mercredi 6 mai 2026

AUVERGNE, LE DOMAINE ROYAL DE RANDAN

 

"La royale propriétaire de ce domaine ne le visite pas souvent ; cependant c'est un séjour enchanteur. Le parc, artistement dessiné, est coupé d'allées nombreuses bien sablées ; il est aussi planté de beaux bouquets d'arbres et d'arbustes. Des fleurs y répandant partout leur parfum ; d'admirables perspectives y sont adroitement ménagées. C'est une vue superbe, qui, à elle seule, vaut le voyage. Le château n'a rien de positivement curieux : c'est une vaste et splendide maison bourgeoise. L'intérieur est tout moderne aussi : c'est fort propre, fort élégant, fort riche. On visite donc Randan pour sa terrasse, pour sa chapelle, pour ses cuisines, pour sa salle à manger ; les cuisines sont si grandes, les fourneaux, les foyers, les broches y sont si vastes, si multipliés, que Rabelais s'en fut inspiré pour les apprêts du dîner de Pantagruel."

Randan est une commune du Puy de Dome, entre Clermont ferrand et Vichy à l'orée d'une grande foret. C'est une forét de feuillus et de conifères que j'aimais parcourir à la recherche de cèpes, d'oronges, de trompettes, de chanterelles et de pieds de mouton. L'immense massif forestier qui voisine le domaine royal semble géré par une association cynégétique qui impose désormais une réglementation très stricte et interdit la cueillette sur son territoire. J'avais demandé gentiment la permission de prospecter à des chasseurs qui m'avait consiellé de venir hors période de battue, le samedi en général. Un jour où les oronges me faisaient de l'oeil, j'ai trouvé mon véhicule couvert de papier avec les articles de loi concernant la cueillette et un message sans ambiguïté me disant que ma plaque d'immatriculation était enregistré et qu'un nouveau passage déclencherait des poursuites. C'est désagréable qu'une activité paisible et une cueillette modérée et familiale soit assimilée à une prédation... 

https://www.lemounard.com/2024/10/randan-les-champignons-dautomne-pieds.html

Depuis les années 2000, le le domaine appartient aujourd'hui au Conseil Régional Rhone-Alpes-Auvergne, qui en assure la restauration, l'entretien et l'animation.Nous retenons la viste guidée du chateau, des cuisines et de la chapelle. L'accueil se fait après les grilles dans la maison de l'Inspecteur où plusieurs pièces présentent des photos, des tableaux représentant Louis Philippe et sa soeur, leur famille et des meubles somptueux. En 1821, Louis-Philippe d’Orléans, futur roi des Français, et sa sœur Adélaïde d’Orléans achètent la forêt de Randan et le château attenant. Cette acquisition présente pour eux plusieurs avantages : étendre leurs propriétés forestières en Auvergne (ils possèdent déjà la forêt de Montpensier qui touche celle de Randan) ; reprendre racine sur la terre de leurs ancêtres les Bourbons ; posséder un lieu de refuge loin de Paris en cas de nouveaux troubles politiques. Ils sont les enfants de Philippe Egalité. Prince de sang, il est né en 1747. Louis-Philippe d’Orléans, tour à tour duc de Montpensier, duc de Chartes, puis duc d’Orléans à la mort de son père, grandit sous les ors de Versailles. Il descend directement du roi Louis XIII. L’histoire de sa famille est éloquente. Elle a donné des chefs de guerre et un Régent à la France. Très orgueilleux de cette ascendance, Louis-Philippe d’Orléans sera toute sa vie, avide de popularité. Il brûle d’inscrire son nom au firmament des étoiles et ne tarde pas à entretenir une coterie autour de lui au Palais-Royal. Son mariage avec Marie-Adélaïde de Bourbon a suscité bien des commentaires. Les mauvaises langues de l’époque affirment que le jeune prince s’était rué cette "mademoiselle de Penthièvres" afin de "trousser" son fabuleux héritage, fruit des amours de Louis XIV et de Madame de Montespan. Louis-Philippe d’Orléans est calculateur, ambitieux et son anglomanie agace tout particulièrement Versailles.  Très rapidement, il entre en politique. Le début d’une carrière qui va asseoir son destin aux accents tragiques. Grand chef de la franc-maçonnerie, son ambition le vise à monter sur le trône. Député de la noblesse aux états généraux, sa fortune lui permet d'encourager les mouvements révolutionnaires tels que les journées d'octobre. Il a à sa solde des hommes tel que Talleyrand, La Fayette, Dumouriez, Danton. Il tente de se faire nommer roi après Varennes et il vote la mort de son cousin Louis XVI. Il est cependant discrédité par la fuite de Dumouriez et de son fils (le futur Louis-Philippe). Billaud-Varenne le classe parmi les Girondins afin d'obtenir son exécution. Le duc d'Orléans est guillotiné le  peu de temps après ses accusateurs le suivront dans le supplice. 
La princesse Eugène (ou Eugénie) Adélaïde Louise d’Orléans, dite Madame Adélaïde, d’abord titrée Mademoiselle de Chartres à sa naissance le 23 août 1777 au Palais-Royal à Paris, est la fille du duc Louis-Philippe II d’Orléans, et de son épouse la duchesse, née Marie-Adélaïde de Bourbon. Avec sa sœur jumelle Mademoiselle d’Orléans (morte en 1782), elles sont les sœurs cadettes d’Antoine et de Louis Philippe d’Orléans, devenu roi des Français en 1830. Figure méconnue du XIXème siècle, Adélaïde est un esprit caustique et délié, plein d’humour et d’autodérision. Franche et spontanée, elle tient une place à part dans la galaxie Orléans. Elle entretient une relation fusionnelle avec son frère. À la fois son double, son amie, sa conseillère et son égérie, elle ne le quitte jamais. Le roi des Français a besoin de ses avis éclairés et se fie toujours à son jugement. Adélaïde soutient son frère et l’épaule de son mieux, entretenant une correspondance abondante avec les grandes personnalités de son temps, notamment avec le prince de Talleyrand. En juin 1821, la duchesse douairière d’Orléans, mère de Louis-Philippe et Adélaïde, décède d’un cancer. Elle lègue à ses deux enfants une fortune considérable. La princesse hérite pour la première fois d’une somme d’argent. Cette même année, on lui vante les mérites de Randan, en Auvergne, situé non loin du berceau de la dynastie bourbonienne. Le château, qui appartient au duc de Praslin, et les forêts attenantes, sont à vendre. Reprendre racine sur la terre de ses ancêtres et posséder un lieu de refuge loin de la capitale en cas de recrudescence des troubles n’est pas pour déplaire à Adélaïde. Cette même année 1821, elle entreprend le voyage avec son frère. Le château appartient alors au duc de Praslin à l'origine de la fameuse praline de Randan, la "perle rose de Limagne" créée  au XIXème pour satisfaire la gourmandise de sa fille. 

