Ce matin, le réveil sonne vers 7h30 : la journée est chargée. Le petit déjeuner est très copieux, présenté sous forme de buffet qui marie le breakfast occidental et le petit déjeuner kaseiki traditionnel. Nous marchons une dizaine de minutes, jusqu'à la gare en longeant une très belle rivière, la Sukumogawa qui prend sa source dans les montagnes de Hakone.
La ville de Hakone est située dans l'ouest de la préfecture de Kanagawa
et fait partie du parc national de Fuji-Hakone-Izu. Cette station
thermale est renommée dans le monde entier pour ses excellentes sources
d'eau chaude naturelles et ses vues saisissantes sur le mont Fuji. La ville prit de l’importance au XVIIe siècle avec l’avènement de la
route du Tokaido qui reliait Kyoto à Edo, dont elle fut une étape
importante. Elle est entourée d’une région montagneuse volcaniquement active et
s’est implantée sur les rives du lac Ashi, où le gouvernement y plaça un
check-point, afin de mieux contrôler ce passage stratégique sur la
route d’Edo.
Hakone se trouve à seulement 1h30 en train de Tokyo. Notre JR Pass a pris fin hier soir à la gare Shinkansen d'Odawara. Pour se déplacer dans la région de Hakone, la compagnie Odakyu a mis en place le Hakone Pass, qui couvrent le trajet aller-retour en train depuis Shinjuku , ainsi que les transports sur place en illimité : train, bus, bateau, funiculaire et téléphérique. De plus, ces Pass au format numérique offrent des réductions dans de nombreuses attractions de la région : musées, onsen (sources thermales), sites historiques, parcs et jardins...
Le Hakoné Free Pass est valable pendant 2 ou 3 jours consécutifs. Nous activons notre Pass ce matin à Odawara. Nous prenons d'abord le train qui relie la gare de Odawara à la gare de Gopa . Le train avance très lentement sur cette voie ferrée en pente très raide. A Gopa, nous montons d'abord dans un funiculaire de Hakone Tozan jusqu'à Sounzan avant de prendre le téléphérique de Hakone. Le paysage est très boisé tout au long de la vallée mais les sommets sont dénudés, on est en haleine quand on monte dans le téléphérique dans l'attente d'apercevoir enfin le Fuji. Nous avons beaucoup de chance car le ciel est bleu, limpide , sans le moindre nuage. Parfois, on aperçoit les taches claires de sakura au milieu d'une végétation très dense. Le téléphérique s’arrête à Owakudani.
Sur ce tronçon, apparaissent le Mont Fuji et la vallée de
l’enfer qui s’est formée après une ancienne éruption volcanique. Il y a
encore aujourd’hui des émanations de vapeur soufrées qui irritent les narines. A cette station, vous pourrez même acheter des
œufs noirs qui prolongent la vie de 7 ans. "La beauté de ce volcan solitaire, souvent couronné de neige, s’élevant
au-dessus de villages, de la mer et de lacs bordés d’arbres, a inspiré
artistes et poètes. Il s’agit d’un lieu de pèlerinage depuis des
siècles. Le site inscrit comprend 25 biens qui reflètent l’esprit de ce
paysage artistique sacré. Au XIIe siècle, le Mont Fuji est devenu un
centre de formation du bouddhisme ascétique (fusion du bouddhisme et du
shintoïsme). Situés dans les 1 500 mètres supérieurs du volcan de 3 776
mètres, des chemins de pèlerinage et des sanctuaires du cratère ont été
inscrits, mais aussi des sites répartis au pied du volcan, notamment les
sanctuaires Sengenjinja, les auberges traditionnelles Oshi et des
formations volcaniques traditionnelles telles que les arbres moulés dans
la lave, les lacs, les sources et les chutes d’eau qui sont vénérés car
considérés comme sacrés. Sa représentation dans l’art japonais remonte
au XIXe siècle mais les estampes sur bois du XIe siècle, notamment
celles représentant des plages de sable et des pinèdes, ont fait de
Fujisan un symbole internationalement reconnu du Japon et ont eu une
profonde influence sur l’art occidental de l’époque."
A la station Owakudani, la végétation est calcinée. Owakudani, autrefois appelé la “vallée de l’enfer”, est située dans une
zone volcanique active. Les fumerolles d’Owakudani sont aujourd’hui
toutes en dessous du point d’ébullition. Elles contiennent du sulfure
d’hydrogène, et la zone environnante est enveloppée de leur odeur. Dans
la zone fumerolienne, on peut observer une communauté de plantes
sauvages sulfureuses uniques en leur genre. Seules les plantes qui
peuvent tolérer les gaz volcaniques et les sols acides peuvent pousser
dans cet environnement, et celles qui ne peuvent pas s’y adapter
meurent. En conséquence, aux yeux du peuple japonais, ce lieu était
comparable à un endroit infernal. Des oeufs qui se colorent en noir sont cuits dans les eaux sulfuriques et auraient des vertus bénéfiques. La légende des œufs noirs remonte à l’ère Heian (794-1185), lorsque
le célèbre moine Kukai Kobo Daishi, fondateur de l’école bouddhique
Shingon (“la parole de vérité”), visita la région alors appelée
Daijigoku, “le grand enfer”. On raconte qu’attristé par les mines
moroses des habitants de cette vallée aride et désolée, il leur adressa
une prière de santé et de longévité, caractérisée par une statuette du
bouddha qu’il sculpta lui-même et encourageant la consommation d’œufs
cuits dans les eaux bouillonnantes.
On peut admirer cette statue, abritée dans un autel nommé Owakudani
Enmei Jizoson. La coutume veut qu’on lui adresse une prière puis qu’on
consomme un œuf noir, pour voir sa vie allongée de sept ans. On ne
trouve ces œufs qu’à Owakudani, où ils sont cuits chaque jour dans la
soufrière, à proximité du sanctuaire.
Nous reprenons le téléphérique qui monte au sommet du mont Komagatake avant de redescendre sur le lac Ashi. La vue sur le mont Fuji est toujours aussi fascinante.
En arrivant au lac, nous attendons le bateau pirate qui va nous faire traverser le lac et nous poser sur l'autre rive au village de Moto-Hakone.
– Curiosité géologique connue pour ses fumerolles et sa vue sur le Mont Fuji.
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