lundi 30 mai 2022

MONTE CARLO, LE GRAND PRIX HISTORIQUE AVEC TITOUAN, LES ESSAIS QUALIFICATIFS

 

C'est un événement que je prépare depuis plus de 6 mois: assister au grand prix historique de Monte Carlo. Les places d'abord qu'Ophélie Dantil, mon avocate m'a procurées, puis la logistique: je me rend à Monaco en voiture à partir de l'Ardèche pendant que Titouan me rejoint par l'avion Genève-Nice, l’hôtel que je choisis près de l'aéroport pour récupérer mon petit fils et près de la gare Nice Saint Augustin à 200 m de l’hôtel: ça je ne l'ai pas fait exprès mais c'est génial qui nous met à une demi heure du circuit de Monte Carlo. L'avion est à l'heure, le problème qui se pose c'est de trouver un resto ouvert à cette heure tardive dans un quartier d'affaire, un vendredi soir. Derrière l’hôtel, le dernier resto ferme à 21h30, le chef et le maître d’hôtel rangent les tables et nous proposent de nous faire un tartare de boeuf frites, tiramisu que nous dégusterons à l’hôtel: un verre de blanc pour chacun, c'est un homme 16 ans déjà...Lever aux aurores pour assister aux essais qui sont en fait une course. La gare, donc, est à 2 pas, un train omnibus pour Monte Carlo tous les quart d'heure. Un peu difficile de se retrouver en sortant de la gare de Monte Carlo, on emprunte la mauvaise sortie et entre les ascenseur et les venelles , ce n'est pas évident de trouver notre tribune, la T3 qui se trouve dans le virage de la rascasse, face aux stands et dominée par le palais princier sur le rocher.

 La tribune tourne le dos au port et à un accès facile au paddock où les bolides sont aux mains des mécanos pour les derniers réglages. Le Grand Prix historique est une sorte de musée automobile pétaradant à ciel ouvert. Ce samedi, ce sont les essais qualificatifs sur le mythique circuit de Monaco. Les bolides sont classés en 9 catégories qui portent chacune le nom d'un glorieux ancien. La première catégorie (Louis Chiron) concerne les voitures d'avant guerre. Quand on sort de la gare, on entend les bolides qui vrombissent au virage de Sainte Dévote. La doyenne de la course une Bugatti 35 de 1925 est en course c'est une voiture du même type qui avait fini 6ème du premier Grand Prix de la Principauté le 14 Avril 1929. Louis Chiron était un pilote monégasque qui a couru de 1925 jusqu'après la guerre , étant le plus vieux pilote à prendre le départ d'un Grand Prix de Formule1. Maserati, Riley, Amilcar, ERA et, bien-sûr, des Bugatti sont au départ.

Nous assistons à la course des voitures à moteur avant ayant couru en Grand Prix avant 1961, catégorie Juan Manuel Fangio. Pour chaque série, les essais qualificatifs durent 25 minutes. Dans cette série, on surveille particulièrement Jean Jacques Bally qui court sur une Gordini T11/15 de 1951 qui nous a procuré les invitations. La Gordini est tunée. On remarque particulièrement une pilote qui conduit en virtuose une Ferrari Dino de 1960, Claudia Hürtgen. . Au volant de la Ferrari 246 elle commence par signer la pôle devant Tony Wood (Tec-Mec F415) et Joaquin Folch-Rusinol (Lotus 16). Il y a aussi des Maserati de 1954, des Lotus dont on fête aujourd'hui les 70 ans d'existence. Colin Chapman, le génial fondateur de Lotus a sorti son premier modèle en 1952 et sa première formule1 en 1958_ avec 6 titres de champion du monde :Jim Clak (2 fois), Graham Hill, Jochen Rindt, Emerson Fittipaldi, Mario Andretti.

La série B (Graham Hill) concerne des F1 et F2 à moteur arrière de 1500cc de 1961 à 1965. Beaucoup de Lotus dans cette catégorie mais c'est une Ferrari  1512, celle de l’américain Joseph Colasacco qui signe la pôle, largement devant la Lotus 21 de Mark Shaw  et la Cooper T17/T73 de Christopher Drake.Dans cette catégorie, déjà, le vacarme est impressionnant et quand le peloton groupé passe devant nous avant d'attaquer la Rascasse, c'est saoulant, les oreilles bourdonnent, on a presque le vertige et les habitués ont des bouchons d'oreille ou des casques anti-bruits. Quand il y a des contacts dans les virages, sur des dépassements un peu risqués, on est impressionné par le fait que dans les vieilles formule1, les pilotes n'étaient pas attachés. Sous le choc, il s'élève au dessus du siège, dieu merci, aujourd'hui, dans tous les accrochages, le pilote retombe sur son siège. On remarque aussi que le buste sort de l'habitacle et qu'en cas de retournement, l'homme n'est absolument pas protégé, ce qui explique, le nombre de morts en course à cette époque.

Entre 2 courses, nous allons faire un tour au paddock.  C'est très champêtre et bon enfant, les pilotes sont souvent presque dans mes ages, c'est familial, peu de bombes sexuelles, des épouses sur leur pliants, les copains qui font office de mécano, des vrais mécanos dans les écuries qui ont pignon sur rue, ça sent l'essence, des capots démontés, des tests d'accélérations, de la tôle abimée. 200 voitures de toutes les époques sont alignées sous des tentes.L'ambiance est amicale, les pilotes discutent entre eux, les mécanos mangent des sandwiches ou dans des gamelles, il y a bien le stand veuve Cliquot où j'offre le champagne à mon petit fils.  Titouan est complètement émerveillé par la Ferrari 312 T de Niki Lauda que Charles Leclerc conduira demain


Nous rendons visite à la Gordini de Jean Jacques Bally avec ses ailes de papillon.

