On traverse le ruisseau de la Tarentaine et le hameau de la Morangie. Nous marchons longuement dans le sous bois sous les hêtres qui laissent pénétrer la lumière puis nous quittons la foret pour nous mettre à grimper raide à travers les patures d'estive.
Le paysage s'ouvre sur le cirque des crêtes qui entourent la vallée de la Fontaine Salée.
Les fleurs sont partout qui parfumeront les Saint Nectaire fermier affinés cet été. Il y a de grosses touffes de pensées, la fin des jonquilles et de robustes plans de gentiane.On peut voir et entendre les alouettes qui nichent sur le pré.
Le vent est assez violent et très froid mais on trouve de gros rochers orientés au sud qui nous permettent de pique-niquer dans des conditions optimales. C'est un des premiers weekends de libertés et tous les chemins de randonnée du massif sont très fréquentés, trop peut être pour nous laisser quelques chances de surprendre un chamois, de débusquer quelques mouflons ou d'observer les marmottes.
Après le repas et le petit rouge languedocien, il faut se farcir le dénivelé maximum, le sommet du Sancy et juste au dessus de nous, puis les crêtes qui surplombent la vallée du Chaudeffour, c'est dans ces grands pierriers qu'en général on observe les mouflons.
Les
accouplements s'étalent d'octobre à décembre. La gestation
dure 5 mois. En avril - mai, la femelle donne naissance à un seul "agneau"
(exceptionnellement 2) qu'elle allaite pendant 6 mois. Le jeune reste ensuite
avec la harde maternelle et, si c'est un mâle, la quitte dans sa 2ème
année. La maturité sexuelle survient chez la femelle à
8-9 mois et à 2 ans chez le mâle. La longévité
des mouflons est de 15 ans environ. II n'y a qu'un rut par an. La
compétition entre les mâles, ou béliers, donne lieu à
combats spectaculaires, rarement dangereux.
La présence de cornes n'est pas constante chez les femelles, elles mesurent de 3 à 18cm et sont rectilignes.
Nous quittons notre abri pour nous avancer au dessus du col de Couhay, dès que je vire au début de la descente, je vois une harde de femelles et de petits qui court en direction du col. Il est évident que l'animal est très adapté à l'escalade, petits et grandes sautent de bloc en bloc avec une grande vitesse.
Les meneuses du groupe apparaissent sur les crêtes et sur les sommets.
Nous entamons la descente vers la voiture, la lumière est superbe, l'ombre commence à gagner du terrain, le cratère parfait du Pavin est juste à nos pieds. Je vois passer un groupe de 3 très furtivement derrière les rochers en forme de créneaux.
Retour au voiture. Ce safari auvergnat ne sera pas le dernier. La prochaine sortie sera consacrée aux mâles et aux cornes enroulées. Il semble que les mâles sont souvent du coté Super Besse vers le télésiège de la Perdrix ou dans le val de Courre.

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