lundi 27 avril 2020

COLOMBIE, GUATAPE, LE VILLAGE DES ZOCALOS, LE STREET ART DES FRISES

Depuis toujours, Guatapé était célèbre en Colombie par son rocher, la création de la retenue d'eau qui a donné naissance à un paysage sublime a attiré ensuite les grandes fortunes colombiennes et en particulier Pablo Escobar qui y a construit l'hacienda la Manuela que la série Narcos de Netflix a fait connaitre au monde entier. Los Pepes, une coalition hétéroclite contre Pablo Escobar avait réussi à introduire 150kg de dynamite dans la résidence que Pablo avait quitté 3 jours avant. A cette époque, Escobar employait 300 hommes pour faire tourner sa maison de vacances. Aujourd'hui, des tours opérators organisent un tour du lac avec arrêt à la Manuela et éventuellement Paint Ball dans les ruines, où on peut se prendre pour un agent de la DEA en lutte contre les sicarios de Pablo. La série de Netflix a engendré un boom touristique sur Guatapé et le maire a décidé que toutes les maisons de la ville devait avoir une frise peinte. Andrea nous accompagne dans la visite du "pueblo de los zocalos". Les zocalos, ce sont des bas-reliefs allégoriques peints sur la partie basses de toutes les maisons et de tous les édifices.
   

    
Cette révolution colorée a ses artistes, il y a dans la ville 22 artisans qui se livrent à cette activité mais le plus célèbre est Nacho, Ignacio Suarez Garcia. C'est le précurseur, le plus talentueux et celui qui transmet son savoir à des apprentis. Au départ, les frises sont simples, des fleurs, le rocher El Penol, des formes géométriques, aujourd'hui les habitants commandent au artistes des fresques personnalisées qui racontent la vie du propriétaires, son métier, la vie de ses parents.

          


On rencontre un Don Quichotte et son fidèle Sancho qui part à l'assaut du rocher avec un air de Lucky Luke.



Une Joconde de Botero avec en fond l'église et un moto-chivas qui nous fera faire un tour du village en fin de journée et la panthère rose coule des jours heureux. La panthère rose c'est le surnom qu'on avait donné au propriétaire quand il était enfant.


Au centre du village sur la place, où trône Bolivar, l'église de Guatapé, blanche avec des liserés rouges se fond parfaitement dans ce décor coloré.
  



   
Pour réaliser un zocalo, l'artiste fait un bas-relief: il moule le motif en ciment puis le sculpte, le polit et le peint. Il divise le mur en quadrants avant de déposer le ciment.




Des motifs rappellent que le propriétaire était marin, pâtissier, propriétaire de bar, paysan.




Nous prenons une rue en pente douce puis nous empruntons une ruelle pavée qui descend vers le Malecon. 
 



On croise plusieurs fois ce motif de l'indien qui porte le colonisateur sur son dos posé sur
une sorte de palanquin fixé par un lanière au front du porteur. 
 
Nous prenons une rue en pente douce puis nous empruntons une ruelle pavée qui descend vers le Malecon. 
  

   
  




Voici justement, une des œuvres de Nacho qui rend hommage aux orpailleurs.

Il est venu le temps de se restaurer, Andrea nous propose un restaurant qu'elle connait, en étage qui surplombe le lac.
Les plats de viande sont pantagruéliques et la viande excellente. Cet après-midi, nous ferons une virée à la recherche des plus beaux zocalos en moto-chivas.
Un dernier zocalo pour le fun représente la conquete du Penol de Guatapé.

Nous aimons beaucoup Andrea, elle est très fine au propre comme au figuré, une politesse et une élégance exquises qui contrastera terriblement avec le gros lourdaud de français, Damien, qui demain nous guidera dans la Communa 13.




Voici la Plazoleta de los Zocalos, des maisons plus modernes, sans grand charme mais tous peints avec gouts et les escaliers couverts de zocalos qui permettent d'accéder au 2ème niveau. 



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