Au lever, nous profitons du splendide buffet de la Quinta Funchal Palace Gardens. Un bonheur, rien ne manque, des gâteaux, des viennoiseries délicieuses, des fruits exotiques, saumon, charcuteries, coupe de pétillant espagnol. Il est préférable de déjeuner à l'intérieur car les pigeons ont compris qu'il est plus facile de trouver sa pitance au crochet des touristes bien nourris que de errer en ville au hasard des trottoirs. Certains se faufilent même dans la salle à manger. Dommage de ne pas profiter de la terrasse qui offre une vue sur la ville, les jardins avec les agapanthes qui poussent partout, les falaises qui plongent dans l'océan, les montagnes aux portes de la ville. Nous aimons beaucoup cet hôtel, l'idéal pour finir agréablement un séjours.


Chaque année, le 10 juin représente une date marquante pour tous les Portugais. Elle célèbre la fête nationale du Portugal et rend hommage à l’histoire du pays, à son patrimoine culturel et à son indépendance. Une occasion parfaite pour honorer la mémoire de Luis de Camões, un poète du XVIᵉ siècle, et souligner l’unité et la résilience du peuple portugais. La fête nationale du Portugal coïncide avec l'anniversaire de la mort de Luis de Camões, considéré comme le plus grand écrivain du pays et l'un des plus grands poètes de la littérature européenne. Son œuvre la plus populaire, Les Lusiades, raconte les exploits des navigateurs portugais et fait de Camões une figure emblématique du patrimoine culturel du pays. Durant ce jour du 10 juin, le Portugal met à l’honneur et rend hommage à cet auteur et à son rôle clé dans la formation de l'identité nationale. Nous commençons notre journée par la visite du jardin tropical de Monte Palace.Y monter en voiture est assez sportif, une route étroite et parfois très raide sur 3,5 kilomètres. Dans certains passages, c'est à double sens mais il n'y a la place que pour une voiture. Je n'en croise qu'une qui doit reculer jusqu'à un refuge car je n'avais aucune intention de reculer dans une pente moyenne à 18%.
En lisant les guides, il ressortait qu'il y a Madère 3 jardins extraordinaires : Le jardin Botanique. D'une superficie d'environ huit hectares - dont
environ cinq sont des zones paysagères -, cet espace vert présente une
grande variété d'espèces d'arbres et d'arbustes ornementaux, une zone
avec des orchidées, des pelouses, des points de vue offrant un large
panorama sur la capitale de Madère et un amphithéâtre. Le jardin botanique de Madère abrite plus de
2000 plantes exotiques originaires de tous les continents, dont
certaines sont en voie de disparition dans leur lieu d'origine. Il m'a semblé trop académique et j'ai hésité entre les 2 autres. J'étais aussi tenté par les jardins de Palheiro. Cette propriété, construite au début du XIXe
siècle, s'étend sur 143 200 m². Son premier propriétaire était le
premier Conde de Carvalhal, qui a planté une grande variété d'arbres et a
donné naissance à la collection de camélias que l'on peut encore y voir
aujourd'hui. Pour les amateurs de ces plantes, la meilleure période
pour les voir en fleurs se situe entre novembre et avril. Outre des arbres vieux d'environ deux siècles,
les Jardins du Palheiro possèdent de grandes pelouses et quelques lacs.
Dans cet espace vert, les visiteurs peuvent également admirer une
chapelle de style baroque et une maison datant du XVIIIe siècle. Les Jardins du Palheiro, également connus sous le nom de «
Jardins Blandy » puisqu'ils ont été acquis par cette famille en 1885,
sont situés à une altitude d'environ 500 mètres. Carvalhal et Blandy. Des personnages que nous avons croisé depuis que nous sommes à Funchal.
Finalement, mon choix se porte sur le Monte Palace Garden.
Bénéficiant d'un emplacement privilégié au
sommet d'une colline avec vue panoramique sur la baie de Funchal, le
Jardin Monte Palace Madeira est l'un des endroits les plus uniques de
l'île de Madère, marqué par sa flore exotique et l'art qui l'entoure.
Son histoire remonte au XVIIIe siècle, lorsque
Charles Murray, consul anglais, a acheté la propriété, située au sud de
l'église de Monte, et l'a transformée en une quinta. En 1897, elle a été
achetée par Alfredo Guilherme Rodrigues, qui y a construit une
résidence palatiale, transformée plus tard en un hôtel nommé « Monte
Palace Hotel ».
Le Jardin Monte Palace Madeira compte
aujourd'hui quelque 100 000 espèces végétales du monde entier. De cette
vaste collection, répartie sur une superficie de 70 000 m², se
distinguent les cycadales centenaires, considérées comme des fossiles
vivants. En 1987, l’homme d’affaires José Berardo acquiert le domaine et le
transforme, grâce à sa fondation, en ce jardin tropical ouvert au public
depuis 1991. "Fils de paysan devenu milliardaire, à 25 ans José Berardo ne
connaissait pas la Joconde, et pourtant il est aujourd’hui l’un des plus
grands collectionneurs d’Art moderne en Europe. Véritable passion ou
brillante vitrine pour passer sous ombre un business pas toujours
reluisant ?"Il a présenté une extraordinaire exposition au musée du Luxembourg à Paris en 2009 et vient d’être inculpé pour escroquerie à l'encontre des principales banques portugaises.


