"Une ramure qui semble sortir des arbres et que chaque année élague comme un bois sec"Pierre Moinot.
Pour cette deuxième journée à Chambord, après la visite guidée du chateau et avant d'aller diner au restaurant gastronomique du Relais, j'ai prévu de découvrir la faune du parc en 4x4 avec un garde. Cette activité m'a laissé sur ma fin. Elle est adaptée à un public qui se contente de découvrir rapidement la richesse cynégétique des chasses présidentielles. Sillonner un parc en 4x4, est adapté aux safaris africains: on est dans une réserve où les animaux ont l'habitude d'être observé, d'être dérangés, ils s'adaptent aux tourisme et finissent par adopter une attitude indifférente vis à vis des véhicules qui ne cessent de tourner autour d'eux. Ici, on est dans un domaine où le gibier est traqué, chassé, tiré et les animaux sauvages ont conservé vis à vis de l'homme une défiance, une prudence qui rend le safari difficile.
Ce soir, il fait lourd et les animaux sont certainement tapis dans les taillis et les lits de fougères en attendant que le soleil décline et qu'une relative fraicheur s'installe. Le garde est parfait, connait bien son métier. Je suis moins convaincu par les gens qui partagent cette activité avec moi, en particulier le couple de lourdeaux, tant physiquement qu'intellectuellement qui partagent la banquette avec moi.
Nous avons, cependant, la chance de tomber sur une compagnie de sangliers qui comporte une quarantaine d'individus de tous les ages. En voyant débarquer la voiture, ils décampent dans les fougères et on ne décèle plus leur présence que par les feuilles qui s'agitent pendant la débandade.
Ensuite, nous tombons sur un important troupeaux de mouflons où on peut voir quelques beaux males, de jeunes adultes et beaucoup de femelles.
Chambord est riche de petit gibier. Ici, on ne chasse et ne régule que le gros. La chasse se fait par invitation et les privilégiés sont surtout des hommes politiques, des présidents de société de chasse et des bienfaiteurs de Chambord. On croise 2 beaux faisans males. La population de bécasses, je ne parle pas de ma voisine, est très importante car pas chassée et les gardes assurent des captures pour baguer les oiseaux.
Nous nous arrêtons dans une ancienne ferme qui sert d'observatoire du brame: à l'intérieur, de nombreux trophées qui montrent que le cerf conserve des bois identiques de forme au fur et à mesure de ses mues: les 8 bois superposés appartenaient au meme animal. Un massacre nous montre un cerf avec ses bois encore couverts de velours. C'est un animal tué par une voiture au mois de Juillet quand les bois n'ont pas encore perdu le velours. Une série de photos du meme animal montre l'évolution des bois, entre les chute et la repousse jusqu'à ce qu'ils prennent l'aspect qu'ils ont au moment du brame.
Il avance doucement, nous fixe parfois puis relance son chant à 2 reprises avant de retourner dans les taillis, vers Maurepas, c'est beaucoup plus fort, plus grave, les plus beaux spécimens se préparent au combat.
Il brame 2 autres fois avant de se retirer
Sur l'allée, c'est au tour des sangliers, des laies et des marcassins de faire le spectacle.
Puis un mouflon arrive flanqué de 2 femelles.Nous quittons notre poste à regret car il est temps d'aller se préparer pour le repas, sur la terrasse face au chateau. C'est la première fois que je peux saisir ce moment extraordinaire où le grand cervidé lance sa plainte.
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