Rester la journée entière ici
Sur le mur de pierre
Devant la baie des fourmis"
de la villa voisine dite villa Eiffel.
"Lorsque son ami Gustave Eiffel lui montre cette parcelle voisine de
chez lui, idéalement située sur la Riviera à Beaulieu sur Mer, Théodore Reinach
est convaincu par cet emplacement."
Théodore Reinach est le plus jeune des trois fils (Les frères Je Sais Tout: leurs 3 initiales) d’Hermann-Joseph Reinach et de Julie Büding, d’une famille de banquiers juifs originaires de Francfort-sur-le-Main.
Très
jeune, il est titulaire d’un double doctorat, en droit et en lettres.
De 1881 à 1886, il est avocat au barreau de Paris. En 1890, il est
envoyé en mission archéologique à Constantinople, puis se spécialise
dans l’histoire de la Grèce antique. Il déchiffre notamment à Delphes la
notation musicale d’un ancien hymne à Apollon, que son ami Gabriel
Fauré transcrit en mélodie. De 1894 à 1896, il donne un cours de
numismatique ancienne à la Sorbonne. À partir de 1903, il enseigne
l’histoire des religions à l’École pratique des hautes études. Il est
élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1909. Il devient
professeur de Numismatique au Collège de France en 1924.
À
partir de 1898, il fait de longs séjours en Savoie, où il décide de
s’installer. Il achète en 1901 près de La Motte-Servolex un château du
XVIIIème siècle qu’il remanie dans le style Louis XIII. En 1903, il
lance dans son département d’adoption un journal pour soutenir les
Républicains, Le Démocrate Savoisien, qui deviendra à partir de 1922 le
Réveil des Gauches. Théodore Reinach est élu député de la Savoie
(première circonscription de Chambéry) en 1906, présenté par le Bloc
républicain. Réélu en 1910, il est battu en 1914.
La rencontre avec l’architecte niçois Emmanuel Pontremoli (1865-1956) est le point d’orgue du projet de la villa Kerylos, ce dernier est également archéologue, Théodore et lui se rencontrent sans-doute lors de l’Exposition Universelle de 1900 pour laquelle Pontremoli a construit le Palais de la Femme, seul vestige de cet édifice : la grille qui se trouve à la Ruche (Les ateliers d’artistes célèbres situés à Paris -15ème) .
Les deux hommes ne pouvaient que s’entendre, tous les deux étant attirés par le même domaine de prédilection, pour l’architecte c’est la réalisation d’un fantasme, il dit évidemment oui.
"Emmanuel Elisée Pontremoli est né le 13 janvier 1865 à Nice, d’une famille juive originaire du Piémont, et mort 25 juillet 1956 à Paris.
Il est admis en 1883 à l’Ecole des beaux-arts et s’inscrit dans l’atelier André. En 1887, il fait son service militaire pendant dix mois, dans l’artillerie, entre Nice et Toulon. Au cours de ses études, il aide Marcel Lambert à établir son projet de restauration de l’acropole d’Athènes. Il collabore avec Victor Laloux pour le projet de basilique Saint-Martin à Tours et apporte son concours à Albert Tournaire pour son Grand Prix de 1888.
Il est lui-même premier Grand Prix d’architecture sur un programme de monument à Jeanne d’Arc, en 1890.
Pensionnaire de l’Académie de France à Rome entre 1891 et 1895, il voyage dès sa première année en Tunisie, en passant par la Sicile où il apprécie l’architecture grecque antique. En Italie du nord, à Florence, Venise, Vérone et Padoue, il choisit dans l’architecture de la Renaissance les futurs sujets d’études de ses envois réglementaires.
Son maître, Victor Laloux, l’engage à faire la synthèse du résultat des fouilles allemandes de Pergame. Il se rend à Berlin pour visiter la galerie des Antiques où sont rassemblés les fragments en provenance de ce site, puis entreprend la restauration de l’acropole de Pergame qui fait l’objet de son envoi de Rome de 4e année.
Il participe ensuite aux côtés de Bernard Haussoullier aux fouilles du temple d’Apollon à Didymes. Les résultats de ses travaux sont publiés dans deux ouvrages: "Pergame. Restauration et description des monuments de l’acropole", 1900, et "Didymes", 1904.