Le jardin tropical Monte Palace abrite un impressionnant olivier estimé à plus de 2 000 ans. Cet arbre est originaire de la région d'Alqueva au Portugal et a été intégré au jardin du Palais du Monte comme témoignage vivant de la longévité et de la résilience de la nature.
On descend le long d'un large allée où sont présentés des azulejos modernes qui racontent en bande dessinée, règne après règne l'histoire des rois du Portugal. C'est une sorte de tapisserie de Bayeux en azulejos. Nous limitons l'histoire du Portugal à quelques souverains qui ont combattu les Maures et nous bifurquons vers des zones plus touffues.
Nous sommes au bord d'un petit bassin avec les premières fougères arborescentes et le pont japonais rouge qui marque l'entrée du jardin japonais. Des pagodes, des sculptures bouddhistes, des ponts de bois d’inspiration japonaise, des torris, des lanternes japonaises, et des étangs garnis de carpes Koï. Un azulejos constitué de 166 carreaux en terre
cuite, vous narre l’histoire de la relation entre le Portugal et le
Japon à travers les siècles. C’est suite à un périple au Japon et en
Chine que naquit la fascination de José Berardo pour la culture
asiatique. De nombreux aspects du jardin reflètent cette fascination de
leur fondateur. On remarque plusieurs statues de chiens en marbre inspirés des chiens "fu" qui bordent l’entrée des temples asiatiques. Les lions chinois sont aussi appelé chiens fu. Le chien "fu"est un animal légendaire qui écarte les génies malfaisants. Il est un excellent gardien et un des symboles de protection les plus connus du Feng Shui. Il est aussi réputés pour attirer bonheur et fortune.
Les chiens fu sont devenus célèbres par leur représentation dans la
Cité Interdite à Pékin, ou l’on peut trouver de nombreuses statues et
représentations de cet animal mythique.Il
est toujours représenté par paire, le mâle jouant avec une balle, la
femelle avec un lionceau sous sa patte. On disait que c’est par les
pattes que la lionne allaitait son petit, donc toucher ses pattes
portrait donc bonheur.
J'adore ces monumentales fougères arborescentes qui nous donne ici l'impression d’être dans la foret primaire. Le jardin japonais me laisse une impression d'artificialité. C'est un jardin japonais imaginé par un européen, il y a tous les clichés mais il lui manque l’âme, le shintoïsme ou le bouddhisme, le confucianisme. Quand on a visité les jardins de Kyoto au moment des cerisiers en fleurs, on est subjugué par la beauté des arbres du jardin tropical mais pas par le japonisme.

Plus que le jardin japonais, j'aime les cascades comme on les voit à Madère en parcourant les levadas, ici, un petit putto émerge au milieu des fougères. Les guerriers en terre cuite ne sont bien sûr pas des originaux de l'Armée enterrée de Xi'an en Chine, mais des répliques artistiques spécialement créées pour le jardin. Il ne procure pas la même émotion. A Xi'an, on éprouve de la crainte, du respect, on a le sentiment d'une armée surprise par une éruption, pétrifiée. https://www.lemounard.com/2017/09/xian-chine-larmee-enterree-la-necropole.html


Parfois, dans cette nature exubérante et luxuriante, le rouge du fuchsia attire l’œil.
Le Monte Palace Tropical Garden intègre harmonieusement une
importante collection artistique au sein de sa végétation. Les azulejos sont superbes Ces carreaux de faïence peints, produits entre
les XVIIe et XXe siècles, ornent les chemins du parc. La collection
présentée ici figure parmi les plus importantes du Portugal ! Ces
céramiques narratives illustrent des scènes sociales, culturelles et
religieuses significatives de l'histoire portugaise.