Les voitures qui se préparent pour la prochaine série d'essai sont en ligne près de la sortie du paddock qui s'ouvre sur la Rascasse, les moteur pétarades puis les bolides s'ébrouent jusqu'à la pit lane dont l'accès est réservé à des happy few.




Nous regagnons notre place après avoir essayé de trouver une table dans les rares restaurants installés près du paddock, les sandwiches de la buvette sont franchement dégueulasses, demain on cherchera une bonne boulangerie pour déguster de bons produits. On se rattrapera ce soir.

La série C (Vittorio Marzotto) est spéciale car elle regroupe les voitures de sport à moteur avant de 1952 à 1957. Vittorio Marzotto était un pilote italien spécialiste des courses en circuit sur des voitures de sports dans ces années là.



C’est Frederic Wakeman qui signe la pôle sur sa Cooper-Jaguar T38. Il devance Lukas Halusa et Guillermo Fierro-Eleta, tous deux sur Maserati 300S. On aperçoit dans la pit lane, Max Verstapen qui vient saluer un de ces compatriotes pilotes.

La série D (Jackie Stewart)   rassemble les F1 de 1966 à 1972. Les débuts du sponsoring, de l’aérodynamique et du fameux moteur Ford DFV.

Deux autos de la collection « Gulf Racing » de Roald Goethe s’installent en tête après les qualifications : Stuart Hall en pôle sur une McLaren M19A devant Jordan Grogor sur une Matra MS120C. Ils devancent la BRM P153 (ci-dessous) du pilote Mexicain et ancien de la F1, Esteban Gutierrez.

Esteban Gutierrez a fait carrière en F1 de 2013 à 2016 chez Sauber puis chez Haas où il faisait équipe avec Grojean. Il n'a pas souvent fini dans les points et n'a participé à la Q3 qu'une fois.

La série E (Niki Lauda) concerne  les Formule 1 3L de 1973 à 1976. C'est de nouveau Stuart Hall  sur une McLaren M23 cette fois qui s’installe en pôle devant Roberto Moreno (Champion F3000 1988, 42 départs en Grand Prix et 1 podium) sur Lola T370 (Embassy-Hill) et Marco Werner (triple vainqueur du Mans, 5 podiums au total) sur une Lotus 76. Roberto Moreno est un pilote brésilien qui a couru de 1982 à 1995 et qui a fini second à Suzuka en 1990.

Dans les tribunes, on remarque des couples étranges comme cette petite blonde, jeune fille sage, des bottes, la jupe est très courte mais le monsieur qui l'accompagne et qui n'est pas son père car parfois, elle pose sa main sur le haut de sa cuisse, est , à peu de chose près, de mon age. Quand on prenait le champagne chez la veuve, à la table près de nous, une jeune thaïlandaise, minishort et physique carrossé par Pinin Farina, semblait ne pas etre habituée à payer sa coupe. Chaque fois qu'on la croisait, dans le paddock ou dans la tribune, elle avait un sourire engageant et pas effarouché.

 La série F (Gilles Villeneuve) rassemble les formule1 de 1977 à 1980. C’est une Fittipaldi F5A de 1977 qui signe la pôle avec Miles Griffiths au volant. Il devance Michael Lyons sur une Hesketh 908E et David Shaw sur une Williams FW06. Mickael Lyons est notre chouchou car on le voit s'aligner dans nombre de courses avec des voitures anciennes et des bolides plus récents. Lors du dernier grand Prix Historique, il est sorti vainqueur dans 3 catégories. C'est un anglo-irlandais qu'on croise dans son stand, un physique de 3ème ligne du Leinster qui semble très abordable et qui répond gentiment à tous ceux qui lui parlent. Il semble très populaire à Monte Carlo.

"Mickael Lyons ne sera jamais champion du monde de F1 mais il s’en moque. Il est heureux de pouvoir gagner des courses de voitures historiques, au volant de monoplaces qu’il faut absolument « préserver », dit-il en souriant, tout en essayant de « les régler au mieux pour qu’elles soient performantes », c’était le cas ce week-end à Monaco. Sur un asphalte tout neuf, avec d’excellents pneus Avon ou Dunlop Racing, dont seule la dimension est d’époque, les temps au tour étaient incroyables, dans toutes les séries, et les courses palpitantes, comme à l’âge d’or de la F1."

Derniers essais qualificatifs pour la série G (Ayrton Senna), pour la première fois invitée au Grand Prix Historique. Les voitures de F1 de 1981à 1985. Marco Werner signe la pôle sur une Lotus 87B devant Michael Lyons sur une Lotus 92. C’est une troisième auto britannique qui s’installe en 3e place avec l’Arrows A4 de David Shaw. 

Nous retournons sur Nice en faisant quelques haltes devant les concessionnaires automobiles monégasques chez qui le luxe n'est pas un mot vide de sens. Nous montons vers la gare en suivant le ravin de Ste Dévote. Le train suis la corniche avec des superbes vue sur le bord de mer du coté de Beau lieu et de Villefranche. Repos à l’hôtel puis découverte d'une excellente table, le Mesclun, 215 avenue de la Californie - 06200 Nice face à l’arrêt du tram 2; Belle entrée de poisson, poulpe pour moi, rougets pour Titouan puis une belle viande et un excellent dessert et une demi-bouteille de Chasse Spleen pour terminer dignement la journée. Retour à l’hôtel vers 22h et rendez vous au petit déjeuner à 7h pour être sur le circuit pour la première course.


 

 

 




 


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