lundi 9 mai 2022

SULTANAT D'OMAN, MUSANDAM, VISITE DE KHASAB, LE FORT

 Nous quittons le boutre en remerciant chaleureusement le capitaine et son second et nous allons visiter Khasab avec un chauffeur guide égyptien. Khasab est une bourgade de 20000 habitants. On traverse d'abord la palmeraie avec de belles maisons, belles n'est pas le terme approprié, ce sont d'immense maison sans beaucoup de charme excepté l'environnement luxuriant de palmiers et de bougainvillées. Au Musandam, on n'utilise pas le système des falaj comme dans le reste du sultanat mais on stocke l'eau de pluie dans des citernes ou des puits et on désalinise l'eau de mer. Ils semblent que Khasab  et ses richesses sont tenues par 3 grandes familles.


 Nous passons devant la mosquée du sultan Qaboos sans nous y arrêter.  C'est une construction neuve, sobre, sans trop d’intérêt architectural. Nous allons aussi au souk qui ne mérite pas la visite, des souvenirs certainement made in China, clinquants et hideux, des maillots de footballeurs européens, des casquettes de banlieusards. Le marché est assez modeste, on y remarque cependant beaucoup d'hommes, aucune femme autre que quelques occidentales, et des tenues vestimentaires qui se rapprochent plus des tenues tribales du Pakistan que des dishdasha élégantes des omanais de Mascate. Les barbes sont souvent désordonnées et les vendeurs de légumes sont plutôt Ben Laden qu'émirs du pétrole.

Le fort fut édifié au début du XVIIe siècle par les Portugais, qui voulaient contrôler le détroit d'Ormuz.  En 1624, les Portugais échouèrent dans leur tentative de domination du détroit puis 25 ans plus tard  ils furent expulsés du sultanat les omanais réorganisèrent le fort pour protéger le port. Le fort a été restauré et transformé en musée.


 

 

 

 

 

 

 En entrant dans le fort, on remarque le bouclier et les 2 jerz. Le jerz est un outil, arme, canne traditionnel du Musandam. À l’origine, l'artisanat du sultanat provient de savoir‑faire indispensables pour survivre dans les rudes conditions du désert. Pendant des siècles, les Omanais ont utilisé leur créativité pour mettre au point des techniques artisanales faisant bon usage de leurs ressources naturelles.

Datant de l’âge de bronze, le jerz est un symbole caractéristique de la région isolée et aride de Musandam. Fait de bois indigène finement sculpté, il présente une petite tête en forme de hache, faite d'une lame tranchante en acier ciselé incrusté de bronze.

Historiquement, le jerz était la composante principal d'un arsenal personnel qui comptait aussi un sabre, un bouclier et une petite dague. Potentiellement meurtrier, le jerz était une arme équilibrée, légère et facile à manier. Mais cette hache servait au quotidien pour les hommes de la tribu Shihuh de Musandam.

De nos jours, même si elle n'est plus utilisés comme moyen d'attaque ou de défense mais plus un bâton ou cane de marche d'environ un mètre de long empreint de traditions. Les hommes de la péninsule ont souvent des jerz avec eux. Ils l'utilisent comme protection contre les animaux et les serpents.

Dans la cour intérieure, on peut admirer des  bateaux bien restaurés et dans les différentes pièces, on voit des scènes de la vie des omanais, leurs vêtements traditionnels,  leurs traditions, le voile des femmes berbères qui est accroché à une sorte d'armature qui enserre le nez.

Le château possède 4 tourelles et une tour centrale organisée en musée. 

Dans la cour, on a reconstruit la Bait Al Oufl : cette cabane en pierre sèche bâtie entièrement sans mortier, modèle exemplaire de l'architecture vernaculaire. Démontée de son site original, remontée pierre par pierre, elle témoigne de l'ingéniosité locale. A l'intérieur, se trouvent des jarres plus larges que la petite porte d'entrée, ainsi protégées des pillards. La maison était en effet construite autour des récipients.



Bait al-qafl signifie "Maison de la serrure". C'est ici que les marchandises sont gardées sous clé. Ces maisons n'existent que sur la péninsule de Musandam et certaines ont plus de 200 ans.   La serrure de porte puissante et techniquement compliquée est une partie importante de ce type de maison, unique en Arabie. Il sert à sécuriser les jarres de stockage d'argile et les céréales dans les bâtiments des Bédouins contre les voleurs pendant leur absence pendant les mois d'été. Les bédouins descendaient à la ville durant les mois d'été et devenaient pêcheurs.

Ces maisons n'existent que sur la péninsule de Musandam. Certains ont plus de 200 ans et sont entretenus par les familles locales.

La structure du Bait al-Qufl comprend des murs en pierre et des charpentes d' acacia , à l'origine recouvertes de terre, de gravier et d'une bordure de blocs de pierre. Aujourd'hui, en grande partie désaffectés, la plupart des Bait al-Qufl sont sans toit. L'intérieur est généralement encastré à une profondeur d'un mètre. 

Notre guide nous dépose au restaurant, un bâtiment moderne, un personnel lymphatique et une carte longue comme le bras, le choix est difficile: théoriquement, nous avons rendez vous avec un nouveau guide à 14h mais nous décidons d'avancer l'heure à 13h pour avoir plus de temps pour visiter la montagne avant de reprendre l'avion pour Mascate.








 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire