dimanche 5 juillet 2026

MADÈRE, CALHETA, L' ÈGLISE DE L' ESPERITO SANTO

 Nous quittons Jardim do Mar ce matin et nous passerons 2 nuits dans une quinta des hauts de Funchal. Au petit déjeuner, nous observons la jeune femme qui s'occupe du ménage et nous comprenons pourquoi la salle de bains, à notre arrivée n'était pas dans l'état de propreté que l'on doit attendre. Elle a un physique indolent, une lenteur calculé, elle est comme manchote et ne travaille que d'une main, l'autre étant attaché à son téléphone qu'elle ne quitte pas des yeux. Ceci explique cela. Nous roulons jusqu'à Calheta pour tenter de visiter l'église Esperito Santo et, pour la troisième fois, nous nous heurtons à des grilles closes. Je demande à une dame, dans la rue, si elle sait comment on peut visiter le plus beau monument du village. Elle a parlé avec le prêtre, dans la rue, il y a 2 minutes, il est sur place et elle me conseille de faire le tour du bâtiment. Effectivement, une porte est ouverte, je frappe, et j'entre. Le prêtre est assis à son bureau, il me répond en anglais puis me dis "Vous êtes français ? bienvenu". Il m'explique que la dame qui s'occupe de l'église est en vacances et que l'église est donc fermée. Je lui répond que depuis 3 jours, on passe et on repasse et qu'on rentre sur Funchal. Il me dit d'attendre à la porte et qu'il va ouvrir et éclairer l'église. c'est un homme grand, souriant, bienveillant. Une belle rencontre. L'église pour nous seuls. L'église paroissiale du Saint-Esprit de Calheta été construite à la fin du XVe siècle, classée comme bien d'intérêt public, conservant un riche patrimoine artistique, religieux, dans un style architectural manuélin et maniériste. L'extérieur est très sobre.  Sa grande richesse se trouve à l'intérieur. Tout d'abord, on retrouve le bénitier, de style renaissance.  L'église Espírito Santo possède aussi une croix de procession de style manuélin et un étonnant plafond mudéjar, que l'on peut voir dans le chœur et la nef centrale. 

On est étonné par les stalles, en hauteur, qui présentent, sur l'un de ses murs latéraux, une Cène très originale disposée à la manière d'un chœur de chanoines. On remarque  cette charpente mudéjar : charpente à parhilera dans laquelle, pour consolider le renfort et éviter que des chevrons ne se courbent, est installée une poutre horizontale (nudillo)entre les chevrons correspondants. La succession des nudillos et de leurs boiseries intermédiaires génère une superficie plane, l’almizate ou harneruelo. 

L'église constitue un exemple remarquable d'architecture religieuse, notamment par les plafonds de la chapelle majeure, décorés dans le style mudéjar. Sa construction a probablement débuté entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. L'architecture initiale était de style gothique — plus précisément gothique portugais ou "manuélin".


 Durant la période maniériste, le plan longitudinal fut modifié pour intégrer trois nefs. C'est à cette intervention que fait référence le portail, sur lequel est gravée la date de 1639. L'élément marquant de la façade principale est le portail manuélin, caractérisé par un arc en accolade reposant sur des piliers flanqués de pinacles ornés de motifs maritimes ; il ouvre sur un édifice au plan longitudinal à trois nefs, dont les points forts sont les plafonds de style mudéjar de la nef centrale et de la chapelle majeure.  Le parvis est pavé des traditionnels galets arrondis de Madère. La chaire en  marbre porte la date de 1639. 

 



 C'est  dans la chapelle majeure  que l'on peut admirer un magnifique retable principal en bois doré (talha dourada) ainsi que des murs latéraux ornés d'azulejos représentant des scènes de la vie du Christ. 


On peut aussi voir une précieuse collection d'  orfèvrerie sacrée du XVI et du XVIII siècles (lampadaires, bénitiers, croix de procession et deux tableau Flamands qui représentent L’Annonciation et se trouvent de nos jours au Musée de L’art Sacré à Funchal.

 


L'église possède un Tabernacle taillé en bois d’ébène avec des incrustations en argent, très précieux, offert par  le Roi D. Manuel Ier .

On retrouve une statue de José Gregorio Hernandez, Canonisé et m"médecin des pauvres".

Silencieux, prudent et profondément charitable, José Gregorio se donna aux malades sans rien attendre en retour. Il soignait gratuitement les plus nécessiteux, à qui il ne donnait pas seulement des consultations, mais aussi des médicaments et même de l’argent pour leurs besoins de base. Il exhortait toujours ses patients à faire confiance à Dieu et à fréquenter les sacrements, en particulier l’Eucharistie. Pendant la terrible épidémie de grippe espagnole en 1918, il se consacra sans relâche à soigner les malades de Caracas, étant pour tous un médecin et un apôtre.

Dans un coin, on remarque 3 statues du Christ dans différentes attitudes.


 

Nous quittons l'église et nous repassons voir le prêtre pour lui annoncer notre départ, l'admiration que son église à provoqué en nous et le remercier de sa bienveillance. Nous le quittons avec une bénédiction qui nous protégera pour la fin du voyage.





 

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