"Ils sont dans la Sierra Nevada.
Ils sont monothéistes, et Dieu est Femme.
D'abord il y avait la mer. Tout était obscur.
Il n'y avait ni soleil ni lune ni gens ni animaux ni
plantes.
Seule la mer était en tous lieux.
La mer était la Mère. (...)"
Après la rencontre avec le mamo, nous allons visiter l'école de la République.
Le guide nous en fait une description idyllique, des jeunes kogis iraient finir leurs études à l'université. L'école se compose de plusieurs bâtiments autour d'une large prairie-cour, il y a des salles de classe, un préau, des dortoirs.Autour de l'école-lycée, l'environnement est très fleuri. L'école est très silencieuse, quelques internes restent le dimanche, les cours reprendront demain, les enseignants sont en général colombiens et parfois kogis. Drôle de phrase puisque les kogis depuis les année 1990 sont considérés comme colombien avec le droit de vote que se disputent les politiques à coup de promesses non tenues. Mais l'école est une promesse tenue.
Autour de l'école-lycée, l'environnement est très fleuri. L'école est très silencieuse, quelques internes restent le dimanche, les cours reprendront demain, les enseignants sont en général colombien et parfois kogis. Drole de phrase puisque les kogis depuis les année 1990 sont considérés comme colombien avec le droit de vote que se disputent les politiques à coup de promesses non tenues. Mais l'ecole est une promesse tenue.
Officiellement la loi Colombienne n’a pas effet à l’intérieur du territoire kogis. Il s’agit de « resguardos Indigenas », et là c’est la loi indigène qui prévaut. Ainsi si quelqu’un commet une infraction dans leur territoire, il ne sera pas soumis aux lois colombiennes et ils pourront décider de l’enfermer pendant plusieurs mois s’ils le désirent.
Nous visitons un second dortoir plus grand avec des hamacs et des lits. Sur l'un d'eux un adolescent plus âgé et lovée contre lui une gamine de 12-13 ans. Le garçon sent que la situation est plus qu'ambiguë et se planque sous son oreiller en refusant les photos...
Souvent, on constate une grande méfiance, défiance vis à vis des gringos.
Une fresque naïve avec les sommets enneigés de la Sierra assimilé à un homme qui exalte la biodiversité.
La bataille de Boyacá, remportée le 7 août 1819 par les troupes républicaines de Simon Bolivar et Francisco de Paula Santander sur les troupes royalistes fidèles à l’Espagne a consacré l'indépendance de la grande Colombie qui comportait Colombie, Panama, Equateur, Venezuela, Bolivie et une partie du Pérou. Elle a eu lieu au Pont de Boyacá qui ouvrait la voie pour prendre Bogota à 150km au sud.
Nous allons ensuite visiter la maison d'une des fille du Mamo,la sœur de Manuel.
Quand on examine la maison kogis, on se rend compte que c'est une maison réellement écologique. Elle est faite de matériaux naturels: le torchis, du bois et pour la recouvrir des palmes de palma seca. Le mobilier est réduit au minimum le plus stricte. Un foyer central pour cuisiner, une étagère, un ou 2 hamacs. Ici , nous sommes proches des autres hommes et notre civilisation pervertit les "bons sauvages", motos, un banc...Ils dorment sur la terre battue sans matelas ni couverture et se réchauffent à la chaleur du feu.
Ils construisent les maisons en s'entraidant et quand on inaugure la nouvelle case, le mamo préside une cérémonie. Le monde civilisé apporte d'autres perversions, l'alcool, les drogues parfois, l'argent et peut être le sexe. Il nous apparaitra évident ce soir, que notre guide exploite sa position dominante en vendant les mochilas hors de prix et, ça m'a paru évident, en se faisant accorder des faveurs par une des femmes qui m'a semblé être la sœur du mamo.
Une des femmes est en train de tisser une mochila
Il faut entre 1 et 2 mois pour réaliser une mochila.
