samedi 4 avril 2020

COLOMBIE, SANTA MARTA, AUTOBUS PUIS MOTO-TAXI JUSQU'à LA QUEBRADA DEL SOL

Aujourd'hui 8 Février 2020: cette nuit, le vent qui vient de la sierra Nevada a soufflé avec beaucoup de violence. Déjà quand nous sommes rentrés au Catedral Plaza, il s'engouffrait dans les rue qui mènent au port en balayant les ordures, les papiers gras qui traînent. Réveil à 7h, petit déjeuner dans la salle près de la piscine, sur le toit. Nous descendons les bagages à la réception en ne gardant que le minimum dans le sac à dos .Nous allons visiter une des plus importante communauté indigène au monde, les indiens Koguis, descendants directs de la civilisation Tayrona.

  Le guide nous attend dans le hall, c'est un type un peu trapus, beaucoup moins sympa au premier abord que tous les gens qui nous ont guidé jusqu'alors.  Il est surpris de nous voir déposer nos valises et sacs de voyage à la consigne de l'hôtel. Il n'a pas intégré , apparemment que nous allons passer la nuit dans le village koguis. Je lui sort le programme qu'il photographie. Pendant qu'il contacte Colombia Aventure, je laisse un message à Franck, qui a organisé notre voyage. L'agence confirme le programme et nous devons d'abord passer au domicile du guide où sa femme lui prépare slip de rechange et brosse à dents. Nous allons à pied jusqu'au terminal de bus. Le quartier est beaucoup moins sûr que le centre-ville où la police est très présente. La population est aussi plus diversifiée et le guide nous conseille de porter les sacs à dos sur la poitrine. Beaucoup de marchands ambulants sur les trottoirs, au terminal, il y a un vacarme assourdissant, de la musique, de la cacophonie, des gens qui s'engueulent, de toute façon, ici, personne ne susurre. On monte dans un bus presque bondé, le caissier est debout sur le marchepied. Un afro-colombien monte avec sa musique et, pendant 10 km, il passe d'un passager à l'autre, en improvisant un rap avec un débit d'une cadence folle. C'est partout dans les transport en commun en Colombie et ils disent que c'est mieux de gagner sa vie comme ça plutôt que de voler ou de trafiquer. Le groupe est réparti un peu partout dans le bus mais le guide a pris soin de s'isoler des fois qu'on pose des questions. Pourtant, une place est libre à côté de moi. Je dois puer. 
Le bus part toutes les 30 minutes depuis le mercado à l'angle de calle 11 et de carretare 12
















A chaque arrêt, des gens montent ou descendent, les vendeurs ambulants de boissons ou de nourritures montent ou vendent leurs produits par les fenêtres. En quittant la gare routière, on traverse d'abord les quartiers populaires avec de grands ensembles, des stades, des commerces, beaucoup de restaurants puis des quartiers pauvres où les habitations précaires sont au milieu des usines, des entrepôts et des garages. Ensuite, on s'élève en douceur et, là, on retrouve les plantations de bananes. Ensuite, c'est très résidentiel et cossu avec de belles propriétés, des parcs luxuriants et de beaux jardins, de belles limousines. Notre bus dessert le parc Tayrona qui est fermé pour un mois .du 1er février au 29. Cette année , 3 périodes de fermeture sont prévues. Elles permettront au parc de reprendre des forces après le passage massif de touristes, la nature va reprendre enfin ses droits sur son territoire, ce qui permettra également aux populations indigènes de retrouver le calme et la tranquillité de ce lieu incroyable. Le parc Tayrona est un superbe parc naturel sue la cote caraïbe entre la baie de Taganga et l'embouchure du rio Pedras.

Nous roulons à bonne allure pendant 90 minutes puis nous descendons devant une baraque où stationnent les mototaxis de la Quebrada Del Sol. On attend un peu car il nous en faut 6. Quand toutes les motos sont rassemblées, chacun prend place derrière son pilote qui, en général se charge de porter à l'avant le sac de son passager. Mon conducteur ne me le propose pas, je le garde sur le dos ce qui sera un peu inconfortable étant donné les pentes que nous allons devoir monter. Les 6 motos s'engagent sur la piste. Dès que ça monte raide, les ornières se font plus larges et les rigoles se transforment en lit de torrent. Le sol est sablonneux, et les roues arrière dérapent. Après 500m, on stoppe à une barrière baissée où une matrone fait payer un péage pour accéder à la Quebrada Del Sol. Cet argent doit aller à cette étrange communauté, où cohabitent les koguis, descendants des tayronas et des colombiens de toute origine dont il semblerait que certains sont des paramilitaires repentis.
  