Autre figure féminine importante du domaine royal de Randan, Marie-Amélie. Marie-Amélie, princesse de Naples et de Sicile, naît en 1782. Elle est la sixième fille du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles (1751-1825) et de la reine Marie-Caroline de Habsbourg (1752-1814), sœur aînée de Marie-Antoinette. Elle est donc une ascendante directe de l'influenceuse qui partage la couche de Bardella, grandeur et décadence ! Le 20 juin 1808, Louis-Philippe, duc d'Orléans, débarque à Palerme dans l'intention de l'épouser. Décidé à fonder un foyer, Marie-Amélie a, selon lui, le profil de l'épouse idéale. L'inverse n'est pas vrai. Louis-Philippe n'a-t-il pas adhéré aux idées de la Révolution? Son père n'a-t-il pas voté la mort de Louis XVI? A quoi s'ajoute une vie privée passée désordonnée. Marie-Amélie a beau être aussitôt séduite par ce prince, ses parents s'opposent à cette union. Elle s'insurge, argumente de son âge avancé – elle a vingt huit ans. Ses parents finissent par céder. Le 25 septembre 1809, Marie-Amélie épouse son Louis-Philippe. Ainsi commence une union heureuse et féconde – ils auront dix enfants. Tandis que sa tante Marie-Amélie épouse en le duc d'Orléans futur Louis-Philippe en exil, l'archiduchesse Marie Louise d'Autriche, doublement sa cousine, épouse en 1810 Napoléon 1er au grand dam de leur grand-mère, la reine Marie-Caroline

