jeudi 25 juillet 2024

JAPON, HIMEJI, LE CHATEAU DU HÈRON BLANC



 Ce matin, le réveil a sonné à 6h. Les réceptionnistes nous accueillent en bas avec une petite collation, café ou thé, quelques petites choses car la salle à manger n'est pas ouverte. Elles sont d'une politesse exquise et d'une extreme gentillesse et se prosternet à tous propos. Nous prenons la route du port, les filles trainent un peu pour prendre quelques photos, Serge marche en tete, le ferry est là, pret à partir. On y arrive juste avant que le pont qui le rattache au port soit retiré mais au Japon quand c'est l'heure, c'est l'heure. Le préposé n'admet pas de passager quand la minute fatidique sonne et on reste à quai. Ce sera problématique pour attraper le train de 8h25. Heureusement, sur une autre partie du port, il ya une autre compagnie qui relie l'ile au continent. On paye le passage qui n'est pas dans le JR pass et on embarque. A l'arrivée, un train nous attend mais c'est une compagnie différente et on doit courir jusqu'à la gare JR. On monte en catastrophe dans le premier train et on a juste le temps de monter dans le Hiroshima-Osaka de 8h25. Arrivée à l'heure, naturlich, Himeji à  11h07.

La ville présente une très large avenue qui mène de la gare au chateau. Nous prenons une galerie marchande Miyuki-dori qui doit nous mener au restaurant Fukutei, 75 Kamei-cho. C'est un restaurant contemporain qui pratique des prix abordables et propose une cuisine raffinée avec , en particulier, du poisson de grande qualité acheté au marché tous les jours.

A noter, au Japon, que les plaques d'égouts sont toutes personnalisées dans chaque ville et qu'Hélène fait une collection de plus remarquables comme, ici, à Himeji, les grues. Symbole d'amour et de fidélité, les couples étant monogames, la grue du Japon est importante dans la culture asiatique. On la retrouve souvent dépeinte dans l'art japonais. L'oiseau pouvant vivre des dizaines d'années, l'espèce est également souvent associée à la longévité, voire à l'éternité.
Nous partons, après cet excellent repas, pour la visite du chateau du Héron Blanc, Himeji-jo qui est inscrit à l'Unesco. "Himeji-jo est l'expression la plus parfaite de l'architecture de château du début du XVIIe siècle au Japon. Il comprend 83 bâtiments, avec des dispositifs de défense très élaborés et d'ingénieux systèmes de protection édifiés au début de la période du shogunat. C'est un chef-d'œuvre de construction en bois qui associe un véritable rôle fonctionnel à un grand attrait esthétique, par l'élégance de son aspect et ses murs de terre blanchis, et par la subtilité des relations entre les masses des bâtiments et les multiples plans de ses toits."

  A l’origine, les bâtiments du château et ses douves s’étendaient jusqu’à l’actuelle gare ferroviaire de Himeji.
Seule des trois douves d'origine de Himeji-jo subsiste. C'est goku-bori, ou douve intérieure, il est possible de s'y promener en bateau.
Ces douves ont une largeur moyenne de 20 m et une largeur maximale de 34,5 m, la profondeur est quant à elle établie à 2,7 m environ.


La porte Otemon est l'entrée principale du château de Himeji. Elle donne accès à la partie gratuite du site qui s'étend jusqu'au troisième mur d'enceinte connu sous le nom de San-no-maru. Cette partie du château dispose d'une grande pelouse plantée de nombreux cerisiers très populaire pour pique-niquer au printemps lorsque les arbres sont en fleur. Le parc du   compte plus d'un millier de cerisiers. Au printemps, sa façade blanche semble émerger d'un océan de fleurs roses. C'est l'endroit idéal pour s'adonner au hanami (contemplation des fleurs de sakura).    fleurissent de façon spectaculaire. Ce site est l'un des meilleurs endroits du Japon pour admirer les cerisiers en fleurs.
 