Les flamands roses ou plutôt très pales ou orange vif dorment sur une seule patte près d'un bassin sue fond d'azulejo ancien. On arrive au lac central où nagent des cygnes blancs très élégants, une chute d'eau l'alimente et un groupe folklorique madèrien célèbre la fête nationale du Portugal

Les groupes folkloriques perpétuent les traditions avec des danses anciennes comme le Baillinho da Madeira.
Inspirée du quotidien agricole, cette danse représente des scènes de
vendanges ou de battage du blé. Elle est accompagnée d’instruments
typiques tels que le cavaquinho, une petite guitare qui a inspiré l’ukulélé d’Hawaï.

Le costume traditionnel (Traje do Vilao) :Les femmes portent une robe colorée en laine et lin, accompagnée de
bottes en cuir et d’un bonnet à pointe. La couleur rouge prédomine. On sait que, dans la commune de
Ponta do Sol, les femmes mariées et célibataires portaient une cape
rouge et les veuves portaient une cape bleue. A Machico et Santa Cruz,
les tenues vestimentaires étaient composées d'une jupe de laine de couleur ou à rayures, d'un gilet et d'un corsage rouge et d'un béret bleu.Les hommes, eux, revêtent une
chemise en lin, un pantalon ample et de hautes bottes en cuir, rappelant
le passé rural de l’île.




Le spectacle est très agréables et danseurs et musiciens jouent avec le public nombreux pour la fête nationale.
Le jardin est parsemé d’œuvres d'Art qui rappellent que José Berardo est un grand collectionneur. Difficile de passer à coté de cette belle alanguie, les statues qui représente l'extase mystique ou non me ravisent toujours.

J'aime beaucoup cet Homère, sculpture en bronze de 1958 de F. E. McWilliam, un sculpteur surréaliste nord-irlandais qui se rapproche, je trouve, de Giacometti ou de Germaine Richier. Le style de travail de McWilliam se compose de sculptures de la forme
humaine contorsionnées dans des positions étranges, souvent décrites
comme modernes et surréalistes.

Au hasard de nos errances, je remarque cette armure de Marc Aurèle, je crois, et cette nymphe nue qui émerge de la verdure. Une pause fraîcheur au bar du jardin servi par un grand barbu jovial tatoué comme un obélisque avec un ananas mixé à l’intérieur de sa coque puis on termine la visite du jardin par la laurasylve.

Une
partie importante du jardin est dédiée à Laurissilva, une magnifique
flore indigène de Madère reconnue par l'UNESCO comme patrimoine mondial
naturel. Cette flore est un véritable dépôt de biodiversité, avec un
grand nombre de plantes endémiques et représente un écosystème unique et
les plus anciens d’Europe.
La
Laurissilva est essentielle à l'équilibre écologique de Madère,
fonctionnant comme une réserve naturelle d'eau et un habitat vital pour
de nombreuses espèces de flore et de faune. Dans le jardin, les
visiteurs peuvent apprécier la diversité de la flore traversée de
diverses espèces arborées emblématiques et de nombreuses autres plantes
endémiques de Madère. Cette forêt humide subtropicale se compose principalement d'espèces
endémiques de la Macaronésie. C'est un vaste écosystème qui abrite une
faune et une flore diverses, où se distinguent les arbres, souvent
centenaires, de la famille des Lauracées (à laquelle la forêt de
Laurissilva doit son nom).



On a reconstitué ici un exemple de laurasilve avec les espèces endémiques. On y retrouve notamment : le laurier de Madère (laurus novocanariensis), le til (Ocotea foetens), le barbusano (Apollonias barbujana), le vinatigo (Persea indica), le myrica des Açores,l'arbre à muguet (cletra arborea), le cèdre de Madère (juniperus cedrus) et le pittospore de Madère,une espèce menacée sur un fond de mousse, de lichens et de fougères.
Notre visite se termine, nous reprenons la voiture et sortons par le haut. Le redémarrage est très délicat, la pente doit être à 25% et la voiture qui me précède, s’arrête brutalement.,je freine, je cale, je m'énerve, ça sent le caoutchouc brûlé, je laisse de la gomme sur le bitume et je finis par enfin démarrer. Nous voulions faire la descente sur les traîneaux d'osier mais maintenant que je suis parti, je ne veux plus m’arrêter jusqu'au couvent de Santa Clara. Porte close, nous sonnons plusieurs fois avant qu'une petite sœur nous parle par l’entrebâillement. Fête nationale, le couvent ne se visite pas aujourd'hui. Nous reviendrons demain.
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