lundi 1 juin 2020

AUVERGNE, LES MOUFLONS DE LA FONTAINE SALEE

Dernier weekend end avant la fin de la règle des 100 km: pour ne pas enfreindre la loi et s'exposer à une amende de 135 euros, nous nous retrouvons avec nos amis cantalous à Chareire dans le massif du Puy de Sancy pour une randonnée de 17 km, la Fontaine Salée. Nous posons les voitures au parking de Chareire près du gite d'étape. la balade commence par une traversée de la hêtraie, une alternance de courtes montée et de petites descentes avec parfois des pâturages où de belles salers paissent et ruminent, surveillées amoureusement et jalousement par un beau taureau sévèrement burné.
On traverse le ruisseau de la Tarentaine et le hameau de la Morangie. Nous marchons longuement dans le sous bois sous les hêtres qui laissent pénétrer la lumière puis nous quittons la foret pour nous mettre à grimper raide à travers les patures d'estive.
 
Le paysage s'ouvre sur le cirque des crêtes qui entourent la vallée de la Fontaine Salée.



Les fleurs sont partout qui parfumeront les Saint Nectaire fermier affinés cet été. Il y a de grosses touffes de pensées, la fin des jonquilles et de robustes plans de gentiane.On peut voir et entendre les alouettes qui nichent sur le pré.
Le vent est assez violent et très froid mais on trouve de gros rochers orientés au sud qui nous permettent de pique-niquer dans des conditions optimales. C'est un des premiers weekends  de libertés et tous les chemins de randonnée du massif sont très fréquentés, trop peut être pour nous laisser quelques chances de surprendre un chamois, de débusquer quelques mouflons ou d'observer les marmottes.
Après le repas et le petit rouge languedocien, il faut se farcir le dénivelé maximum, le sommet du Sancy et juste au dessus de nous, puis les crêtes qui surplombent la vallée du Chaudeffour, c'est dans ces grands pierriers qu'en général on observe les mouflons.

 Quand on entreprend la descente vers le col de la Geneste,Babeth et Cathy voient détaller 3 ou 4 marmottes  sans qu'on entende siffler le guetteur. Nous rencontrons un couple qui monte vers le puy de Paillaret et le col de Couhay. Ils y passent souvent la soirée et attendent en mangeant leur pique-nique. Souvent les mouflons débarquent par groupe de 5 ou 6 vers 18-19h. Je me promet de revenir un de ces jours. Le dimanche de Pentecôte, nous quittons Clermont vers 15h, un petit tour de Besse, un grand arrêt dans la charmante boutique de décoration des Folies de Margot: la dame est charmante et la boutique est pleine de beaux objets et de trucs pratiques. Un bon endroit pour attendre 17h. Nous posons la voiture au col de la Geneste, les derniers promeneurs descendent de la Fontaine Salée et d'autres chemins de petite randonnée. Plusieurs ont croisé mouflons et marmottes. Rares sont ceux qui ont vu des chamois. Depuis le col, à travers les prairies d'estive où paissent les salers, ça monte raide jusqu'à la pas du puy de Paillaret. Là, il y a un gros rocher qui protège du vent et qui sera un point d'observation idéal: j'observe les premiers mouflons sur un grand pierrier, 30 mètres sous le sommet: ce sont 2 grand blocs plats qui couvrent des cavités qui servent de nurserie aux mères.

On compte 5 ou 6 mères et autant de petits.Femelles et jeunes vivent en petits groupes (ou "hardes") guidés par une vieille femelle, tandis que les mâles sont solitaires. Les mâles s'attribuent une harde au moment de la reproduction.
Les accouplements s'étalent d'octobre à décembre. La gestation dure 5 mois. En avril - mai, la femelle donne naissance à un seul "agneau" (exceptionnellement 2) qu'elle allaite pendant 6 mois. Le jeune reste ensuite avec la harde maternelle et, si c'est un mâle, la quitte dans sa 2ème année. La maturité sexuelle survient chez la femelle à 8-9 mois et à 2 ans chez le mâle. La longévité des mouflons est de 15 ans environ. II n'y a qu'un rut par an. La compétition entre les mâles, ou béliers, donne lieu à combats spectaculaires, rarement dangereux.
La présence de cornes n'est pas constante chez les femelles, elles mesurent de 3 à 18cm et sont rectilignes.





 Nous quittons notre abri pour nous avancer au dessus du col de Couhay, dès que je vire au début de la descente, je vois une harde de femelles et de petits qui court en direction du col. Il est évident que l'animal est très adapté à l'escalade, petits et grandes sautent de bloc en bloc avec une grande vitesse.



 Les meneuses du groupe apparaissent sur les crêtes et sur les sommets.




 Nous entamons la descente vers la voiture, la lumière est superbe, l'ombre commence à gagner du terrain, le cratère parfait du Pavin est juste à nos pieds. Je vois passer un groupe de 3 très furtivement derrière les rochers en forme de créneaux.






 On découvre un dernier groupe de 2 dans un pierrier caché à l'ombre d'un arbuste.






Retour au voiture. Ce safari auvergnat ne sera pas le dernier. La prochaine sortie sera consacrée aux mâles et aux cornes enroulées. Il semble que les mâles sont souvent du coté Super Besse vers le télésiège de la Perdrix ou dans le val de Courre.
 

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