De retour à Paris, Pontremoli est nommé inspecteur des travaux au musée du Louvre, sous la direction de Gaston Redon. Ils installent dans la salle des Etats les Rubens relatant la vie de Marie de Médicis.
Il construit pour l’archéologue Théodore Reinach la villa Kerylos à Beaulieu-sur-Mer, sorte de reconstitution exacte d’une demeure hellénistique: le mobilier, les tentures, les bronzes et mosaïques, même l’argenterie, sont dessinées par l’architecte.
Il construit pour le baron E. de Rotschild la synagogue de Boulogne (Hauts-de-Seine, 1909-1911) et l’Institut de paléontologie humaine, bd Saint-Marcel, Paris 13e (1910-1914).
Pendant la même période il élève le consulat général de France à Smyrne, l’Institut de paléontologie humaine à Monaco, et plusieurs hôtels particuliers, dont celui du collectionneur Gulbenkian, avenue d’Iéna à Paris.
Après la guerre de 1914-1918, il reprend l’atelier de Louis Bernier aux Beaux-Arts et se consacre essentiellement à l'enseignement et à ses fonctions d’inspecteur général des bâtiments civils et palais nationaux.
Il est élu membre de l’Institut en 1922.
Pourchassé sous l’Occupation, il trouve refuge dans le midi de la France et se consacre à une activité de dessin dont il a laissé un émouvant témoignage.
Dans ses mémoires, publiées après sa mort sous le titre "Propos d’un solitaire", il décrit l’enseignement de l’architecture tel qu’il l’a reçu et transmis à l’École des beaux-arts.
Reconstitution originale d'un luxueux palais de l’Île de Délos, la Villa Kérylos est la réalisation d'un rêve, celui de Théodore Reinach, archéologue et homme d'État français, fasciné par la civilisation grecque. Elle est aussi le fruit d'une collaboration exemplaire avec l'architecte Emmanuel Pontremoli, qui se passionna pour ce projet. Kérylos signifie « alcyon » ou « hirondelle de mer » , oiseau poétique de la mythologie, qui annonçait un présage heureux.
Le jardin, au ras des flots pourrait évoquer les rivages d'une île de la mer Égée avec ses oliviers, la vigne, les grenadiers, à l’ombre des pins et des cyprès auxquels viennent s’ajouter quelques palmiers et papyrus. L’ensemble est coloré par les lauriers roses, les iris et les myrtes.
Nous commençons par visiter à la Galerie des Antiques pourvue d’une riche collection de sculptures de célèbres statues gréco-romaines au sous-sol. Cet ancien chemin de douaniers passe sous la villa. Aujourd'hui ce couloir souterrain de 70 mètres de long présente des moulages grandeur nature des plus belles statues grecques. Aphrodite, Athéna et Apollon.
Dès qu'on pénètre dans le thyrôreion qui correspond à l'entrée de la demeure, nous sommes immergés dans l' atmosphère de la Grèce Antique. Les statues et les colonnes montrent la richesse des nobles habitants de ce palais des Cyclades. Au fond, une statue de Sophocle, au sol une sublime mosaïque de Chypre au IIème siècle avant JC, montre un coq, une poule et ses poussins, ce sont symboles de la famille. Au mur, une fresque à l'encaustique représente d'un coté la guerre et de l'autre la paix. Sur le sol une inscription grecque Xaipe qui signifie "Réjouis toi".
Sur la gauche, "le balaneion ("les thermes"), bains privés réservés aux maisons de luxe, est en marbre tigré de Carrare. Les Grecs avaient l’habitude de s’y délasser avant le repas du soir. Là encore, Pontremoli a fait preuve d'une liberté incomparable et d'un bel esprit d'adaptation. Pièce maîtresse, le bassin octogonal. Profond d'un mètre, ses côtés sont en marbre tigré de Carrare, son sol de mosaïque représente les fonds marins. Sa forme, classique dans le monde grec, sera reprise, plus tard, par les baptistères chrétiens. Ces thermes sont dédiés aux naïades, les nymphes qui présidaient aux sources et aux fontaines. Elle rappelle
l’importance rituelle et sociale du bain dans l’Antiquité, où l'eau occupe un rôle quasi-mythique : elle nourrit, lave et purifie. Les bains étaient pour les Anciens prétexte à la joute oratoire, la flânerie, l'ablution. La modernité, maintenant. Discrète, elle n'en est que plus efficace. Les deux grilles ajourées cachent les robinets.Tout l'appareil fonctionnel de la maison se trouve au sous-sol. Les passages qui mènent les tuyauteries vers les étages sont munis de crampons et suffisamment larges pour laisser passer un réparateur éventuel.
La villa s'organise autour du péristyle, vaste cour intérieure entouré de 12 colonnes à chapiteaux doriques en marbre de Carrare. On pénètre dans le péristyle par un portique de deux colonnes cannelées à chapiteaux ioniques.
"L'entablement à triglyphes et métopes, les chéneaux ornés de mufles de lions, sont aussi de marbre blanc. Au centre de la cour, dans une grande vasque de marbre blanc, chante un jet d'eau. Surgi de ce paysage minéral, un laurier rosé lui fait ombrage. Sur les murs se déroulent des scènes mythologiques, copies de décors de lécythes. Le peintre a travaillé la fresque, mêlé la poudre de marbre au mortier, lissé et ciré l’œuvre achevée. Il a retrouvé la couleur ivoirine des vases grecs et décoré le soubassement de frises et de motifs marins."Dans cet atrium, Apollon est à l'honneur et le laurier, est justement, l'arbre d'Apollon.
La Bibliothèque est la plus spectaculaire et la plus imposante des salles avec ses murs occupant un étage et demi. Elle est dédiée à Athéna. Son exposition, à l'est, facilitait le travail matinal et protègait les papyrus du soleil couchantt . Elle renferme des ouvrages anciens et un remarquable mobilier : bahuts et armoires de chêne à incrustations de buis, ébène et ivoire d'après des modèles découverts à Herculanum en 1762, chaises à la romaine et pupitre (Reinach avait en effet l'habitude d'écrire debout à l’antique). Tous ces meubles sont l'œuvre de l’atelier Bettenfeld. Au plafond, un magnifique lustre, inspiré de celui de Sainte-Sophie à Constantinople. Des objets authentiques se trouvent aussi dans les vitrines : statues de "tanagra", verres romains, amphores, vases... On trouve une inscription sur le mur sud de la pièce : " C'est ici qu'en compagnie des orateurs, des savants et des poètes grecs, je me ménage une retraite paisible dans l'immortelle beauté." Elle est accompagnée du nom de quelques-uns des grands savants de l’Antiquité.
Le triklinos (les 3 lits), la salle des banquets de plan octogonal, réunissait les
convives autour de mets délicieux. Les trois lits dressés à hauteur des
tables permettaient aux invités de manger en position allongée, tout
comme les Grecs à l'époque antique. Le triklinos est "dédié aux silènes, ces satyres aux
oreilles pointues, dotés d'une queue, compagnons de Dionysos. Ils sont représentés sur les murs dans une scène de vendanges. " Trois tables sont placées, explique Emmanuel Pontremoli, suivant le plan antique. Derrière l'une d'elles, un lit de banquet, un peu plus haut, comme le sont ceux des vases peints, permettait au maître de maison de présider le repas dans l'attitude même que les peintures de vases nous ont rendue familière." En effet, conformément au mode de vie des grecs anciens, des lits tressés de cuir à hauteur des tables à 3 pieds permettaient de prendre le repas allongé. Les tables étaient fréquemment munies de trois pieds, pour une raison de stabilité car le sol était généralement en terre battue. Seuls les palais et les maisons luxueuses avaient des sols en mosaïques parfaitement plan."