L’organisation sociale s'appuie sur la famille composée du mari, de l’épouse, des enfants célibataire et des filles mariées avec leurs époux respectifs. On distingue des lignée patrilinéaire et matrilinéaire, les premières étant appelées « Tuxe » et les deuxièmes « Dake ». Les enfants appartiennent à la ligne paternelle et les filles à la lignée maternelle. Chaque segment de lignée est rattaché à un village et une maison cérémoniale. En général le fils hérite du père et la fille de la mère. Ainsi, les hommes sont les propriétaires des terres et de l’élevage, et les femmes sont propriétaires des maisons.
Le guide nous propose 2 alternatives pour passer la nuit: soit chez les kogis, à même le sol ou dans un hamac, la forêt tropicale toute proche, insectes, moustiques, jaguars, pumas, reptiles en tout genre... ou dormir chez une famille de campesinos, avec douche et WC rudimentaires, lits, fenêtres... pour les dames, le choix est vite fait: donc on passe chez notre logeuse qui tient aussi une épicerie et qui fait chambre d'hôtes and breakfast. Nous posons nos sacs.
En attendant la nuit, nous faisons une petite marche sur une piste qui nous mène à la rivière Buritaca qui descend des glaciers en haut de la sierra. Manuel , le kogi marche un peu en avant, le guide reste à 500m derrière nous, fait des photos et nous laisse vivre notre vie.
On entend des colibris sans les voir, ils sont très rapides, le seul bel oiseau que je repère est un vautour. La nature est très belle, on entend de la musique qui vient d'une hacienda, l'herbe est d'un vert très vif, parfois on aperçoit quelques vaches au milieu de la végétation très dense.
Nous nous baignons , c'est un vrai bonheur. Le guide continue à faire bande à part, il se baigne 100 m au-dessus avec manuel qui le regarde en jouant avec son potoro.
"L’eau représente tout pour les Koguis, un véritable être vivant, le sang qui circule dans les veines.
Emprisonner l’eau dans les barrages paraît inconcevable, c’est comme se faire un garrot. La relation des koguis avec la mer est totalement différente : ils la comparent au liquide amniotique de la terre mère et considèrent qu’elle n’est pas faite pour se baigner. Lorsqu’ils effectuent des marches vers la mer, il font un tour sur eux même en guise de salutation."
Nous reprenons le chemin du village quand le soleil commence à décliner
Quand on arrive au village, la nuit commence à tomber, le guide est aux abonnés absents, mais on se passe bien de lui. Avec Catherine, nous nous reposons sous le toit de la halle où nous avons déjeuné. Le jeune homme qui nous a fait à manger est adorable et essaye d'engager le dialogue. Il veut me dire quelque chose, avec son iPhone, il essaye un logiciel de traduction puis me fait comprendre qu'il fabrique du chocolat à base de fève de cacao et qu'il va nous montrer la recette.
Il essaye de me faire comprendre qu'il peut me montrer comment on fabrique du chocolat d'une façon très rudimentaire à partir des fèves de cacao. "Après le démantèlement des cartels et l’arrêt de la guerre, le gouvernement a encouragé la culture du cacao en substitution de la coca de laquelle de nombreux paysans étaient tributaires pour vivre. Dans la Sierra Nevada de Santa Marta, considérée comme le « cœur de la Terre » par les indigènes qui y vivent en quasi-autarcie, on compte plus de 400 hectares de plantations de cacao. Cette réserve, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, produit une qualité de fève de cacao presque inégalée sur la planète.

Nous prenons le repas dans le café restaurant face à notre chambre. Il y a là des hommes surtout, de la musique à pleine puissance, notre guide que j'ai vu enlacé à une femme kogis. Il nous dit "c'est ma femme", "non, je rigole" mis en fait je crois qu'il ne rigole pas et que, quand il accompagne des clients dans la Quebrada del Sol, il a le gite, le couvert et la cuisse...droit de cuissage néo-colonialiste.
Le repas est bon, du poulet, banane plantain, une bière, les chiens errants sont nombreux. Le chocolat est délicieux et notre nouvel ami nous dit que, demain matin, il nous en vendra, solidifié, une tablette grossière. Un chocolat comme en faisait les indiens quand les conquistadors sont arrivés. A cette époque, le chocolat était pimenté, aujourd'hui, on y ajoute du sucre, de la cannelle parfois et ce soir de l'orange.
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