Après Clusone, nous roulons d'abord sur une route de montagne puis nous traversons les faubourgs de Bergame avant de nous engager sur la route qui nous mène au lac de Come. Quand elle longe le lac, elle devient très étroite et il n'est pas toujours évident de se croiser. Nous effleurons Bellagio, puis nous prenons un belle route qui longe le lac jusqu'à la chambre d'hotes que j'ai retenu, la Corte del Governo 365. Je déconseille cet hébergement à Lezzeno, c'est un village où il est pratiquement impossible de stationner, un soir, en désespoir de cause, je me suis engagé dans un boyau qui allait en se rétrécissant jusqu'à devenir tellement étroit que la voiture ne pouvait plus avancer. J'ai du effectuer 100 mètres de marche arrière avec, tout au plus, 10 centimètres de marge pour ne pas accrocher, j'en sue encore mais à aucun moment je n'ai touché, moi qui, pourtant, ne suis pas un orfèvre de la marche-arrière. Les chambres sont bien équipées, déco désuète, cependant, mais le stationnement m’a causé quelques tracas. De plus, quand, par bonheur on trouve à stationner, il faut marcher 2 ou 300 mètres avec les valises avant de s'engager dans la venelle qui donne sur la cour intérieure puis hisser les valises à l'étage. L'installation terminée, nous allons jusqu'à Bellagio. Bellagio occupe une position stratégique sur le lac de Come: La ville est située à l'endroit où le
lac se divise en deux branches" vers le sud-est et le sud-ouest . On la surnomme la "perle du lac", pour son charme et sa beauté et pour la position privilégiée qu'elle occupe au départ des 2 branches du lac.

La ville est située sur un promontoire et les ruelles descendent en forte pente jusqu'aux rives du lac où arrivent les ferries et où on peut trouver des terrasses ombragées où profiter de l'aperitivo en observant le flux continu des touristes qui débarquent ou qui flânent sur le quai en lorgnant les vitrines des boutiques de luxe. Pline le Jeune possédait deux villas sur le promontoire, dans lesquelles il étudiait, écrivait et s’adonnait à la chasse et la pêche. Au fil des siècles, la position stratégique de Bellagio, au centre du lac, en a fait une ville très importante, toujours très disputée. Au XIIIème siècle, Bellagio entra dans le Duché de Milan, alors sous le contrôle de la famille Visconti. Elle se vit confier la tâche de défendre et surveiller le lac, et accueillit un gouverneur (le Capitaine du « Lario », de l’ancien nom du lac de Côme) disposant de « correbiesse », des navires de plus de 20 rameurs et 60 soldats, pour donner la chasse aux pirates et aux contrebandiers. C’est ainsi que se constitua la « Communauté des terres du lac » autour de Bellagio et du Capitaine du Lario, qui défendait les intérêts des communes du lac. Au XVIe siècle débuta la domination des Espagnols qui, deux cents ans durant, gardèrent la mainmise sur Bellagio et la Lombardie. Cette période est d’ailleurs rappelée par Alessandro Manzoni dans son célèbre roman Les Fiancés. Bellagio abrite un témoignage précieux de la domination espagnole, les escaliers « Derta ». Dans les temps récents, de l’époque napoléonienne à nos jours, l’histoire de Bellagio est indissociable de la fascination suscitée par sa position et de l’importance croissante de la villégiature et du tourisme depuis le milieu du XVIIIe siècle. C’est ainsi que le promontoire s’est peuplé de splendides villas entourées de parcs fabuleux, où l’aristocratie lombarde venait séjourner longuement, accueillant hôtes illustres, artistes et poètes. Encore difficilement accessible autrement que par le lac, Bellagio rassemblait néanmoins au XIXe siècle une véritable cour. Vers 1850 s’ouvrirent les premiers grands hôtels de luxe, rivalisant par leur faste et leur élégance avec ceux des capitales européennes. Le premier fut l’Hôtel Bellagio, créé en 1825 dans la vieille auberge d’Abbondio Genazzini, et successivement transformé pour devenir le premier véritable hôtel du lac, l’Hôtel Genazzini. La promenade le long du lac est très agréable malgré le monde, on a une vision parfaite des villas colorées et des palaces qui s'étagent sur le promontoire dans une verdure dense. Nous parcourons ensuite un réseau de ruelles qui montent avec des commerces et des maisons traditionnels. Nous prenons la Salita Serbelloni, une ruelle avec des escaliers qui escalade la colline. Nous n'aurons pas le temps de visiter la Villa Melzi, au nord, prés du parking, qui rappelle la conquête napoléonienne. La période de Napoléon en tant que chef d’Etat à la tête de l’Italie débuta en janvier 1802, lorsque les trente membres de la Consulte d’État chargée de trouver un président pour la République italienne nouvellement créée, réussirent à persuader Napoléon d’assumer cette fonction. Napoléon ne pouvant résider en Italie, il choisit un vice-président, Francesco Melzi d’Elri, et un représentant à Paris, Ferdinando Marescalchi. Ainsi, ayant à sa tête celui qui dirigeait la France, subissant la présence de troupes françaises sur son territoire qu’elle devait, en outre, entretenir, l’Italie se trouvait être une sorte de protectorat français , assez pour inquiéter les autres puissance européennes, et plus particulièrement l’Autriche en raison de ses vues ancestrales sur le Nord de l’Italie. Lorsque Napoléon fut proclamé empereur des Français le 18 mai 1804, il devint évident, pour les Français comme pour les Italiens, que l’Italie ne pouvait demeurer une république. Aussi, le 17 mars 1805, un an après l’instauration de l’Empire en France, la République italienne devint le royaume d’Italie – une expression qui peut porter à confusion pour les lecteurs du XXIe siècle, dans la mesure où le royaume recouvrait seulement la Lombardie et l’Emilie-Romagne, et non pas l’ensemble de la péninsule – avec Napoléon comme souverain. Cette décision politique se concrétisa formellement par le couronnement du nouveau roi à Milan, cérémonie au cours de laquelle Napoléon, recevant la Couronne de fer, réaffirma ses références carolingiennes en reprenant les mots de Charlemagne (« Dieu me la donne, gare à qui la touche ! »).Nous finissons la balade par un apéritivo sur le bord du lac, un Rossini, prosecco-coulis de fraise puis repas au restaurant que gère le mari de notre logeuse, Osteria Il Governo 1801. La cuisine y est excellente, en particulier le poulpe et en dessert la Pavlova mais le service est un peu lourd, obséquieux. Cela dit, la terrasse est très romantique, la température estivale et la soirée réussie. Belle carte des vins.
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