samedi 21 février 2026

JURA, LE SAUT À FORT DU PLASNE, LE LAC DE L'ABBAYE

 En quittant Salins les Bains, nous prenons la direction du lac de l' Abbaye où nous passerons la nuit. Le trajet fait 58 kilomètres sur une route assez tortueuse, une petite halte à Fort du Plasne pour voir une belle cascade. On y arrive , il fait presque nuit. c'est le début des gorges de la Lemme. Elles sont longues de 7 km et s'étendent du lieu-dit "le saut" » (cascade de 15 m du restaurant" Au Moulin des Truites Bleues" au confluent avec la Saine.

Le bord de la route et les rives du torrent sont très enneigées. À l'époque antique des Séquanes, peuple celte, et de l'Empire romain, à la place de l’actuel restaurant se dressait un fort romain qui contrôlait le passage sur la Lemme, par un pont en pierre à huit arches. On en voit encore les vestiges. Cette voie romaine servait entre autres de route du sel pour le commerce du sel du Jura entre Séquanes et Helvètes, depuis les salines de Lons-le-Saunier, Salins-les-Bains, etc. jusqu’à Saint-Claude et la Suisse. La Lemme a un cours tumultueux. Au cœur d’un site boisé et cerné de corniches, la rivière Lemme plonge par une fissure étroite dans un vaste amphithéâtre rocheux, en deux chutes successives. Entièrement aménagé pour les randonneurs depuis la corniche jusqu’au pied du saut, le site révèle un cadre unique doté de points de vue spectaculaires, permettant aux visiteurs d’apprécier à leur rythme tout le charme de cette gorge mystérieuse. La cascade de la Billaude, également appelée « saut Claude-Roy », est l’un des sites les plus grandioses du Jura. Avec ses deux chutes, elle totalise 28 mètres de hauteur, soit l’équivalent d’un immeuble de dix étages ! Ses eaux rejoignent ensuite celles de la Saine  quelques kilomètres plus loin. Une randonnée à prévoir une autre fois.
Nous continuons jusqu'au lac de l' Abbaye où nous arrivons à la nuit.
    Nous passerons la nuit à L' hôtel lou Granva qui possède spa et piscine couverte dont nous ne profiterons pas. Les chambres sont rénovées avec vue sur le lac gelé, une généreuse fondue au Comté, un petit déjeuner très diversifié. Une belle adresse comme Philippe sait les dégoter pour ses copains motards ou ses amis. Avant de repartir au matin pour découvrir d'autres cascades, nous faisons un petit tour du lac jusqu'à l'église. La couche de glace est très fine et il est interdit de s'y aventurer. Quand l'épaisseur est suffisante, on peut y pratiquer le patinage. La pêche blanche n'est pas autorisée, le droit de peche appartient à la famille Piot qui possède les 2 beaux hôtels sur le lac. En fait, le lac est habité par des poissons carnassiers et la pêche blanche se pratique sur les salmonidés, truites et saumons de fontaine. 
Une sculpture de David Rodot  trône devant l'église du lac de l’abbaye à Grande Rivière . Voici un "roulier" du Grandvaux. Les rouliers étaient des marchands itinérants du Haut-Jura, qui jusqu’à la froide Russie, vendaient les productions des savoir-faire locaux. Dès le XVIIè siècle, la pauvreté des sols et la rudesse du climat ont obligé les jeunes grandvalliers à quitter le Grandvaux l’hiver, pour s’adonner au roulage, c’est-à-dire au transport de matières premières ou de produits manufacturés. Ils partaient avec un ordre de mission pour des cargaisons et destinations précises. Vêtus d’une blouse bleue nommée roulière et coiffé d’un chapeau de feutre, ils menaient 3 à 6 voitures tirées par des chevaux, les «grindvallières», qui pouvaient supporter une tonne de marchandises. En automne, plus de 150 de ces convois partaient jusqu’au printemps, chargés de produits franc-comtois (fromages, horloges, boîtes en bois), qu’ils livraient avant de transporter d’autres cargaisons dans toute l’Europe. David Rodot est sculpteur à la tronçonneuse. Un métier qu’il a lui-même créé après avoir travaillé de longues années chez le constructeur de maisons en bois La Pessière.
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Au centre de la presqu'île, site exceptionnel, l'église est d'un seul tenant intégrant la tour du clocher-porche et la sacristie. Orientée, sa façade antérieure donne sur le lac, elle présente un plan allongé sans transept. La nef à bas-côtés compte cinq travées. L'ensemble est voûté de croisées d'ogives avec doubleaux et formerets reçus par des piliers et pilastres à pans .Le chevet est voûté en cul-de-four. Cette église à grand appareillage en pierres de taille est de proportions agréables, nef deux fois plus haute et plus large que les bas-côtés. L'éclairage du vaisseau central se fait indirectement par les baies en plein cintre des bas-côtés et par celle au-dessus du portail. Les clefs de voûte sont ornées de rosaces sculptées et celles de la dernière travée présentent des écus au blason sculptés aux armes des Farod, des Civria et du chapitre de Saint-Claude. Chemin faisant, on remarque les tavaillons.  La maison de montagne a une architecture caractéristique : Trapue et ramassée, elle adhère largement au sol et n’offre aucune prise au vent. Ses murs de pierre, épais et bas, sont percés de fenêtres minuscules ; ceux exposés au vent et à la neige sont protégés par des lamelles de bois, les "tavaillons".
Nous reprenons la route avec 2 sites exceptionnels au programme : les gorges de la Langouette et la cascade du Hérisson avant de regagner nos pénates. 




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