Dernier petit déjeuner à la Belle Étoile à La Roque Gageac. Hier soir, j'ai eu une inspiration de génie au moment de choisir où nous allons faire halte pendant 2 jours, du coté du Buisson de Candouin et de Candouin, peu d’hôtels, quelques chambres d’hôtes, je téléphone à celle qui me tape dans l’œil, au Buisson, ça ne répond pas mais je laisse un message en me disant que, quoiqu'il en soit, s'il n'y a pas de chambres disponibles, je trouverais bien un point de chute en dernier ressort. J'attends donc que le Clos Lascazes me rappelle et bien m'en prend, car la suite va nous révéler LA chambre d’hôtes, charme, raffinement accueil...Pour l'heure, nous avons décidé de visiter Belvès. Stationnement hors du centre où se tient le marché hebdomadaire: ce n'est pas le marché de Sarlat, un marché ordinaire, si, un beau poissonnier mais ce n'est pas un marché du Périgord comme je l'imagine. En plus la population qui traîne ses savates sur la place avec sa petite halle couverte ne nous plaît pas, beaucoup de crados à catogan, plus cannabis que foie gras. Nous décidons donc d'abréger la visite et de filer vers Montpazier. Montpazier est le type même de la bastide en Périgord. Archétypes des villes nouvelles au Moyen-âge, la bastide de Montpazier a conservé son architecture et son schéma urbain originels.
La ville forme un quadrilatère,
trois des six portes sont fortifiées, des rues s'étirent d'une extrémité
à l'autre, parallèlement aux grands cotés, croisées de quatre rues
transversales qui partagent ainsi la cité en rectangles. En suivant une des rues principales, avant d'arriver à la place centrale et sa halle couverte, on découvre un boutique de décoration , atelier d'Art extraordinaire; l'Artelier 60-44, 44 rue Notre Dame. Florence Soulet est tapissière et crée aussi de sublimes abats-jour. Nous tombons en arrêt devant un fauteuil couvert d'un tissus sublime, il y a aussi des coussins couvert de reproduction de grands peintres comme Picasso ou de Malevitch (La femme au Rateau) de la collection Jules Pansu. Parmi les fournisseurs de l'ARTelier, on remarque aussi Christian Lacrois, Designer Guild. Florence Soulet partage sa Je suis l’auteur de toiles riches en matières et en couleurs, vie et l'Artlelier avec Xavier Gacoin, artiste peintre. Ses toiles sont en général de grands formats, très colorés et riche en matière.
"Les bastides sont les villes
nouvelles du moyen âge. Le mouvement de fondation des bastides en
Aquitaine s'est déroulé aux XIIIème et XIVème siècles.
La bastide est d'abord une place de marché. L'objectif poursuivi lors de l'acte de fondation est d'inciter des commerçants et des artisans à construire et générer de l'activité économique et des ressources fiscales. La création d'une bastide est une opération d'aménagement du territoire. Elle est également destinée à renforcer le pouvoir politique et économique du suzerain.
Le 4 décembre 1259 le traité de Paris stipule que le roi de France (Louis IX dit St Louis) rend à Henri III, celui d'Angleterre ne pas confondre avec le dernier des Valois... les terres du Limousin, du Périgord, le Quercy, l'Agenais et une partie de la Saintonge.Alphonse de Poitiers a fondé les bastides de Villefranche a l'ouest et Villeréal à l'est. Le roi d'Angleterre décide à son tour d'édifier 5 places fortes: Lalinde, Beaumont, Molières et Roquépine. En janvier 1284, Pierre de Gontaut, seigneur de Biron et vassal du roi Edouard 1er d'Angleterre fonde Monpazier (au lieu dit le Mont Pazier) sur un plan hippodamien (rectangulaire). Les faveurs sont très avantageuses: exemption d'impôt et l'abolition des droits seigneuriaux favorisant les échanges inter-provinces.
La place centrale carrée ordonne le plan de la ville. Celle-ci à remarquablement supporté les aléas de l'Histoire: Guerre de Cent ans, Réforme et Contre-Réforme, révolte des Croquants, peste, typhoïde... et nous est parvenu quasiment intacte.
Les cornières sont les angles de la place, maisons jointes au niveau du premier étage mais laissant un passage au niveau de la rue. La place des Cornières devient le lieu d’échanges, de commerce et de justice. Autour de la place, 23 maisons à portiques ouverts, édifiées du XIIIème au XVIIème siècle, forment les"couverts", soutenus par de larges piliers de pierres, s'ouvrent sur la place par des arcades. Des baies ouvragées munies de trilobes, colonnettes, chapiteaux ornés sont toujours visibles.
La halle, superbe, est construite peu après. On y remarque les sortes d'estrades de pierre, servant aux notables et autres juristes... ainsi qu'aux prédicateurs et orateurs de toutes sortes.
Numéro du petit patrimoine : 24280_6
La rivalité entre le comté de Toulouse et le royaume de France, puis la rivalité entre les royaumes de France et d'Angleterre ont été les deux grandes causes de fondations des bastides. Raymond VII, comte de Toulouse, son successeur Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, le roi Edouard 1er d'Angleterre ont été les grands fondateurs de bastides en Aquitaine.
Fondée en 1284 par Edouard 1er d'Angleterre, Monpazier faisait partie d'une ligne défensive anglaise qui comprenait également Beaumont et Lalinde.
Lorsque le terrain le permettait, le plan en damier devait faciliter le tracé des lots et l'arpentage des voies publiques. Après son passage à Monpazier, Viollet le Duc a fait de ce type de plan un modèle caractéristique des bastides. En réalité, il y a de nombreux autres modèles et les bastides s'adaptaient au terrain."
Nous quittons la bastide par la porte Saint Jacques. "Les remparts de la Bastide de Monpazier possédaient six portes
fortifiées. Aujourd’hui subsistent trois portes, deux au Nord (rue St
Jacques et rue Notre Dame) et une au Sud (rue St Jacques).
Les portes situées sur les axes principaux permettaient le passage et
étaient la limite entre l’intérieur et l’extérieur de la bastide.
On peut observer dans les tours existantes les coulisses des herses et les gonds supportant les monumentales portes de bois.
Chaque porte est constituée côté extérieur de deux arcs brisés, dont
l’un est surbaissé, et côté intérieur, d’une voûte en berceau."
Nous prenons un plat du jour au pied des remparts au Bistro 2, petit restaurant avec une tonnelle ombragée, cuisine très simple mais bien préparée service, par un garçon prolixe mais hyperactif qui est au four et au moulin.
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