mercredi 5 juin 2024

JAPON, KYOTO, ARASHIYAMA, LE PONT DE TAGETSU-KYO AVEC YOICHI


Deuxième journée à Kyoto. Dans le programme concocté par Delphine et Charlène de la Route du Japon, cette journée est une journée guidée. Nous avons rendez-vous dans le hall de l’hôtel avec Yoichi Machino qui va nous guider. Il nous attend en bas, à l'heure dite et nous sommes un peu surpris au départ mais, à la fin de la journée, nous serons tous du même avis pour dire que ce fut un guide parfait, totalement atypique mais que la journée passée avec lui a été bien orchestrée, qu'il n'a pas compté son temps et qu'il nous a fait découvrir des lieux qui ne figurent pas sur les guides. Yoichi n'a pas la dégaine classique des guides, il s'est habillé d'un boxer, d'un vieux polo et des baskets, il semble un petit agité, saute comme une puce, son français est parfait car il a vécu longtemps en France, à Grenoble où il étudiait l'écrevisse et l'ombre chevalier mais aussi les "flèches d'argent", les ombres de rivière. On lui dit qu'on voudrait une journée culturelle et il nous déclare que la culture c'est pas son truc. En fait, la journée sera idéale, beau temps, bon guide et pour la culture, il aura réponse à tout. Les filles s'affolent un peu car au début il nous parle surtout de l'écrevisse autochtone et la différence omble et ombre. Nous marchons jusqu'au métro Shijo puis gare de Kyoto et nous prenons le train JR jusqu'à la gare de Saga Arashiyama. Beaucoup de japonais ont arboré le costume traditionnel, les kimonos sont très colorés et des boutiques en louent à la journée.

 

 Yoichi nous surprend en sortant de la gare et se dirige vers la gauche alors que le flux de voyageurs suit un autre chemin et, en fait, il nous conduit à la rivière bien avant que le vulgum pecus y parvienne? le spectacle des cerisiers sur la rive opposée est sublime.

Sur les collines qui surplombent la rivière, au milieu des bois, des taches régulière au milieu de la verdure, nous montrent que les sakura poussent aussi en pleine nature.

Le pont Togetsu-kyo (littéralement « la lune qui traverse un pont ») au-dessus de la rivière Katsura à Arashiyama est l'un des sites les plus prisés de Kyoto. C'est un des sites les plus remarquables pour observer telles  les cerisiers en fleurs au printemps ou les érables incandescents en automne. Encore plus sublime lorsqu'il est illuminé le soir, ce pont attire la bonne société kotyoïte et les aristocrates de l'ancienne capitale qui aiment y venir le week-end, et cela depuis un millénaire.

Ce pont a été peint souvent par Hokusai,
Artiste japonais le plus célèbre de l’estampe ukiyo-e à l’époque d’Edo qui, outre les paysages,  est célèbre aussi pour ses estampes  érotiques ou fantastiques.  Son œuvre est à l'origine du mouvement japoniste qui regroupe de nombreux artistes européens comme Gauguin, Van Gogh,Monet, Klimt ou Auguste Renoir.


Le pont sert souvent de décor aux films historiques japonais,  Ses origines remonteraient en 836 lorsque le moine Dosho (629 - 700), de retour de Chine et disciple de Kobo Daishi, se met à conduire des travaux d'aménagement le long de la rivière Oi. D'abord construit entièrement en bois, il est renforcé dans sa version actuelle par du béton armé au début du XXe siècle.

Le pont doit son nom à l'empereur Kameyama (1249 - 1305) devenu moine bouddhiste et qui aurait observé, selon la légende, la course de l'astre traverser la rivière Katsura d'est en ouest.




 

 

 

 

 Aujourd'hui beaucoup de japonais ont revêtu leurs plus beaux kimonos mais aussi des touristes, comme un groupe d'indiens qui singent bruyamment les élégants japonais. Yoichi me signale que ,de rares truites de mer, commencent à remonter la Katsura pour aller frayer plus haut.




 Au dessus du rapide qui précède le pont, s'étend un plan d'eaux calmes, où les gens font du canotage. Nous commençons la montée vers la bambouseraie et vers la maison Okochi Sanso que Yoichi ne connaît pas et que je voudrais absolument visiter.

Yoichi nous explique le saké. En France, on assimile le saké à de l'alcool de riz dont nous avions vu la fabrication artisanale en Birmanie. Là bas, l'alcool obtenu était un breuvage innommable qui titrait 50° ou plus, le saké  désigne une boisson alcoolisée japonaise à base de riz. Il s'agit d'un alcool de riz, produit comme la bière par fermentation répétée, titrant de 14 à 17°. «Ce n'est pas un vin, ça n'a pas le goût du vin, mais ça se consomme comme un vin. C'est-à-dire qu'on peut le consommer de l'apéritif jusqu'à la fin du repas»«le saké est composé de trois ingrédients : le riz, l'eau et la main de l'homme» ce qui permet de faire un rapprochement entre un grand toji japonais et un vinificateur talentueux. J'ai trouvé, sur le Figaro, la dégustation d'un grand saké, Yoshinogawa Hizôshu (médaille d’or du Kura Master 2018 : "En bouche, ce saké très haut de gamme et très polyvalent explose avec un arôme de sous bois très riche en châtaigne, puis, petit à petit, le côté animal s’installe et le saké déploie toute sa rondeur. Travail d’orfèvre, ce saké à la lactosité dosé à la perfection accompagnera aussi bien un gâteau aux noix en dessert qu’une omelette aux cèpes ou un œuf mollet à la truffe en plat. Son final gras lui permet de s’exprimer aussi avec un jambon ibérique ou un plat épicé."

 




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