Parmi les superbes meubles conservé dans cette partie du domaine, un Bonheur du jour  et 2 instruments de musique un Pianino de Pleyel de 1831et un pianoforte. Les trois pianos historiques de 1798, 1831 et 1845 sont mis musicalement à l’honneur une fois par an.  Le prix d'un pianino de Pleyel , modèle fabriqué dès 1831, était d'environ 1000 francs .Il fallait donc débourser près de 3000 francs pour un piano à queue suivant la richesse de la décoration et 2000 francs pour un piano carré ! . Donc tout le salaire d'une année entière d'un professeur de musique était nécessaire pour acheter un piano à queue. On remarque le piano droit de madame Adelaide à décor de marqueterie, bronzes dorés et plaques de porcelaine de Paris de la maison Roller et Blanchet fils. La tradition orale attribuait ce piano droit Roller & Blanchet fils à Madame Adélaïde (1777-1847), sœur du roi des Français Louis-Philippe Ier. En 2002, une étude de l'instrument de salon, par Michel Foussard, permit d'en estimer la datation, vers 1845, rendant crédible le fait qu'il ait pu appartenir à Adélaïde d'Orléans. Ce piano avait le rare privilège d'avoir conservé tous ses éléments d'origine. Le sommier étant fracturé, les restaurateurs durent cependant procéder à un démontage complet de l'instrument, afin de le remettre en état de jeu. Cette délicate opération fut facilitée par la surprenante découverte d'une note manuscrite, qui indiquait la marche à suivre, pour démonter les éléments sculptés, et parvenir au cœur du piano.

 Nous suivons une belle allée de platanes pour nous rendre au point de rendez-vous de la visite, près des grilles du château. L'édifice est construit en briques polychromes et était couvert de hauts toits en ardoise. Les briques sont locales et fabriquées à partir de l'argile présent dans la foret. Au XIXe siècle, la fabrication de tuiles et de briques s’est intensifiée à Randan, particulièrement à proximité du hameau des Pioliers, où la terre est argileuse. À l’époque on comptait plus d’une vingtaine de briqueteries. La dernière usine de briques a fermé dans les années 1960. La variété des figures réalisées en briques polychromes rendent chaque façade différente. Sur un fond de briques rouges, les briques noires forment des décors variés : croix de Saint-André, chevrons, losanges. "derrière une grille protégée par deux lions de pierre inoffensifs, apparaît le château. C'est un corps de logis principal, flanqué de deux tourelles et de deux ailes en retour vers l'entrée. Deux grosses tours pointues le défendent du côté de la Limagne. Ses tours, ses tourelles, ses toits aigus couverts d'ardoise, la symétrie des briques rouges et brunes de ses murailles, nous font croire que nous avons sous les yeux un de ces châteaux comme on en bâtissait du temps de la ligue."Les colonnes doriques, les encadrements des portes et fenêtres sont également tirés d'un calcaire régional, les ardoises des toits, aujourd'hui disparus, proviendraient de Corrèze, on trouve aussi de la pierre de Volvic et beaucoup d'utilisation de la fonte. 

 
Le château, coté vallée, présente deux grosses tours rondes : côté parc, deux tours carrées. La brique domine, même si les parties centrales sont en pierre. Une briqueterie a même été créée à cette fin. "La salle à manger, du fait de sa situation et de la déclivité du terrain, se trouve enterrée, éclairée par deux verrières donnant une lumière zénithale. Ces verrières sont elles-mêmes abritées sous un monumental « vestibule de fer » qui forme l’entrée du château au nord ". La fonte est utilisée dans les colonnes, dessinées par François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter, (1770-1841), fournisseur parisien de mobilier le plus en vogue entre 1796 et 1825. 
Détruit par un incendie en 1925, les ruines du château lui confèrent une silhouette romantique qui me rappelle "La Poétique des Ruines de Diderot qui figurait au Lagarde et Michard du XVIIIème dans laquelle, potaches, nous remplacions le mot ruines par fesses ce qui produisait un texte hallucinant sur la poétique des fesses.

Avant de visiter les cuisines et la chapelle, de tourner autour du château, nous allons visiter le potager et les serres qui présentent des caractéristiques techniques remarquables pour l'époque. L'orangerie et les serres du parc remontent au XIXe siècle. Les serres sont une réplique de celles de Versailles aujourd'hui disparues. L’orangerie est une nef de 56 mètres de long qui a été construite vers 1835 pour la conservation hivernale des orangers  en caisse, principal ornement des abords du château qui faisaient autrefois la réputation du parc de Randan. Elle renferme un générateur électrique, installé à la fin du XIXème siècle, qui témoigne de la modernisation constante du Domaine. Les 2 serres semi-enterrées, destinées à la culture des végétaux, possèdent un double système de chauffage : calorifère à eau et fosse à fumier.


La seconde, en forme de coque de bateau retournée est une serre hollandaise. Nous passons devant la chapelle où nous reviendrons plus tard et nous empruntons le long couloir des cuisines pour accéder à la façade sud du château. Depuis la balustrade qui surplombe le jardin, on a une vue sur le Livradois-Forez et, avant que les arbres ne soient trop immenses, on avait aussi un panorama dégagé sur la chaîne des puys et la plaine de Limagne. 
 



