lundi 4 mai 2020

COLOMBIE, SALENTO, VALLéE DE LA COCORA ET BOSQUE DE NIEBLA




Nous quittons l’Hôtel Parc Royal à 14h45, 2 taxis viennent nous chercher. L'aéroport national est en ville, le trajet est court. La compagnie aérienne est Easy Flight et le vol est facile si le préposé à l'enregistrement n'est pas un bureaucrate borné. Pour Catherine et moi, pas de problème, nos sacs font 15kg pile, pour nos 3 équipiers, les valises sont plus lourdes et ils auront à payer quelque excédent de bagages. Pour remplir les conditions, j'ai transféré l’excès de poids dans mon bagage à main qui pèsent plus lourd que les 5 kg autorisés. Mon sac est à mes pieds et le gratte-papiers ne me demande pas à le peser. 40 minutes de vol sans histoire et on atterrit à Pereira à 17h45. Là, un minibus nous attend et on roule 1 heure pour arriver à Salento dans la région du Quindio, la zone du café. Il fait nuit noire quand on s'installe au Salento Plaza. L'hôtel est situé en plein cœur du quartier historique à 100 m de la place centrale. Son architecture est traditionnelle, c'est un bâtiment colonial avec beaucoup de bois, du blanc et du jaune: nos chambres s'ouvrent sur le jardin avec une petite fontaine qui ne coule que le jour. Le confort est parfait avec de grandes chambres sobrement décorées. Le patron parle français et les dames de l'accueil sont très aimables. Salento est un petit village fondé en 1842 par des pionniers . Il vit bien, grâce au café d'une part et au tourisme qui s'y est développé ces dernières années. Au centre du village, le Parque Central avec de grands arbres et Bolivar qui trône au centre de la place , tout autour des cafés et des restaurants et l'église. Salento est le point de chute idéal pour visiter les fincas de café, la vallée de Cocora et ses palmiers à cire et le Bosque de Niebla. C'est aussi un camp de base parfait pour les randonneurs et les alpinistes qui veulent explorer le Parque los Nevados.
Il est tard quand on part de l’hôtel pour trouver un restaurant. Nous n'allons pas très loin à la Fonda de los Arrieros. C'est une auberge rustique, un peu comme au Far West, des photos jaunies, des chapeaux, l'endroit est très beau mais la viande de qualité est trop cuite, de la semelle, demain on changera...La nuit a été douce, tranquille, ce matin il fait frisquet. Le petit déjeuner est excellent, des fruits frais, des œufs, un café colombien,du jus de chaussettes. Notre guide vient nous chercher à 8h30, je suis prêt bien avant et je pars faire une reconnaissance.

Notre rue, la carrera 7, est en pente douce et monte jusqu'à la place occupée par le Parque Central. Les maisons ont en général un étage et sont d'architecture coloniale, beaucoup de couleurs, du bleu, du jaune, du vert, de beaux balcons.
Le café Willys avec son percolateur installé sur la plateforme de la jeep. Les jeeps Willys sont un des symboles du pueblo qui emmènent les randonneurs au départ de leur trek. A la fin de la guerre, l'armée américaine se retrouve avec un stock de Jeep Willys qu'elle va vendre à bas prix dans des pays en voie de développement comme la Colombie. Les producteurs de bananes et les cafeteros apprécie sa légèreté et sa maniabilité qui leur permet d'aller partout. Ils les surnomment "mulas mecanicas".Je passe en vitesse par l'église puis je m'engage dans la rue principale qui est aussi la plus belle et qui mène à l'Alto de la Cruz, une longue série de marches qui évoquent le chemin de Croix et qui aboutissent à une grande croix blanche au sommet de la colline qui surplombe le village.


 


La rue principale est aussi la plus colorée, les cafés et les restaurants, les bijouteries et les hôtels s'y succèdent. A cette heure-ci , elle est comme les rues de France pendant le confinement mais ce soir ce sera une ruche.

8h30, quand j'arrive dans la réception de l’hôtel, mes 4 compagnons sont en tenue de marche, notre guide est là. Je n'arrive pas à retrouver son prénom, peut être Cynthia, elle est petite, à la fois pulpeuse et musclée, très mignonne et très vive, nous parlerons anglais. Nous allons jusqu'à la place pour trouver notre Jeep Willys qui va nous mener au départ de la randonnée pour la vallée de Cocora.
 Nous roulons près de 10 minutes jusqu'à un petit chemin de terre, la jeep s'y engage et nous dépose devant une sorte de restaurant en plein air, beaucoup de chevaux attendent qu'on loue leur service. Le trajet en jeep est agréable, le vent nous fouette, notre guide nous montre la position idoine pour celui qui est le dernier sur la plateforme, Une jambe à l'intérieur et l'autre sur le marche pied. Elle est aussi plasticienne mais s'est résolue à guider pour pouvoir nourrir sa fille. La vente de ses œuvres est trop aléatoire pour en 
vivre. Sa passion c'est de guider en haute montagne sur de treks de plusieurs jours qui atteignent les neiges.
Dès qu'on prend le chemin, on aperçoit les premiers palmiers à cire.

 Le départ est commun à beaucoup de randonnées, celles qui nécessitent le cheval divergent de la nôtre dont le but ultime est le Bosque de Niebla. Le Céroxyle de Quindío ou Palmier à cire du Quindío est une espèce de palmiers du genre Ceroxylon qui appartient à la sous-famille des Ceroxyloideae. L'espèce est présente sur les reliefs de la région andine en Colombie.








