui a une forme de barque, d'autres sont présents en Europe et dans les facultés de pharmacie au laboratoire de Matière Médicale comme les mortiers et les pilons, les bouilloires, les balances...
Nous passons de pièce en pièce, parfois nous débouchons sur une terrasse qui donne sur un toit avec ses tuiles chinoises et ses petits personnages, et parfois la statue d'une érotisme flagrant d'une belle apsara.
Le musée a reconstitué reconstitution d’une pharmacie traditionnelle de campagne. De nombreux médicaments vietnamiens populaires tels que des préparations officinales, la menthe, le thé vert, les haricots noirs, la périlla (sésame sauvage)… sont séchés et présentés dans des paniers en bambou. C'est l'occasion pour moi d'endosser le costume de l'apothicaire cochinchinois,son couvre chef et de m'y croire.
Nous entrons dans une pièce qui est consacrée àUn ensemble de peintures intitulé « Rédaction du Vietnam » de 12 pages de 0,5mx1,6m décrivant près de 2000 plantes médicinales traditionnelles.
Les espèces sont décrites avec leur nom latin , j'observe l'Aloe Vera, la Noix d'Arec que les vietnamiens consomment en la mélangeant à leur chique de bétel...
A noter particulièrement un ouvrage de valeur «Y tông tâm linh » (28 volumes et 66 tomes), une encyclopédie sur la quintessence des savoir-faire chinois et traditionnels du Vietnam de Hai Thuong Lan Ong Lê Huu Trac (du 18e siècle), le premier maître de la médecine traditionnelle nationale. Un film documentaire, pour finir, à la gloire du laboratoire Fito, un peu partial qui explique que cette médecine traditionnelle est équivalente à toutes nos médecines modernes. Une expérience, en Chine, que nous avons malheureusement vécu, nous a montré qu'à un moment il faut savoir dire stop et d’arrêter les poudres de perlin pimpin pour revenir à des méthodes d'investigation moderne et à des médicaments moins traditionnels pour enfin voir le bout du tunnel.
Dernières images, le bocal avec un énorme cobra, celui avec une racine sculptée avec le visage des précurseurs de la médecine traditionnelle, une cartographies des points acupuncture, un ustensile d'apothicaire très ancien.
Nous quittons le musée, c'est l'heure où les saigonais rentrent chez eux, l'enfer, des embouteillages inouïs. C'est la loi du plus malin.
Quand enfin , on s'en extirpe, Wu cherche un restaurant très vietnamien, un où il n'y a aucun touriste et nous découvrons un endroit très agréable, que des locaux, des soupes superbes avec plein de choses, de la viande, des légumes, du riz, des épices ....
C'est le Quan An Huong Giang 129 Lý Chính Thắng, Võ Thị Sáu, Quận 3, Thành phố Hồ Chí Minh Ville.
Nous partons vers 18h pour l'aéroport, Wu nous y dépose, ce fut un guide fort agréable, vol pour Danang vers 21h, puis Danang- Hoi An en voiture jusqu'à l’hôtel. Longue, longue journée.
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