  
Il y a longtemps, les paramilitaires étaient des sortes de milice a service des gros propriétaires terriens. Ils passaient pour des libérateurs quand la guérilla des FARC et de l'ENL faisaient régner la terreur. Les politiques et les militaires leur mangeaient dans la main. Ils se sont installés dans les campagnes chassant les paysans, déplaçant les tribus indigènes pour gérer les champs de cocas et les laboratoires. La région, proche de l'Atlantique était pratique pour faire partir les cargaisons pour les USA ou l'Europe. 
Au sommet d'une forte grimpette, les motos s'arrêtent. Je n'ai pas l'habitude et je dois m'agripper comme un malade parce que je glisse sur le siège et que le sac me déséquilibre vers l'arrière. J'apprécie la pause. C'est le dernier point de la piste d'où on a une vue imprenable sur la côte atlantique et la mer des Caraïbes. Il y a là une plage et entre la route et la mer d'immenses bananeraies. Le rio qui traverse la Quebrada et où on se baignera ce soir, se jette dans l'océan à cet endroit.


On a aussi un très beau panorama sur les premiers contrefort de la Sierra Nevada de Santa Marta qui plonge littéralement dans la mer.






On reprend la piste, puis on fait un nouveau stop au sommet d'un petit col. Le guide nous demande d'avancer un peu dans la végétation. Face à nous, la Sierra Nevada et en particulier les 2 pics à plus de 6000 pic Cristobal Colon et pic Simon Bolivar)  avec leurs petits restes de neiges éternelles.

















Au milieu des 50 nuances de vert, les taches jaunes des guayacan en fleur.
La Sierra est un écosystème particulier.
Les terres basses sont recouvertes de forêt tropicale qui s’estompe et laisse place aux savanes et forêts de brouillard en altitude (les fameux « páramos ») avant de se convertir en étendue rocheuse à l’approche des sommets. Cet écosystème accueille 7% des espèces vivants sur la planète. 

L'isolement et la fragmentation du páramo sur les hauts plateaux andins favorise un endémisme exceptionnellement élevé. L'écosystème abrite environ 5000 espèces de plantes différentes. Environ 60 % de ces espèces sont endémiques, adaptées aux conditions physico-chimiques et climatiques spécifiques, telles que la faible pression atmosphérique, l'intense rayonnement ultra-violet, et les effets desséchants du vent. La végétation se compose principalement de touffes d'herbes, de rosettes, d'arbustes nains et de plantes en coussinet et de rosettes géantes remarquables .

Dans certaines régions, un gradient altitudinal de la végétation est clairement présent. Dans le su páramo, à 2500-3100 m d'altitude, des mosaïques d'arbustes et de petits arbres alternent avec les prairies. De vastes forets de nuages peuvent se développer à certains endroits, constituées de petits arbres tordus et noueux avec de petites feuilles épaisses notophylles, et de nombreuses épiphytes.
Dans le páramo proprement dit (3100 - 4100 m), les prairies dominent et des zones avec des espèces ligneuses n’existent que dans des endroits abrités et le long de cours d'eau.

C'est à cet endroit précis que les paramilitaires avaient établi leur poste de garde. Ils arrêtaient quiconque se présentait surtout s'il avait un appareil de photos, pratiquaient le kidnapping avec rançon et toute sorte d'exactions. Nous entreprenons une série de montées et de descentes assez vite pour l'état de la piste. Mon pilote a entrepris une discussion animée avec un de ses collègues, je n'apprécie pas trop quand les 2 motos se rapprochent trop d'autant que la roue arrière à tendance à se dérober sur le sable épais.
On arrive enfin à la Quebrada Del Sol.

 
 
 
 

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