samedi 8 juin 2024

JAPON, KYOTO, ARASHIYAMA, LA BAMBOUSERAIE, QUELQUES RÈFLEXIONS


 


Nous sortons de la villa et des jardins d'Otochi Senso pour traverser la Bambouseraie et retourner à Arashiyama pour y prendre une collation. Yoichi veut nous faire découvrir une attraction surprenante, le temple Otagi Nenbutsu-ji que les guides de voyages passent sous silence. le quartier Nishikyo-ku est l'un des centres de culture du bambou au Japon. La plupart des métiers et matériaux de construction traditionnels en bambou de Kyoto sont fabriqués à partir de bambou cultivé dans cette région.

Il semble que Taketori Monogatari, ou «Le conte de la princesse Kaguya», le plus ancien récit en prose du Japon, se déroulait à Nishikyo-ku. L'histoire parle d'une petite fille découverte à l'intérieur de la tige d'une plante de bambou rougeoyante, qui devient une belle femme et un jour rentre chez elle sur la lune, lorsque ses serviteurs viennent la chercher une nuit de pleine lune au milieu de l'été.
Pour les Japonais, le bambou représente la force et la prospérité, les habitants aiment la sérénité du lieu et aiment à s'y promener le week-end. Le bambou a la réputation de repousser les forces du mal, ce qui explique la présence du temple Tenryu-ji juste à côté. Les bambous  sont véritablement immenses, et  atteignent plusieurs dizaines de mètres de haut. La forêt  très dense, laisse cependant filtrer quelques rayons de soleil.  L'ambiance y est unique, reposante et presque magique.Comme dans tous les lieux touristiques, des rois fainéants se font traîner dans des pousse-pousse tiré par des jeunes et des moins jeunes qui s'époumonent dans les montées




 

Nous quittons la bambouseraie quand se présentent les premières maisons d'Arashiyama. La foule est très dense dans la rue principale et il est impossible de trouver  place dans les restaurants. Nous déjeunons sur le pouce de délicieuses crevettes et de brochettes dans un grand entrepôts avec quelques tables, des chaises, une glace ensuite puis Yoichi hèle 2 taxis qui nous conduisent au temple de Otagi Nenbutsu-ji. De cette matinée, j'ai tiré quelques réflexions : Okochi Denjiro a bâti sa carrière sur 2 types de films : les films de samouraïs et les films de guerre. Chez le samouraï, il y a une dualité et un paradoxe.

 Le samouraï  est un guerrier japonais au service d'un grand seigneur, le daimyo. Facilement reconnaissable avec son armure et son katana, le samouraï respecte un code d'honneur strict, le Bushido ou "la voie du guerrier" mais fait preuve aussi d'une cruauté sans limite. Le soldat japonais a ce même code de l'honneur, sert son empereur dieu, mais ne respecte pas les lois de la guerre. Je rapproche aussi Jean Pierre Melville de Kurosawa qui a fait tourner Okochi. Les thèmes de Melville relèvent de deux sources, celle du film noir américain et celle du film de samouraï japonais.  Dans les films noirs japonais on retrouve ces rôles des policiers et truands très proches qui constituent parfois des doubles troublants (comme dans Chien enragé et Entre le ciel et l'enfer de Kurosawa). La fin du film "Le Samouraï" est très japonaise où Jeff choisit une fin qui ressemble à la mort d'un samouraï par hara-kiri où à la mort d'un pilote kamikase : Jef retourne dans la boîte de jazz, enfile de nouveau des gants blancs et se dirige vers Valérie, qui lui murmure dans un souffle : « Ne reste pas là ». Il sort alors son revolver et la met en joue. Elle lui demande : « Pourquoi Jef ? », ce à quoi il lui répond seulement : « On m’a payé pour ça ». Mais les policiers, qui l'attendaient, l'abattent. Deux policiers disent à Valérie qui ne peut détacher son regard du corps : « Vous l’avez échappé belle. Sans nous, c’est vous qui seriez morte ». Mais le commissaire répond par la négative en montrant le barillet du revolver vide. Jef n'avait cette fois nul besoin d'alibi et nul besoin de se cacher en venant dans la boîte : tout était prêt pour sa sortie.

 



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