lundi 9 mai 2022

SULTANAT D'OMAN, MUSANDAM, KHOR NAJD, DJEBEL HARIM

 Sur le boutre, le capitaine m'a montré la carte de la péninsule du Musandam et m'a dit de bien demander au chauffeur de nous conduire au Khor Najd, c'est pour cette raison que nous avons insisté pour que la pause repas soit écourtée et que le guide omanais viennent nous prendre au restaurant à 13h. Le guide est un omanais bien nourri, la dishdasha  immaculée montre un physique opulent, façon Larcher. L'homme est gentil mais avare de mots, il se limite à l'essentiel.



Le fjord que nous admirons est tourné vers le golfe d'Oman alors que le Khor Sham était tourné vers le golfe d'Arabie.

Khor Najd est un très beau fjord accessible par la route avec une plage. Pour s' y rendre, on prend la   direction du Sud en longeant l'aéroport. On reste sur la route principale puis on emprunte  la première route importante sur la gauche avant de bifurquer encore la gauche pour prendre une piste non goudronnée qui monte raide vers la montagne. Heureusement nous avons un 4X4 car c'est un véritable tape-cul à éviter après une forte pluie.  Le point de vue au sommet de la montagne est époustouflant. Nous sommes pris par le temps car nous voulons visiter le djebel Harim, aussi nous ne suivons pas les lacets qui mènent à la plage. Ce fut autrefois, un lieu de ponte des tortues mais indiscipline des gens et le non-respect des reptiles font que cette attraction n'existe plus ici et que les animaux choisissent des lieux plus sereins pour perpétuer l'espèce.


Nous entamons le retour vers la plaine, la descente est vertigineuse aussi.


 


 







Changement de décor, on attaque la montée vers le djebel Harim et on découvre un univers chaotique, martien, minéral comme si on montait dans la montagne après une catastrophe naturelle, on parcours la piste entre des roches calcaires ocres et de grandes plaques volcaniques grise anthracite.



Dans la courbe d'un grand virage, on découvre une"maison de la serrure",un Bait Al Oufl, les bédouins qui redescendaient sur la cote, entreposaient leurs récoltes, huiles et céréales pour passer l'hiver dans le djebel.

De gros blocs, en équilibre instable, menacent de s’abîmer sur la piste ou, lors des violents orages, d’être entraînés jusqu'à la cote par les oueds à sec qui deviennent des fleuves rugissants, des figuiers s'accrochent au rochers.

Dans la langue du pays, le djebel Harim signifie montagne des femmes. Au temps de la colonisation portugaise, les hommes cachaient leurs femmes dans le djebel pour les soustraire aux désirs des européens qui restaient sur la cote. Le décor est lunaire à moins qu'on soit sur Mars, de temps en temps , une petite chèvre traverse devant les roues pour nous rappeler qu'on est bien sur la terre d'Oman.

 Nous franchissons un col et nous descendons vers une vallée verte où les Shihuh cultivent le blé, les dattes et élèvent chèvres et moutons. De moins en moins de gens habitent ces montagnes car il pleut moins qu'autrefois et les hivers sont très froids pour vivre dans des conditions difficiles que les omanais n'acceptent plus. C'est le plateau de Sayh.



Après avoir traversé le village de Sayh, nous reprenons la montée. Le djebel Harim culmine à 2097m, c'est le plus haut sommet du Musandam mais nous devons stopper à l'entrée du terrain militaire avec interdiction de prendre les bâtiments en photo: il y a là une caserne où vivent les militaires qui travaillent à la station radar au sommet du djebel. Cette station a une importance stratégique essentielle à l'équilibre du monde car elle surveille le détroit d'Ormuz qui est très sensible à cause des antagonisme entre iraniens et saoudiens et entre américains et iraniens. Le sultanat depuis Qaboos a une réputation de médiateur et s'entend avec tous les pays musulmans qu'ils soient chiites ou sunnites et entretient des relations privilégiées avec les USA;




Nous prenons quelques clichés en tournant le dos aux militaires et aux radars, on découvre une succession de canyons et de montagnes qui doivent s'étendre jusqu'au détroit. Il est temps de regagner la coté et de rallier l'aéroport pour l'avion du soir. La descente est vertigineuse, le véhicule soulève des nuages de poussière et chaque voiture qui monte est signalée longtemps à l'avance par son panache.


Nous arrivons à l'aéroport longtemps à l'avance. Deux choses nous choquent. Il y a é salles d'embarquement, une pour les hommes et les touristes occidentaux des 2 sexes, l'autre pour les femmes omanaises. Au Musandam, toutes sont strictement voilées, aucune fantaisie dans la tenue noire, voile qui laisse parfois apparaître de jolis yeux, savamment maquillés et de longs cils. Un couple attire notre attention, un type de 45ans avec sa femme, très jeune 13-14 ans peut être, une tristesse à mourir, elle baisse les yeux, elle est aussi frêle qu'il est barbu, il a l'air farouche et peu engageant, elle a l'air terrifiée et le suit à 2 pas.


L'avion décole, les fjords apparaissent dans la brume du crépuscule, puis les lumières de Mascate. Nuit au Mysk Al Mouj où on a nos habitudes. Nous sommes accueilli par un jeune omanais à l'atterrissage, il fait partie de Shanti Travel et a fait des études informatiques en Inde et à Londres mais préfère travailler dans le tourisme. Il est marié et visite le monde dès qu'il a quelques vacances?. C'est lui qui s'occupe de nous demain pour le vol pour Paris. Repas à un tarif prohibitif au restaurant turc. Les filles veulent une spécialité de viande, on leur demande la cuisson, saignante et on leur apporte du boeuf bouilli comme un pot au feu sans bouillon, vraiment pas terrible et l'addition... douloureuse.

Voilà, fin du voyage, belle destination et quel bonheur de voyager à nouveau...







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