dimanche 11 juin 2023

CENTRE DU VIETNAM, LE SANCTUAIRE DE MY SON

 Nous avons quitté Hoi An. Nous déjeunons au Dac San Mi Ga My Son dans le village de Thanh Chau. Nous dégustons  des nouilles Phu Chiem. Ce sont des nouilles blanc ivoire, douces et souples  fabriquées à partir du riz des rizières de la rivière Thu Bon. Le bouillon du bol traditionnel de nouilles Phu Chiem est simplement composé de crevettes et de poitrine de porc. Les plats de nouilles se mangent avec des crudités telles que des herbes, des bourgeons et des tiges de banane, des épinards fendus. 

Le site de My Son est situé à une trentaine de kilomètres de Hoi An.  Il s'agit d'un complexe architectural datant de plusieurs siècles, construit par le peuple Cham Pa. Plus de 32 temples aux architectures uniques ont été préservés jusqu'à aujourd'hui. Pourtant, pendant la guerre du Vietnam, les Viet Cong ont utilisé My Son comme une base stratégique et, par conséquent, le site a été largement bombardé par les B52 américains. Après cela, le nombre des monuments a été ramené à 17, répartis en huit groupes différents. On peut reprocher aux américains d'avoir fait une guerre aveugle mais les Viet Cong ont utilisés les sites historiques comme des boucliers pensant que l'ennemi ne s'attaquerait pas à un lieu chargé d'histoire.

Le sanctuaire de My Son est situé dans une vallée fermée avec un terrain montagneux, spectaculaire et sacré. Ici, il y avait avec plus de 70 temples de la civilisation Champa créés surs une longue période de 9 siècles (du 4ème  siècle au 13ème  siècle). Le sanctuaire de My Son est souvent comparé avec les sites d'Angkor au Cambodge, de Bagan en Birmanie, de Borobudur en Indonésie. Le Sanctuaire de My Son a été construit par l’ancien royaume de Champa qui possédait une l'agriculture fertile, et une  pêche très productive. Ce royaume rivalisait avec le royaume d’Angkor au Cambodge grâce au commerce des ressources naturelles forestières, agricoles (riz) et aux  fruits de mer, le royaume de Champa s’est développé en pratiquant le commerce avec l'Inde dès les premières années après Jésus Christ. Avec les influences de l'hindouisme de l’Inde, de nombreux temples ont été construits au sanctuaire de My Son actuel pour vénérer les Dieux comme Brama et Vishnu mais surtout Shiva.

My Son, c' est l'histoire d'une cité mourante d'une civilisation perdue. Comme d'autres villes anciennes d'Asie du Sud-Est, cet endroit est tombé en ruine et a été envahi par la jungle luxuriante.Le sanctuaire de My Son n'est pas seulement un site religieux important, mais aussi le lieu de sépulture de membres de la famille royale du Champa et de héros du royaume. C'est aussi le plus ancien site archéologique habité de la région.


Les tours hindoues du sanctuaire de My Son sont situées dans un site bien protégé au sommet d’un cirque qui dessine une sorte d'amphithéâtre naturel constitué de plusieurs collines concentriques. L’emplacement ne fut pas choisi au hasard, il symbolise la grandeur et la pureté du Mont Méru, la montagne sacrée mythique, berceau des dieux hindous au centre de l’univers.

Le site archéologique de My Son fut découvert en 1889 par le Français Camille Paris qui était en mission cartographique dans la région. Par la suite, Henri Parmentier réalisa des fouilles archéologiques en 1903 et 1904 pendant onze mois sur le site de My Son. Cet archéologue de renom, chef du service archéologique de l'EFEO (École française d'Extrême-Orient)  créera quelques années plus tard le musée de l'Art Cham à Danang que nous visiterons dans 2 jours sur le chemin de Hué. Non seulement, le site a subi les bombardements mais il a aussi souffert des conditions climatiques sévères telles que les inondations et la forte humidité. Les temples de My Sơn couvrent une longue période. Parmentier et ses successeurs ont défini  deux styles dans l'Art du Champa : My Sơn E1 et My Sơn A1. 

My Sơn A1 date du Xème au XIème siècle, une période marquée par le renouveau de l’influence de Java et qui correspond à un « âge d’or » pour l’art Cham et succède à la période bouddhiste de Dong Duong. Quant au style My Son E1, il fut premier style identifiable  Les œuvres de ce style reflètent l'influence étrangère de diverses sources, principalement des Khmers du Cambodge préangkorien, mais également de  de l'art javanais de l'Indonésie et de l'Inde méridionale.


