La rue qui conduit au Ginkaku-ji monte raide, elle est bordée d’échoppes, des souvenirs, pleins de restaurants de rue qui servent des brochettes et de longs tortillons de pommes de terre frites, des glaces au sakura. Puis on franchit un grand portail en bois. Le Pavillon d'Argent Il a été construit en 1482 par le shogun Ashikaga Yoshimasa, qui voulait rivaliser avec Kinkaku-ji, le pavillon d'or, construit par son grand-père Ashikaga Yoshimitsu. il s'agit d'un temple bouddhiste dont le nom est traduit par "pavillon d'argent" . Bien que, contrairement au pavillon d'or, le Ginkakuji n'a finalement jamais été recouvert de feuilles d'argent. La balade au Ginkakuji tourne autour d'un sublime jardin sec minimaliste, connu comme "la mer de sable d'argent".
" Au devant, il y avait de grands pins étranges dans des carrés de mousse ; des allées de pierre cheminaient entre des bandes de sable gris ; on y avait tracé au râteau des lignes parallèles et conviés quelques azalées" Muriel Barbery, Une Rose Seule.
Le jardin sec est une représentation symbolique du monde, de l'ordre établi et de la nature. Il vise à éliminer, conformément aux principes du bouddhisme zen , tout superflu, et présente donc un fort caractère abstrait. Il est toujours de taille modeste, et vide de toutes couleurs, dans un noir et blanc épuré, qui renvoie à la peinture monochrome de la période Song. En l'absence d'eau, celle-ci est figurée par le sable ou le gravier, grâce à des motifs de vagues ou d'ondes réalisées au râteau. C'est aux moines de s'occuper de l'entretien du jardin zen. Le jardin sec, composé de sable, participe aussi à la renommée du Ginkaku-ji. Le talus de sable représentant le Mont Fuji est une spécificité de ce jardin zen. Autre spécificité, le jardin ne fut pas conçu pour des moines, mais dans un but purement esthétique pour le shogun Ashikaga Yoshimasa qui avait fait du pavillon un lieu de retraite lors de sa construction en 1482.
"A droite, au bord de l'étang, par la grâce de ses toits recourbés, le vieux pavillon prenait son envol....En face s'élevait un grand monticule de sable au sommet arasé, à gauche commençait une vaste étendue du même sable, rayée de sillons parallèles et incurvée à son extrémité en vague sur le rivage. Si on regardait l'ensemble, on voyait d'abord ce flux minéral, ensuite le simulacre de montagne au sommet aplati, le pavillon aux toitures ailées; plus loin des étangs en eau de mercure, des pins taillés de la façon dont s'élancent les oiseaux, partout cernées d'une mousse rare et lumineuse, ancrées dans les berges, des pierres séculaires." Muriel Barbery....encore
On fait le tour de l’étang, avant de cheminer sur des jolis sentiers bordés de mousse et vous puis on grimpe à travers des arbres;
Après une foret de bambous, On découvre le jardin de mousses, qu'on attribue à Soami, avec un point de vue superbe sur le nord de la ville.
Au Japon, la mousse fait partie du quotidien. Les moines bouddhistes zen ont décrit sa présence dans les paysages de temples depuis plus de 1000 ans et on la trouve toujours présente dans le jardin japonais.
"Elle aurait pu toucher la mousse veloutée où s'enracinait les érables... Marche après marche,les branches recomposaient un tableau de perfection et cette chorégraphie visuelle la prenait au cœur" Muriel Barbery.
Rien de mieux que de suivre les pas de Rose pour visiter ce merveilleux jardin qu'on admire encore plus 2 mois plus tard, après avoir fouillé un peu la littérature.
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