Le 1er château a été construit stratégiquement sur la colline de 45m de hauteur en 1346 par le clan Akamatsu.  En 1580, le grand seigneur Toyotomi Hideyoshi est devenu châtelain et l’a agrandi pour en faire une place militaire stratégique.  Après la bataille de Sekigahara en 1600, Tokugawa Ieyasu, sorti vainqueur contre le clan Toyotomi, est nommé Shogun. Tokugawa Ieyasu a alors confié ce château à son gendre  Ikeda Terumasa. A son arrivée, il a mobilisé plus de 25000 ouvriers pour les travaux de 8 ans et a donné la forme actuelle du château : le symbole du pouvoir de la famille Tokugawa.Jusqu’à la nationalisation du château en 1869, en 523 ans, 48 châtelains (13 clans) y ont vécu et ajouté plusieurs bâtiments. Nous pouvons observer différents blasons sur les bords de tuiles. Un des grandes figures du château est la princesse Sen. Dans ce pays où l'emblème de la femme est la geisha, au total service de l'homme et où les héros sont empereurs, shoguns ou samouraï, la princesse Sen a eu un destin incroyable. Petite-fille du seigneur de guerre Tokugawa Ieyasu, fondateur du shogunat Tokugawa qui dirige le Japon de 1603 à 1867, la princesse Sen, nait en 1597. Son destin semble scellé, quand on la marrie  à l'age sept ans àc Toyotomi Hideyori, le chef d’un clan ennemi, afin de lier les deux familles. Revirement de situation à ses 19 ans quand les conflits pour le contrôle du Japon reprennent entre les deux clans et que sa famille, craignant pour sa sécurité, assiégea le château d'Osaka où elle demeure et organise son évasion. Le combats se termine par la victoire  du clan Tokugawa et le décès de l'époux de la princesse. elle s’oppose à la volonté de son père qui voudrait qu'elle épouse l'homme qui l'a libérée. Elle fait un mariage d’amour et épousa Tadatoki Honda, le fils du seigneur de Himeji. La princesse Sen passa sans doute les moments les plus heureux dans le château du héron blanc. Elle donne naissance à deux enfants, une fille Katsu et un garçon Kochiyo.Puis sa vie prend un cours tragique : son fils meurt à l'âge de trois ans, puis son époux, puis sa mère, décèdent aussi. La princesse retourne alors à Edo pour  devenir nonne  bouddhiste sous le nom de Tenjuin, suivant la tradition des veuves de l'époque. Elle meurt en 1666. Sa tombe se trouve à Kyoto dans le cimetière du temple Chion.

Comme le château actuel a été fondé après l’unification du Japon en 1603, il n’a jamais été attaqué. Pendant la seconde guerre mondiale, la ville de Himeji a été bombardée par les armées américaines et une bombe est tombée dans le donjon du château. Mais miraculeusement, cette bombe n’a pas été explosée : le lendemain du bombardement,  le donjon debout a donné aux habitants la force de vivre et reconstruire la ville.


Le bâtiment le plus remarquable du château de Himeji est son daitenshu, le donjon principal (dai signifie « grand » et tenshu « donjon »). C' est le plus grand  donjon parmi les 12 chateaux antérieurs au XVIIème siécle dont le donjon subsiste. Le daitenshu aux murs de bois blancs mesure 31,5 mètres de haut et possède sept étages,iste incluant la cave en pierre qui sert de base et qui lui confère une hauteur totale de 46,3 mètres. Il est flanqué de trois kotenshu, des donjons secondaires plus petits reliés par des passages couverts appelés watari-yagura, et tous ces bâtiments sont désignés comme trésors nationaux.

Le domaine du château comprend 83 batiments.

On compte ainsi des tourelles, des remparts et d’autres éléments architecturaux, beaucoup nommés au patrimoine culturel. Au sommet de la colline Himeyama de 45 mètres, le château de Himeji domine le paysage aux alentours, avec l’interaction des toits et des avant-toits, offrant aux observateurs une apparence différente selon l’angle de vue.

 Les murs extérieurs du donjon, les couloirs ainsi que les joints des tuiles du toit sont recouverts d’un type de plâtre blanc appelé shiro-shikkui, qui protège le château contre le feu tout en contribuant à la beauté de la structure. Depuis l’achèvement de la construction du château  dans sa forme actuelle, au début de l’époque d’Edo, il n’a jamais été attaqué, ni ravagé par un incendie.

On doit quitter ses chaussures à l'entrée pour visiter la tour principale (Dai-Tenshu), dont on voit cinq étages depuis l'extérieur mais qui en compte en réalité six (un même bloc accueille les deux derniers). L'ascension n'est pas aisée, les escaliers très abrupts ont été conçus de façon à ralentir la progression des assaillants. Au premier étage : un musée de l'armement avec armures, sabres et fusils japonais copiés sur des modèles européens. 

Depuis le dernier étage, la vue porte loin sur la plaine.

 

Le château d’Himeji dispose d’un système de défense sophistiqué. On compte plus d’un millier de meurtrières conçues pour la protection des archers, derrière lesquelles on positionnait des tireurs armés de lance-pierres.  Le château possède également de nombreux entrepôts qui étaient utilisés pour stocker les victuailles en cas de siège. L’architecture particulièrement étudiée des couloirs et des corridors est un autre point stratégique important . Ils ont été construits en forme de labyrinthe pour déstabiliser les assaillants éventuels. De plus , peu de gens pouvait pénétrer dans l’enceinte du château en raison de ses portes étroites. Il existe aussi des pièces à embuscades au 4 coins du 2ème étage où des soldats pouvaient se cacher pour prendre les envahisseurs par surprise ,De ce fait, toute éventuelle intrusion était vite repérée et mise hors d'état de nuire. Le chateau, réputé imprenable, n'a, en fait jamais été attaqué. C'est une des visites marquantes parmi beaucoup d'autres de ce voyage. Le chateau du Héron Blanc allie l'élégance du chateau de Chambord et l'art de se défendre du Krach des Chevaliers.
Nous allons visiter ensuite Koko-en, l'ancien quartier des samourais et ses somptueux jardins.

 

 



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