vendredi 10 avril 2020

COLOMBIE, CARTAGENA DE INDIAS, GETSEMANI

 8 heures , le taxi nous attend devant l'hôtel Catedral Plaza. Cartagena, depuis longtemps c'est un de mes rêves de voyage: avant les pourparlers de paix avec la guérilla, lorsque l'image de la Colombie évoquait FARC, enlèvement, Ingrid Bettencourt, cartels et cocaïne, j'avais à l'esprit des idées plus positives, Cartagena, émeraudes, César Rincon.
"Elle sert de phare pour guider jusqu'en Colombie tous ces voyageurs timorés par la réputation de ce pays, encore considéré comme l'un des plus dangereux du globe il n'y a pas si longtemps encore, avant que l'ex-président Alvaro Uribe entreprenne de faire le ménage en 2002. «Cela dit, même au pire temps de la guérilla, les touristes fréquentaient toujours Carthagène, sous la haute surveillance d'un imposant déploiement policier".

Le chauffeur est très smart, très poli, peu bavard. La route pour sortir de Santa Marta passe par ce col qui descend sur la partie balnéaire de la ville puis suis la cote. On passe près du village de Cienaga et de la Cienaga Grande qui constitue une sorte de mer intérieure. Nous roulons sur une sorte d'autoroute qui franchit la Magdalena. Nous pouvons observer un paysage de mangrove. A distance de l'autoroute, on aperçoit des stations balnéaires comme Puerto Colombia.
On arrive ensuite à Barranquilla dont on évite le centre-ville. En périphérie, on prépare le carnaval qui est un des plus célèbres d'Amérique du Sud. La ville est un grand port fluvial et maritime. C'est une très grande ville, très industrielle avec de grands buildings modernes. 

Nous passons près du volcan El Totumo. Un petit tertre volcanique de 15 m de haut avec un petit cratère où il est possible de prendre un bain de boue ou des massages. Désormais plus d'autoroute, on avance au pas, il y a des villages de pêcheurs, très pauvres, presque des bidonvilles qui alternent avec des paysages de mangroves jusqu'à la Boquilla où demain, nous viendrons pêcher et déjeuner avec des pêcheurs afro-colombiens. Quand on arrive à Cartagena, on passe d'abord près de l'aéroport et on traverse des quartiers très riches avec de grands hôtels et des résidences de luxe.




   


On longe alors les plages puis on tourne à gauche sous les remparts, on aperçoit les arènes qui sont aujourd'hui transformées en centre commercial !!!

Circuler dans le quartier de Getsemani en voiture n'est pas chose facile, les rues sont étroites, les gens décontractés, pas un coup de klaxon, pas une injure, cool Raoul, relax Max.…Nous logerons à l’hôtel Artillera. Là aussi, langueur caribéenne, nos chambres ne sont pas prêtes, peut-être à 14h alors que les femmes de ménage se prélassent dans le patio...en attendant, on va flâner dans les rues, nous avons rendez-vous à 15h avec un guide local pour visiter la ville.
 A l’époque coloniale Getsemani est le quartier où habitent une grande partie des esclaves noirs qui vont progressivement s'émanciper de l'esclavage. 

Certains vont profiter du besoin de main-d’œuvre locale pour se rendre indispensables, offrir leur service, devenir artisans… Ces populations noires « émancipées » et rebelles vont occuper une place de plus en plus importante dans la « hiérarchie » du quartier jusqu’à faire partie des éléments moteurs du fameux « Grito de la independencia », le 11 novembre 1811. Ce mouvement révolutionnaire, initié dans le quartier de Getsemani, va libérer Cartagena du joug des colons espagnols puis embraser tout le pays pour enclencher une guerre d’indépendance qui marquera la fin de la colonisation.
 

 

   
Le quartier est resté bohème, métissé, c'est là où se retrouve les routards, les fêtards, les touristes indépendants. Tout ici est couleur, musique et boissons festives. On entend aussi souvent susurrer des mots comme marijuana ou cocaïne. Le police est omniprésente. Havana, c'est un lieu mythique où sont passés les plus grands, Ibrahim Ferrer et beaucoup d’autres.

La musique qu'on programme ici couvre tout le spectre de la salsa, du Son Cubano rendu célèbre dans le Buena Vista Social Club, aux succès de la grande vedette locale Joe Arroyo. Le Café Havana attire les meilleurs musiciens et c'est le meilleur endroit à Cartagena pour écouter de la musique latino. On peut aussi y danser mais , par malheur, la boite est fermée les 2 soirs où nous serons ici.
Toutes les maisons sont colorées dans des tons pastel, la population locale est nombreuse très vivante, Les fresques murales y sont très belles, qui évoquent la fête, le carnaval, l’origine africaine, la danse et la musique.
 



Le côté négatif du quartier c'est sa perversion. La drogue, l’alcool, la prostitution et les trafics y sont omniprésents . Le contraste est d’autant plus décevant que l’endroit est beau. A Getsemani, beaucoup de gens vivent des vices du touriste male. On est racolé en permanence pour aller dans tel restaurant, dans telle boite et la nuit venue, on propose aux hommes seuls des colombiennes accortes, de l'herbe ou de la coke. 
 Sans écouter les sirènes des rabatteurs, on découvre un restaurant italien qui va nous proposer de très bons plats de pates.

Il est bientôt 14h, nous retournons à l'hôtel, la chambre n'est toujours pas prête, nous engueulons un peu le réceptionniste qui est totalement indifférent à nos récriminations. Notre chambre est enfin faite à 14h55, c'est l'heure où arrive Imera c'est une guide afro-colombienne, pétillante, vive, intelligente et marrante imeriautria03@hotmail.com qui va nous faire une superbe visite de Cartagena mais c'est une autre chronique.



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