Trois jardins dont deux en terrasse avaient été créés par Pierre-François-Léonard Fontaine, architecte de la princesse Adélaïde et de la famille d'Orléans, au XIXe siècle. Aujourd'hui, sont conservés les murs de soutènement des terrasses et un bassin.  

Le parc, un des plus importants de la première moitié du 19e siècle, a été réalisé par Fontaine, qui s'est inspiré des traditions italienne, française et anglaise : jardins réguliers aux abords du château, puis vastes espaces paysagers agrémentés de pièces d'eau et de fabriques. La princesse Adelaide occupait la tour ronde sur la droite, plus récente et plus moderne pendant que Louis-Philippe occupait la tour sur la gauche, plus ancienne car le roi était attaché à l'histoire de France. Le roi et la reine partageait la même chambre à la façon des couples bourgeois. Un balcon courait tout autour du château. Au dessus des appartements royaux, il y avait les chambres de maîtres occupées par la cour et les visiteurs, puis 2 étages de combles qu'habitait les domestiques et qui ont été détruits par l'incendie de 1925 avec les toits d'ardoises. Bien avant Eiffel, Fontaine a utilisé la fonte et le métal pour construire le balcon circulaire et les escaliers en colimaçon révolutionnaires pour l'époque. Le rez de chaussée était occupé par des salons et l'immense salle à manger souterraine était éclairée par des verrières et accolée à une enfilade de salons.   La visite nous permet d'apprécier le travail des architectes, ingénieurs, verriers, fondeurs, serruriers, ébénistes et les innovations technologiques de la première moitié du XIXème siècle avant les formidables progrès du Second Empire.

Nous passons dans les cuisines que précède
un long couloir bien éclairé. 
Lors de la première phase de travaux menée par Pierre François Léonard Fontaine, les cuisines avaient tout d'abord été installées dans le château, côté sud ; le désagrément occasionné par les odeurs de cuisson et le souhait d'un réaménagement des intérieurs conduisirent Madame Adélaïde, sur un projet de son frère Louis-Philippe, à commander à l'architecte l'éloignement des cuisines. Achevée en 1830, une grande aile occidentale accueille des salles spacieuses et bien éclairées, équipées de grandes cheminées, de potagers et d'une rôtissoire automatique importée d'Angleterre. Au début du XXe siècle, les cuisines seront de nouveau modernisées par Isabelle d'Orléans, comtesse de Paris, petite-fille de Louis-Philippe Ier. Le bâtiment des cuisines a été construit à partir de 1828 dans le prolongement du château ; il possède huit salles voûtées  couvertes d'une vaste terrasse qui permet au couple royal d’accéder à la chapelle quand il fait beau. C'est Louis-Philippe qui commanda lui-même en Angleterre la rôtissoire, elle marche avec un système de poulies et de crémaillères.

La cuisine est équipé d'un immense piano Ravet avec de multiples fours, des plaques de cuisson et des potagers qui permettent de chauffer les soupes sur des grilles au dessus des braises. Les casseroles sont marquées au sceau du roi et numéroté afin de figurer à l'inventaire. Nous visitons ensuite la boulangerie avec son four à pain et d'autres potagers. C'est ici que sont exposées les broches à poulies qui tournaient sur la rôtissoire.

La visite se termine par la chapelle royale, néo-classique. On y accède depuis les cuisines par un escalier alors que la famille royale arrive par la terrasse et prend place à la tribune. La chapelle est dédiée à la Vierge. Au dessus des cuisines la promenade en terrasse est agrémentée de son mobilier de jardin d’origine, et formant perspective entre le château et la chapelle.

La chapelle achevée en 1831 est de style néo-classique. Elle se distingue par sa tribune royale, ses murs revêtus de stucs, ses jolies voûtes peintes en trompe-l’œil. En effet, au plafond ce ne sont pas des caissons mais un décor peint et sur les murs, ce n'est pas du marbre mais du stuc imitation marbre. On remarque les "vitraux peints représentant les trois vertus théologales( Foi, Espérance) et la martyre de sainte Dorothée."  et le "'petit oratoire plus coquet que sévère."  Ces vitraux aux chiffres d’Adélaïde, modernes dans leurs coloris, sont une magnifique réalisation de la manufacture de Sèvres.

Il y a aussi 3 superbes cénotaphes.Celui d'Adelaide réalisé par le sculpteur Aimé Millet dont il porte la signature, en 1876.






