jeudi 4 juillet 2024

JAPON, KYOTO, LE NANZEN-JI

 "Ces jardins sont la mélancolie transformée en joie, la douleur transmuée en plaisir. Ce que vous regardez ici, c’est l’enfer devenu beauté." Muriel Barbery, Une Rose Seule. 

Nous quittons la Promenade de la Philosophie pour découvrir un nouveau temple zen, le Nanzen-ji.

Autrefois, les voyageurs de la  « la route de la mer de l'est ») ou Tokaïdo (entre Tokyo, Kyoto, Osaka et Kobe) . pouvaient entrer dans Kyoto, du côté est. Aujourd'hui ce tracé, en plein cœur de la forêt de la chaîne de montagnes de Higashiyama, amène directement au pied de l'un des célèbres temples bouddhistes de la ville, le Nanzen-ji. Comme le Pavillon d'Argent, littéralement le "Temple Zen du Sud" est une ancienne villa aristocratique, transformée en lieu spirituel à la mort de son propriétaire. En 1264, l'empereur Kameyama commande la construction de son domaine sur les ruines d’un temple ancestral. Toutefois, il ressent le besoin d'exorciser les esprits encore présents de ce lieu de culte révolu. Il fait alors appel aux services de nombreux moines renommés. Le succès dans cet exercice est obtenu par Mukan Fumon, le moine principal du Tokufu-ji  auquel Kameyama décide naturellement de faire allégeance lorsqu'il se fait moine. Il élève alors sa demeure au rang de temple Zen Rinzai, en 1291.



Devant l'entrée, de superbes sakuras, bien sur, et des élégantes en kimono. La visite commence par la porte Sanmon, gigantesque bâtisse en bois qui symbolise l'entrée dans l'enceinte sacrée. Elle date de 1628 et est dédiée à la mémoire des guerriers défunts lors du siège d'Osaka (1614-1615). Ensuite on emprunte le chemin de pierre qui traverse les jardins avec , encore , une explosion de sakuras en fleurs.

Au Nanzen-ji, les larges baies du bâtiment ne servent de cadre à des tableaux qui sont successivement proposés à la vue.
Le jardin de rocailles du paysage sec du hall principal et le jardin de mousse et de rocaille du sous-temple Nanzen-in sont un des sites majeurs pour apprécier les couleurs des érables en automne.
À gauche, un passage donne sur un premier espace vert, le "jardin de l’est". Entourant sur deux côtés le pavillon principal, ce jardin sec karesansui composé de graviers, rochers et de mousses, offre un paysage apaisant. Il est possible d’ailleurs de s’asseoir sur les bords du bâtiment afin de pouvoir apprécier et détailler pleinement la beauté du lieu. Le jardin sec japonais "est une suite de tableaux préparés par l'esprit humain que l'on contemple avec un peu de recul, par exemple depuis la galerie d'unu bâtiment voisin. La matérialité même du jardin, l'aspect ratissé de son gravier, s'oppose à ce que l'on s'aventure à le parcourir, qu'on le traverse, car nos pas sur le gravier en déferaient le dessin, ils en effaceraient les vagues si soigneusement dessinées que même les pas du jardinier qui les a tracées ne doivent pas apparaître." Les rochers de ce jardin représentent une famille de tigres, deux parents, deux enfants, essayant de traverser une rivière...Les peintures sur portes coulissantes (fusuma), presentent une représentation plus réaliste de ces tigres avec des peintures à la feuille d’or.




 

 

 

 

 En continuant, après avoir passé un petit porche au toit de mousse, une vue plongeante conduit sur le second aménagement, le "jardin du sud". Un petit pont de bois permet de traverser le premier étang, avec en toile de fond une  bambouseraie. Puis en longeant cette dernière, on emprunte un second chemin étroit de pierre qui traverse un autre étang, plus grand cette fois-ci et situé à l’ouest du jardin.


Le Nanzen-ji fait partie de l'itinéraire de Rose. Elle semble moi apprécier le jardin de mousse que le jardin sec : "La blancheur des murs extérieurs la surprit ainsi que la pénombre des galeries de bois. Elle s'assit sur le sol, resta à contempler le rectangle de sable et de verdure. Tout autour couraient les galeries intérieures puis des murs surmontés de tuiles grises. Au devant, dans la longueur, on avait ratissé des lignes parallèles droites et courbes. A l'arrière-plan, précédant l'enceinte,se jouait la partition de 4 arbres caressés d'une marée de mousse,de pierres anciennes et de quelques buissons d'azalées. C'était le jardin le plus sobre, le plus révolu qu'elle eut jamais vu, pourtant tout y était vivant- le mouvement immobile et vibrant,la présence absolue des choses, la leçon dernière du monde."Muriel Barbery, Une Rose Seule.

Nous quittons le temple, Catherine est frigorifiée, tétanisée et demande à retourner à l’hôtel. Je rêve depuis toujours du Kiyomizu-dera, ce sera pour le prochain voyage... métro puis bus. Étonnant le bus, Cathy qui paye pour les 5, na qu'un gros billet, impassible, imperturbable, d'abord, le conducteur attend. Le groupe retourne ses poches, la queue pour descendre à cet important arret attend, le chauffeur perd son calme mais ne démarrera pas avant d'avoir obtenu l'appoint...on finit par trouver la somme, personne dans la queue ne moufte, ni ne proteste... le Japon...

 

 

 


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