 "L'œuvre la plus célèbre du style My Son E1 est peut-être un grand socle en grès datant de la seconde moitié du VIIe siècle. À l'origine, le piédestal avait une fonction religieuse et était utilisé pour soutenir un immense lingam en tant que symbole de Siva, la principale divinité de la religion cham. Le socle lui-même est orné de sculptures en relief représentant des scènes de la vie des ascètes: des ascètes jouant de divers instruments de musique, une prédication ascétique aux animaux, un ascète recevant un massage. Pour le Cham, le piédestal symbolisait le mont Kailasa, la demeure mythologique de Shiva qui abritait également de nombreux ascètes vivant dans les forêts et les cavernes, de la même manière que le lingam qu’il soutenait représentait le dieu lui-même."





 

 

 

 

 

 

 

 

 


"Le style Mỹ Sơn A1 est celui d'un temple du groupe A de Mỹ Sơn, malheureusement détruit aujourd'hui mais dont on conserve une documentation précise, relevée bien avant sa destruction. Emmanuel Guillon le qualifie « d'expression la plus parfaite de l’ architecture Cham ». Plusieurs des monuments présents à Mỹ Sơn se rattachent au style Mỹ Sơn A113. Il se développe aux Xe et au XIe siècle comme une renaissance hindoue après la période du style Đồng Dương (fin IXe début Xe siècle avec son style original. Le style Mỹ Sơn A1 c'est aussi le renouveau de l’influence de Java. Cette période correspond à un « âge d’or » pour l’Art Cham."


"Les figures taillées dans le grés sont fines et gracieuses. PourEmmanuel Guillon , « c’est un art de la danse et du mouvement, de la grâce, qui surprend. » En effet, danseurs, danseuses et leurs orchestres s'alignent tout au long des piédestaux de linga. Le style Mỹ Sơn A1 a aussi multiplié les animaux mythiques, les éléphants, lions et garudas. Malheureusement, on devine à peine la fabuleuse beauté de certaines apsara. Cependant, sur certains temples mieux conservés et au détour des allées, on rencontre parfois des statues sublimes."



On a recemment découvert sur le site, un fabuleux lingam du IXème siècle. Les Hindous vénèrent sous le nom de Limgam ou Linga l'organe génital de Shiva, troisième déité de la trimourti indienne. Ce symbole revêt un sens allégorique, et rappelle, dans le principe, la force reproductrice de la nature, la source de la génération de tous les êtres vivants. Au reste, ce Lingam offre une analogie incontestable avec le Priape des Romains, Ie Phallus des Egyptiens. La représentation la plus commune dans les temples Hindous est le lingam ( symbolise le phallus )  associé avec le Yoni ( symbole de la vulve ).Il en ressort à son interprétation un enseignement qui montre l'interdépendance entre Shiva et son épouse Parvati . Phallus  , organe sexuel masculin , symbole du Dieu Shiva et de sa force qui pénètre toutes choses. La forme cylindrique est à l'origine le symbole de l'informel , de l'absence de forme de la création.

Pour finir nous assistons à une representation de musique et de danses cham. Aujourd’hui, il ne reste que cent mille Chams ; ils constituent l’un des vingt grands groupes ethniques du pays. Leur langue qui s’écrit avec l’ancien alphabet sanskrit est en voie de disparition. L’immense empire qui régnait jadis n’est plus que la réunion de quelques villes et villages. Il reste 125000 cham essentiellement hindouistes et minoritairement musulmans les cham bani. 
Au Vietnam, leurs villages se situent près de la côte dans les Provinces de Ninh Thuan et Binh Thuan, près de la ville de Phan Rang, aussi appelée Panduranga, site historique de l’Empire Cham. Ils essauent de préserver leur patrimoine musical et artistique. C'est un peu triste de les voir se produire devant des cars de touristes allemands tatoués et volubiles qui se comportent comme à l'Oktober Dest à Munich.

bien que le gouvernement interdise officiellement la discrimination à l’égard des minorités ethniques, cette discrimination qui existe depuis fort longtemps persiste encore aujourd'hui. Malgré la croissance économique importante du pays, certaines communautés minoritaires ont peu bénéficié de l'amélioration de la situation économique. Dans certaines régions, notamment hauts plateaux du Nord et du centre et dans le delta du Mékong, de nombreuses communautés minoritaires continuent de partir pour le Cambodge et la Thaïlande, dans l'espoir de vivre une vie meilleure. Il ya un Vietnam une grande différence entre l'idyllique discours officiel et la réamité des choses mais les guides semblent avoir la consigne et le devoir de nous présenter ce régime peu démocratique comme pur et sans tache alors que la corruption et le népotisme régnet ici en maitre.

Retour à Hoi An, les plus studieux vont faire le tour des galeries de peinture, les paresseux vont glander )Tà l'hotel. Rendez vous vers 19h30 pour aller dîner au bord de la rivière et profiter des lanternes de Hoi An.

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