"L'oïkos, le petit salon réservé à la famille. Plus intime que l'andron mitoyen, l'oïkos de Reinach est dédié à Dionysos, dieu du vin et du théâtre. Une lumière omniprésente. Un bain de lumière, grâce au sol de mosaïque claire, aux murs avec leurs compositions de stuc narrant la légende de la divinité du lieu (Dionysos). De la lumière encore sur le trésor que recèle le coffre de citronnier incrusté : l'étonnant piano signé par Pleyel (1913). En 1893, Théodore Reinach transcrit, sur le chantier des fouilles de Delphes, les Hymnes d'Apollon découverts sur un marbre dans le « trésor des Athéniens ». On dit que Gabriel Fauré, qui en harmonisa ensuite la partition, joua le morceau sur ce fameux piano néo-grec."Pontremoli dut résoudre une toute autre difficulté pour répondre à la demande de Fanny Reinach qui tenait absolument à disposer d’un piano. Celui-ci présente l’aspect d’une armoire à deux corps dont rien ne laisse supposer qu’il s’agit d’un instrument de musique. Il faut en ouvrir les battants qui se replient entièrement, abaisser et faire basculer le clavier, relever la partie supérieure et, enfin, déplier le porte-partitions pour pouvoir jouer ). Même les pédales sont masquées par un petit élément en forme de coffret.
La chambre est dédiée à Héra, déesse de la féminité et de la fécondité. Cette pièce est décorée de peintures murales et de tentures brodées, ornées de paons, et de cygnes. Cette chambre était celle de l'épouse de Théodore Reinach. Elle possède une porte fenêtre permettant de découvrir un paysage semblable à celui des Cyclades. Le grand lit était à l'origine conçu avec des peaux d'animaux tendues sur des montants de bois, sur lequel était disposé des coussins. Il est entouré par des tentures. Dans un angle de la pièce se trouve une chaise longue, tendue de lanières de cuir. Plusieurs coffres en bois fruitier de couleur claire garnissent la pièce et permettant le rangement du linge. Un lustre en albâtre éclaire la pièce. Cette chambre possède un cabinet de toilette contigu, avec douche assez profonde pour recevoir une eau en pluie, avec des jets horizontaux pour l'eau chaude et de l'eau froide. Des réservoirs posés sur le toit alimentent également la salle de bain voisine dont la baignoire est en marbre de Carrare. Les lavabos, la robinetterie et les porte-éponges sont en argent. Au mur, une décoration en stuc représente des scènes de la toilette féminine.
ce est
décorée
de peintures murales et de tentures brodées,
ornées de p
Depuis la chambre, on a une vue superbe sur la baie et sur la villa Ephrussi de Rothschild à St Jean Cap Ferrat. Cette pièce réunit les appartements du maître de maison à ceux de son
épouse. Elle possède un plafond à caissons décoré de colombes et de
couronnes de lierre doré. La table à plateau possède des ornements en
argent, répondant à ceux de la distribution des premiers grains de blé
du monde par Triptolème,
représenté sur la mosaïque du sol. Dans une autre salle de bain, la
baignoire est garnie de robinets à cols de cygnes et des têtes de
dauphins ornent les murs.Un grand miroir est dissimulé dans l'épaisseur
de la porte. La chambre de Théodore Reinach : l'érotès ("les Amours"), bien entendu dédiée à Éros, le dieu de l'amour qui batifole d'ailleurs gaiement sur les murs, au milieu des vignes. Le lit est en bronze et bois incurvé. La fresque est à dominante rouge pompéien. Ce rouge, caractéristique de la palette chromatique des Grecs, rappelle également le palais de Cnossos en Crète.
Nous sortons émerveillés par cette reconstitution sublime, les photos des enfants Reinach qui jouent, dans la mer, au pied du jardin , montre que ce palais musée était habitable et que la famille,entre les 2 guerres y a vécut des jours heureux. Nous allons visiter la villa Ephrusi de Rothchild.
Les Reinach, "famille de banquiers juifs, de grands esthètes, des hôtels dans la Plaine Monceau, était liée par mariages successifs aux Rothschild, aux Ephrussi (la villa Ephrussi que l’on aperçoit par une des fenêtres de la villa), Charles Ephrussi, oncle de Fanny Reinach (2e femme de Théodore) fut le modèle de Charles Swann pour Proust, les Camondo (le fils de Théodore : Léon épouse Béatrice de Camondo), une famille proche du capitaine Dreyfus pour qui ils prendront la défense, le député Joseph Reinach (Théodore devient également député) sera un des premiers dreyfusards, son fils Adolphe épousera la fille de Mathieu Dreyfus, frère d’Alfred et lui aussi archéologue qui connaissait Théodore."
..ce, nommée“, “les oiseaux”, est celle qui rappelle l
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