samedi 18 avril 2020

COLOMBIE, CARTAGENA, LA BOQUILLA AVEC LES PECHEURS


Après avoir quitté Imera, nous sommes rentrés à l'hôtel la Artilleria ,puis nous sommes allés diner au café Basilica où sont exposées les statues de Edgardo Carmona. Les pates sont bonnes mais il était un peu tard et l'ambiance sentait la fin de soirée. Ensuite, on a voulu aller danser et boire au Habana Café mais la boite était fermée...l'ambiance dans Getsemani est très alcoolisée, mais y a pas qu'ça. Des gens chuchote coke or marijuana et beaucoup semblent allumés. Nous rentrons directement à l'hôtel. Au petit h on puisse avoir terminé. Notre guide est charmante, théoriquement francophone mais son vocabulaire n'est pas plus épais qu'une feuille de papier cigarette. Bonjour , au revoir, c'est joli...c'est à peu près tout. Mais elle est souriante, c'est une afro-colombienne pulpeuse et vive, le chauffeur est de mauvais poil, il ne décroche pas un bonjour, pas un sourire et parle sèchement à la guide.  minutes pour aller à la Boquilla, un petit port de pêche là où une lagune d'eau saumâtre communique avec la mer à la saison des pluies. Les pêcheurs afro-cubains continuent d'y vivre mais le béton , les ressorts touristiques envahissent petit à petit ce petit paradis écologique. Pour aller à la Boquilla, on quitte Cartagena par le nord et on traverse un quartier d’hôtels luxueux et de résidence de luxe où vit la classe 6. Dans le village de la Boquillla , quelques fresques.
La Boquilla est un village typique de pêcheurs de 9 000 habitants situé à 7 km au Nord de Carthagène où vit une communauté afro-carthaginoise, les descendants des esclaves. Le chauffeur, toujours aussi gracieux, nous dépose sur le sable mouillé et nous marchons jusqu'au préau de Ecotours Boquilla. C'est une entreprise communautaire qui emploie 35 personnes et qui propose des éco tours de la mangrove pour pêcher le repas de midi et découvrir la flore et la faune extraordinaire de la mangrove. La fresque sous le préau , nous donne une idée de la biodiversité, Catherine ne prise pas trop le constrictor lové autour de son arbre. Nous commençons par un debriefing avec la dame qui dirige l'ecotours. C'est une afro- colombienne très en cher, un grand sourire, elle respire la bienveillance et l'autorité. Les natifs de la Boquilla bénéficient d'un droit de propriété collectif qui prévaut sur le droit privé et qui protège cette terre de l'appétit des promoteurs qui aimeraient y construire des hôtels paradisiaques.
Derrière, les 2 pêcheurs qui vont nous encadrer, un vieux briscard, chauve, trapu et un petit jeune, long et svelte. On embarque sur 2 pirogues, le pêcheur et 3 passagers pour une visite de la Cienaga de la Virgen, des kilomètres de mangrove que les habitants protègent, un lieu de migration des oiseaux qui peuplent les lagunes. les pirogues glissent silencieusement mus par le piroguier qui pousse sur une longue perche. Rapidement, on s'enfonce dans des tunnels de verdure, les arbres émettent de longues racines nues qui s'enchevêtrent et s'enlacent jusqu'au fond , 30 à 40 centimètres, coquillages et huîtres de mangrove s'accrochent aux racines.


Le silence, le clapotis de l'eau sur la coque et sur les branches, de temps en temps un oiseau lance son cri.

  



On sort parfois des tunnels pour prendre des bras plus larges, on croise des pêcheurs, d'autres pirogues. 






  
Les abeilles ont installé leur ruche dans une fourche.:
  
Voilà, c'est ici que nos pêcheurs ont décidé de jeter les filets. On retrousse les bermudas et on descend des pirogues. En fait, la couche de vase est très fine, l'eau est chaude et on marche sur un tapis douillet très agréable, seule Catherine, reste sur son esquif. Le but du jeu consiste à jeter l'épervier pour prendre le menu fretin qui fera le festin des crabes bleus de mangrove avec leur bout de pinces rouge. Lancer l'épervier, c'est un métier, il y a une façon de rouler le filet sur son bras, de prendre le bout de la corde qui attache le filet, puis d'un jet ample et sec, à la fois, de le lancer de façon à ce que les mailles se déplient et s'étalent harmonieusement, puis on ramène l'épervier d'une façon régulière et on enlève les rares petits poissons qui se sont laissés prendre.




Un pélican, goguenard, suis la scène avec attention, son rendement est meilleur que le nôtre.


 

 
Pierre et moi essayons de lancer l'épervier, Pierre est meilleur que moi mais nous ne prenons de poissons ni l'un ni l'autre.



Quelques grosses méduses nagent entre 2 eaux. 













  


  
Ensuite, nous découpons les poissons puis nous posons nos casiers, les crabes sont au rendez-vous, le repas de midi est assuré. 





Je m'essaye au pilotage, conduire un bateau avec une perche, c'est un métier comme jeter son filet.









Sur le chemin du retour, nous assistons à une scène étonnante, un raton-laveur sort de la mangrove, furtif, silencieux et sournois, dans le dos du pêcheur au tee-shirt rouge. Nous n'avons pas le temps de régler nos appareils, il saute dans la pirogue et part avec un gros poisson dans la gueule, superbe.


  
Nous retournons au préau, notre hôtesse nous attend, une bière fraîche ou une noix de coco qu'on ouvre à la machette et dont on boit le lait puis on se dirige vers la baraque qui tient lieu de cuisine et de restaurant, les crabes mijotent dans une casserole sur des feux de bois, de beaux poissons cuisent en crépitant dans une bassine, le repas sera délicieux, les crabes sont extraordinaires, le poisson et le riz, les bananes plantains , les fruits pour le dessert.
  

Toute la communauté bosse, la fille enceinte fait la cuisine, les enfants reviennent de l'école en uniforme, les pêcheurs déjeunent avec nous.


Le chauffeur vient nous chercher, il n'a pas trouvé le sourire mais n'a pas du bien le chercher, nous quittons les pêcheurs de la Boquilla, ce sont des gens sympa et chaleureux. Devant les cahutes, les gens jouent aux cartes et boivent des bières. A 14h, nous quittons notre guide qui a réussi à apprendre 5 mots de français de plus, je vais à la piscine qui est grande comme un jacuzzi confortable. L'après-midi sera consacré à Cartagena, shopping et flânerie dans Getsemani, San Diego et le centre.


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