Autre cénotaphe, très romantique celui de  Louis-Charles d'Orléans, comte de Beaujolais  D’abord inhumé dans la chapelle Notre Dame de Liesse, le corps du Prince fut ensuite transféré en 1843 dans la cathédrale Saint Jean de La Valette à Malte. Le gisant du Prince a été réalisé en marbre par James Pradier. Le cénotaphe de Randan est la seconde copie du cénotaphe dont une première est réalisée par le même sculpteur en marbre pour Versailles, déplacée à la chapelle de Dreux (28) en 1986 . Il a été élevé à Randan par Adélaïde d'Orléans en mémoire de son frère. Il n'est pas signé et présente quelques différences avec le modèle original.

Dernier cénotaphe celui de Antoine d'Orléans, duc de Montpensier. Ce cénotaphe est la seconde copie du cénotaphe réalisé par Auguste Trouchaud d'après le gisant œuvre de Richard Westmacott (1775-1858) à l'abbaye de Westminster (Angleterre). La première copie de Trouchaud, d'abord destinée à Versailles a été transférée à la chapelle de Dreux (28) (petite crypte Nord) en 1986. Il a été élevé à Randan par Adélaïde d'Orléans en mémoire de son frère. Antoine-Philippe d’Orléans, duc de Montpensier, est le 2e fils de Philippe Égalité, le duc d'Orléans qui vota la mort de Louis XVI. Il est le frère cadet de Louis-Philippe d'Orléans (1773-1850), duc de Chartres, futur roi des Français Louis-Philippe 1er. Il meurt en Angleterre en 1807.

Autres choses intéressantes, les confessionaux dissimulés derrière des portes, les pénitents se confessent debout, pas de perte de place. Cu dessus les photos des trompe-l’œil. Les tableaux près des cénotaphes reproduisent les lieux où se trouvent les originaux.

2 masques mortuaires pour finir.


Celui du duc d'Aumale par Civiletti Benedetto. C'est le 5éme fils de Louis-Philippe, gouverneur de l'Algérie après la prise de la smala d'Abd el Kadder et rénovateur du Chateau de Chantilly.


Ensuite le masque funéraire du duc Ferdinand Philippe d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe. 

Envoyé par le Roi à Lyon pour gérer les émeutes (1831), il participa ensuite au siège d’Anvers (1832). Nommé Lieutenant-Général et fit plusieurs campagnes en Algérie (1835, 1839, 1840). À son retour en France, il organise des bataillons d’infanterie légère, connu comme les chasseurs d’Orléans. Il meurt accidentellement à Neuilly, le 13 juillet 1842. La visite est finie. 

Adélaïde étant morte célibataire et sans enfants, le domaine revient à un de ses neveux, le plus jeune fils du roi Louis-Philippe, Antoine d'Orléans duc de Montpensier. À sa mort, sa fille aînée Marie-Isabelle Orléans-Montpensier hérite du domaine ; épouse du premier comte de Paris, son cousin germain, elle entreprend de redonner au domaine son lustre et y apporte des aménagements et du confort moderne (électricité en 1909 et eau courante en 1912).

Henri d'Orléans, autre porteur du titre de 1929 à 1999 (c'est-à-dire deuxième comte de Paris ; il était le fils de Jean de Guise et de Marie-Isabelle d'Orléans-Montpensier qu'on vient d'évoquer), séjourne enfant dans cette propriété familiale, où fin la famille apprend la déclaration de guerre. En 1915, après y avoir installé un hôpital militaire annexe de celui de Vichy, la première comtesse de Paris et sa fille la reine de Portugal Amélie d'Orléans se font infirmières et y soignent les soldats blessés. 

En 1919, au décès de Marie Isabelle Orléans-Montpensier, le domaine échoit à son fils cadet Ferdinand, dernier "duc de Montpensier". En 1921, sur les instances de ses sœurs, il épouse en l'église de Randan Isabelle Gonzalez de Olañeta e Ibarreta (1895-1958), 3e marquise de Valdeterazzo, fille du vicomte de Las Antrinas. Le couple vit seulement trois ans au domaine de Randan, Ferdinand y décédant précocement en 1924, dans sa quarantième année pour addiction à l'opium .

L'été suivant, dans la nuit du 25 au , lors d'un séjour de la duchesse et de quelques amies, le château est ravagé par un violent incendie qui ne laissa que ruines qui ne furent pas relevées.

Les plus belles pièces du mobilier qui avaient pu être sauvées du brasier sont transportées en Espagne chez la duchesse de Montpensier ; le reste, dont de nombreux trophées de chasse de Ferdinand réalisés par le grand taxidermiste anglais Ward, fut entreposé dans les vastes communs du château.  La duchesse de Montpensier, veuve de Ferdinand, décède en Espagne en 1958. Son second mari, José-Maria de Huarte, noble espagnol, hérite des vestiges du Domaine qui est racheté par la région en 1999. 

Très belle visite dirigée par un guide tout à fait compétent.

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