jeudi 19 septembre 2024

ITALIE, PISOGNE, LAC D'ISEO, "LA CHAPELLE SIXTINE DES PAUVRES"

 Ce mardi, la petite église de Santa Maria della Neve. La « Chapelle Sixtine des pauvres ». C’est ainsi qu'un historien de l’art rebaptisa cette petite église d’une incroyable beauté située juste à la sortie du centre historique de Pisogne, célèbre pour ses merveilleuses fresques de Gerolamo Romanino, un des représentants les plus importants de la peinture bresciane de la Renaissance. Elle est caractérisée extérieurement par une façade très sobre,et une fois à l’intérieur on est ébloui par les fresques de la Passion du Christ, où les personnages s’éloignent des formes idéalisées de la Renaissance pour exprimer la réalité modeste et populaire du Christianisme. Le summum de l’œuvre d’art du Romanino et la grande et dramatique Crucifixion qui occupe toute la contre-façade. Voilà le chien qui lorgne effrayé entre les pattes postérieures du cheval. Et à coté, les trois hommes qui jouent les vêtements de Jésus sur un coup de dés.

Girolamo di Romano, dit Romanino (1484 et 1487 – 1566), est un peintre de Venise et de Brescia dont la longue carrière lui a permis d'expérimenter plusieurs styles différents.



Romanino laissa une trace indélébile dans cette église, avec son cycle de fresques représentant la Passion du Christ, une œuvre imposante où se révèle l’influence de Michel-Ange, considérée par beaucoup comme une des plus importantes de l’artiste brescian. Pierpaolo Pasolini considéra Girolamo Romani, dit le Romanino, “un peintre international, fleuri sur les vallées alpines”. Giovanni Testori le définit “le plus grand, le plus torve et trivial parmi les peintres en dialecte de l’art dans toute région et à toute époque”. L’art du Romanino se sert d’instruments raffinés qu’il maîtrisa après sa formation à Venise, où il était en contact avec Giorgione, Giovanni Bellini et le jeune Titien. Sa caractéristique “dialectale”, sa représentation des gens les plus humbles avec le goût comico-grotesque d’en rechercher les défauts et les laideurs, s’expriment ici de façon particulière. On est loin, en effet, de l’influence d’une culture, qui, en essayant d’établir des règles esthétiques, amorçait déjà le maniérisme. Romanino ressent la force du message contenu dans les thèmes religieux et il veut le rendre plus accessible aux hommes communs. Il les rendant donc protagonistes de ses représentations. La scène devient ainsi dramatique et poignante, romantique comme les paysages au lac et à la montagne. La vigueur de ses coups de pinceau, parfois hâtés, est la cause de quelques imperfections et maladresses, qui ajoutent de la vivacité à la scène. Le peintre était en sa pleine maturité, quand, en 1532-34,  il peignit à fresque son Histoire de la Passion à Pisogne.
  À la voûte il y a des Prophètes et des Sibylles.

L’église, à une nef, date du XVe s.. Le portail est - comme d’autres dans la Vallée Camonica - en grès rouge, gravée avec des motifs ornementaux; dans la lunette se trouve une ancienne statue de la Vierge à l’Enfant. Les fresques sous les arcades extérieures latérales sont attribuées à Giovanni da Marone (XVe s.).








J'ai trouvé ces fresques extraordinaires mais aucun d'elles n’inspire l’élégance, la grâce, l’agrément de l’œil. Les corps sont souvent gras, laids, l'angoisse est partout présente et l'ensemble beaucoup moins séduisant que les fresques de cette autre "chapelle sixtine" de La Brigue dans les Alpes Maritimes qui montre des couleurs beaucoup plus vives et une esthétique qui me convient plus.

https://www.lemounard.com/2022/08/la-brigue-cote-dazur-notre-dame-des.html














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