« Je regarde le fleuve. Ma
mère me dit quelquefois que jamais, de ma vie entière, je ne reverrai des
fleuves aussi beaux que ceux-là, aussi grands, aussi sauvages, le Mékong et ses
bras qui descendent vers les océans, ces territoires d’eau qui vont aller
disparaître dans les cavités des océans. »Marguerite Duras dans "L'Amant"
WU vient nous chercher à l’hôtel vers 8h30, petit déjeuner copieux avec un pho, des œufs au plat, ananas. Le mini-bus nous attend, chargement puis route vers le delta du Mékong. Sortir de la ville n'est pas une mince affaire. Il faut se frayer un chemin dans le foule compacte des cyclomoteurs, des motos, des scooters qui amènent la population laborieuse au travail. En arrivant sur l'autoroute , on va pouvoir apprécier la conduite acrobatique des vietnamiens. Le parc automobile est assez modeste mais l'état des véhicules, tous récents est parfait. Pour le code de la route, c'est autre chose. Les camionnettes et les camions roulent souvent sur la file de gauche ce qui implique qu'on dépasse allégrement à droite. La file d’arrêt d'urgence sert de troisième file et notre chauffeur double tout le monde. En espérant que personne ne s’arrêtera d'urgence. Cette file est l'antichambre de la mort. Le Routard présente le delta: " il y a le delta du Nil, et celui de l’Amazone, parmi les plus grands de la planète, mais aucun d’eux n’est aussi fertile et habité que le delta du Mékong, au Vietnam.C’est le grenier à riz du pays, baigné par la « Mère des Eaux » venue du Tibet. Dernier grand monstre sacré d’Asie, le Mékong y est tour à tour tranquille ou dévastateur. Ce puissant souverain fluvial forme un royaume à part, entre terre et mer, où les flots gouvernent la nature et les hommes.
"Le Mékong, nommé « fleuve des neuf dragons » en vietnamien, prend sa source dans les montagnes himalayennes de la province chinoise du Qinghai. Long de plus de 4 500 km, il parcourt la frontière du Myanmar et de la Thaïlande avant de traverser le Laos et le Cambodge, jusqu’au sud du Vietnam, où ses neuf bras se jettent dans la mer à travers un delta majestueux. Le delta du Mékong est sillonné d’arroyos, des ruisseaux qui se gonflent ou s’assèchent au gré des saisons et des crues."Après 2 bonnes heures de route, nous prenons des petits chemins à travers rizières et arroyos jusqu'à la rivière Ben Tre, jusqu'à la fabrique de briques de monsieur Lo. c'est étonnant cette langue. Elle est monosyllabique et Wu nous explique: "la structure grammaticale et la conjugaison sont quasi inexistantes,
toute la difficulté du vietnamien réside dans la prononciation et
l’intonation. Langue monosyllabique et tonale, elle comporte 6 tons et 5
accents, c’est-à-dire lorsque le ton d’un mot change, son sens aussi. "Autre chose qui nous étonne, ce n'est pas une langue que l'on susurre, c'est parfois même une langue que l'on aboie. "
Au début du XXe siècle, les briques et tuiles de la région étaient hautement appréciées grâce aux sources abondantes d’argile naturelle qu’offre le fleuve, aux techniques de cuisson exigeantes et à l’attention particulière prêtée par les artisans au processus de production.
La vie des autochtones était alors étroitement liée aux fours et aux briques. Ce métier a en effet su leur rapporter des revenus stables pendant de nombreuses années. On raconte que pendant l’âge d’or du métier, le feu brûlait jour et nuit dans les briqueteries, sans interruption. Pour alimenter le feu, on n'utilise pas le charbon mais la paille de riz qui se consume vite et nécessite de constamment alimenter le foyer. Nombreuses étaient les barques et les pirogues qui s’affairaient sur la rivière pour transporter matières premières et marchandises. Marchandises qui étaient d’ailleurs exportées vers le Cambodge, la Thaïlande ou la République de Corée.
C’est à partir des années 2000 que le "Royaume des briqueteries" connaît son déclin. Le rythme effréné de la vie moderne et la modification du goût des consommateurs ont fait de ce métier un artisanat de plus en plus délaissé, au grand dam des passionnés. En cause notamment les frais élevés de production et la baisse continue des commandes qui ont poussé de nombreux ateliers à mettre la clef sous la porte."
Un four à briques mesure généralement de 7 à 12 m de haut, en forme de
tour ronde, devenant progressivement plus petit au sommet.Le four à briques est construit avec des milliers de briques
régulières disposées dans une architecture circulaire. En moyenne, un
four avec 10 ouvriers sera achevé en 15 jours, utilisant plus de 30
000 briques. Les portes d’entrée sont ovales. On n'utilise pas du ciment mélangé
avec du sable pour joindre les briques, mais de l’humus mélangé avec du sable et de l’eau pour le
rendre très pâteux. Ces constructions sont trés belles et à la fin de notre visite à Ben Tre, nous croiserons des fours abandonnés envahis par la végétation qui évoquent les temples d'Angkor ou les stupas d'In Dein près du lac Inle en Birmanie.
A l'embarcadère, nous embarquons sur un petit sampan pour descendre l'un des bras du Mékong avant de poursuivre sur un canal plus étroit entouré par une végétation tropicale très dense.
Les eaux sont très boueuses, certainement très polluées. la végétation est très luxuriante et constitue une sorte de mangrove qui doit grouiller de reptiles, de poissons et de crustacés.
Le sampan s'engage dans un canal plus étroit.
Les ingrédients de base sont constitués de coprah et de malt. Les noix de coco sont cultivées à Ben Tre avec de nombreuses espèces différentes, noix de coco ananas, noix de coco fraise, noix de coco feu, noix de coco cire, etc. Pour faire d'excellents bonbons, la noix de coco xiem est le meilleur choix avec du coprah blanc, épais et dur qui peut être pressé pour obtenir du jus de noix de coco de haute qualité. Le jus est ensuite mélangé avec du malt.
Le malt est fabriqué par fermentation du riz gluant avec de gros grains sains arrosés d'eau de pluie fraîche jusqu'à l'obtention de germes. Le malt doit être doucement sucré, doux avec une couleur jaune brun naturel.
Les bonbons ont diverses saveurs comme le durian, l'arachide, les feuilles d'ananas, etc. Chacun apporte au bonbon une saveur particulière tout en conservant le goût du bonbon à la noix de coco. Le choix des ingrédients est d'une grande importance dans l'art de faire des bonbons à la noix de coco. Le riz gluant doit être récolté au printemps avec de gros grains. Le et cultivé sans pesticide ni engrais. Les grains sont nettoyés à l'eau de pluie avant d'être cuits pour devenir malt.
Après la dégustation des bonbons, on a droit à un petit concert de musique traditionnelle. Deux chanteuses et des musiciens qui jouent des instruments vietnamiens. C'est des histoires d'amour un peu mièvre, c'est à la fois sirupeux comme un bonbon de coco et nasillard. Un petit billet pour les artistes et on reprend le sampan.Nous remontons le canal, le paysage est charmant, il fait très chaud.
Les tiges de souchet de Malacca teintées sont séchées au soleil avant d'etre tissées avec une machine à tisser. On reprend les tuk tuk et on avanec sur une route très étroite. On croise de nombreus motos.
L’arroyo fait 2 mètres de large, on peut toucher les branches basses.
Après le repas, nous retrouvons le sampan. Les pêcheurs utilisent de très belle nasses tressées.
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