Les palmiers à cire ont longtemps intrigué les explorateurs et les botanistes par leur hauteur remarquable, certains atteignant 60 mètres. Jusqu'à la découverte des séquoias géants de Californie, on croyait que les palmiers à cire étaient les arbres les plus grands du monde. Une couche épaisse de cire recouvre leurs troncs, quelque chose que l'on ne voit pas dans d'autres palmiers, et ils vivent là où les palmiers ne sont pas censés le faire : sur les pentes glaciales des Andes, à des altitudes jusqu’à 3 000 mètres.
C'est une espèce protégée: on pensait que cette vallée du Quindío était l'unique endroit au monde pour croiser cette espèce menacée d'extinction: son ennemi, les troupeaux de bovins et les cochons qui se nourrissent des jeunes pousses, les indigènes pendant longtemps qui utilisaient la cire des troncs pour faire des bougies et les prospecteurs miniers d'Afrique du Sud qui voulaient exploiter une mine d'or à ciel ouvert.
 Avec la paix signée avec les Farc, elles ont libérés une vallée où on a découvert une grande colonie de palmier à cire.
Nous nous asseyons un moment sur le tronc d'un palmier mort, et notre guide nous donne quelques explications sur la vallée de Cocora. Cocora était le nom d'une princesse Quimbaya, fille du chef Acaime. Cocora en langage quimbaya signifie "étoile d'eau".
 

Sur le versant opposé, j'aperçois quelques taches noires, il y a sous les palmiers à cire une ganaderia de toros qui paissent. C'est la ganaderia du Salento. Cette finca a été fondée en 1979 par Antonio José Gonzales Caicedo et ce sont ses fils Mauricio et Antonio José qui dirigent actuellement l'élevage. L'élevage a été créé à partir des vaches et des sementals des ganaderias mexicaines de San Mateo et Torecilla qui tenaient leur bétail des Marques de Saltillo puis en 1960, ils ont fait appel à des sementals de la race Santa Coloma de Don Buendia Pena. Ce bétail a été présenté pour la première fois à Bogota en 1979 et a connu de nombreux triomphes en particulier à Cali. Le 1er janvier, le torero colombien Perlaza a indulté un toro de cet élevage à Cali. Notre guide, bien qu'opposée à la corrida a visité la finca et, elle convient, que si la corrida est abolie en Colombie dans les années qui viennent, le sort des vaches et des toros de l'encaste Santa Coloma posera problème: quel intérêt pour un éleveur de persister avec du bétail dont le seul intérêt est la bravoure au combat. Il se reconvertira vers des races à viande ou vers des laitières...Elle a adoré la rencontre avec le ganadero et la visite de cette finca dans un site d'une grande beauté.

 


 




Nous reprenons notre marche et les brumes montent de la vallée, la foret mérite bien son nom de Bosque de la Niebla.
les brumes montent de la vallée, la foret mérite bien son nom de Bosque de la Niebla.
Les forêts de nuages ​​font partie des écosystèmes présents dans la vallée de Cócora, projetant avec leur brume des paysages magiques et bucoliques qui brouillent le panorama, une nature généreuse qui produit l'eau.






De jeunes allemandes font une séance photo sur un fond de palmiers et de brouillard.



Quand nous arrivons à une petite guérite, plusieurs options s'offrent à nous: soit nous poursuivons jusqu'à le finca La Montana, soit nous montons jusqu'à la réserve de colibris. colibris. Quand nous reviendrons nous irons jusqu'à Acaime, la maison du colibri. La Colombie possède une des plus grandes diversités de Colibris au monde avec plus de 120 espèces différentes. La maison des colibris permet de découvrir de manière privilégiée cet incroyable petit oiseau aux multiples couleurs. Le sommet en forme de pyramide s'appelle, je crois, le Cerro Tusa.






Sur le chemin de retour, nous rencontrons de superbes fleurs, quelques fougères arborescentes au milieu de la végétation luxuriante.
Nous avons la chance d'admirer le vol du condor sur le chemin de retour. Un couple niche ici et il est interdit d'utiliser des drones pour respecter la tranquillité des rapaces. Le condor est un symbole national dans des pays andins. Il est charognard, peut atteindre 75 ans en captivité et atteint la maturité sexuelle à 5 ou 6 ans, la femelle pond tous les un ou deux ans et niche entre 1000 et 5000 mètres d'altitude.
C'est un grand vautour noir de plus de 3m d'envergure, avec une collerette de plumes blanches autour de la base du cou et, en particulier chez le mâle, de grandes taches blanches sur les côtés. La tête et le cou sont presque déplumés et sont d'une couleur noire et rouge sombre. Ils peuvent recevoir brusquement un afflux de sang et donc changer de couleur en réponse à l'état émotionnel de l'oiseau. Chez le mâle, il y a une caroncule sous le cou et une grande crête sur le sommet de la tête. Contrairement à la plupart des oiseaux de proie, le mâle est plus grand que la femelle.
Vivant à des altitudes de 3 000 à 5 000 m, généralement sur des rochers inaccessibles, le condor est essentiellement charognard. Il préfère les grandes carcasses de cerfs, de bovins ou de camélidés andins.

 Le condor est considéré comme quasi menacé. Il est menacé par la perte d'habitat et par l'empoisonnement résultant de la consommation de carcasses de bêtes mortes elles-mêmes empoisonnées. Des programmes de reproduction en captivité ont été mis en place dans plusieurs pays. 



Les bromelias poussent sur beaucoup d'espèces d'arbres. Nous arrivons à la croisée de plusieurs chemins, le nombre des randonneurs a beaucoup augmenté, nous croisons un gros groupe de français un peu bof. Leur guide leur sert le champagne sur la colline. Ils font de fines plaisanteries sur le con dort...

Nous arrivons au parking, Cynthia nous trouve une jeep Willys et nous revenons à Salento, elle nous dépose à son restaurant préféré et va déjeuner avec sa fille. Rendez vous à 15h pour la visite d'une finca de café.






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