vendredi 3 avril 2020

COLOMBIE, SANTA MARTA, STREET ART ET ARCHITECTURE COLONIALE

Ce matin, nous quittons Mompox. Cette étape a été superbe, une ville où la vie coule doucement, où la musique est partout présente, une ville lascive, sensuelle, nonchalante, caribéenne, alanguie, l'atmosphère de Gabriel Garcia Marques. 
Notre chauffeur arrive à 8h30 .Il est très élégant, beaucoup plus réservé que notre chauffeur de Villa Leyva mais tout à fait charmant. L'état de la route et le trafic beaucoup plus fluide sont une agréable surprise.


On commence par passer un pont et par prendre une petite route, personne, pratiquement droite où on roule à bonne vitesse à travers des pâturages et des grands troupeaux de vaches, avec ces arbres magnifiques couverts de fleurs jaunes, le guayacan jaune.















Ensuite, on retrouve une route plus importante, toujours aussi rectiligne qui passe par Ariguani (El Difficil) jusqu'à Bosconia. Là le chauffeur nous propose un arrêt pour acheter de l'eau et profiter des toilettes du personnel qui sont très propres. Les fruits et légumes sont à des prix très bas. La ville est très animée, c'est le carrefour des routes qui mènent à gauche à Santa Marta et tout droit à Valledupar. Il y a dans cette ville, une multitude de tuk tuk à pédales de toutes les couleurs.


A noter qu'on rencontre des panneaux sur la route qui ne figurent pas dans le code français.
En bordure de routes, il y a maintenant d'immenses plantations de bananes, à noter qu'en Colombie, on vend des bananas Maduro...ce qui signifie banane mure, je pensais que c'était péjoratif et que ça disait du mal du copain dictateur de Mélenchon.
Derrière les champs de bananes, s'élèvent les montagnes de la Serra Nevada de Santa Marta qui plongent dans la mer des Caraïbes.
La circulation se densifie à l'approche de Santa Marta. On arrive à Cienaga, à droite on va sur Santa Marta, à gauche vers Barranquilla. On suit la cote, on passe à Rodadero avec des constructions modernes des stations de bord de mer, puis on monte un petit col en lacets, on roule au pas et on descend sur Santa Marta. 

Santa Marta, c'est la capitale du département Magdalena, c'est la première colonie espagnole en Colombie, fondée par le conquistador Rodrigo de Batistas en 1525 et c'est la ville natale de Bolivar où il est venu finir ses jours et où reposent ses cendres. C'est un port très actif pour l'huile de palme (hélas) et pour l'aluminium et c'est une halte pour les croisiéristes. La vieille ville est intéressante car elle vit nuit et jour autour des restaurants et des boites de nuit. L'architecture coloniale y est intéressante mais, dans un voyage bien conçu, il vaut mieux visiter Santa Marta avant d'être ébloui par Carthagène.
Dans l'arrière-pays, vivent les indiens tayronas qui vendirent chèrement leur peau contre les espagnols. Les combats durèrent 70 ans et se terminèrent par la mort de leur cacique Cuchacique.  En 1559, Santa Marta est prise par des pirates dirigés par les Français Jean-Martin Cotes et Jean Bontemps. Les attaques et les pillages des pirates anglais, français et hollandais continuèrent jusqu'à la fin du 18ème siècle. Santa Marta fut aussi un port négriers jusqu'à ce que Cartagena la supplante. Ensuite, ce fut le déclin accéléré par un énorme tremblement de terre en 1834 et par le choléra en 1849. Le port retrouva un grand essor vers la fin du 19ème siècle avec le tabac et le commerce des bananes. Santa Marta était le siège de United Fruit Company. 
Nous allons séjourner à l'Hôtel Catedral Plaza, à l'angle de la place de la cathédrale...Il est très bien placé, à 50 mètres de la cathédrale, tout près de la vieille ville et à 400 mètres de la plage. Notre chambre est très bien équipée mais les Doyen changeront 3 fois de chambre avant d'en trouver une correcte: beaucoup de bruit de climatisation dans la première, lavabo bouché dans la seconde. La piscine sur la terrasse est très agréable quand le vent qui vient de la Serra Nevada et qui souffle avec une force inouïe n'est pas levé.
Pour l'heure, nous allons déjeuner au Canoa Café Cultural dans la calle 18. C'est un bistrot français, le service est très rock and roll, les serveurs sont marrants, des rastas, un charmant patio, des ceviches succulents, des gâteaux comme à la maison, le mille-feuille est très honorable, une adresse à conseiller. Pour y aller , on a croisé quelques beaux exemples d'architecture coloniale.
   

Ce quartier, comme à Bogota, Medellin, Cartagena ou Mompox montre de beaux exemples du Street Art colombien.
  

  

      

  

  

 Nous arrivons à la mer en flânant, tout au long de la plage, on peut voir des statues qui représentent les peuples indigènes des montagnes de la Sierra Nevada. 4 tribus y sont toujours présentes : les Koguis chez qui nous dormirons demain, les Arhuacos, les Wiwas et les Kankuanos.
  





  


  

  
Un des choses qui choque quand on se promène dans les rues, ce sont les épaves qui traînent, faméliques, hagardes, squelettiques, des junkies en manques, des vénézuéliens affamés. Je viens de voir le film colombien, "les oiseaux de passage" qui raconte l'histoire de ces indiens de la région devenus narco-trafiquants à grande échelle avec le cortège de déchéance et de sang qui va avec. C'est l'histoire des Wagyuu, des indiens qui vivent sur la frontière entre la Colombie et le Venezuela et qui devinrent trafiquant de marijuana au début des année 70, c'est la genèse des cartels de la drogue.
   

La chaleur qui règne ici est accablante bien qu'on se colle au côté du mur à l'ombre. Nous nous accordons une petite heure de piscine sur le toit de l'hôtel. A travers la vitre, vue sur la cathédrale au soleil couchant.

Nous allons diner chez Lulo dans la carrera 3. A l'intérieur, c'est le vacarme avec des jeux de lumière psychédéliques et des effets stroboscopiques qui risquent fort de provoquer vertiges et migraines chez Catherine, nous nous installons, finalement dans la rue, c'est la cohue, beaucoup de touristes, des musiciens, des groupes de hip hop, des familles vénézuéliennes qui mendient et qui s'accrochent jusqu'à faire fondre Martine en larmes. Saloperie de Chaves, Maduro, Mélenchon. Les cocktails sont délicieux, ceviches de poulpes excellents.


Retour à l'hôtel avec encore quelques belles fresques murales.

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